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Fumouze, Thèses de Paris

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rayon lumineux qui a traversé un prisme; ce spectre, réfléchi par le miroir, traverse une lentille convergente interposée entre le miroir et le porte-objet, lentille qui rapproche les différentes parties du spectre en une image très -petite au niveau du porte -objet. On peut alors examiner une préparation microscopique en la plaçant successivement dans les diverses régions du spectre; si la préparation se compose de globules sanguins, on observe que quand ceux-ci sont placés dans la partie jaune-verte du spectre ils donnent les deux bandes d'absorption de leur matière colorante. On peut donc par cette méthode examiner à la fois et Tobjet en expérience et le spectre microscopique qui vient se projeter sur lui, et dont il modifie certaines régions. Mais ce procédé n*est pasd*une application commode; il tend à être généralement rejeté, c Outre qu*il faut chercher en tâtonnant la position respective qu'il convient de donner au prisme et au microscope, il est encore nécessaire d'opérer dans une chambre obscure, afin d'éviter tout mélange de lumière blanche. Enfin, même avec l'emploi de la lentille convergente, l'éclairage du microscope laisse encore à désirer. • (Fumouze). Le procédé suivant est bien plus pratique.

2° Dans la méthode anglaise on se âert d'un microscope ordinaire dont l'oculaire est remplacé par un spectroscope à vision directe (Sorby, Browing)*. Ce spectroscope à vision directe qui, au point de vue de sa forme et de sa construction, n'est autre chose qu'un oculaire faible, se compose essentiellement d'un tube (spectroscope oculaire) renfermant plusieurs prismes de substances différentes, accolés les uns aux autres, doués de pouvoirs réfringents différents et associés, de manière à compenser la déviation que chaque prisme en particulier ferait subir aux rayons lumineux, tout en laissant la dispersion ^e produire; on obtient ainsi avec la lumière solaire une miniature de spectre, qui arrive tout entier dans l'œil de l'observateur. Pour que les différentes couleurs soient bien tranchées, il suffit de faire tourner une petite vis qui éloigne ou rapproche les bords d'une fente ouverte dans un diaphragme

1. La description du microspectroscopo de Sorby se trouve oxposéo dans le Traité du microscope de Robin, auquel nous renvoyons pour plus de détails (p. 1005).

placé dans Tintérieur du spectrosoope oculaire, immédiatemont au-dessous de la lentille oculaire proprement dite. Supposons maintenant qu'il s'agisse d'examiner le spectre d'une goutte de sang : on commence par examiner cette goutte de sang au microscope, avec un grossissement quelconque, d'après le procédé habituel. Quand la goutte de sang donne une image bien nette, on retire l'oculaire, et on le remplace par le spectroscope oculaire. Dans ces conditions, on ne voit plus l'image des éléments sanguins examinés ; on ne voit plus qu*un spectre, mais ce spectre, modifié par le pouvoir absorbant de la n\atière colorante du sang (artériel), se présente avec les deux bandes d'absorption caractéristiques. Ce système d3 microspectroscopie est donc très -simple et d'une application facile ; s'il ne permet pas l'observation simultanée du spectre et de l'image de l'objet, il permet de faire alternativement ces deux examens en remplaçant successivement l'oculaire par le tube spectroscopique et vice versa.

Pour faire subir au sang la série des réactions aujourd'hui classiques, et qui constituent l'analyse spectroscopique, on dissout la goutte de sang dans un petit volume d'eau, et on place le liquide dans un petit tube dont on ferme les extrémités avec un peu de cire à modeler. Cette cire sert en môme temps à fixer cette préparation sur la platine du microscope. Dans ces circonstances la microspectroscopie nous permettra do reconnaître l'état d'oxygénation du sang, sa richesse en globules rouges, et enfin la présence de l'oxyde de carbone dans les globules sanguins.

