ÉPI DERME
dermiques à évolution anormale, par exemple dans les éléments des tumeurs épidermiques. — Les cellules que nous venons de décrire forment plusieurs couches semblables, dont l'ensemble présente une épaisseur trois à quatre fois plu§ considérable que le stratum précédent. Les cellules les plus profondes sont ovoïdes, les moyennes rondes ou polyédriques et les superficielles de nouveau ovales, mais leur direction est inverse à celle des cellules profondes, c'est-à-dire que leur grand diamètre est parallèle à la -surface cutanée. Ce sont ces couches de cellules, et surtout la zone des cellules cylindriques, qui, par leur réunion, ferment la couche dite muqueuse ou réseau iiiuqueux de Malpighi (Morel),
La troisième couche de l'épiderme, la plus superficielle, constitue la couche cornée : elle succède brusquement et sans transition aux couches précédentes ; son épaisseur est beaucoup plus considérable, surtout dans certaines régions, comme à la paume des mains et à la plante des pieds. Les éléments qui la composent sont tout à fait différents des précédents. Ce sont des cellules dont la paroi s'est de plus en plus accentuée, en même temps que leur contenu tendait à disparaître, de sorte que dans les zones les plus superficielles, elles se présentent sous la forme de lamelles aplaties, dites lamelles cornées. Dans ces lamelles cornées, irrégulièrement contournées, et souvent soudées les unes aux autres, on ne trouve plus ni noyau, ni nucléole, ni contenu protoplasmatique ; toute la substance de la cellule s'est transformée en kératine, c'est-à-dire en un principe particulier, caractérisé par sa résistance à la potasse en dissolution faible ; nous retrouverons la kératine comme principe constituant des poils, des ongles, ainsi que de maintes productions cornées des animaux. L'ébullition dans la potasse (solution de 40 de potasse pour 100 d'eau) gontle ces éléments et leur rend l'aspect de cellules, en laissant de plus apercevoir dans leur intérieur quelques tractus irréguliers, restes du protoplasma primitif, et même parfois un rudiment de noyau (fig. 28).
Les éléments les plus superficiels de cette couche cornée sont soumis à une chute incessante , qui constitue la desquamation physiologique, le furfur épidermique, et dont l'exagération est l'une des maiiifestations les plus fréquentes
ANATOMIK DE I,A PEAU.
des états pathologiques du tôi^umonl externe. (Voy. Pathologie p. l-il). . U 1
La coloration do la peau, telle qu'on la rencontre chez les races de couleur, et on eortainos n'gions du té!,'ument des races blanches, ne siège que dans la couche la plus i)rofonde de l'épidermo, dans la couche de Malpighi -, elle est due à de fins -ranules de pigments (voy. p. 86) qui infiltrent le protoplasma de la cellule, en se groupant d'abord autour du noyau.
n - Lamelles co.-nûos s-onflcScs par rébuUition dans la potasseconconl.-ée; leur contenu est dissous en partie ou en totalité. Gro-^s., 3S0. (Kœlliker.)
et s'étondant de là plus ou moins jusqu'à la périphérie, selon que la couleur de la peau est plus ou moins foncée. Chez le nègre, le pigment infiltre non-seulement les cellules de la couche de Malpighi, mais encore, quoique à un moindre degré, toutes les cellules situées plus superficiellement, jusqu'à la limite où commence la couche cornée.
Le pigment du réseau de Malpighi ne se produit dans les races de couleur qu'après la naissance. Mais chez le nègre, les bords des ongles, l'aréole du mamelon et les parties génitales prennent une teinte foncée dès le troisième jour et, du cinquième au sixième jour, la coloration noire envahit toute la surface du corps. — D'après Larchcr [Journal de Robin,
18071, la base du cordon ombilical présenterait une coloration brune caractéristique dès la naissance.
Du reste, les couches profondes de l'épidermo renferment toujours un peu de pigment; les différences que l'on observe selon les races ne sont que des difïéronces de plus ou de moins : sous diverses influences , le pigment peut prendre un plus grand développement dans la race blanche :
telle est l'action prolongée de la lumière ; les rayons solaires, en agissant sur l'épiderme, n'ont pas pour effet de faire naitre des granulations pigmentaires comme un élément nouveau, ils déterminent simplement l'hypertrophie de celles qui existaient (Sappey). Tel est aussi le processus par lequel se forment les taches dites de 'l'ousseio' ; la coloration plus noire de l'aréole du sein chez la femme pendant la grossesse , la teinte plus brune aussi chez elle de la peau de la face à cette époque, sont des phénomènes du môme ordre.
FiR. 29. — Poil et follicule pileux de moyen volume, grossis .^0 fois. — a, Tige du poil ; i), sa racine; c, bulbe pileux; (/, épidorme du poil; e, gaine inlerne do la raciuo ; /", sa gaine externe; 3, membrane iimorphe du follicule pileux. (Kœllikcr.)