‹ Manuel du microscope dans ses applications au diagnostic et à la cliniqueChapitre 44 sur 98 · MUQUEUSE DU PHARYNX · texte numérisé non relu

MUQUEUSE DU PHARYNX

sieurs culs-de-sacs dans lesquels pénètre répithélium de la muqueuse ; en même temps, le chorion de la muqueuse subit l'infiltration lymphatique, et se transforme en tissu adénoïde (His), soit d'une manière diffuse, soit par petits départements sphériques bien circonscrits, de manière à constituer des follicules clos identiques à de petits ganglions lymphatiques, ou plutôt aux follicules de la substance corticale des ganglions lymphatiques. Telles sont les amygdales, telles sont les dépressions* moins développées qui occupent la base de la langue (fig. 60}. Nous avons donc deux produits à examiner ici : celui des follicules et celui des dépressions, des culs*de-sac de la muqueuse. Celui des follicules est identique au contenu des ganglions lymphatiques. Le produit des culs-de-sac de la muqueuse se compose de desquamations épithéliales, mêlées de nombreux corpuscules muqueux ; de plus, à ce produit vient se joindre celui des glandes muqueuses qui s'ouvrent au fond des dépressioDs de la muqueuse ; enfin, les follicules les plus superficiels se rompent souvent, et mêlent leur contenu aux éléments précédents ; de là le détritus caséeux et granuleux, souvent fétide, par suite de décomposition, qui remplit parfois les dépressions des organes folliculeux, et surtout celles de l'amygdale, le plus volumineux des organes de ce genre. Le détritus des amygdales renferme souvent des vibrions et des leptothrix, implantés dans une matrice amorphe granulée, formée de débris épithéliaux et de résidus alimentaires, comme le dépôt gengivo-dentaire que nous avons décrit au niveau des dents, et celui que Ton trouve englobant et prolongeant les p** pilles filiformes de la langue, (voy. p. 214; et 215, Gg. 55.)

La muquettse du pharynx est recouverte d'un épithéiium identique à celui de la cavité buccale, si ce n'est vers la partie supérieure, qui, par sa structure et par ses rapports, mérite le nom d'arrière-cavité des fosses nasales ; en ces points, c'està-dire à la partie postérieure du voile du palais, au pourtour de l'orifice des trompes d'Eustachc, et à la voûte du pharynx, la muqueuse présente un épUhélium vibraiile, comme celui des fosses nasales. — La muqueuse du pharynx est en général dépourvue do papilles ; elle présente des glandes mtiqueuses et des glandes folliculeuses ; ces glandes et surtout ces follicules sont abondants vers la partie supérieure ; en arrière de

PRODUITS DE LA CAVITÉ BUCCALE. 2ît

rorifice des trompes, les glandes folliculeuses forment souvent une espèce de tonsille pharyngienne dans les dépressions de laquelle s*accumuleht des amas caséeux, puriformes, identiques à ceux de l'amygdale.

La muqueuse de Vœsophage ne présente rien de remarquable; elle est recouverte par un épithélium pavimenteux identique à celui de la bouche, et présente quelques glandes muqueuses peu nombreuses, et quelques follicules clos isolés plus rares encore ; sous ce dernier rapport, il paraîtrait y avoir de grandes différences selon les individus.

Produits de la oavité baoealt

La muqueuse buccale est revêtue, comme nous venons de l'indiquer, dMn épithélium pavimenteux stratifié qui se desquame incessamment. Les produits de cette chute épithéliale, mélangés à de la salive, forment un enduit que Ton pourrait appeler physiologique^ et qui recouvre la langue, les gencives, la paroi interne des joues, etc. Cet enduit buccal est d'ordinaire incolore, transparent, alcalin, assez peu visqueux. Il se rassemble sur les bords de la langue et se reconnait aux bulles d'air qui le soulèvent et lui donnent assez souvent Taspect d'une écume blanchâtre. Si on l'examine au microscope, on y trouve les cellules épithéliales aplaties, déformées, repliées sur elles-mêmes de «la muqueuse buccale (Voy. p. 212, fig. 53); ces cellules forment de larges plaques polygonales présentant presque toujours un noyau petit, sans nucléole, ne renfermant que quelques granulations. Parfois, surtout dans les cas d'inflammation légère, ces cellules épithéliales se gonflent, deviennent globuleuses. Leur noyau peut alors mesurer 5 à 7 fji. Outre ces lamelles épithéliales,

âîfâ PHODUITS DE LA CAVITE BUCCALE.

l^enduit normal de la bouche rentenne tx)ujours quelques leucocytes gonflés par la salive et dont on aperçoit très-nettement le noyau et les granulations moléculaires ; il contient, en outre, presque toujours, des éléments étrangers (débris d'aliments, poussière, etc.) et surtout des parasites. Noua décrirons plus loin ces différents produits. Si nous nous bornons à examiner ce que deviennent les enduits épithéliaux, voici ce que nous constatons : '

U enduit buccal ^qmI s'accumuler en quantités plus ou moins considérables dans les conditions physiologiques et former à la surface de la langue une couche blanchâtre, molle, étendue principaleiipent à la base de la langue, laissant parfois les bords et la pointe intacts et, par conséquent, d'une coloration rouge qui fait contraste avec l'aspect grisâtre des parties voisines. Cet enduit étant enlevé à l'aide d'une spatule, on n'y trouve souvent, dans le cas où il s'accumule à la suite de l'abstinence, que les éléments épithéliaux caractéristiques de la desquamation buccale, unis à quelques leucocytes, à quelques granulations protéiques et à quelques fragments de lepiothrix; le même aspect s'observe quand on examine les enduits qui surviennent après une alimentation épicée, l'usage de l'alcool, du tabac ; mais on constate, dans ces derniers cas, un nombre de leucocytes plus considérable. Vient-on à observer les enduits dits muqueux qui forment à la surfoLce de la langue une couche blanchâtre ou gris jaunâtre, crémeuse, parfois très-épaisse, souvent colorée par la bile (embarras gastrique), on voit, sous le champ du microscope, que les lamelles épithéliales, imbriquées, adliérentes les unes aux autres, sont unies

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