Pour reconnaître Vétaû d'oxygénation du sang, il faut ne pas oublier ce que nous avons dit précédemment des deux bandes d'absorption du sang oxygéné et de la bande unique du sang réduit (bande de Stokes). On obtiendra donc également avec le microspectroscope un spectre du sang oxygéné, et du sang désoxygéné. Quand sur le sang, qui a donné le spectre caractéristique de la présence de l'oxygène, on fait agir un agent réducteur quelconque (d'ordinaire une solution de sulfate deprotoxyde de fer), on voit aux deux bandes précédentes se substituer une large bande obscure qui occupe à peu près la place des deux autres, ainsi que tout l'espace compris entre elles (en se portant cependant un peu plus vers le

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auoe}. — Si maintenant, découvrant la goutte de sang examinée, on l'agite avec une aiguille au contact de Tair, on voit, en recommençant l'examen, apparaître de nouveau le spectre du sang artériel. Cette succession alternative des deux spectres est tout à fait caractéristique du sang normal, comme nous le verrons bientôt. — . Le sang veineux normal présente un spectre intermédiaire aux deux précédents. On y voit les deux bandes obscures du sang oxygéné séparées par un intervalle obscurci.

Pour chercher à apprécier par la spectroscopie la richesse du sang en globules rouges, il faut d'abord savoir que les phénomènes spectraux précédemment décrits sont dus à la présence de la matière colorante rouge des globules (d'où le nom de spectre de Vhémoglobuline), et que le sang examiné en nature éteint non -seulement les régions du spectre correspondant aux lignes sus -indiquées, mais encore la plus grande partie des régions bleues ou violettes ; il faut étendre le sang d'une certaine quantité d'eau, le diluer, pour n'obtenir que les deux raies typiques, avec encore un peu de noir vers l'extrémité violette du spectre. Si donc on note la quantité d'eau à ajouter au sang normal pour arriver à ce résultat, moins il faudra en ajouter à un sang soumis à l'analyse pour arriver au même résultat, moins ce sang sera riche en globules. On pourra ainsi arriver à obtenir dans l'anémie, ou plutôt dans Yaglobulie, des résultats très -nets, et parfaitement comparables sur 1% richesse relative de divers sangs en matière colorante et par suite en globules K

1. c II serait intéressant d'apprécier également par la microspectroscopie les variations qu'éprouve, par suite des médications, la quantité d'hémoglobuline contenue dans le sung, quantité qui est nécessairement liée à celle des globules rouges. Pour ces expériences il suffirait, dans un grand nombre de cas, d'établir, à diverses périodes de la médication, la richesse relative du sang de chacun des animaux en expérience, par exemple, par la comparaison avec une solution titrée de sang pris sur un autre animal de môme espèce. Je suppose, par exemple, qu'on veuille étudier à ce point de vue l'action de la médication ferrugineuse, et qu'on ait plusieurs animaux, quatre chiens, par exemple, à sa disposition. On commencera par établir la quantité relative d'hémoglobulinc contenue dans le sang de trois do ces animaux.

Enfin, la microspectroscopie peut permettre, avec une goutte de sang, de diagnostiquer une intoxication par Voxyde de carbone. Cl. Bernard et Hoppe Seyler ont montré que Toxyde de carbone agit comme gaz toxique en prenant dans le globule sanguin la place de Toxygène^ qui dès lors ne trouve plus dans le sang ce véhicule capable de le transporter dans l'intimité des tissus. Dans ce cas, l'oxyde de carbone se combine, comme le faisait l'oxygène, avec î'hémoglobuUne, et donne au spectroscope un spectre (spectre du sang oxycarhoné) très-analogue au spectre du sang oxygéné, si ce n'est que les deux bandes d'absorption sont un peu plus déplacées vers la droite (un peu plus dans le vert). Mais ce que ce spectre a de caractéristique, c'est qu'il ne subit aucun changement par l'action des agents réducteurs ; en d'autres termes, ni par l'action d'une solution ammoniacale, d'acide tartrique et de sulfate de protoxyde de fer, ni par le sulfhydrate d'ammoniaque, les deux raies du spectre de Vhémoglobuline oœycarbonée ne sont ramenées à la raie unique de réduction de Stokes. Cette absence du jeu alternatif et de la reproduction successive des deux spectres précédemment décrits est caractéristique de la présence d'oxyde de carbone. — Cependant il faut encore tenir compte de l'action de quelques autres gaz sur le globule sanguin. Ainsi le bioxyde d'azote forme avec le globule sanguin une combinaison encore plus stable que la précédente. Ce gaz chasse môme l'oxyde de carbone de -sa combinaison avec l'hémoglobuline ; dans ce cas, le spectre présente deux bandes tout à fait semblables à celles du sang oxygéné ou oxycarboné, bandes qui, comme pour ce dernier,

