‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 16 sur 133 · l''niiunizc, Tlii'sos <li' Paris. 1S · texte numérisé non relu

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rayon lumineux qui a traversé un prisme; ce spectre, réfléchi par le miroir, traverse une lentille convergente interposée entre le miroir et le porte-objet, lentille qui rapproche les cUné- • rentes parties du spectre on une image très-petite au niveau du porte-objet. On peut alors examiner une préparation microscopique en la plaçant successivement dans les diverses régions du spectre; si la préparation se compose de globules sanguins on observe que quand ceux-ci sont placés dans la partie jaune-verte du spectre ils donnent les deux bandes d'absorption de leur matière colorante. On peut donc par cette méthode exainmer à la fois et l'objet en expérience et le spectre microscopique qui vient se projeter sur lui, et dont il modifie certaines régions. Mais ce procédé n'est pas d'une application commode- Il tend a être généralement rejeté, j Outre qu'il faut chercher en tâtonnant la position respective qu'il convient de donner au prisme et au microscope, il est encore nécessaire d'opérer dans une chambre obscure, afin d'éviter tout mélange de lumière blanche. Enfin, même avec l'emploi de la lentiuiB convergente, l'éclairage du microscope laisse encore à désirer . (l'umouze). Le procédé suivant est bien plus pratique

2" Dans la -weï/iorfe anglai&e on se sert d'un mic;oscope ordinaire dont l'oculaire est remplace V■^^•^>.n&pectrosco1:>e à vision directe CSorby. Browing).. Ce spectroscope à vision directe qui, au point de vue de sa forme et de sa construction n es autre chose qu'un oculaire faible, se compose essentielle-' ment d un tube (spectroscope oculaire) renfermant plusieurs prismes de substances différentes, accolés les uns aux autres doues de pouvoirs réfringents dillérents et associés, de manière a compenser la démation que chaque prisme en particulier ferait subir aux rayons lumineux, tout en laissant la dispemon^ç'. produire; on obtient ainsi avec la lumière so aire une miniature de spectre, qui arrive tout entier dans l'œil de 1 observateur. Pour que les différentes couleurs soient bien ranchees, ,1 suffit de faire tourner une petite vis qui 1" ou rapproche les bords d'une fonte ouverte dans un diaphragme

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placé clniis l'intcriour du spcctroscopu oculaire, iinmediateiiiuiil au-dossous do la lentillo oculaire proprement dite. Supposons maintenant qu'il s'agisse d'examiner le spectre d'une goutte de sang : on commence par examiner cette goutte de sang au microscope, avec un grossissement quelconque, d'après le procédé haliitucl. Quand la goutte de sang donne une image bien nette, on retire l'oculaire, et on le remplace par le S2Jectroscope oculaire. Dans ces conditions, on no voit plus l'image des éléments sanguins examinés ; on ne voit ])lus qu'un spectre, mais ce spectre, modifié par lo pouvoir absorbant de la matière colorante du sang (artériel), se présente avec les doux bandes d'absorption caractéristiques. Ce système d ' microspectroscopie est donc très-simple et d'une application facile ; s'il ne permet pas l'observation simultanée du spectre et de l'image de l'objet, il permet de faire alternativement ces deux examens en remplaçant successivement l'oculaire par lo tube spectroscopique et vice versâ

Pour faire subir au sang la série des réactions aujourd'hui classiques, et qui constituent l'analyse spectroscopique. on dissout la goutte de sang dans un petit volume d'eau, et on place le liquide dans un petit tube dont on ferme les extrémités avec un peu de cire à modeler. Cette cire sert en môme temps à fixer cette préparation sur la platine du microscope. Dans ces circonstances la microspectroscopie nous permettra de reconnaître l'état d'oxygénation du sang, sa richesse en globules rouges, et enfin la présence de l'oxyde do carbone dans les globules sanguins.

