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Dictionnaire encyclopédique, art. Bactérie

70 SANG PATHOLOGigUE.

cules amorphes,, infiniment petits et innombrables, constituant un tourbillon mouvant dont la plupart des individus se perdent aux limites de la vision ; ^ en filaments minces, courts, droits, quelquefois divisés en deux, atteignant au plus 5 (x de longueur, doués de mouvements semblables à ceux du Bacterium termo ; 3" en filaments généralement plus longs et dont quelques-uns atteignent jusqu'à 30 [x de longueur, semblables pour le reste aux précédents qui les accompagnent toujours plus ou moins.

6° Bacterium capiiaium (corps filiforme, rigide, terminé par une extrémité renflée, à mouvements vifs, non ondulatoires).

Le genre Vibrio comprend : 1<» Le vibrio lineola (corps diaphanes, cylindriques, un peu renflés au milieu, deux ou trois fois plus longs* que larges, assemblés par deux ou trois sur une ligne très-minCe, un peu flexueuse et présentant seulement deux ou trois inflexions. Ce vibrion, qui ressemble beaucoup dsi Bacterium termo y a été constaté dans les enduits de la bouche, dans les dépôts du tartre dentaire, etc.

2* Le vibrio tremulans; il diffère peu du précédent.

3° Le vibrio rugula (corps diaphane, en fils alternativement droits ou flexueux de 7 à 8 inflexions, se mouvant avec vivacité en ondulant ou en serpentant). On Ta observé dans les matières lécales, surtout dans les déjections cholériques.

4° Le vibrio prolifer^ le vibrio serpens, \e vibrio bacillm (corps transparent, filiforme, rectiligne, égal, à articulations fort longues, n'ayant que des mouvements d'inflexions peu «ensibles pendant qu'il s'avance lentement dans je liquide et indifféremment en avant ou en arrière, paraissant brisé à chaque articulation] s'observent beaucoup moins fréquemment. Il en est de môme des vibrions désignés sous les noms de vibrio subtili$, de vibrion lactique, vibrio st/nxanthus, vibrio spncpamis^ en^nde vibrion butyrique. Nous renvoyons à l'article %\ complet de Dayaioe, pour la description de ces diverses espèces.

Le genre Bagteridiuh comprend la bactéridie du levain, la bactéridie glaireuse, les bactéridies intestinales et la bactéridie du charbon» (Les filaments sont droits, roides, cylindriques, quelquefois composés de deux ou trois, très-

rarement quatre segments, offrant alors des inflexions à angles obtus en rapport avec les articles ; très -mince relativement à la longueur. Ces bactéridies se retrouvent dans le sang de rhomrae qui succombe à la pustule maligne ou à l'œdème malin. On les retrouve dans tous les liquides du corps, dans les vésicules et pustules de la peau, dans les sérosités des vésicatoires, etc.

Quant au genre Spirillum, il renferme : le spirillum on dula, le spirillum tenue et le spirillum volutam. On les observe dans les matières en putréfaction, dans Teau des marais, etc.

Nous voyons, en résumé, que les infusoires se rencontrent dans les matières en putréfaction, dans les sécrétions morbides, dans le sang de malades atteints de maladies infectieuses. Ces infasoires se trouvent en grande quantité dans les produits de déjection, mais ils semblent surtout, dans ces cas, appartenir au genre mhrio ; dans les parenchymes et dans le sang, on rencontrerait plus souvent des bactéries (bien que celles-ci se rencontrent aussi dans les matières excrétées, où elles sont d'ordinaire plus développées, plus volumineuses) ; enfin, les bactéridies^ que Robin considère comme identiques au leptothriœ buccalis, seraient presque caractéristiques des maladies charbonneuses (Davaine). Quel est le rôle de ces infusoires ? Sont-ils les agents de la septicémie et des maladies infectieuses en général ? ou bien faut-il admettre qu'ils ne se développent dans le sang et les organes qu'en raison d'une altération primitive de ces tissus ? Que faut-il penser de la théorie ingénieuse de BéchampS qui les considère

