‹ Manuel du manœuvrierChapitre 4 sur 56 · Clef de mât de perroquet. — Pour les mâts de · texte numérisé non relu

Clef de mât de perroquet. — Pour les mâts de

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Fig. 5. — Clef à levier pour mât de perroquet. ble à Celle du

itiâtdehune et disposée de la même manière, s'emploie à la mer.

La clef à levier, la seule employée ordinairement en rade, se compose de deux parties symétriques qui ont leur point d'appui chacune dans une crapaudine fixée aux élongis des barres, et qui pivotent autour de ce point; une des extrémités,

NOMENCLATURE GÉNÉRALE ET MATËLOTAGE

façonnée en pince, s'engage dans le trou de la caisse, dès qu'il paraît au-dessus des barres, l'autre est maintenue aux barres par un anneau ou une manille.

16. Noix. — La noix d'un mât est la partie rentlée qui sert de support aux barres et au capelage du mât.

Le mât de perroquet a deux noix : l'inférieure sert au capelage du mât de perroquet; la supérieure au capelage du mât de cacatois.

17. Épaulettes. — On appelle épaulettes la face supérieure de la noix.

18. Ton. — Le ton d'un mât est la partie comprise entre la face supérieure des jottereaux ou des épaulettes et le tenon carré qui reçoit le chouque. Il est à pans coupés avec les angles fortement arrondis.

19. Guindant. — Le guindant d'un mât de hune ou de perroquet est la partie comprise entre sa noix et le chouque du mât inférieur.

SSO. Barres de perroquet. — Les barres de perroquet reposent sur les épaulettes du mât de hune. Elles se composent de deux élongis, de deux traversins ou barres, et d'un croissant circulaire; le traversin arrière est le grand traversin, celui de l'avant le petit.

Un coussin mobile, placé à l'avant des barres, facilite le passage du mât de perroquet, lorsqu'on le guindé ou qu'on l'amène; des chaumards cloués

sur les élongis servent au passage des cargues-fonds et carguesboulines du hunier.

Fig. 7. — Barres de perroquet.

Les barres servent à soutenir le mât de perroquet au moyen de la clef et à maintenir Tépatement des galhauba^ns de travers ou galhaubans étranglés, de perroquet et de cacatois.

21. Ghouque du mât de hune. — Le chouque du mât de hune, ou chouque de perroquet, est aussi entouré d'un cercle en fer, mais il n*a point de plaque en tôle. Il porte, sur chaque côté, un piton pour poulie de palanquin, et en dessous deux pitons pour poulie et dormant de guinderesse de perroquet.

22. Suspente. — On donne le nom de suspente à une chaîne qui entoure le ton du bas mât, et qui sert à supporter la basse vergue par son milieu, lorsque les drisses sont dépassées.

23. Reconnaître dans une vergue le dessus, l'avant, l'arrière. — Le dessus d'une vergue se reconnaît par Tanse du cercle de suspente, pour une basse vergue; par les anses des cercles des poulies d'itague , pour une vergue de liune ; et par l'encoche de drisse , pour une vergue de perroquet.

L'avant d'une vergue ne présente aucune particularité.

L'arrière se reconnaît à sa jumelle, qui s'étend sur les 2/3 de la longueur, et aux chaumards des écoutes de hune et de perroquet.

S24. Adents ou pitons pour rabans de ris. — Les adents sont des arrêts pratiqués au bout des vergues de hune.

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pour prendre les erapointures des ris. Ils sont parfois remplacés par des cercles en fer munis d*un piton à leur partie supé* rieure.

25. Blins. — Les blins sont des cercles doubles, en fer, qui embrassent exactement la vergue par une de leurs parties. La seconde partie forme sur lavant de la vergue un collier fermé ou à charnière, destiné à servir de guide et de support au boutdehors.

Un rouet de gaiac est généralement placé à la partie inférieure des blins, pour faciliter la rentrée ou la sortie du boutdehors.

26. Bouts-dehors. — Ce sont de légers espars placés sur Tavant des basses vergues et des vergues de hune , pour établir les bonnettes. Ils prennent le nom de la vergue à laquelle ils appartiennent!

Article 2 : Filins.

