GRANULATIONS ÉLÉMENTAIRES
Oufre les globules rouges et blancs, le sang à l'état physiologique peut encore présenter en suspension des éléments très-varîables de dimension et de nombre : ce sont les globules de graisse et les granulations élémentaires.
Globules db graissb. — Ils viennent en grande partie du chyle, où ils sont versés en grande abondance pendant toute la durée de la digestion. Parfois ils sont en quantité si considérable, que le sérum prend une apparence laiteuse [sang blanc). Ces globules graisseux se reconnaissent aisément à leur forme sphérique, leur coloration légèrement jaunâtre, leur grande réfringence et leur solubilité dans réther.
GRANDLA.TIONS ÉLÉMENT AIRES. — Les uucs paraissent être des granulations fibrineuses : on ne saurait dire si elles existent dans le sang qui circule dans les vaisseaux, mais on les trouve toujours dans les préparations, quelque rapidité que Ton mette à faire Texamen. Ces granulations sont anguleuses, et leur aspect les ferait prendre au premier abord pour des débris de globules blancs ; mais comme Teau ne les altère pas, comme Tiode les colore, ces réactions font admettre que ce sont là des granulations de nature fîbrineuse (Ranvier). (Voy. plus loin les réactions de la fibrine.)
Les autres granulations, dites ^granulations pigmentaires, sont de petits corpuscules, comparables à des fragments de globules rouges très-ratatinés ; ces éléments sont très-peu abondants dans le sang normal : ils sont d'un rouge sombre, presque noirâtre, et remarquables par leur résistance aux réactifs ; ainsi Teau ajoutée en excès et l'acide acétique, qui
dissolvent les globules rouges, laissent ces corpuscules intacts ou ne les dissolvent que longtemps après les autres éléments. On les regarde généralement comme des débris, des cadavres de vieux globules rouges, et nous verrons que Tétude du semg pathologique confirme cette manière de voir.
Tels sont les éléments que le microscope peut faire reconnaître dans le sang normal : les autres éléments du liquide sanguin sont à Tétat de dissolution; mais il en est im, la fibrine^ qui prend la forme solide dès que le sang est sorti des vaisseaux, et qu'il est très-important de savoir reconnaître au microscope soit pour en rechercher les traces sur un linge taché" de sang, soit pour le distinguer des autres produits d'exsudation (et particulièrement du mucus).
Fibrine. — La/ïôm^ (fig. 15), examinée au microscope avec un grossissement de 250 d., se présente sous la forme d'un fin lacis de fibrilles entrecroisées et anastomosées, de manière à constituer des réseaux irréguliers; ces fibrilles sont elles-mêmes irrégulières et comme forme et comme dimensions. Quand les globules rouges ont eu le temps de se précipiter au fond du vase pendant la coagulation de la fibrine, celle-ci est pure et isolée ; dans le cas contraire, on trouve les globules irrégulièrement emprisoimés et enserrés dans ses mailles. Lorsqu'on observe une goutte de sang un peu volumineuse, fraîchement extraite par une piqûre et placée sur le porte-objet (sans couvre-objet), on* peut constater, en même temps que l'empilement des globules dont nous avons déjà parlé, la coagulation spontanée de la