1. Voy. CompteS'rendiis, t. lvii, lviii, .xvf, i.xvii, passim, et Mont'vellier médical (18^8 à 1872).

comme Tétat adulte des granulations moléculaires (microzyma) existant à Tétat normal dans les tissus vivants et qui se développeraient dans les tissus pathologiques dès rinstant où, par suite d'une altération morbide, ils se trouveraient dans des conditions d'accroissement plus fevorables ? Une réponse précise à toutes ces questions ne peut être donnée dans l'état actuel de la science. Tout ce que l'on peut affirmer, c'est que les fermentations putrides qui se passent dans l'organisme se manifestent par des phénomènes identiques, quelle que soit l'espèce de maladie dans laquelle elles se développent ; c'est aussi que les infusoires qui y président restent semblables dans tous les cas. Il est donc impossible de reconnaître, par la seule inspection du sang, la nature de la maladie infectieuse qui en a déterminé l'altération ; il est aussi impossible de provoquer, par l'injection du sang chargé de vibrions, une maladie spécifique distincte. Jamais l'inoculation du sang varioleux contenant des bactéries n'a pu reproduire la variole ; jamais le sang typhique n'a pu reproduire le typhus. Les infusoires sont donc non les agents directs d'une maladie spécifique, mais les agents communs des phénomènes septicéraiques qui, dans des conditions diverses, peuvent se passer au sein de l'organisme. Il y a plus : le développement secondaire des bactéries peut s'observer dans certains cas où la cause déterminante de la maladie ne saurait leur être rapportée. C'est ainsi que l'empoisonnement par la cyclamine provoque une maladie putride caractérisée par la présence des vibrions dans le sang. Les bactéridies se retrouvent dans la gangrène , dans la fièvre typhoïde des solipèdes

(Signolj, dans la sérosité péricardique, etc. Nous pensons donc que les vibrions, se développant avec rapidité, daps les humeurs pathologiques, peuvent compliquer une maladie préexistante ; mais nous croyons qu'ils ne sauraient la caractériser. Nous pensons d'ailleurs que Ton a fréquemment confondu avec ces proto-organismes un certain nombre de granulations élémentaires, derniers vestiges des éléments altérés des organes ou du sang, granulations dépourvues de vitalité et n'ayant d'autre signification que d'accuser la rapide décomposition des tissus *.

L'examen microscopique des vibrioniens exige toujours un grossissement considérable (500) ; souvent il est nécessaire de se servir d'objectifs à immersion. Parfois l'addition au liquide d'une goutt^ d'une solution de carmin ou de fuchsine rend l'observation plus facile en colorant les éléments figurés qui ont subi un commencement d'altération.

D'autres infusoires ont été rencontrés dans le sang de malades atteints de maladies infectieuses. Ainsi Obermeier a signalé, dans les cas de fièvre récurrente, l'existence d'un parasite représenté par des filaments extrêmement fermes et longs de 1 et demi à 6 globules rouges. Les mouvements de ces fil8unents sont très-vifs ; les uns ondulent sur euxmêmes, d'autres ont un mouvement spiroïde. On ne les rencontre que pendant l'état fébrile [Centralblatl, 1873, p. 14b). — Engel a constaté des filaments beaucoup plus longs (24 globules sanguins) et ani-

\. Nos idées sur to sujet ont été développées par un de nos élèvos. e Dr Guiard (Th. de Paris, 1874).

MICUOSCOPE. 2" ÉDITION, *>

mes de mouvemenls divers ; quelques-uns s'incurvaient sur leur axe, une de leurs portions, complètement immobile, servant de pivot. G^s filaments disparaissent quand on vient à les traiter par la glycérine ; ils se conservent dans la quinine, le sel marin, etc. [Berliner Klin. Wochensch, 1873). Enfin, outre les filaments d'Obermeyer, Ponfick (Centralblatt,, 1874. p. 385) a constaté, dans le typhus récurrent, Texistence de cellules plus grosses que les globules blancs et très-riches en granulations graisseuses, et parfois aussi la présence des cellules endo théliales des vaisseaux atteintes elles-mêmes de dégénérescence graisseuse.

Outre les infusoires, on rencontre parfois dans le sang de véritables entozoaires. Souvent, il est vrai, on a confondu des concrétions sanguines avec des parasites; il suffit de parcourir la liste des entozoaires fictifs cités par Davaine ' pour s'en faire une idée; toutefois, en Egypte, on trouve assez fréquemment dans le sang des veines viscérales, de la veine porte, des veines vésicales, etc., un ver trématode décrit sous le nom de distome hœmatobie (Davaine) ; nous ne ferons que signaler son existence en rappelant aussi que le distome hépatique peut accidentellement se trouver dans les vaisseaux • sanguins. Dans le sang et dans Turine de certains malades, Lewis et Gunningham {Lancet, 1872 et 18731 ont décrit un entozoaire spécial , qu'ils proposent d'appeler filaire du sang humain. De nouvelles recherches sont nécessaires pour contrôler l'exactitude de leurs observations.

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