27. Fil de caret. — Le fil de caret est l'élément de tous les cordages. On l'obtient directement, en réunissant lés brins de chanvre par le filage et les tordant ensuite sur eux-mêmes de gaucheà droite. Sa grosseur varie de 4 à 9 millimètres; on y emploie des chanvres de premier et de deuxième brin; il est goudronné ou laissé blanc. Le goudronnage se fait en passant rapidement le fil de caret, suivant le sens de ses fibres, dans une auge remplie de goudron chaud ; on le frotte ensuite avec de la limande, pour le lisser et enlever l'excédent de goudron ; enfin on l'enroule sur des carets, sortes de bobines qui ont donné leur nom au fil.

Le fil de 8 à 9 millimètres de circonférence est celui qui sert le plus souvent; il est généralement en premier brin et doit supporter, avant de se rompre, une charge de 80 kilogrammes.

Les fils de 4 à 7 millimètres ne servent qu'à confeclionner

quelques cordages spéciaux, et, en particulier, les lignes moyennes et fines.

Le goudron diminue la force et la flexibilité deç cordages ; il augmente leur poids; mais il assure une plus longue conservation à ceux qui sont exposés à être tantôt mouillés, tantôt secs. Un cordage imbibé d'eau perd le tiers de sa force. Imbibé d'huile ou de graisse, il perd beaucoup plus de sa force; on dit que ça brûle le filin, .

28. Gommettage. — Le commettage est une opération qui consiste à confectionner un cordage en réunissant, par une torsion convenable, les éléments qui le composent.

Cette torsion doit être donnée en sens inverse de celle des éléments composants.

29. Fil à voile. — Le fil à voile est toujours en premier brin, il est formé de deux ou de trois fils non goudronnés, de très petite dimension; sa grosseur est comprise entre 3™", 5 et 4"™,5 de circonférence. On le fabrique ordinairement en bouts de 25 à 30 mètres de longueur, et on le plie en écheveaux.

Un bout de fil à voile de 2",o0 de longueur se rompt sous la charge de 12 kilogrammes environ.

30. Lusin. — Merlin. -— Le lusin est formé de deux fils de caret; le merlin, de trois ; ces fils sont en chanvre de premier brin. On se sert du lusin et du merlin pour faire les petits amarrages que Ton veut soigner; les voiliers emploient le merlin pour coudre solidement la toile sur les ralingues, vers les points et le milieu des fonds.

31. Bitord. — On fait le bitord avec deux ou trois fils de caret; sa confection est moins soignée que celle du lusin et du merlin. On le reçoit des corderies en manoques pesant environ 1 kilogramme. Le bitord en deux est aujourd'hui le plus généralement employé.

En cours de campagne, on confectionne du bitord avec des fils de caret extraits des cordages hors de service; la torsion est donnée au moyen du moulin à bitord.

Le bitord sert à fourrer les manœuvres dormantes, à faire des amarrages provisoires, à confeclionner des sangles, etc.

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32. Commande. — La commande est faite à bord, au moyen de deux ou trois fils de caret extraits de vieux cordages, tortillés ensemble à la main, et frottés ensuite pour égaliser le cordage. Elle sert à faire des amarrages grossiers, à confectionner des paillets, des garceltes, elc.

33. LigneroUe. — La ligneroUe est confectionnée à la main, avec du fil de caret provenant de. vieux cordages, ou môme avec des débris de fil de caret ou d'étoupe. .

On partage un fil de caret en deux petits faisceaux de chanvre, que Ton tord de gauche à droite; on les réunit ensuite, en les tordant de droite à gauche.

La ligneroUe sert à faire de très petits amarrages, tels que les surliures et queues de rat; elle sert aussi à amarrer le linge sur les cartahus.

34. Torons. — Le toron est l'assemblage d'un certain nombre de fils de caret tortillés ensemble en sens inverse de leur torsion propre, c'est-à-dire de droite à gauche.

En tordant plusieurs torons entre eux, on forme vn cordage. Les torons se distinguent entre eux par le nombre de leurs fils comme les cordages par celui de leurs torons.

Le cordage est dit en trois ou en quatre, selon qu'il est formé de trois ou de quatre torons , et, dans tous les cas, sa torsion a lieu en sens inverse de celle des torons, c'est-à-dire de gauche à droite.

La torsion d'un cordage ordinaire est donc de même sens que celle du fil de caret.

35. Cordons. — Un cordage peut aussi être composé de trois ou de quatre cordages plus petits; on dit également de lui qu'il est en trois ou en quatre ; mais dans ce cas il sera tordu de droite à gauche, puisque ses éléments composants, appelés cordons, sont tordus à droite.

Les cordages composés de torons sont dits commis en au^sière; ceux qui sont composés de cordons sont dits commis en grelin.

