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I. — Appartil et sécrétion génitale de l'homme

Le sperme, tel qu'il est éjaculé, se compose des produite de sécrétion de plusieurs glandes, situées sur le trajet des voies génitales, depuis le testicule jusqu'au canal de Turèthre; nous allons étudier successivement les éléments caractéristiques et les produits de chacune de ces glandes.

Testicule» — Les canaux dont se compose le testicule (tubes séminifères) sont rempiis de cellules arrondies ou polygonales. Celles qui sont à la périphérie rappellent la disposition d'un épithélium ; celles du centre sont plus yolumineuses, plus irrégulières, et présentent des différences remarquables aux diverses époques de la vie. « Chez Tenfant, les cellules sont relativement petites (i/80 de millimètre), régulièrement polyédriques, à contenu finement granuleux et transparent, qui permet de voir un noyau sphérique assez foncé. Chez le vieillard, ces cellules s'infiltrent de graisse, et se liquéfient en donnant naissance à un produit semblable à du lait. Chez Tadulte, ces cellules ressemblent les unes à celles de

enfant, les autres à celles du vieillard, sans cependant présenter une infiltration graisseuse aussi prononcée ; enfin il en est un grand nombre qui offrent une segmentation nucléaire multiple, et qui sont destinées à la formation des spermato-

SPERMÂTOZOibES. 349

noides 1 (Ch. Morel). Que ces dernières cellules ne soient qu'une phase du développement de certaines cellules spéciales, ou qu'elles représentent un élément nouyeau, formé par genèse (ovule mâle de Ch. Robin), toujours est-il qu'elles sont le lieu de formation de l'élément essentiel du sperme. Cette formation se fait aux dépens des noyaux ; on n'est pas non plus parfaitement d'accord sur la question de savoir si le spermatozoïde naît dans l'intérieur du noyau, ou si celui-ci se transforme tout entier en spermatozoïdes ; ce qu'il est facile de constater, c'est que ces cellules à spermatozoïdes se montrent en définitive commodes vésicules pleines de filaments spermatiques, en nombre à peu près égal à celui des noyaux primitifs ; ces spermatozoïdes sont enroulés d'une façon plus ou moins régulière.

Le contenu des tubes séminifères n'est donc pas à proprement parler un liquide : c'est une matière pâteuse, demiliquide, et d'un blanc mat ; ses éléments caractéristiques sont les cellules à spermatozoïdes présentant toutes les phases successives du développement que nous venons d'indiquer.

Déjà dans le testicule, mais surtout pendant leur trajet à travers les cônes séminifères et l'épididyme, les cellules à spermatozoïdes crèvent, et les spermatozoïdes s'en échappent ; le liquide spermatique est dès lors caractérisé par la présence de ces débris cellulaires et par celle des spermatozoïdes libres. Ces derniers éléments se présentent alors à peu près avec les caractères qu'ils offriront dans le sperme éjaculé, si ce n'est que leurs mouvements sont moins vifs ou presque nuls ; mais, par l'adjonction d'un liquide légèrement alcalin, on met facilement en jeu leur mobilité. Nous pouvons donc indiquer dès maintenant les caractères essentiels de ces éléments anatomiquos vibratiles.

A un grossissement de 500 diamètres, les spermatozoïdes se montrent composés d'un renflement antérieur piriforme [tête) et d'un appendice filiforme [queue) : toutes ces parties paraissent complètement homogènes et brillantes. Leur longueur totale est de 5 centièmes dé millimètre (50 |x). Grâce aux mou-

MUQUEUSE DES OKGANES GENITAUX DE L'HOMHE.

'. nMiwbruch. ^>*-

CANAL DEFERENT. 331

vements ondulatoires de la queue, on voit tout le corps du spermatozoïde se déplacer, la tête toujours en avant, avec une vitesse que Ton a évaluée à 4 millimètres par minute ; ce déplacement se fait avec assez de force, car on les voit ébranler et écarter de leur chemin des débris de cellules ou de cristaux relativement volumineux. Ces mouvements persistent encore dans les produits génitaux recueillis vingt-quatre et quarante-huit heures après la mort. Nous verrons bientôt comment ils se conservent longtemps dans les organes génitaux de la femme. Dans le sperme éjaculé, Teau ou les liqueurs acides font cesser ces mouvements, que les liquides légèrement alcalins réveillent et excitent; mais, même après leur mort, les filaments spermatiques présentent encore une assez grande résistance aux réactifs. Après dessiccation et ramollissement dans Peau, ils conservent une forme reconnaissable et parfaitement caractéristique, ce qui est très-important, au point de vue des examens médico-légaux. Dans Teau et dans les liquides de Téconomie, ils résistent très-longtemps à la putréfaction (Donné). D'après Valentin, la cal cination elle-même laisserait leur forme intacte.

