PLOMB PEUT ETRE EMPLOYE
Des cuvettes.
La confection des cuvettes, auxquelles on donne tantôt la forme d’un cône renversé, c’est-à-dire celle d’un entonnoir; tantôt la forme d’une hotte, pour pouvoir mieux les appliquer contre les murs, et quelquefois aussi celle d’un prisme triangulaire ou quadrangulaire, ne présente dans aucun cas la moindre difficulté.
Pour tracer une cuvette en forme d’entonnoir, on déterminera à l’avance le diamètre que l’on voudra donner à la plus grande ouverture ou base du cône renversé, on portera ce diamètre sur la nappe de plomb destinée à former la cuvette, en ah, par exemple, 78; on partagera cette ligne en deux parties égales, ac et ch ; et du point c , comme centre , on décrira le demi-cercle adh , qui sera la courbe suivant laquelle on découpera
la nappe de plomb pour avoir le bord supérieur de l’ouverture de l’entonnoir. Ensuite, du même pointe, et avec un autre rayon égal au demi-diamètre de l’ouverture inférieure on décrira l’arc mfg ; on évidera le demi-cercle c, ^ S 9 et la courbe efg sera le bord inférieur auquel devra s’ajuster le tuyau de descente. Cela fait, on relevera la nappe, ainsi découpée, de dessus la table où elle aura été appliquée pour opérer, et l’on rapprochera les deux arêtes ac et g h pour les souder ensemble.
Le rapport qui doit exister entreles deux diamètres ah ete^, ne peut être constant, parce qu’il dépend du plus ou moins d’ouverture que l’on veut donner à la cuvette. Cependant, celui que nous avons indiqué est le plus grand que l’on puisse raisonnablement admettre , c’està-dire I partie pour le diamètre de l’ouverture inférieure , et 3 pour celui de l’ouverture supérieure , eu supposant l’une de ces parties égale à la distance fdàQ la surface du cône. •
Enfin , lorsqu’on voudra lui donner moins d’ouverture , il suffira de tirer des rayons tels que ca' j ch' ^ en place de ceux ca, ch, de découper la nappe de plomb suivant leur direction, et l’on diminuera ainsi d’autant le développement du pourtour et conséquemment l’ouverture supérieure du cône.
Les cuvettes à hotte sont formées de deux parties : l’une, qui en est le dossier, est le côté qui doit être appliqué à plat contre le mur ; l’autre est le devant ; mais n’est autre chose qu’un demi-cône tronqué et soudé au dossier. On donne ordinairement à ce dossier on pied et demi dans sa plus grande largeur.
Qnaut aux cuvettes qui affectent d’autres formes que celle d’un cône entier ou d’une hotte, notamment les cuvettes qui sont placées dans les coins ou angles formés par deux corps de bâtimens, elles se tracent toujours, lorsqu’elles ont une partie circulaire, d’après le même procédé que nous avons indiqué pour le cône entier ; mais dans cette hypothèse, elles doivent avoir deux dossiers ou parties plates au lieu d’un. Souvent aussi les cuvettes sont triangulaires.
Enfin , lorsque les cuvettes sont destinées à être placées près des croisées , leur forme peut être celle d’un prisme quadrangulaire; mais, dans tous les cas , l’ouvrier le moins intelligent le sera toujours assez pour exécuter des tracés aussi simples, sans que nous pensions qu’il soit nécessaire d’indiquer ici la marche à suivre pour y parvenir. Cependant nous ferons remarquer que , indépendamment des côtés qui forment les parois de ces cuvettes, il faut encore qu’elles aient un fond incliné et percé d’un trou circulaire auquel doit s’adapter le tuyau de descente.
Pour fortifier les cuvettes, on leur fait un bourrelet eu abattant le bord supérieur avec un instrument de bois léger appelé hourseau, lequel n’est autre chose qu’une espèce de maillet; et lorsqu’elles sont destinées à servir d’entonnoirs à des tuyaux de descente pour les maisons, particulières (on peut aussi les employer dans les combles) , on ne doit point omettre d’y introduire Ce qu’on appelle vulgairement une crapaudine ou pommelle^ espèce de plaque trouée qui se pose et se soude au fond de l’en, tonnoir, pour ne laisser passer que les eaux et retenir les corps étrangers qui pourraient s’introduire dans les tuyaux de descente et les obstruer.
î>es chameaux f des gouttières, des noues, des faîtages , etc. •
Toutes ces diverses parties , dont l’objet est de conduire les eaux loin des mars, ou de s’opposer à leur infiltration dans lïntériear des combles des batimens particuliers ou des édifices publics, sont d’une exécution fort simple en elle-même; car chacune de ces parties étant donnée, puisque les chameaux, les combles, etc., se construisent d’abord avec les matières qui leur sont propres , il ne s’agit que d’en prendre les développemens , de reporter ceux-ci sur les nappes de plomb pour les découper ensuite, et de les appliquer en dernier lieu sur les parties que l’on veut revêtir, en leur donnant toutefois les formes convenables, ce qui se fait à coups de baltes et autres instrumens semblables; après quoi l’on soude comme nous l’avons indiqué plus haut.
