I. Le(imi ïur le» kvmturi, ît«dit., p
mucine du mucus. Les filaments en réseau que forme la fibrine ne sont coagulés ni par le carmin ni par le picro-carminate, mais ils le sont très-nettement par riode.
L'examen microscopique du sang d'un malade peut nous y faire découvrir soit une altération des éléments normaux, soit une modification numérique de quelques-uns de ces éléments, soit enfin des éléments nouveaux*.
ALTÉRATIONS DES GLOBULES ROUGES. — Les altérations pathologiques des globules rouges sont encore peu connues ; ce n'est pas par Texamen microscopique, mais bien par l'analyse chimique d'une grande quantité de sang que l'on a cherché à constater les altérations du milieu intérieur. Dans ces derniers temps, toutefois, on a insisté avec raison sur l'analyse microscopique du sang pathologique. Bien que les résultats obtenus soient encore très-contradictoires, il nous faut les indiquer.
Les dimensions des globules rouges peuvent changer dans un grand nombre d'états pathologiques. Manasséin a constaté que la diminution dans les dimeusions du globule sanguin est en corrélation avec ime suractivité pathologique de ses échanges (fièvre) , ou bien encore avec une moindre absorption d'oxygène due à une réduction notable de
1. Nous donnerons dans un paragraphe spécial, rejeté à la fin de Tétude du sang, un résumé des travaux récents sur la numération des globules.
GLOBULES ROUGES. 4o
l'activité respiratoire (acide carbonique, morphine) : que l'accroissement dans les dimensions des globules sanguins est, au contraire, lié à ime réduction dans les échanges (acide cyanhydrique, alcool, quinine) ou bien à une plus grande richesse en oxygène (action directe de ce gaz, anémie aiguë).
En prenant des précautions minutieuses pour éviter les causes d'erreur dans ces mensurations, Manasséin a constaté que la fièvre septicémiqtie^ déterminée par les injections souscutanées d'un liquide putride, pouvait réduire les globules rouges d'un cinquième environ de leur diamètre. 11 compare ces résultats à ceux qu'Erb avait déjà signalés, en constatant, dans des circonstances analogues, la diminution du nombre des globules sanguins volumineux, à ceux de Virchow qui a vu apparaître dans le sang des fièvres infectieuses et typhiques des globules très-petits et foncés (corpuscules mélaniques), etc. La même diminution a été observée chez les animaux narcotisés à l'aide de la morphine. Ce qui semble bien prouver que la diminution de volume tient à la lenteur et à la difficulté de l'absorption de l'oxygène chez les animaux ainsi narcotisés, c'est l'action alternative ou combinée de l'influence de la morphine et de celle de l'oxygène. En plaçant les animaux dans une cloche traversée par un courant constant d'oxygène, on peut constater que les dimensions des globules n'étaient plus réduites, qu'elles étaient môme accrues, tandis que le volume de ces mômes globules diminuait de nouveau dès que le courant d'oxygène venait à cesser. On comprend les applications cliniques et* thérapeutiques qui découleraient de semblables expériences si elles venaient à être confirmées. La diminution de volume la plus considérable a été obtenue en plaçant les animaux dans une cloche où pénétrait une quantité notable d'acide carbonique (1/4 en diamètre).
Au contraire, en pratiquant une saignée à un animal (ce qui répartit la môme quantité d'oxygène sur un nombre plus restreint de globules), on voit les dimensions des globules rouges augmenter. Le môme phénomène s'observe quand on les empoisonne à J'Aid0 d'acide cyanhydrique, ou d'alcool. La quinine
46 SANG PATHO[.OGIQUE.
a paru non- seulement accroître les dimensions des globules rouges^ mais encore agir sur les globules blancs qui perdent leur contractilité, cessent de se développer et diminuent rapidement de nombre.
A côté de ces observations il faut ranger celles qui ont été décrites sous le nom de microcythémie. Nous avons déjà signalé, dans un grand nombre de cachexies, l'existence de corpuscules qui paraissent devoir être considérés comme des globules rouges en voie de destruction. Or MM. Charcot et Vulpian ont reconnu dans le sang d'un leucocythémique a un grand nombre de globules rouges (un tiers environ) qui n'avaient pas le diamètre normal. Les uns mesuraient 5 (x, d'autres 4 (x ou 3 {jl , enfin certains globules n'avaient pas plus de 2 {x, et ces derniers n'étaient pas très-rares, car on en rencontrait toujours un ou plusieurs dans le champ du microscope (4S0 diam.). Les plus petits de ces globules offraient une forme sphéroïdale ; ceux qui étaient intermédiaires entre les plus petits et les normaux présentaient çà et là la forme discoïde. » Dans le scorbut, M. Hayem a constaté l'existence d'un grand nombre de globulins. Enfin plus récemment MM. Vanlair et Masius, professeurs de Leyde, ont repris cette question delà microcythémie*. Les caractères des microcytes sont, d'après ces auteurs, leur sphéricité parfaite, la persistance remarquable de l'intégrité de leur forme , leur résistance aux réactifs, leur isolement constant dans le champ du microscope, leur excessive réfringence, enfin et surtout la petitesse et l'uniformité de leur diamètre.
i. Arch. de physiologie, 1872, p. 123.
