‹ Manuel du microscope dans ses applications au diagnostic et à la cliniqueChapitre 79 sur 98 · Ck)urty, Traité des maladies de l'utérus, p. S · texte numérisé non relu

Ck)urty, Traité des maladies de l'utérus, p. S

muqueuse. « La leucorrhée vaginale, ou épithéliale, est constituée par de la lymphe, ou du plasma acide, de Tépithélium pavimenteuX) des corpuscules de pus, des globules de sang, de la matière grasse. La leucorrhée cervico-utérine, ou muqueuse, est constituée par du mucus alcalin, des corpuscules muqueux, de Tépithélium cylindrique altéré, des corpuscules de pus, des globules de sang et des particules grasses. Les premiers de ces éléments sont constants et caractéristiques, les autres (pus, sang, particules grasses) sont accidentels et dépendant souvent de Tinflammation des muqueuses, ou des complications de la leucorrhée. » (Gourty). Nous devons cependant ajouter, avec Stoltz, qu'en pratique cette distinction n^est pas toujours très-&cile : par le passage du mucus utérin à travers le vagin, il se fait im mélange qui devient neutre le plus souvent et les épithéliums se confondent dans un grand nombre de cas^.

Les fausses leucorrhées, dont Técoulement est symptomatique de quelque altération du contenu de Tutérus ou d'une lésion organique grave, se distin*gueront aussi de Técoulement leucorrhéique vrai. Ainsi les écoulements du cancer pourront être aérosanguinolents, d'une fétidité extrême et toute spéciale, rappelant Todeur des macérations anatomiques, mélangés à du pus, du sang, des détritus de tumeur reconnaissables au microscope ; les abcès de Putérus, les suppurations étendues de la surface interne de l'organe, les abcès pelviens ouverts dans

1. Voy. Sioltz, art. Leucorrhée, in Dictionn. de tnédec, et ié dûrurg. pratiquée, t. XX, 4875.

DYSMENORRHEE PSECDO-MEMBRANEUSE. 3Kt

le vagin se distingueront de la leucorrhée par l'abondance du pus et la soudaineté de Bon apparition ; récoulemenit dû à la décomposition du produit de la conception, des membranes fœtales ou

Fig. 10». — OiMlqn»

du placenta retenu dans l'utérus sera pile, sanieux, mélangé de sang, de pus, de débris membraneux, etc. (Voy. Gûurtj, p. 589 et suiv.)

La dysinéitorrhée pseudo-membraneuse doit être distinguée d'une variété de dysménorrhée congeative, caractérisée par l'expulsion de caillots fibrineux de forme membraneuse, ou encore de l'avortement dans les premières phases de la grossesse '. L'examen microscopique du produit expulsé permet, jusqu'à un certain point, de rectifier un diagnostic erroné.

La membrane dysménorrhéiqtie a une texture tout & fût analogue à celle de la muqueuse .utérine

d'une femme morte pendant la menstruation ; c'est donc une véritable caduque se détachant en masse ou par lambeaux des tissus sous-jacents ; or la caduque ne diffère de la muqueuse utérine que parce que celle-ci présente un développement moindre de ses vaisseaux capillaires et un épithélium prismatique (voy. p. 369). La présence de l'œuf ou les traces de son insertion sur la poche expulsée peuvent faire distinguer une caduque récente d'une membrane dysménorrhéique. Au contraire, les caillots fibrineux membraniformes expulsés de l'utérus se composent : « 1« d'une trame de fibrine nettement fibrillaire ou passant, par places, à l'état amorphe finement granuleux ; 2^ cette trame retient dans son épaisseur des globules rouges et blancs ; 3® eUe retient aussi des cellules épithéliales prismatiques de l'utérus plus ou moins régulières, mais presque toujours en quantité plus considérable qu'on ne serait porté à le supposer... On pourrait, par suite de l'accimiulation de ces divers éléments et de leur enchevêtrement, être porté à croire qu'on a sous les yeux quelque tissu particulier, au lieu d'un caillot qui a englobé des éléments qu'on ne trouve pas ordinairement dans les caillots des autres parties du corps, mais l'action de l'acide acétique et l'absence complète de vaisseaux capillaires ou autres dans ce produit le fera toujours distinguer facilement... (Robin. *) »

Le produit de Vavortefnent^ si important à rechercher dans les expertises médico-légales, sera parfois assez difficile à reconnaître. Le sang de ravor-

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