Des couvertures.
Les couvertures en plomb sont de deux espèces; l’une en ardoises de plomb , et l’autre en nappes.
La première espèce se fait avec de petites tables de plomb découpées comme les ardoises ordinaires , et clouées de même sur la voligé ; mais on en fait rarement usage , si ce n’est dans les couvertures des flèches aiguës ou dans quelques autres circonstances analogues.
Quant à la deuxième espèce , pour laquelle on se sert de nappes de plomb de 3 à 4 pieds (o^gS à i”*3o) en longueur et largeur, on l’emploie particulièrement dans
aOO MANUEL DU MÉCANICIEN FONTAINIER ,
les couvertures des dômes , des combles à surfaces planes ou courbes, des auvens, des terrasses, etc.
Pour découper les nappes, on développe d’abord les diverses parties à couvrir, et c’est au moyen de ces développemens que l’on trace les panneaux sur les feuilles de métal, en ayant soin toutefois d’y comprendre les parties qui doivent se superposer. Ces panneaux s’appliquent ensuite sur l’aire destinée à les recevoir; et, afin de bien les aplanir, de manière à ce que le plomb porte également bien partout , on les bat avec des battes plates ou rondes,' selon le cas.
Les diverses pièces qui forment une couverture en plomb , peuvent être fixées sur les volîges par différens moyens : on peut faire usage de clous à tête étamée, sur laquelle on applique une soudure pour empêcher l’humidité de pénétrer, ou n’employer simplement que des clous ordinaires, dont on recouvre la tête par une soudure. Quant à ce qui concerne leur jonction, on les place de manière à ce qu’elles se recouvrent un peu, et l’on soude ensuite. Mais comme dans ces sortes de couvertures , de même que dans toutes celles qui sont en ntétal, il faut prévoir et prévenir les inconvéniens qui résultent des effets de la dilatation, il est préférable d’accrocher les feuilles les unes dans les autres au moyen d’un repli, ce qui permet à celles-ci de s’étendre et de se mouvoir sans laisser pénétrer les eaux. {Voyez la
fis- 79-) (')
(i) Bien que le plomb- soit encore d’un usage assez général, il n’est cependant pas également avantageux dans toutes les cîrconslauces , principalement dans son
Des bassins et des réservoirs.
Les feuilles de plomb employées pour les bassins et les réservoirs doivent être appliquées sur une aire en maçonnerie bien plane; elles se soudent ensuite.
application aux couvertures des combles èu charpente : outre, qu’il est très dispendieux, il a l’inconvénient de les charger considérablement, et de rendre les constructions dans lesquelles il est employé en grande quantité,
inabordables en cas d’incendie , parce qu’il se fond faci-
lement , et que son écoulement peut entraîner à de graves inconvénîens , dont le moindre est sans contredit de retarder l’extinction du feu. Cet effet a plus d’une fois été observé dans les constructions anciennes; on a remarqué aussi que, dans ces sortes de couvertures, le plomb peut être percé par les vers qui travaillent dans l’Intérieur des charpentes qui sont faites eu bois susceptible d’être attaqué par ces insectes , ce qui donne lieu à des gouttières préjudiciables , surtout lorsqu’elles sont situées dans la partie de la toiture destinée à recueillir les eaux. Dans ce cas, on peut le remplacer avec avantage par le cuivre , qui est le meilleur de tous les métaux propres à former des couvertures ; et bien qu’il soit beaucoup plus dispendieux que le plomb, il doit y avoir, à la longue, quelque économie à l’employer, parce qu’il conserve aussi sa valeur intrinsèque, qu’il n’exige aucun entretien, qu’il charge moins les charpentes, attendu qu’il peut être utilisé en feuilles beaucoup moins épaisses, et qu’enfin il n’est sujet à aucun des inconvénîens signalés
On fait anssî des réservoirs en charpente , que l’on recouvre également avec du plomb en table.
Observations générales sur V emploi du plomb.
Les plombs employés pour les travaux doivent être de la meilleure qualité , bien épurés et bien doux , ni graveleux, ni terreux, sans crevasses ni soufflures.
On préférera à tout autre celui qui aura été coulé sur
plus haut. On peut aussi le remplacer par des feuilles de zinc ; mais les constructeurs ne sont point encore bien d’accord sur les avantages que ce métal procure, relativement à sa durée. Quant à son prix, il est inférieur à celui du plomb.