Canal déférent. — En parcourant l'épididynie et le canal déférent, le sperme se môle aux produits de ces canaux.

Vépididyme est tapissé par un épithélium cylindrique muni de très longs cils vibratiles ; (voy. fig. 100) ; il ne sera donc pas étonnant do rencontrer dans le sperme des éléments de ce genre ^

Le canal déférent est tapissé de cellules cylindriques,

1, Pour Io8 kystes de l'épididyin vovez plus loin (chap. des Ifetnl>ratu9 iéreMCê, hydrocèle].

î MUQUEUSE DES ORGANES GÉNITAl^C DE L'HOMME.

lis ces cellules ne sont pas vibratUas; elles présentent

«uciiW — GroM

et les tjualquea glandes tubuleusee anneiées à ces parties produisent un liquide qui vient s ajouter au sperme et le

Ce liquide présente à l'examen microscopique, d'après Ch Robin, des cellules epithéliales pnsma tiquer, des débris de cellules et des granulatioDs arrondies ou polyédriques, irreguliâres, réfractant fortement la lumière, a centre bnllant, et a contour

VESICULES SÉMINALES. 3S3

brunâtre foncé. Cesi à ces granulations que ce liquide doit sa couleur brune, couleur qu'il communique au sperme, lequel perd dès lors sa coloration crémeuse pour devenir d'un gris brunâtre.

Les vésicules séminales présentent la même structure que le canal déférent; elles sont revêtues d*un épithélium cylindrique, mais vu les nombreux replis et dépressions de leur muqueuse, le liquide qu'elles sécrètent est très-^ondant : c'est le plus abondant des produits génitaux de Thomme.

Il présente à Texamen microscopique des cellules épithéliales cylindriques, des globules blancs, des globules rouges du sang et des concrétions. Ces deux derniers éléments méritent çle nous arrêter un instant. Les globules rouges sont fréquents dans le produit des vésicules séminales, surtout lorsqu'il n'y a pas eu coït depuis longtemps (Gh. Robin), de sorte que leur présence dans le liquide éjaculé ne peut avoir rien d'alarmant. D'après les recherches de A. Dieu*, il sont surtout abondants dans le sperme des vieillards, et proviennent de petites hémorrhagies, qui auraient pour cause le séjour prolongé du sperme dans les vésicules séminales. — Quant aux concrétions, elles sont les xmes calcaires (phosphate et carbonate de chaux), rares et presque pathologiques, les autres azotées, nombreuses et physiologiques. Ces dernières se présentent sous l'aspect de petits grains, très-variables de volume, de consistance cireuse, se brisant en

i. Voy. A. Dieu, Recherches sur le sperme des vieillards. Journal de Ch. Robin, i867, p. 449.

en

éclats par la pression, et formés d'une masse homogène. Gh. Robin, qui les a étudiées avec soin, leur a donné le nom de sympexiôns. Leurs réactions chimiques prouvent qu'elles sont O formées de matière azotée

ry-J^ autre qu'un simple mucus vi^^y concret, car l'acide acétique, \XJ au lieu de les ratatiner et de les rider, les gonfle, les rend Fig. 101. - Sympexions transparentes et les dissout.

provenant du lic^uide des SoUVeUt COS COUCrétionS, en

vésicules séminales Gross. g^ formant, englobent des

203 d. G. Pouchet.) ^ ... ^ , ,

spermatozoïdes, ou des globules du sang, ou des débris de cellules épithéliales, enfin l'un quelconque des éléments figurés du contenu des vésicules séminales. — Il existe une observation (Reliquet, Gazette des hôpitaux^ 1874) dans laquelle les sympexions, développés dans les vésicules séminales, ont pu, par leur nombre et leur volume, déterminer l'oblitération des canaux éjaculateurs. Expulsés en masse, après le cathétérisme, ces corps se sont présentés sous le microscope avec tous les caractères que Gh. Robin avait assignés aux sympexions, c'est-à-dire que l'acide acétique, faisant disparaître l'aspect strié de ces concrétions à faces planes et à angles mousses, en rendait la substance transparente et homogène et faisait apparaître de nombreux spermatozoïdes englobés dans la masse. Grâce à ces divers éléments, le liquide propre des vésicules séminales présente une couleur grisâtre, de sorte qu'il contribue à modifier la couleur primitivement blanche et l'aspect lactescent du sperme testiculaire.

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