‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 48 sur 133 · CRASSES · texte numérisé non relu

CRASSES

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naissance à des crusses ' d'é tendue ou de couleur variables. Au microscope, on reconnaîtra qu'aux éléments figurés provenant de la desquamation épidermique et sébacée se seront ajoutées des granulations irrégulières, polyédriques, à contours anguleux, les' unes grisâtres, les autres brunes, rougeâtres, noirâtres. L'eau et l'acide acétique laissent ces poussières intactes ; l'acide chlorhydrique les dissout rapidement. Ce sont là des caractères que présentent toutes les poussières terreuses. Souvent à ces poussières s'ajoutent des fragments de cellules ou de fibres, des sporules, des poils ou des barbes de plume, qu'il sera aisé de reconnaître.

Dans certaines industries, on pourra retrouver à la surface du corps des débris rougeâtres ou brunâtres, à angles et à contours nets, de forme irrégulière. Ces'fragments insolubles dans l'eau, peu attaquables par l'acide acétique , se dissolvent rapidement dans l'acide chlorhydrique. Ce sont des fragments de rouille ferrugineuse (Robin). Le noir deyumée, qui forme la base de presque tous les fards ou cosmétiques noirs, se présente sous forme de grains noirâtres de 1 centième à 6, ou même 18 centièmes de millimètre. Ces globules sont anguleux, à angles mousses. Ils sont agglomérés en forme de chapelets finement dentelés. Le noir de

•I. Il serait inexact de croire que les crasses dites non parasitaires ne renferment jamais que des substances minérales ou dos produits do desquamation. Presque toujours, en effet, elles contiennent des myriades de vibrions ou de bactéries. Nous avons déjà dit à plusieurs reprises que ces parasites n'ont rien qui caractérise telle ou telle maladie ; nous ne les signalerons donc que pour mémoire.

150 PATHOLOGIE DE l,A PEAU.

fumée renferme encore des lamelles incolores, anguleuses, de forme plus ou moins variée, présentant l'aspect de certains cristaux. Les acides sulfurique, chlorhydrique, azotique, n'altèrent en rien ces granulations. On les distingue donc aisément des granulations pigmentaires qui sont dissoutes par l'acide sulfurique ou la potasse (voy. p. 87). Le charbon porpkprisé diffère du noir de fumée en ce que les granules qui le cons-

•t^llt^^^^. gonale anguleuse, à angles

. '4 ^ tituent sont de forme poly

nets très-opaques, se présentant sous forme de tables triangulaires ou polygonales.

Fig. 38. - Granulations Qes fragments présentent par-

de noir de fumée prove- « . , ^ „ i„„

nant d'un cosmétique fois les ponctuations OU les noir. raies qui indiquent l'existence

des cellules ou des vaisseaux provenant des végétaux qui ont servi à fabriquer le charbon. On distinguera donc aisément ces colorations noirâtres de celles que produisent certains fards souvent composés de préparations toxiques.

Les accumulations de blanc de jjlomb peuvent, par la formation de sulfure de plomb, donner naissance à une couche brune ou noirâtre qu'on observera assez fréquemment chez les ouvriers qui manient la céruse. Cette coloration noirâtre provient de la combinaison qui se fait entre la poussière plombique et les produits de décomposition de l'épiderme (sulfures, hydrogène sulfuré). D'autres fois, certaines préparations mercurielles auront été employées. On reconnaîtra ces métaux en dissolvant

CROUTES.

l'enduit obtenu en raclant la peau dans un véhicule convenable (éther, alcool bouillant, etc.), puis en introduisant dans la solution une pile de Smithson. Le plomb ou le mercure métallique viennent recouvrir la lame d'or que Ton peut ensuite aisément examiner. Nous insisterons plus lom sur ce procéd.6