par rapport à celle coutenue dans le 8ang du quatrième chien seryant de type. Ceci fait, les trois premiers chiens sont soumis à la médication ferrugineuse dans des conditions tout à fait identiques, et le quatrième animal sera soumis, pendant le même temps, au même régime que les autres, sauf la médication ferrugineuse. Au bout d'un certain temps on comparera de nouveau les pouvoirs absorbants du sang des quatre animaux en expérience, en prenant toujours pour étalon le sang du chien dont les aliments ne contenaient pas de fer. > (Fumouze.) On comprend combien la microspectroscopie rendrait ces recherches faciles en clinique, puisqu'elle permettrait de les faire avec une goutte de tang obtenue par une piqûre do la pulpe des doigts.

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ne sont pas modifiées quand on traite le sang par un agent réducteur.

Quelques recherches nouvelles, dues à MM. Coze et Feitz ainsi qu*à un de leurs élèves, M. Baudoin *, ont donné des résultats intéressants quoique non encore définitifs. MM. Coze et Feltz en étudiant le sang normal, le sang scarlatineux, le sang puerpéral et le sang infectieux mort, ont constaté que f les sangs malades sont plus concentrés que le sang normal ; que dans celui-ci les rayons jaunes' restent absorbés plus longtemps que les rayons verts, que cette proportionnalité d'absorption n'existe pas pour les sangs pathologiques ; ainsi pour le sang scarlatineux ces rayons jaunes restent absorbés moins longtemps que pour le sang puerpéral ; au contraire les rayons verts paraissent plus vite pour le sang puerpéral que pour le sang scarlatineux. En résumé, le spectroscope ne révèle de modifications autres que celles qui dépendent de la concentration des liquides. » M. Baudoin dit, au contraire, < qu'il existe dans le sang normal une plus grande proportion d'eau que dans le sang varioleux après la mort, mais que, de plus, l'ap' parition des raies vertes indique certainement des modifications autres que celles qui dépendent de la concentration des liquides. » — Nous nous bornerons donc à signaler ces recherches à l'attention des observateurs.

Un nouveau mode d'observations spectroscopiques a été découvert par M. Ranvier ; le fait sur lequel il est basé et ses applications pratiques touchent de trop près aux études microscopiques pour que nous puissions le passer sous silence ; mais le cadre de cet ouvrage ne nous permet qu'une rapide indication. On sait que les réseaux (stries fines et rapprochées tracées sur des lames de verre) décomposent la lumière blanche en ses couleurs élémentaires, c'est-à-dire en un spectre. Le faisceau mmculaire strié se comporte de même, aussi M. Ranvier a-t-il montré qu'avec le spectre musculaire, comme avec les spectres produits par un prisme ou un réseau, il est possible de reconnaître dans le sang les caractères et les diverses réactions spectroscopiques de l'hénioglobuline,

1. Voy. Coze et Feltz, Recherches sur les maladies infectieuses, p. 28S et suiv.

M. Ranvier a même construit un myospectroscope^ et donné toutes les indications nécessaires pour qu'un observateur puisse, à Taide de quelques fibres musculaires de grenouille, improviser un appareil suffisant pour l'analyse spectroscopique du sang. (Voy. L. Ranvier, Du spectre produit par les muscles striés» Arch. de Physiol, 1874, page 774.)

MÉL ANÉMIE. — Aujourd'hui que Torigine des globules rouges semble connue, qu'il paraît démontré que ces éléments proviennent de la transformation des globules blancs, il nous est facile de rattacher à leur histoire Tétude des deux formes principales de la mélanémie.

Dans la première forme, on trouve dans le sang des globules pigmentés que Ton doit considérer comme des globules rouges inachevés ou, en d'autres termes, comme des globules blancs n'ayant pu subir complètement leur métamorphose en éléments rouges. En effet, il résulte des observations du professeur Rouget qu-e chez les animaux (grenouille), lorsque les globules blancs se transforment en globules rouges, la matière colorante s'y dépose d'abord sous forme de granulations, qui ensuite se dissolvent dans le globule et le colorent uniformément (hématoglobuline). Ce premier stade de développement se produit, sans doute, trop rapidement chez les animaux supérieurs et chez l'homme pour qu'on puisse le constater à l'état physiologique ; mais, dans certains cas, le processus est entravé et le sang renferme de ces éléments arrêtés dans leur développement ; c'est ce qu'on trouve dans un grand nombre d'anciennes fièvres paludéennes, ce que Meckel a observé chez un aliéné, Virchow dans la cachexie palustre, Brown-Séquard dans la maladie