Pour reconnaître Vëtat à' oxygénation du sang, il faut no pas oublier ce que nous avons dit précédemment des deux bandes d'absorption du sang oxygéné et do la bande unique du sang réduit (bande de Slokos). On obtiendra donc également avec le microspectroscope un spectre du sang oxygéné, et du sang désoxygéné. Quand sur le sang, qui a donné le spectre caractéristique de la présence de l'oxygène, on fait agir un agent réducteur quolcon(iue (d'ordinaire une solution de sulfate de protoxydo de fer), on voit aux doux bandes précédentes se substituer une largo bande obscure ([ui occupe à peu près la place des deux autres, ainsi que tout l'espace compris entre elles (on se portant copondant un pou plus vers lo

iMICHOSPECïROSCOPlE,

fliinu). — Si maintenant, découvrant la goutte do sang examinée, on l'agite avec une aiguille au contact de l'air, on voit, en recommençant l'examen, apparaître de nouveau le spectre du sang artériel. Cette succession alternative des deux spectres est tout à fait caractéristique du sang normal, comme nous le verrons bientôt. — Le sang veineux normal présente un spectre intermédiaire aux deux précédents. On y voit les deux bandes obscures du sang oxygéné séparées par un intervalle obscurci.

Pour chercher à apprécier par la spectroscopie la richesse du sang en globules rouges, il faut d'abord savoir que les phénomènes spectraux précédemment décrits sont dus à la présence de la matière colorante rouge des globules (d'oij le nom de spectre de Vliémoglobuline), et que le sang examiné en nature éteint non-seulement les régions du spectre correspondant aux lignes sus-indiquées, mais encore la plus grande partie des régions bleues ou violettes ; il faut étendre le sang d'une certaine quantité d'eau, le diluer, pour n'obtenir que les deux raies typiques, avec encore un peu de noir vers l'extrémité violette du spectre. Si donc on note la quantité d'eau Ti ajouter au sang normal pour arriver à ce résultat, moins il faudra en ajouter à un sang soumis à l'analyse pour arriver au même résultat, moins ce sang sera riche en globules. On pourra ainsi arriver à obtenir dans l'anémie, ou plutôt dans Vaglobulie, dos résultais très-nets, et parfaitement comparables sur la richesse relative de divers sangs en matière colorante et par suite en globules '.

1. « Il serait intéressant d'apprécier également par la microspeotroscopio les variations qu'éprouvo, par suite des médications, la rpiantité d'hémoglobulino contenue dans le sang, quantité qui est néces- Siiironient liée à celle des globules rouges. Pour ces expériences il «ullirint, dans un grand nombre de cas, d'établir, à diverses périodes de la médication, la ricliosso relative du sang de chacun des animaux en expérience, par exemple, par la comparaison avec une solution titrée de sang pris sur un autre animal de même espèce. ,Io suppose par exemple, qu'on veuille étudier à ce point do vue l'action de la médication ferrugineuse, et qu'on ait plusieurs animaux, quatre chiens |>ar exemple, à sa disposition. On commencera par établir la quantité I elativ.. d'hémoglobnlinc contenue dans le sang de trois de ces aniiiiiuix

sam; l'A riKJi.oiiiun-;