Indépendamment de toutes les raisons qui motivent la préférence que l’on accorde maintenant à certains métaux sur le plomb, on a aussi objecté, et c’est avec raison, qu’ayant une valeur intrinsèque qui ne diminue guère , même après son emploi , il a souvent excité la cupidité des malfaiteurs et donué lieu à des vols parfois très considérables ; aussi le prodigue-t-on moins aujourd’hui qu’on ne le faisait autrefois , non seulement pour les couvertures, mais encore pour les tuyaux de conduite et de descente , où il peut être avantageusement remplacé par le zinc ou le fer-blanc , et mieux encore par le fer fondu. Toutefois , nous sommes loin de vouloir l’exclure entièrement des coustructions ; nous n’ignorons pas qu’il est des circonstances où il serait difflcile de le remplacer.
pierre ou sur toile, et non laminé, afin de mieux conserver Tagrégation des molécules.
Dans les travaux par entreprise, le plomb et la soudure employés pour scellement ou réparations se pèsent avant leur emploi, et se paient au kilogramme, compris la main-d’œuvre du scellement ou du soudage, et l'on déduit du poids trouvé ce qui reste du métal après l’ouvrage achevé.
Les plombs en nappes et tuyaux se paient également, toute fourniture de soudure , etc. , et toute maind’œuvre comprises. Les prix varient selon qu’ils sont avec ou sans soudure. Enfin les vieux plombs se reprennent par les plombiers lorsqu’il s’agit de réparations. Ils se remplacent par un poids égal de plomb en œuvre, façonné et mis en place sous la forme convenable; et celui-ci se paie au même prix que les plombs neufs, diminué d’une quantité constante, qui est calculée d’après la valeur du plomb dont on a retranché le déchet du métal.
De V étamage du plomb.
Le »plomb peut s’étamer comme le cuivre : ou appelle cette opération blanchir le plomb , mais il est peu de circonstances qui nécessitent ce surcroît de dépense.
Le procédé employé à cet effet , ne présente aucune ■difficulté ; il suffît pour cela d’étendre la feuille de plomb que l’on veut blanchir sur deux tréteaux , et de placer dessous un petit réchaud rempli de charbons ardens, afin de l’échauffer pour faciliter la fonte de l’étain que l’on jette dessus après lui avoir fait subir, toutefois, une première préparation.
ao/f MANUEL DU MÉCANICIEN FONTAINIER ,
Celte préparation consiste à mettre d’abord l’étain en fusion dans une marmite , et à le jeter ensuite par petites cuillerées sur une table très propre pour lui laisser le temps de se refroidir un peu, parce que si on le jetait, immédiatement après avoir été fondu, sur les feuilles que l’on veut étamer, il arriverait que celles-ci se persilleraient ou se fendraient aux endroits où la matière en fusion serait en contact avec le plomb.
Lors donc que l’intensité delà chaleur des petits éclats d’étain sera suffisamment diminuée, on les éparpillera sur la feuille de plomb échauffée préalablement, et comme l’étain fond beaucoup plus vite que le plomb, les petits éclats ne tarderont pas à se dissoudre complètement en globules qu’on étendra , sans perdre de temps , au moyen d’une poignée d’étoupes, trempée dans de la poix-rçsine, afin de la graisser un peu. L’étain, ainsi étendu sur le plomb , ne tardera pas à s’y imprégner et s’y attachera même en aussi grande quantité qu’on le voudra.
Cette opération terminée pour une partie , se recommence pour une autre de la même feuille , et ainsi de suite pour le tout; après quoi on la roule, le côté étamé en dedans pour ne point le salir, et de manière à pouvoir transporter la feuille sans l’abîmer.
Enfin , quelle que soit l’étendue de la feuille de plomb que l’on aura à étamer, on observera une marche analogue à celle que nous venons d’indiquer; et lorsqu’on aura à blanchir des ornemens, on se guidera aussi suivant le même principe , c’est-à-dire qu’il suffira de les échauffer, n’importe comment, avant de les couvrir d’étain.
Table des dilatations linéaires qu'éprouvent différentes substances , depuis le terme de la congélation de Veau jusqu'à celui de son ébullition , d'après Laplace et Lavoisier,
Dilatations
Dilatations en
Noms des substances.
en décimales.
fractions ordinaires.
Acier non trem pé .
Argent de coupelle. . . .
TâT
Cuivre rouge .
TTâ
Cnîvre jaiiTie., .
Étain de Falmouth. . . .
Fer forgé .
Fer passé à la filière . , .
o,ooi235o
Flint-glass anglais.. . .
Or de départ .
STî'
Or au titre de Paris. . . ,
Platine .
, o,ooo8565
1 iC7
Plomb . . .
TTS
Yejîre de Saint-Gobain,
Le mercure se dilate en
volume de-
puis zéro jusqu’à loo
L’eau de .
L’alcool de .
Tous les gaz de .
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2o6 manuel du mécanicien fontainier ,
Table qui indique le poids que peuvent soutenir des barres de différens métaux d*un centimètre d* équar¬
rissage,