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d'Addison, etc. En effet, les éléments pigmentés que Ton rencontre dans ces cas ont ime grande analogie avec les globules blancs: ce sont des globules sphériques, parfois allongés, contenant des noyaux et un amas de granules colorés plus ou moins volumineux. On a considéré ces éléments comme caractéristiques des fièvres intermittentes graves, Kelsch, qui a étudié avec beaucoup de soin les altérations du sang dans les fièvres paludéennes , y a rencontré nonseulement des altérations qualitatives et quantitatives des éléments normaux, mais surtout ces amas pigmentaires. On les rencontre 22 fois sur 24 dans les organes profonds ou même dans le sang obtenu par la piqûre du doigt. Pour les rechercher il faut prendre une goutte de sang , la délayer dans une faible quantité de sérum artificiel, afin de bien isoler les globules rouges et d'éviter ainsi les amas qui masquent les globules mélanifères. Ceux-ci varient daôis leur forme , leurs dimensions, l'abon* dance du pigment qu'ils renferment. Ils sont le plus souvent spliériques, mesurant 7 à 15 fi, renfermant 3 à 6 granules arrondis de 1 (x. Il est impossible d'ailleurs de signaler toutes les modifications qu'ils peuvent présenter. Mais ce que nous en avons dit suffit pour montrer l'importance de ces recherches au point de vue du diagnostic différentiel entre les accès pernicieux et certaines encéphalopathies.

La seconde forme de mélanémie n'est qu'une augmentation anormale des débris ou cadavres de globules rouges que nous avons indiqués comme peu abondants à l'état normal : ici, comme précédemment, ces corpuscules sont remarquables par leur

résistance aux réactifs, leurs dimensions exiguës, leur couleur foncée, etc. Ces granulations pigmentaires sont tantôt arrondies, tantôt allongées, tantôt ramifiées, suivant qu'elles s'agglomèrent en amas de forme et de dimensions variables. Quelques-unes pâlissent par l'acide acétique et la potasse ; d'autres résistent à ces réactifs. Parfois ces corpuscules sont mêlés à des cristaux d'hématoïdine. On les rencontre surtout dans les formes légères de la fièvre intermittente, dans les fièvres typhoïdes, dans la fièvre putride des opérés, pendant le cours des épidémies : c'est une altération qui permet, au point de vue clinique, de conclure à ime prompte destruction des parties constitutives du sang. Dans les cas de mélanose généralisée, le sang renferme , en outre , un plus grand nombre de globules blancs , quelquesuns remplis de granulations noires , parfois des moules cylindriques brunâtres ou des granulations de même couleur.

Nous verrons, en étudiant les colorations anormales de la peau, que des particules noires métalliques ou charbonneuses peuvent se rencontrer dans les diverses crasses non parasitaires, ou même dans l'épaisseur de la couche épidermique. Ces colorations noires peuvent être dues à des modifications de la matière colorante des globules rouges du sang ou à des productions hétérotopiques du pigment, nommé mélanine ou mélaïne, qui se trouve normalement * dans les cellules de la choroïde et dans la couche de Malpighi de la peau (scrotum, peau du nègre). Il importe donc d'insister, à propos de l'étude du sang, sur les pigments d'origine hématique (mélanose hématique), qui diffèrent complètement des

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pigments proprement dits (mélanose mélaïnique). Toutefois, comme Fétude de ces pigments nécessite la connaissance des réactions que présente la matière colorante du sang et ses dérivés, nous renvoyons Texamen microscopique des différentes espèces de pigment à Tétude des produits de décomposition des globules (p. 86).

Globules blancs. — Les variations pathologiques des globules blancs consistent surtout en une augmentation numérique de ces éléments ; ce que nous avons déjà dit de la mélanémie par transformation incomplète des globules blancs en globules rouges aurait pu, à la rigueur, être décrit comme une altération, comme une évolution enrayée des éléments blancs du sang.