Kiilin, 1/1 inierospucli'oscopio |jcuL pornietti'c!, avec une goutte de sang, clo diagnostiquer une intoxication 'par l'oxyda de carbone. Cl. Bernard et Hoppe Soyler ont montré que l'oxyde de carbone agit comme gaz toxique en prenant dans le globule sanguin la place de l'oxygène, qui dès lors ne trouve plus dans le sang ce véhicule capable de le transporter dans l'intimité des tissus. Dans ce cas. l'oxyde do carbone se (.■ombine, comme le faisait l'oxygène, avec l'hémoglobuline, et donne au speotroscope un spectre (spectre du sang oxycarboné] très-analogue au spectre du sang oxygéné, si ce n'est que les deux bandes d'absorption sont un peu plus déplacées vei-s la droite (un peu plus dans le vert). Mais ce que ce spectre a de caractéristique, c'est qu'il ne subit aucun changement par l'action des agents réducteurs ; en d'autres termes, ni par l'action d'une solution ammoniacale, d'acide tarlrique et do sulfate de protoxyde do fer, ni par le sulfhydrate d'ammoniaque, les deux raies du spectre de Vhémoglobuline oxycarhonée ne sont ramenées à la raie unique de réduction de Stokes. Cette absence du jeu alternatif et de la reproduction successive des deux spectres précédemment décrits est caractéristique de la présence d'oxyde de carbone. — Cependant il 'faut encore tenir compte de l'action de quelques autres gaz sur le globule sanguin. Ainsi le Uoxyde d'azote forme avec le globule sanguin une combinaison encore plus stable que la précédente. Ce gaz chasse même l'oxyde de carbone de sa combinaison avec l'hémoglobuline ; dans ce cas. le spectre présente deux bandes tout à fait semblables à celles du sang oxygéné ou oxycarboné, bandes ([ui, comme pour ce dernier,

par rapport à colle foiilcnue dans le sang du [|ualriemo chien servant de lype. Ceci fait, les trois premiers chiens sont soumis à la médication ferrugineuse dans des conditions tout à l'ait identiques, et le quatrième animal sera soumis, pendant le même temps, au même régime que les autres, sauf la médication ferrugineuse. \u hout d'un certain temps ou comparera de nouveau les pouvoirs absorbants du sang des quatre animau.v en expérience, on prenant toujours pour étalon le sang dn chien dont les aliments no contenaient pas do fer. . (Fumouze.) On comprend combien la niicrospectroscopie rendrait ces rechorclies faciles en clinique, puisqu'elle permettrait do les faire avec une goulle de sang obtenue )nir nue piiinre do la puljie des doigts.

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no sont pas modifiées ((uand on traite le sang par un agent réducteur.

Quelques reclierclies nouvelles, duos à MM. Gozo et Feitz ainsi qu'à un de leurs élèves, M. Baudoin ont donné des résultats intéressants quoique non encore définitifs. MM. Coze et Feltz en étudiant le sang normal, le sang scarlatineux, le sang puerpéral et le sang infectieux mort, ont constaté que î les sangs malades sont plus concentrés que le sang normal ; que dans celui-ci les rayons jaunes restent absorbés plus longtemps que les rayons verts, que cette proportionnalité d'absorption n'existe pas pour les sangs pathologiques; ainsi pour le sang scarlatineux ces rayons jaunes restent absorbés moins longtemps que pour le sang puerpéral ; au contraire les rayons verts paraissent plus vite pour le sang puerpéral que pour le sang scarlatineux. En résumé, le speotroscopc ne révèle de modifications autres que celles qui dépendent do la concentration dos liquides, s M. Baudoin dit, au contraire, « qu'il exista dans le sang normal une plus grande pi'oportion d'eau que dans le sang varioleux après la mort, mais que, de plus, l'apparition des raies vertes indique certainement des modifications autres que celles ([ui dépendent de la concentration des liquides. » — Nous nous bornerons donc à signaler ces recherches à l'attention des observateurs.

Un nouveau mode d'observations spectroscopiquos a été découvert par M. Ranvier ; le fait sur lequel il est basé et ses applications pratiques touchent de trop près aux études microscopiques pour que nous puissions le pa'sser sous silence: mais le cadre de cet ouvrage ne nous permet qu'une rapide mdication. On sait que les réseaux (stries fines et rapprochées tracées sur des lames de verre) décomposent la lumière blanche en ses couleurs élémentaires, c'est-à-dire en un spectre. Le msceau musculaire strié se comporte de môme, aussi M. Ranvier a-t-il montré qu'avec le spectre musculaire, comme avec les spectres produits par un prisme ou un réseau, il est possible de reconnaître dans le sang les caractères et les diverses réactions spcctroscopiques do l'hémoglobuline,

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