Outre ces particules solides minérales ou végétales ' formant à la surface de la peau des amas plus ou moins étendus, les crasses peuvent renfermer des produits d'exsudation ou d'excrétion desséchés sous forme de croûtes ou présentant l'aspect d'un vernis plus ou moins épais. Tantôt ces croûtes seront incolores et résulteront alors d'une exsudation séreuse ayant déterminé une vésicule ou une bulle. La lymphorrhagie persistant, la paroi formée par les couches superBcielles de l'épiderme corné cédera et le liquide s'étalera à la surface de la peau sous forme d'une croûte légèrement jaunâtre et luisante. En délayant le produit dans de l'eau, puis en l'examinant au microscope, on constatera qu'il consiste en mucus (p. 36), en débris épidermiques (p. 133) et en globules de lymphe (p. 197). D'autres fois, la croûte plus épaisse et d'apparence jaunâtre renfermera un grand nombre de leucocytes (p. 104) ; elle sera due alors à la rupture d'une pustule ; parfois, la croûte brunâtre ou noirâtre renfermera des globules sanguins plus ou moins

1. Voy. encore Laboulbûne, Mémoire sur les signes anatomoiialholo(jiques et médico-légaux fournis par les mains des ouvriers piqrceurs, tailleurs ou rhaUlleurs de pierres meulières. (Mémoires de la Société de biologie, 3= série, t. IV, 1862, p. 191.)

déformés présentant le caractère de ceux que nous avons étudiés (p. 48).

Ces croûtes séreuses, purulentes ou hématiques peuvent accompagner les croûtes purement sébacées ou bien exister isolément. Elles se rencontrent dans toutes les maladies cutanées qui déterminent la formation de vésicules, de bulles ou de pustules. Elles n'ont donc, au point de vue purement anatomique, rien qui puisse servir à caractériser la maladie qui leur a donné naissance.

L'examen microscopique du liquide renfermé dans les vésicules ou les pustules n'éclairera pas davantage le diagnostic. Tantôt, en effet, on trouvera, au sein d'un sérum plus ou moins limpide, plus ou moins facilement coagulable, des cellules de volume variable ou des granulations moléculaires. Les cellules sont tantôt globuleuses, trèsdistendues par une masse transparente, colloïde, dans laquelle flottent des granulations réfractant fortement la lumière et non modifiées par l'acide acétique ; tantôt ces cellules renferment des noyaux en nombre plus ou moins considérable. Ceux-ci peuvent eux-mêmes se transformer en vésicules colloïdes. Ces éléments sont dus à la prolifération des couches les plus profondes du corps de Malpiglii. — A. côté d'elles, on trouve toujours un nombre plus ou moins considérable de leucocytes : c'est ainsi q,ue, dans l'érysipèle, dès l'apparition des bulles auxquelles il donne souvent naissance, on peut y reconnaître un assez grand nombre de leucocytes. Il en est de même pour les vésicules vaccinales et varioliques, pour celles de l'herpès ou môme celles que détermine la présence de Vacarus

VESICULKS ET PUSTULES. li>3

scahiei. L'examen du liquide retiré d'une pustule variolique à son début montre bien la formation de ces leucocytes. On trouve, en effet, dans le liquide obtenu après dilacération de la vésicule, un assez grand nombre de ces grosses cellules vésiculeuses, remplies de leucocytes: ceux-ci deviendront bientôt libres au moment où la vésicule variolique se trouvera transformée en pustule. Outre ces leucocytes inclus dans des cellules plus grandes, la vésicule variolique renferme des ■ leucocytes libres, des ■ débris de cellules épidermiques. de la fibrine granuleuse et quelques globules rouges du sang. Les granulations moléculaires sont les unes très-brillantes, réfractant fortement la lumière, solubles dans réther : d'autres solubles dans l'acide acétique et insolubles dans l'éther, dans l'acide gallique.