Nous avons vu que, dans certaines conditions physiologiques, le rapport des globules blancs aux globules rouges augmente d'une façon assez notable. Mais cette augmentation est bien plus considérable dans certains états pathologiques ; dans presque toutes les maladies où la fibrine augmente dans Je sang, où se produit la couenne inflammatoire, on peut remarquer une augmentation semblable des globules blancs ; telles sont les éruptions cutanées, les affections typhoïdes et, en général même, toutes les irritations locales d'un organe riche en lymphatiques. Mais cette augmentation des globules blancs peut être portée assez loin pour constituer le principal phénomène morbide dans la maladie désignée sous le nom de leucocythémie : dans ce cas, Texamen du sang montre un nombre si considérable de globules blancs que, même à l'œil nu, ce liquide peut présenter un aspect

presque laiteux ou , en tout cas, très-différent du sang rouge physiologique ; et, en effet, le microscope ne montre plus 1 ou 2 globules blancs pour 350 globules rouges, mais 1 globule blanc pour 3 rouges, et même 2 pour 3. Enfin il peut arriver que les deux éléments soient en nombre égal. Ces globules blancs présentent les deux variétés que nous avons déjà signalées dans le sang physiologique : les uns sont volumineux et développés, avec des noyaux le plus souvent multiples ; les autres sont plus petits avec un noyau simple et comparativement volumineux* Virchow avait cru pouvoir affirmer que la première forme appartenait aux globules formés pai* la rate et la seconde aux globules produits par les ganglions lymphatiques. Mais si les deux formes principales de la letœocythémie (^; liénale et l, lym-^ phatiqué) peuvent être cliniquement établies et différenciées, cette loi de Virchow, bieii qu^elle réponde à la majorité des faits, a été exprimée d'une manière trop absolue.

L'augmentation du nombre des globules blancs a été constatée par Goze et Fellz dans la plupart des maladies septicémiques* On a aussi signalé Tâugmentation numérique des globules blancs dans le scorbut; « Dans le sang des malades scorbutiques qui avaient de larges ecchymoses , j'ai trouvé le nombre des globules blancs augmenté et cela dans une proportion notable, dit Laboulbène.

J'ai compté quitize , vingt, vingt-huit et jusqu'à trente globules blancs dans le champ du microscope, en observant avec l'objectif 5 et l'oculaire 1 du microscope de Nachet. . . . Dans toutes ces observations j'ai ou le soin, après avoir piqué le doigt du malade.

de ne prendre sur la lame de verre que Textrémité de la gouttelette formée. J'ai une fois trouvé Paspect crénelé des globules rouges, mais cela provenait de la sueur du malade qui avait appuyé son doigt humide sur la plaque porte-objet ; je m'en suis assuré par une seconde observation démonstrative. » (Comptes-rendîts Acad. des sciences. 3 avril 1871.)

Il en est de même dans les cas de suppuration abondante. L'augmentation du nombre des globules blancs a été constatée par M. Malassez dans certains cas d'amputation, après l'accouchement surtout s'il y a imminence d'infection purulente, au moment de la formation des abcès dans la pleurésie purulente surtout avant la ponction, etc. De son côté, M. Brouaiv del a indiqué, comme signe pathognomonique des suppurations dans la variole et plusieurs maladies, l'augmentation rapide et notable des globules blaacs dans le sang. On peut, à l'aide d'observations attentives, prévoir ainsi la formation d'abcès multiples chez les varioleux. Enfin, dans la morve, Delafond, Ghristot et Kiener, et tout récemment MM. Bouley et Malassez, Colin, etc., ont signalé l'existence d^une leucocytose très-facile à caractériser (voy. art. Morve du Dict, encycl: et BulL acad, de méd,^ 1876.) Au contraire, la diminution du nombre des globules blancs est rare ; elle ne s'observe guère que dans certaines formes d'érysipèle. Nous verrons, en étudiant le pus (p. 99), les variations de forme, de dimension ou de structure, que peuvent subir les globules blancs extravasés : nous nous bornerons à dire ici que ces variations ne s'observent pas plus dans les vaisseaux, que l'on ne constate, dans le sang en

6i SANG PATHOLOGIQUE.

circulation , les déformations des globules rouges (amiboïsme).

On a cependant noté, dans la leucocythémie, à côté de Taltération quantitative des globules blancs, une altération qualitative ; il s'agit alors d'une dégénérescence graisseuse (Jœderholm). Charcot et Vulpian ont également, dans un cas de leucocythémie, observé dans les globules blancs une infiltration de granulations à bords réfringents, ne se dissolvant pas dans Tacide acétique.

