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ÉTUDE MÉDICO-LÉGALE DES TACHES DE SANG

cette tache ne fut traitée qu'après huit jours de dessiccation à Tair ; la solution aqueuse ne présenta aucune réaction caractéristique ; mais en faisant bouillir le linge taché avec une solution étendue de potasse, j'obtins un liquide qui présentait parfaitement tous les caractères de l'hématine. > (Balley).

Ces caractères spectroscopiques ne peuvent servir à distinguer le sang de divers animaux ; tout sang coloré, quelle que soit son origine, donne toujours ces mêmes spectres spécifiques, qu'il provienne de l'homme, du chien, du chat, des oiseaux, des batraciens (Valentin, Benoit). Mais en tout cas, cette méthode sera toujours précieuse pour reconnaître le sang, dans des circonstances où aucun autre moyen d'investigation ne pourrait la remplacer : c'est ainsi que Valentin a constaté très-nettement la présence du sang sur une ancienne planche de dissection qui était restée sans usage depuis trois ans, dans un endroit humide, et sur un vieux crochet rouillé qui avait servi autrefois à suspendre de la viande dans une boucherie.

On comprend toute Fimportance de ces recherches microspectroscopiques et combien elles sont préférables aux procédés microscopiques ou chimiques ordinairement mis en usage pour déceler la présence du sang. Il importe cependant de signaler ici les remarquables travaux qui ont permis à Gh. Robin et à divers autres micrographes de reconnaître au microscope les taches de sang, d^en indiquer la provenance et de les difTérencier de diverses taches dont Tapparence extérieure est tout à fait semblable * :

L'étoffe qui supporte les taches étant divisée en bandelettes, on les fait tremper dans de Veau pure en plongeant dans le liquide l'extrémité inférieure de la bandelette portant la tache

1 Pour plus de détails, consultez à ce sujet le Traité'^ médecine légale do Briand et Chaude, 8* édition. Paris, 1869. p. 727. Voir aussi Ann. d'Hyg., 1873, t. XI, p. 191.

8i DÉCOMPOSITION DU SANG EXTRA VASE.

jusqu'à :2ou 3 millimètres de celle-ci, qu'on laisse dehors de l'eau, appliquée .avec l'extrémité supérieure de la bandelette contre les parois de la capsule contenant le liquide. Bientôt celle-ci monte par capillarité jusqu'à la tache et gonfle peu à peu la substance qui la forme. On racle ensuite l'étoffe à l'aide d'un scalpel ; on place la substance ainsi obtenue dans une goutte d'eau qui a été déposée préalablement sur le porteobjet du microscope. On reconnaît ainsi dans la tache la présence de la fibrine et des globules blancs. Pour bien apprécier les caractères des globules rouges, il est préférable de se servir, pour gonfler la tache, d'une solution ou d'un réactif qui ne dissolve pas, comme l'eau, après les avoir gonflés, les globules rouges du sang ^ Le meilleur réactif serait (Roussin) un mélange formé de trois parties de glycérine, une partie d'acide sulfurique et de la quantité d'eau nécessaire pour faire un liquide d'une densité de 1028 à 15 degrés. On peut aussi se servir du sérum iodé de Schultze ou d'un sérum artificiel fait avec 30 gr. de blanc d'œuf, 270 gr. d'eau distillée et 40 centigr. de sel marin. Le tissu ayant été bien pénétré de ce liquide (il faut quelquefois 3 ou 4 jours pour arriver à ce résultat), on racle la surface de la tache et l'on constate que le champ du microscope renferme : \° des filaments du tissu ; â*> des granulations de poussière minérale ou végétale ; 3° des champignons microscopiques qui se sont développés pendant la macération et sont analogues à ceux du ferment. Ils ont une forme ovoïde ou sphérique ; ils sont jaunâtres, à bords nets, homogènes d'ordinaire, accolés deux à deux ou trois à trois à la suite l'un de l'autre ; 4° des cellules épithéliales

i. Toutefois, mémo en imbibant avec de l'eau pure, même en lavant à grande eau un tissu imprégné de sang, on peut encore, après plusieurs semaines, retrouver quelques globules rouges qui se sont agglutinés entre les fibres du tissu de l'étoffe imprégnée de sang et y ont résisté à l'action de l'eau. 11 est vrai que, dans ces cas, les globules sont singulièrement déformés, de sorte que leur mensuration ne peut plus donner aucun résultat précis. S'il est donc indispensable de ne pas laver à l'eau chaude le» taches que l'on veut examiner, il importe cependant de ne pas renoncer à rechercher quelques globules lorsque cett3 faute aura été commise. Parfois un examen minutieux pourra, même dans ces circonstall<^e8,^nner encore un résultat précisi

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