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FAUSSES MEMBRANES

globul6s sanguins déformés, des cellules épithéliales, enfin et surtout des fibres de tissu conjonctif, des fibres élastiques et des fibres musculaires dissociées, granuleuses, en voie de destruction. A ces éléments, (Jui prouvent que la pourriture d'hôpital n'est autre chose qu'un mode spécial de gangrène, s'ajoutent quelques parasites (vibrions, algues diverses) qui n'ont rien de constant, ce qui permet de distinguer la pourriture d'hôpital de certaines affections parasitaires. Pourquoi la pourriture d'hôpital ne survient-elle que dans certaines conditions spéciales d'encombrement ? comment se transmet-elle d'un malade à un autre ? quels sont les agents qui déterminent cette mortification rapide des tissus ? Autant de questions difficiles à résoudre et qu'un examen ultérieur pourra seul élucider.

Les membranes diphthéritiques peuvent aussi en- Tahir certaines plaies; elles se distingueront des fausses membranes qui caractérisent la pourriture d'hôpital. Dans les fausses membranes diphthéritiques, en effet, la fibrine n'existe pas (Wagner). On observe, sans doute, en étudiant ces membranes, des fibrilles grêle», minces, très-étroites, irrégulièrement entre-croisées dans tous les sens^ ou bien encore des amas linéaires de granulations fines ; mais si l'on vient à traiter ces fausses membranes par une solution faible de carmin (Wagner), ou à Taide de picro-carminate d'ammoniaque (Gomil et Ranvier), on constate que l'exsudat qui a donné naissance à la formation pseudo-membraneuse n'est point fibrineux, mais paraît surtout riche en mucine. On peut, comme l'a Élit Wagner, constater que ces fausses membranes se décomposent rapidement en

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blocs irpéguliers, ramifiés^ s'engreeant les uns dans las autres. Ces blocs seraient formés par des oel^ Iules épithéliales, infiltrées d'une substanjce albuminoïde, ayant perdu leur noyau et leur membrane d'enveloppe et présentant dès lors toutes les modifications intermédiaires entre les cellules épitkéliaks normales et les blocs anguleux et ramifiés dont le réseau forme la presque totalité de la membrane diphthéritique. Outre ces cellules épithélialea, la matière amorphe qui ebciste en proportions très^no^ tables emprisonne des globules de pus les uns normaux, d'autres gonflés, granuleux, infiltrés de gouttelettes graisseuses, une assez grande quantité de graisse sous forme de globules réfractant fortement la lumière, solubles dans Téther et Tessenoe de térébenthine^ quelques globules sanguins sourent déformés, des cristaux d'acides gras, enfin un grand nombre de yibrioniens ^ Jamais on ne trouve dans ces fausses membranes les fibres Mastiques ou les fibres musculaires dont on recœmaît si nettement Taspect strié en étudiant les.produits de la pourriture d'hôpital. Letzerich prétend que les membranes diphthéritiques sont caractérisées par l'existence d'un parasite végétal auquel il donne le nom de zygodesmus fuscus *. Dans de plus récentes publicar tions, le même auteur admet que les champignons de la diphthérite se présentent sous quatre, formes d'activité que l'on rencontre isolément ou oombi-

\ . Consulter à ce sujet le remarquable traTail du D' Laboulbène Recherches cliniques et anatwmquet sur U* ttffecUçns pseudo^nembraneuses. Paris, 1861.

2. Arch. de Virchow, 1868 et 1869, et Berlin. Klin. Wochens, 1874. n* 6

FAUSSf:S MEMBRANES. iSH

nées dans les exsudais. Four constater sûrement la présence de ces organismes, il faut prendre des fragments de fausses membranes, les plonger dans de Teau additionnée de deux parties d'alcool pour une partie d'eau, puis, après avoir pratiqué de fines coupes, y faire tomber goutte à goutte de la teinture d'iode. Quand la préparation en est saturée, on dépose sur les bords autant de gouttes d'acide sulfu* rique qu'il en faut.pour que cet acide ne détermine plus de contractions onduleuses au sein de la préparation. Il ne reste plus qu'à placer la pièce sous le microscope: une coloration d'un bleu violet révèle la présence des microspores et des micrococcus ; les petit corpuscules . sont bleus ou bruns et les globules de > plasma oifrent diverses nuances ; elles sont le plus souvent jaunes. D'après un certain nombre d'autres observateurs*, l'aspect filamenteux que l'on observe parfois en, examinant les fausses membranes diphthéritiques est tout accidentel et ne saurait impliquer la présejiice d'un parasite. Ce que Hueter et Tomassi avaient pris pour des monades n'est autre chose qu'un a^oo^, de noyaux de cellules. [Centralblatt fiir Wmenscfi., n*» 33, 1870.)

Nous avons indiqué, plus haut (p. 154) les résultats obtenus en examinant le produit des phlyctènes que produit la gangrène. A la surface des ulcères qui en sont la conséquence, on observe les produits de nécrobiose des divers éléments constitutifs des tissus. Ce sont : des granulations graisseuses et des cristaux de margarine, d'acide stéarique, de cholestérine qui en dérivent et qui sont mêlés à d^s cristaux de leucine et de tyrosine ; des fibres muscu^laires striées et infiltrées de granulations pigmen-

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taires brunâtres; des fibres de tissu conjonctif et des fibres élastiques. Des cellules épithéliales ratatinées, déformées, infiltrées de matières colorantes rouges ou brunâtres ; des cristaux d^hématoïdine provenant de la décomposition des globules rouges du sang ; des globules blancs, les uns normaux, les autres plus ou moins granuleux, irréguliers, anguleux, d'autres ayant subi la métamorphose caséeuse, se rencontrent en proportions variables à la surface de ces ulcères. Souvent on y trouve les corpuscules dits gangreneux, c'est-à-dire de petits points noirs, ronds, carrés ou triangulaires, sans forme cristalline bien déterminée, insolubles dans Talcool et réther, inattaquables par la plupart des acides et des bases, et résultant d'une infiltration des éléments anatomiques plus ou moins déformés par une matière colorante spéciale; des granulations pigmentaires noirâtres, douées de mouvement brownien et composées de sulfure de fer; enfin des cristaux de divers sels (sul&te et carbonate de chaux, phosphate ammoniaco-magnésien, urates et butyrates d'ammoniaque, etc.), et une myriade d'infusoires (vibrions et bactéries.) (Voy. M. Raynaud, article Gangrbnb, du Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques,)

L'étude des produits obtenus en raclant certaines tumeurs ulcérées à la surface de la peau peut mettre sur la voie du diagnostic et engager le médecin à s'éclairer davantage encore en examinant des fragments durcis à l'aide de divers réactifs et étudiés au moyen de coupes. Le trocart explorateur de KUss, ou celui de Duchenne(de Boulogne), pourront servir dans ces cas à extraire des parcelles de la

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