Ces globules préexistent dans le sang ; cette altération n'est donc pas cadavérique, ne se produit pas seulement hors des vaisseaux. Leur nombre augmente dans le sang toutes les fois que Tactivité de la rate se trouve surexcitée, ou bien encore lorsqu'il existe une lésion grave du foie. Les conclusions de MM. Vanlair et Masius sont les suivantes :
c Les microcytes ne sont qu'une des phases de la destruction des globules rouges; la rate est l'organe formateur des microcytes ; le foie détruit, dans les conditions physiolologiques, les microcytes qui lui viennent de la rate. Dans notre cas, oïl il existait une hyperplasîe de la rate en même temps qu'une atrophie du foie, le sang de la circulation générale devait nécessairement se charger de globules nains et constituer ainsi la microcythémie. »
L'augmentation de volume des globules rouges a été constatée par Gubler dans un cas de maladie d'Addison, et par Vulpian dans un cas de cyanose cardiaque.
Plus récemment Kelsch, observant les altérations du sang dans les fièvres intermittentes graves , y a trouvé : 1*> des globules pâles, volumineux ; 2<* d'autres, moins larges, colorés, plus ou moins crénelés ; 3° enfin des globules lisses, très-colorés, très-réfringents. Les premiers sont surtout abondants quand l'oligocythémie est très-profonde; chez les sujets moins anémiés, au contraire, les globules pâles, moins volumineux, sont toujours peu nombreux par rapport aux autres. Les globules rouges les plus volumineux mesuraient, d'après Kelsch, jusqu'à 9 p.. Quant aux globules blancs, ils mesuraient 15 [i. et même davantage.
Ces mensurations de globules peuvent être faites de la manière suivante (Schmidt, Milne-Edwards) : on place sur le porte-objet ime très-petite goutte de sang, on Pétale rapidement avec une autre placée obliquement, puis on porte la plaque sur une lampe à alcool. Une évaporation rapide permet de fixer les globules isolés dans leurs positions respectives et de les mesurer.
Outre ces variations dans les dimensions des globules sanguins, on a souvent observé et décrit des variations de forme. Les globules sanguins peuvent être crénelés en forme de roue d'engrenage, ou bien mûri formes, analogues aux chatons des marrons dinde, les disques paraissant comme recouverts de piquants rappelant très-bien la forme de bâtonnets ou de bactéries (Goze et Feltz) (fig. 16). Ces déformations s'observeraient, d'après Coze et Feltz*, dans le sang des malades atteints d'affections septicémiques, dans la fièvre typhoïde , la variole, la scarlatine, la fièvre puerpérale ; outre la déformation des globules rouges, les mêmes observateurs dî1§ent avoir constaté dans toutes ces maladies une diffluence plus ou moins grande des globules sanguins, qui s'agglutineraient les uns aux autres, de manière à présenter, dans certaines circonstances (scarlatine), l'aspect de « mares d'un teint jaune rougeâtre, dans lesquelles les contours des globules ne sont plus visibles (véritable fasion). d Les globules rouges ainsi altérés ne s'empileraient plus comme le font les globules du sang à l'état normal, et surtout les
i. Recherches sur les maladies infectieuses, par MM. Coze et Feltz (de Strasboui^) ; Paris, J.-B. Bailliëre, 1872.
globules de sang observés chez des malades atteints de lésions inflammatoires. Cette diffluence des globules et leur tendance à Tagglomération a été constatée par Davaine dans les maladies charbonneuses.
La diffluence des globules rouges est aussi trèsfréquente dans les intoxications par les poisons
eu
"m^ m mu ^
Fig. 16. — i^ltérationB des globules ronges du sang (d'après Coze e Feltz). — a, Types des globules rouges normaux ; &, globules dé^ formés ; c, globules muriformes ; (f , vibrions.
stéatogènes (phosphore) ou encore dans Fictère grave. Parmi les altérations anatomiques que Ton constate dans Tictère grave, il en est une qui nous a semblé constante, c'est la diminution du nombre des globules rouges, leur dissociation, l'apparition très-rapide de cristaux d'hémoglobine. Les. mêmes lésions ont été constatées par Ritter* dans les em-, poisonnements par l'antimoine, l'arsenic, le phosphore, l'injection dans le sang des acides biliaires, et, en particulier, du taurocholate de soude. Si la
1 . Ritter, à,e% Modificationê chimiques que subissent les sécrétions sous l'influence de qnelques agents qui modifient le globule sanguin thèse pour le doctorat es sciences ; Paris, 1 872.
dose du toxique injecté est moins forte , on trouve dans le sang une augmentation de la graisse et de la cholestérine.
