PRODUITS DES ORGANES GÉNITAUX INTERNES
pus n'a donné, en effet, jusqu'à ce jour que des résultats née:alifs (Ricord, Voillemier). Quanta l'étude microscopique des maladies inflammatoires des organes génitaux externes, elle ne nous donnerait point de résultats différant sensiblement de ceux auxquels nous sommes arrivés en étudiant les muqueuses en général. Bornons-nous donc à signaler l'odeur toute spéciale, comparable à celle du suif rance ou du beurre fermenté que présentent les magma formés de sébum et de mucus vulvaire.
m. — Produits des organes génitaux internes
Physiologie. — Dans les conditions normales, le mucus sécrété par la muqueuse vaginale est peu abondant, peu visqueux, acide, presque toujours d'apparence crémeuse, ce qui tient aux nombreuses cellules épilhéliales qu'il contient. Examiné au microscope, il présente, en effet, un nombre toujours considérable de plaques épithéliales pavimenteuses, très-souvent contournées et repliées sur ellesmêmes. Ces cellules épithéliales ont un noyau volumineux et sont infiltrées de fines granulations. Souvent on trouve, mélangés à ces cellules, des filaments de leptothrix, quelques leucocytes et un nombre variable de vibrions. Les infusoires décrits par Donné sous le nom de trichomonas vaginale ne s'y rencontrent que dans les cas pathologiques.
Souvent on trouve, au milieu de ce liquide, des plaques formées par des cellules polygonales trèspeu altérées, mêlées à des flocons albumineux, opalins, contenant des débris épithéliaux.
Au mucus vaginal vient s'ajouter le produit de la sécrétion du col et du corps utérin. Mais ces produits, très-peu abondants dans les conditions normales, difficiles à obtenir même à Taide du spéculum, ne s'observent guère que dans les conditions pathologiques ou bien encore au moment de la menstruation. Tyler Smith', qui a bien décrit les caractères physiques et microscopiques du mucus utérin, a reconnu que le mucus du col, très-lenace, gluant, demi-solide, transparent, ne tient aucun élément anatomique en suspension, sauf quelques cellules prismatiques, granuleuses, et souvent un assez grand nombre de leucocytes.
Le mucus du corps est, au contraire, peu visqueux, demi-liquide, grisâtre, d'après quelques auteurs ; il tient en suspension de nombreuses cellules épithéliales prismatiques ou cylindriques, munies ou non de cils vibratiles, des amas de grosses cellules, sans enveloppes, mais à noyau volumineux et à protoplasma granuleux, souvent intimement soudées les unes aux autres, des leucocytes granuleux, enfin, même dans les conditions physiologiques, un assez grand nombre de globules graisseux.
Pendant la menstruation, cette desquamation du vagin et de la cavité du corps et du col utérin augmente rapidement. Dans la période d'invasion des règles, le mucus, plus fluide, prend une odeur caractéristique; si on l'examine au microscope, on constate qu'il ne contient que quelques rares globules de sang mêlés à un grand nombre de leuco-
1. The Palhologij and Ihe Ireatmen of Leucorrhœa, cité par Coui'ly, Traité des maladies de l'utérus, i" édit., p. 580 et suiv.
RÈGLES ET LOCHIES.
cytes et à quelques cellules épilhéliales^ les unes de forme et de dimension normales, d'autres plus ou moins altérées : bientôt le mucus devient brunâtre, puis il se colore en rouge, et, dans la période d'état, du sang presque pur s'écoule en quantité plus ou moins abondante. Le sang des règles contient alors un grand nombre de globules sanguins normaux, s'empilant encore facilement, quelques leucocytes, enfin les éléments cellulaires pavimenteux ou cylindriques qui proviennent du mucus vaginal ou du mucus utérin. La présence de ces cellules épithéliales, surtout des cellules cylindriques à cils vibratiles et des épithéliums nucléaires, pourra servir à reconnaître le sang des règles, à le distinguer du sang provenant d'une autre région du corps
Il arrive parfois que, sans qu'il y ait maladie, l'écoulement menstruel ayant eu lieu une ou même plusieurs fois, s'arrête pendant quelque temps et se trouve remplacé par un écoulement blanc. Une proportion plus ou moins considérable de leucocytes remplace alors les globules rouges, dont le nombre est presque insignifiant. Ces écoulements blancs terminent parfois, surtout chez les chlorotiques, un écoulement menstruel sanguin; parfois aussi ils s'observent, pendant plusieurs mois consécutifs, à l'époque habituelle des régies, chez certaines femmes enceintes.
L'écoulement qui survient après la délivrance (lochies) est d'abord séro-sanguinolent [lochies rouges), très-riche en leucocytes, isolés ou agglutinés, en globules rouges, en cellules polygonales ou aplaties,