QUANTITÉ RELATIVE DES GLOBULES
premiers se précipitant, les seconds surnageant au contraire : le battage, qui empêche en même temps la coagulation de la fibrine, doit être employé dans ce cas. Mais il suffit, pour cet examen, d'une gouttelette de sang extraite par une fine piqûre de la pulpe d'un doigt; cependant, dans ce cas encore, il faut tenir compte de ce qu'il est nécessaire d'ajouter un véhicule neutre à la préparation pour diluer la masse des globules et en permettre le dénombrement : or, dans ces circonstances, il se produit dans la préparation des courants qui entraînent les globules rouges, tandis que les blancs, plus visqueux, restent au point où a été d'abord déposée la goutte de sang; on est donc exposé, si l'on se borne à examiner un seul endroit de la petite nappe étalée sous l'objectif, à tomber sur un point où les globules blancs ou bien seront en eicès, ou bien seront très'-rares ; il est facile d'éviter cet inconvénient en mélangeant la préparation avec l'aiguille et en procédant au dénombrement en plusieurs points très-divers, de façon à obtenir une moyenne dans laquelle disparaissent à peu près les causes d'erreur.
On compte les globules rouges et blancs sur une plftqtte divisée en petits carrés de dimensions égales ; ou bien, le sang étant très-dilué, on compte tous les éléments qui se trouvent à un moment donné dans le champ du microscope.
On Constatera ainsi que, Chez l'adulte à l'état physiologique j on trouve en général seulement 1 globule bland pour 350 globules rouges. Ce nombre est donné par une goutte de sang extraite de la peau ; mais il n'est pas le même pour tous les départements du système vasculaire : nous n'insisterons pas sur ces variations locales, qui ne trouvent pas d'application clinique, surtout pour ce qui est des veines profondes (on a trouvé que les veines de la rate et du foie renferment un
nombre relativement considérable de globules blancs). Il n'est pas nécessaire de procéder toujours à- une numération exacte et comparative des globules blancs et rouges contenus dans le champ du microscope : pour constater immédiatement si le nombre des globules est beaucoup au-dessus du chiffre normal, il suffit de compter ceux qui se présentent dans le champ du microscope avec un grossissement donné et en comparant le résultat au tableau suivant donné par Ranvler : ( Dans le sang normal, dit-il, avec les systèmes :
Objectif 7, oculaire 2, de Hartnack;
— 6, — 1, de Verick ;
— 3, — 1, di Nachel;
il y a en moyenne 3 ou 4 globules blancs dans le champ du microscope. S'il s'en trouve dans une préparation un chiffre notablement plus élevé, 10 par exemple, on pourra en conclure, à première vue, que le nombre des globules blancs dans le sang est au-dessus de la normale. Cette méthode est bonne à plus forte raison, si le nombre des globules blancs est plus considérable, par exemple s'il y a un globule blanc sur deux ou trois globules rouges, comme il arrive quelquefois. » (Ranvier, op. cit., p. 212,)
On a constaté que le nombre des globules blancs diminue et tend vers son minimum sous Tinfluence de y abstinence, de Vâge avancé du sujet (1 pour 1000) ; il est plus considérable, au contraire, après les repas^ après un purgatifs pendant la grossesse, à la suite ^hémorrhagies, chez les enfants; mais toutes ces circonstances plus ou moins physiologiques ne font varier la quantité des globules blancs que dans des proportions telles qu'ils restent toujours en nombre inférieur aux globules rouges. Nous verrons qu'il y a loin de là aux proportions toutes nouvelles qui caractérisent certains états pathologiques (leucocytose), et qu'il est peu naturel d'appliquer aux cas présents le nom de leucocytose physiologique.