‹ Manuel du microscope dans ses applications au diagnostic et à la cliniqueChapitre 25 sur 98 · EPIDERME · texte numérisé non relu

EPIDERME

dermiques i éyolution anormale, par exemple dans les éléments des tumeurs épidermiques. — Les cellules que nous venons de décrire forment plusieurs couches semblables, dont Tensemble présente une épaisseur trois à quatre fois plus considérable que le stratum précédent. Les cellules les plus profondes sont ovoïdes, les moyennes rondes ou polyédriques et les superficielles de nouveau ovales, mais leur direction est inverse à éeWe des cellules profondes, c'est-à-dire que leur grand diamètre est parallèle à la surface cutanée. Ce sont ces couches de cellules, et surtout la zone des cellules cylindriques, qui, par leur réunion, ferment la couche dite muqueuse ou réseau muqueux de Malpighi (Morel),

La troisième couche de l'épiderme, la plus superficielle, constitue la couche cornée : elle succède brusquement et sans transition aux couches précédentes ; son épaisseur est beaucoup plus conAdérable^ surtout dans certaines régions, comme à la paume des mains et à la plante des pieds. Les éléments qui la composent sont tout à fait difiiérents des précédents. Ce sont des cellules dont la paroi s'est de plus en plus accentuée, en même temps que leur contenu tendait à disparaître, de sorte que dans les zones les plus superficielles, elles se présentent sous la forme de lamelles aplaties, dites lamelles cornées. Dans ces lamelles cornées, irrégulièrement contournées, et souvent soudées les unes aux autres, on ne trouve plus ni noyau, ni nucléole, ni contenu protoplasmatique ; toute la substance de la cellule s'est transformée en kératine, c'est-à-dire en un principe particulier, caractérisé par sa résistance à la potasse en dissolution faible ; nous retrouverons la kératine comme principe constituant des poils, des ongles, ainsi que de maintes productions cornées des animaux. L'ébuUition <]ans la potasse (solution de 40 de potasse pour 100 d'eau) gonfle ces éléments et leur rend l'aspect de cellules, en laissant de plus apercevoir dans leur intérieur quelques tractus irréguliers, reste*s du protoplasma primitif, et même parfois un rudiment de noyau (fi g. 28).

Les éléments les plus superficiels de cette couche cornée sont soumis à une chute incessante^ qui constitue la desquamation physiologique, le furfur épidermique, et dont l'exagération est l'une des manifestations les plus fréquentes

13i . ANATOMIE DE LA PEAU.

dos état» pathologiques du tégument externe. (Voy. PaWo-

loffiep- m)-

La coloration de 1* peau, tfllle qu'on la renconlre chez les races de couleur, et en certainos régions du tégument des races blanohaa, ne siège que dons la couche la plus profonde de l'épiderme. dans U couche do Malpighi : aile est duo A de fins granules de pigments (voy. p. 86) qui infiltrent la protoplasma de ta cellule, en se groupant d'abord autour du noyau.

et s'étendantde là plus ou moins jusqu'à la périphérie, selon que la couleur de la peau e^t plus ou moins foncée. Chez le nègre, le pigment infiltre non -seul ornent les cellules de li couche de Malpighi, mais encore, quoique il un moindre degré, toutes les cellules situées plus superRciellement, jusqu'à la limite ou commence la couche cornée.

Le pigment du réseau de Malpigbi ne se produit dans les races de couleur qu'après la naissance. Mais chez le nègre, les bords des ongles, l'aréole du mamelon et les parties génitales prennent une teinte foncée dès le troisième jour et, du cinquième au sisième jour, la coloration noire envahit toute la surface du corps. — D'après Larcher {Journal de Robin,

s brune cbez etie de la peau de la face à cette époque, sont des phénomènes du même

Poils. — Les poils proviennent d*une végétation de Tépi* derme; cette végétation se produit au fond d*un cul-de-sac épidermique que l'on nomme follicule pileuaf (fîg. 29). Le fond du follicule pileux est légèrement repoussé par une papille dermique très>vasculaire (papille du poil) (fig. 29 i), sur laquelle la végétation pileuse prend naissance et se dirige vers rextérleur, en suivant Taxe du follicule, de manière à constituer successivement le bulbe, la racine et la tige du poiL

Le bulbe du poil est un renflement composé de cellules semblables à celles des couches profondes de l'épiderme , c'est-à-dire d'éléments jeunes, à protoplasma finement granuleux, à molécules pigmentaires abondantes, surtout dans les cheveux foncés. A mesure que l'on examine ces cellules, du bulbe du poil vers la racine, on constate dans leur forme et leur disposition des différences progressives par lesquelles se trouve constituée dans l'axe du poil une substance médullaire, et autour de celle-ci une substance corticale ; en arrivant à la partie libre^ à la tige du poil, ces différences sont encore plus nettes, et le poil se trouve composé d'une couche cuticulaire (épiderme du poil), d'une substance corticale, et d'une substance médullaire.

Vépiderme du poil est formé de petites lamelles plates (cellules cornées), imbriquées comme des tuiles, et qui, sur le poil intact, ne se manifestent guère que par de nombreuses lignes foncées, anastomosées en réseau, qui entourent le poil circulairement. (Kœlliker.)

La substance corticale est formée de cellules cornées longitudinales, affectant, par leurs soudures, un aspect qui leur a valu le nom de fibres cellules de l'écorce; elles forment la plus grande partie de la masse du poil, et constituent même en entier les poils de plus petite dimension, lesquels sont dépourvus de substance médullaire. C'est surtout dans ces éléments corticaux que se trouvent les dispositions auxquelles le poil doit sa couleur et son aspect, c'est-à-dire des lacunes remplies d'air, des noyaux très-foncés et des granules de pigment; dans les cheveux roux ou châtains, ces cellules cornées sont imprégnées d*un principe colorant dissous.

La substance médullaire ^ qui manque dans les poils

Page 1