11 est impossible de méconnaître Tintérêt que présentent ces recherches ; mais il est difficile de considérer comme définitifs de semblables résultats. L'aspect crénelé, muriforme des globules rouges s'observe toutes les fois que le sang se dessèche au contact de Tair : la rapidité seule de ces déformations peut être considérée comme le signe d'une altération pathologique du sang. Il est vrai d'ajouter que, dans les maladies infectieuses, les'modifications de forme des globules sont excessivement rapides ; d'un autre côté, la diffluence de ces globules, leur accolement ne s'observent, dans le sang normal, qu'au bout d'un temps assez long, alors que le sang est déjà desséché ou en voie de putréfaction. Enfin la présence des globulins que nous avons déjà signalés a été constatée plusieurs fois aussi par MM. Goze et Feltz.
Les déformations amiboïdes, qui s'observent surtout quand on étudie les globules blancs, se constatent parfois sur les globules rouges. C'est ce qui résulte du moins des observations faites par Laschkéwitsch dans la maladie d'Addison.
Ces déformations globulaires paraissent se produire dans un assez grand nombre d'intoxications ; ainsi , dans l'anémie qui atteint les ouvriers des fabriques d'aniline, tout porte à croire que les vapeurs d'aniline, de même que celles de la benzine, de la nitrobenzine, etc. , « attaquent prinntivement les globules, qui subissent ainsi une diminution de volume et se racornissent comme par l'action exos-
motique des alcalis concentrés » (Sée) *. Dans une cachexie déterminée par des hémorrhagies multiples avec hypertrophie du foie et stases veineuses, le professeur Rommelœre décrit une altération des globules caractérisée par leurs variations de forme. Ils sont en forme de bouteille, de poire , de bonnet phrygien, etc., sans qu'on puisse facilement expliquer ces déformations.
Une action toxique plus directement constatable est celle que produisent toute une série de gaz dont l'oxyde de carbone est le type. Les déformations ne sont plus, dès lors, les modifications subies par les globules rouges ; une autre altération, im changement dans leur composition chimique peut se constater à l'aide d'un mode particulier d'investigation dont nous devons nous occuper. En effet, employée avec le microscope, la spectroscopie nous offre des ressources importantes pour constater le sang, pour rechercher sa richesse en globules rouges^ pour étudier les altérations de ces globules (surtout au point de vue respiratoire, au point de vue des gaz) et enfin pour reconnaître dans divers liquides les produits de décomposition de la matière colorante des globules rouges. — Nous rappellerons donc en quelques mots en quoi consiste la spectroscopie du sang ; nous nous arrêterons en particulier sur la raieraspectroscopie; nous en ferons l'application immédiate à l'étude des gaz et surtout à l'étude de l'intoxication du globule rouge par l'oxyde de carbone et nous verrons conmient ce procédé d'investigation pourra servir à rechercher la richesse du sang en globules
i. Leçont de pathologie expérimentale; Paris, 1867, p. 128.
pouges. Plus tard, en faisant l'histoire des produits chimiques dérivés du sang, nous verrons comment la spectroscopie pourra nous servir à reconnaître rhématine, Phémine, etc., à diagnostiquer en un mot une tache de sang.
Spectroscopie, — On désigne sous le nom de spectroscopie du sang l'étude de ce liquide au moyen du procédé d'analyse appliqué en chimie par Kirchhoflf et Bunsen. Hoppe-Sey- 1er, Valentin, Stokes, Cl. Bernard ont en effet montré que le sang a le pouvoir de modifier d'une manière bien définie le spectre d'un rayon de lumière qui le traverse; lorsqu'on regarde à travers un prisme (spectroscope) une solution de sang artériel, que traversent les rayons de la lumière solaire, ou de la lumière émanée d'une lampe, au lieu d'observer le spectre lumineux ordinaire, on voit ce spectre interrompu par deux bandes obscures placées dans la partie jaune- verte du spectre {bandes d'absorption de la matière colorante des globules rouges). Le sang veineux et surtout le sang artificiel^ lement désoxygéné, donnent un spectre différent du précédent, en ce que les deux bandes noires sus-indiquées se fusionnent en une seule bande (bande de réduction de Stokes), plus large, et occupant à peu près tout le jaune du spectre.
Microspectroscopie» • — Mais la quantité de sang à étudier peut être tellement petite qu'elle soit insuilisante pour être examinée au spectroscope ordinaire. Ces cas sont les seuls qui doivent réellement nous occuper ici ; nous emprunterons donc au travail si complet de V. Fumouze ^, les détails relatifs aux recherches microspectroscopiques, qui peuvent permettre au médecin de faire toutes les recherches cliniques ou médicolégales avec une quantité vraiment microscopique de liquide sanguin. ,
La combinaison du microscope et du spectroscope peut se faire de deux manières :
1° Dans la méthode allemande (Valentin, Stricker), on projette sur le miroir du microscope le spectre donné par un