36. Grosseur des cordages. — La grosseur d'un cordage est exprimée par le nombre de miUimètres de la cir-

conférence d'une section faite perpendiculairement à son axe.

37. Ligne. — La ligne est formée de trois lusins ; il y en a de trois grosseurs : 15, 20 et 27 millimètres, selon la grosseur du fil de caret employé à la confection des lusins; on distingue, par suite, des lignes grosses, moyennes et fines. Elle sert à faire des empointures d envergure, des aiguilletages, des amarrages serrés et solides, etc. La ligne fine sert encore pour araignées de hamacs.

La pièce de ligne d'amarrage est de 16 mètres; la pièce de ligne de pèche est de 30 mètres ; la pièce de ligne de loch est de 65 mètres; la pièce de ligne de sonde est de 160 mètres.

38. Quarantenier. — Le quarantenier est un cordage composé de trois ou quatre torons, renfermant chacun de trois à neuf fils de caret ; sa grosseur varie de 27 à 45 millimètres. La longueur de la pièce est ordinairement de 100 mètres, elle va jusqu'à 200 mètres pour le gros quarantenier.

Il sert à faire de forts amarrages, des aiguilletages, des rabans d'empointures de ris, des enfléchures, etc.

39. Filin en trois, en quatre. — On range sous la dénomination de filin des cordages dont la circonférence croit de 5 en 5 millimètres, depuis 50 jusqu'à 120 millimètres. Ils sont en pièces de 200 mètres de longueur, et s'emploient pour les manœuvres courantes.

Les petits filins sont toujours commis en trois, c'est-à-dire formés de trois torons, comme le quarantenier; mais a partir de la dimension de 60 millimètres, ils sont le plus généralement en quatre. Dans ce cas, leurs torons sont enroulés autour d'un toron central que l'on appelle âme ou mèche. Cette mèche, dont le diamètre est les 2/3 du diamètre des torons, n'ajoute rien à la force du filin, mais elle l'empêche de se déformer.

Si la mèche n'existait pas dans les filins en ''Tans un miii'^'* quatre, la section du filin présenterait l'aspect de la fig. 8 : il y aurait un vide intérieur qui sous un effort de traction ou de compression permettrait le rap-

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prochement de deux torons opposés et par suite la déformation du filin.

40. Atissières. — On appelle aussières les cordages, le plus souvent en quatre torons, qui servent à la confection des manœuvres dormantes et au halage du bâtimenl ; leur grosseur va de 80 à 300 millimètres, leur longueur est de 200 mètres.

Il est aussi délivré aux bâtiments des aussières de plus faible dimension, qui prennent le nom d'aussières de halage ou de faux bras; la longueur, dans ce cas, n est que de 150 mètres.

41. Grelins. — Les grelins sont composés de trois ou quatre aussières tordues ensemble dans le sens opposé à celui où elles sont tordues elles-mêmes^ ils sont donc commis de droite à gauche.

Les aussières qui entrent dans la confection d*un grelin sont toujours en trois; elles forment les cordons du grelin. Ainsi, suivant qu'on^ emploie trois ou quatre aussières, le grelin a neuf ou douze torons ; il prend alors le nom de grelin en neuf ou en douze.

Les grelins en neuf servent au remorquage et à l'amarrage des bâtiments ; leur grosseur varie de 150 à 360 millimètres de circonférence.

Les grelins en douze ont de 90 à 400 millimètres de grosseur, leur usage est de plus en plus rare et on n'en fabrique plus.

42. Câbles. — Les câbles sont des grelins en neuf, de plus de 360 millimètres de circonférence. Il n'en est plus fait usage que dans les arsenaux.

Les grosseurs des aussières et des grelins de même force sont dans le rapport de 80 à 100.

Quant aux allongements, à égalité de section et de charge, les torons s'allongent moins que les aussières, et celles-ci moins que les grelins.

Les filins et aussières sont lovés de gauche à droite, les câbles et grelins de droite à gauche.

43. Drisses de flamme. — Le fil qui sert à confectionner les drisses de flamme est formé de deux fils à voile, non goudronnés. Au moyen d'une machine spéciale, on fait une tresse

te MANUEL DU MANŒUVRIER.

ronde avec huit faisceaux composés chacun de deux ou trois fils.

Il y a quatre grosseurs de drisses de flammes : 20, 27, 34 et 40 millimètres de circonférence.