Fibrine. — Les modifications de la fibrine ne donnent lieu à aucune recherche microscopique particulière. Le dédoublement plus ou moins rapide de la plasmine, qui seule préexiste dans le liquide sanguin normal, dépend d'un grand nombre de circonstances qui intéressent le médecin, mais dont nous n'avons pas à nous occuper. Nous renverrons, pour cette étude, aux travaux d'Andral et Gavarret, de Robin et, plus récemment, de Ghalvet. Il nous faut faire remarquer, toutefois, que l'aspect fibrillaire strié, que nous avons donné comme caractéristique de la fibrine, n'existe pas toujours. Parfois toute la masse ou presque toute la masse d'un coagulum fibrineux offre un aspect grenu non strié. C'est ce qui arrive surtout dans les caillots sanguins qui surviennent à la suite de phlébites. Dans ce cas, du reste, l'addition d'acide acétique fait gonfler, rend plus transparente et finit par faire disparaître toute la masse que Ton observe.

Il importe aussi de savoir reconnaître les productions fibrineuses extraites d'un abcès ou évacuée^ avec l'urine. Parfois onacorifondu'ces produits avec des vers dont ils ont l'aspect extérieur. Un examen

CRISTAUX. m

microscopique succinct fera éviter de semblables méprises.

Pigment. — Enfin, comme variations pathologiqpies dans les éléments normaux du sang, nous trouvons encore une augmentation anormale dans les molécules de pigment et de graisse que renferme ce liquide. Nous avons rattaché les différentes formes de mélanémie à Tétude des altérations des globules rouges (p. 58), et nous ne dirons rien de la présence dans le sang de corpuscules ou de cellules mélaniques empruntés à des tumeurs de ce genre ; ces observations devant être regardées comme trèshypothétiques.

Graisse. — Quant à la lipœmie, nous avons déjà signalé une richesse plus considérable du sang en molécules graisseuses ou protéiques après un repas, dans la grossesse, etc. ; on a signalé l'augmentation de la graisse chez les alcoolisés, dans certains cas d'hydropisie (Vogel), dans la maladie de Bright, chez les diabétiques, etc. Parfois Taccumulation des matières grasses peut être assez considérable pour donner au sang une coloration d'un blanc laiteux (galactémie) ; ce que nous avons dit suffit pour faire •distinguer la galactémie de la lencocythémie. On peut dire, d'une manière générale, que l'augmentation anormale des matières grasses ou protéiques dans le sang indique soit une quantité très-considérable d'ingesta, soit un ralentissement dans la nutrition et les métamorphoses du sang qui n'utilise pas les éléments nutritifs, même fournis en faible quantité.

Cristaux. — La matière glycogène peut être sécrétée en proportions trop considérables et passer dans le sang, auquel ^He communique une teinte opaline

analf^te à celle que déterminent les corps gras. Cette matière glycogène existe alors, dans le sang, sous forme de fines granulations moléculaires, mais son aspect opalin ne se rencontre guère que dans le sang des veines sus-hépatiques et sa recherche ne présente, par conséquent, aucune application clinique. Il en est de même des substances cristal" Usdbles ou des métaux que renferme le sang. On ne les rencontre presque jamais à Tétat cristallin dans le sang normal,et nous verrons plus loin qu'il est assez rare de les trouver dans le sang pathologique même après la mort. Toutefois, les expériences de Garrod, reprises par Gharcot et divers observateurs, ont prouvé que, dans certaines maladies, il pourrait devenir nécessaire de rechercher, en provoquant artificiellement leur cristallisation, les matières cristallisables que renferme le sang. Rappelons donc, en quelques mots, le ^procédé du fil qui a donné à Garrod de si bons résultats. Dans une capsule de verre, on dépose b grammes environ de sérum; on y ajoute quelques gouttes d'acide acétique, puis on y laisse tomber un fil. Au bout de 36 ou 48 heures, on constate que, chez les goutteux, des cristaux d'acide urique se sont déposés sur le fil. Le sérum doit être frais, sans quoi la fermentation le décompose en acide oxalique, urée et allantoïne. Il faut éviter qu'il soit trop desséché, sans quoi on obtiendrait des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien*. — (Voy.fig.17).

1 . Consulter à ce sujet Charcot, Leçons cliniqites sur les maladies des vieillards et les maladies chrùniques; Paris, 1867.

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