44. Ralingue. — Ainsi que son nom l'indique, la ralingue est employée à ralinguer les voiles. C'est un filin en trois, moins tordu que les autres cordages, et dont la grosseur varie de 5 en 5 millimètres depuis 45 jusqu'à 165 millimètres.

45. Marque de l'État. — Dans tout cordage blanc, un fil goudronné, et dans tout cordage goudronné, un fil blanc, constituent la marque de l'État.

46. Témoins. — Pour qu'on puisse aisément constater la qualité du chanvre d'un cordage et s'assurer que la pièce est bien entière, on laisse les extrémités des torons effilées ; c'est ce qu'on appelle les témoins.

47. Cordages en fil de fer. — Depuis quelques années, les cordages en fil de fer ont entièrement remplacé les cordages en chanvre dans la confection des manœuvres dormantes telles qu'étais, haubans, galhaubans, drailles et martingales, ainsi que pour les estropes et pantoires faisant partie des capelages des mâts.

Ces cordages sont toujours commis en aussières; ils se prêtent aux mêmes travaux que les filins en chanvre : épissures, œils, amarrages sur cosses, erseaux, etc. On les travaille avec les mêmes outils, auxquels on a ajouté des scies à métaux, des cisailles, des tenailles, des becs à corbin et des étaux.

La confection des cordages en fil de fer et leur comparaison avec les cordages en chanvre sont traitées dans le cours de 2* Année.

Article 3 : Poulies, Palans, Objets divers.

48. Nomenclature d'une poulie. — On distingue dans une poulie trois parties principales, savoir : la caisse, le réa ou rouet et l'essieu.

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49. Caisse. — Joues. — Engoujures. — La caisse est le bloc de bois qui constitue la poulie ; elle est d'un seul morceau quand sa largeur n'excède pas 15 centimètres; au-dessus de cette dimension, on la forme d'assemblage. On n'emploie que le bois d'orme pour les caisses de poulies.

Les faces extérieures de la caisse s'appellent Jowe5; elles portent une, ou plus généralement deux engoujures^ destinées à recevoir l'estrope de la poulie. Cette estrope est en filin ou en fer.

Les joues d'une poulie d'assemblage sont chevillées ensemble au travers des pièces de bois nommées entretoises.

Le côté de l'engoujure de la caisse se prolonge sur l'enlretoise et s'appelle cul de la poulie. Le côté opposé s'appelle le collet fie la poulie,

50. Réa ou rouet. — C'est une roulette en bois de gaïac on en bronze, dont le pourtour est creusé pour recevoir le cordage. Il est percé d'un trou central pour donner passage à l'essieu. ;

51. Essieu. — Tige cylindrique en fer, qui traverse le réa et les deux joues de la poulie; on lui donne une tête carrée, afin qu!il ne tourne pas avec le réa.

52. Réa à dé de cuivrei à dé de cuir. — Un dé est une garniture \\\éQ sur le réa, autour du trou de l'essieu, pour empêcher le réa de s'user en tournant. Cette garniture est en métal ou en cuir.

Le dé de cuivre est principalement employé pour les poulies qui doivent supporter de grands efforts; le dé de cuir s'emploie pour les petites poulies.

Lesréas de bronze ne portent point de dé ; ils sont généralement percés, suivant un rayon, d'une lumière pour l'introduction d'huile ou de suif fondu.

Pour visiter les réas d'une poulie à estrope double, il suffit de chasser l'essieu avec un repoussoir. Quand l'estrope est simple, la visite ne peut se faire qu'en larguant l'amarrage de l'estrope.

53. Clan. — Ghaumard. — Placard. — On appelle clan une ouverture rectangulaire pratiquée dans une vergue ou un

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espars quelconque, pour y loger un réa. Le chaumard est spécialement pratiqué dans une muraille.

Lorsque le logement du réa est pratiqué dans une pièce de bois rapportée sur la vergue ou Tespars, il prend le nom de placard.

54. Poulie simple, double, triple. /^s\ — Une poulie est simple, si elle n'a qu'un ^^ ^ réa; double^ si elle en a deux; triple, si elle

en a trois. ,

55. Poulie à émerillon. — C'est une poulie estropée en fer, qui se termine par un croc à émerillon. En tournant autour de l'émerillon, la poulie peut être placée dans la direction du cordage.

La poulie triple à émerillon s'emploie pour hisser les grosses embarcations.

Une poulie estropée en filin peut aussi recevoir un croc à émerillon ; la cosse de l'estrope porte alors une maille en fer dans laquelle tourne le croc.

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