Ces éléments figurés existent dans tous les liquides retirés d'une vésicule ou d'une pustule, quelle cpie soit la maladie cutanée qui leur a donné naissance; et l'on peut croire qu'il sera presque toujours impossible de diagnostiquer celle-ci par l'examen microscopique du contenu d'une vésicule ou d'une pustule. Il arrive parfois cependant que certains caractères puissent mettre sur la voie d'un diagnostic. Ainsi la sérosité d'un vésicatoire examinée dans certaines maladies a pu donner de précieuses indications. Déjà nous avons décrit à propos du sang (p. 66) le procédé employé par Garrod et Gharcot pour retirer, à l'aide d'un fil, les cristallisations d'acide urique du sérum sanguin. La même méthode pourra être employée pour analyser la sérosité des vésicatoires et donnera parfois des résultats tout aussi concluants. Nous devons ajouter pourtant

que celte expérience délicate ne réussit pas toujours. Il est plus difficile encore de retrouver dans les vésicules ou les bulles les produits cristallisés de certains sels éliminés par la voie cutanée. A. Pâris dit avoir trouvé dans les vésicules formées par la gale Mclouine, ou lichen tropicus, des cristaux de chlorure de sodium : ceux-ci auraient été éliminés par la sueur'. Lailler a pu reconnaître dans le liquide de quelques bulles de pempbigus des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien, etc. Ces recherches méritent d'être reprises.

Dans le vaccin humain, on constate deux parties : Tune, très-fluide, ne renfermant presque pas de cellules mais un assez grand nombre de fines granulations et des noyaux libres ; l'autre, beaucoup plus visqueuse, donnant très-rapidement naissance à la formation d'un caillot très-riche, au contraire, en éléments figurés. La portion fluide est beaucoup moins active que les parties visqueuses : par contre, elle est souvent sécrétée en proportions assez abondantes.

Dans la gangrène, on a pu extraire des phlyctènes produites, non-seulement des cellules épithéliales et adipeuses, des leucocytes, des globules de sang déformés, des cristaux d'acide gras, mais encore des corpuscules irréguliers, rhomboédriques, à teinte foncée, à contour net, qui ne sont autre chose que des débris épithéliaux imbibés de sang et colorés en rouge brunâtre, mais que l'on a considérés parfois comme suffisant pour caractériser la gangrène.

i. Ga~. mé<l. lU' Paris, 18GC. |). 1 '.S,

VESICULES ET PUSTULES. 135

Enfin, la présence de prolo-organismes dans le liquide de certaines pustules a paru devoir aussi les caractériser. Dans la imstule maligne, Davame a démontré que la sérosité extraite d'une pustule ou de la sérosité d'un vésicatoire renfermait toujours des hactéridies (voy. p. 69) ; toutefois, des expérmientateurs non moins consciencieux, tels que Signol et tout récemment Vulpian, ont reconnu la présence de ces hactéridies dans le sang d'animaux atteints d aifections toutes différentes (voy. p. 72). Des protoorganismes se rencontrent aussi dans la sérosité extraite des phlyctènes gangréneuses, des pustules d'eclhyma. etc. Elles ne sont pas plus caractéristiques que ne Test, au point de vue de la pathogénie des maladies infectieuses, la présence de bactéries dans le sang'. Nous n'insisterons donc pas sur l'examen de ces produits d'exsudation. Nous renverrons aussi aux chapitres qui traitent du sang, du pus, du mucus, des matières fécales, du sperme, des produits évacués par les organes génitaux de la femme, etc., pour l'étude des taches diverses que l'on peut rencontrer à la surface de la peau et qui sont formées par l'accumulation et la dessiccation de ces produits. Nous nous bornerons seulement à faire remarquer qu'à la surface cutanée, ces dépôts sont toujours mélangés à des amas de débris épidermiques ou de sébum.

•1. On a aussi signalé, Jans la sérosité des vésicului érysipélateusos, la présence de parasites (microccus), que quelques auteurs allemands n'hésitent pas à considérer comme les agents de la contagion : la nature parasitaire de l'érysipèle est trop contestable pour que nous accordions à 008 recherches plus qu'une simple mention. Voy. pour plus de détails W. Luckomsky (Viilersuchungen neben Erysipel, in Arch. fur pallt., anal, and physiol., 1874, t. LX. p. 418).

Altérations de la sueur

Tandis que le sébum s'accumule souvent à la surface de la peau ou dans l'intérieur des follicules pileux, donnant ainsi naissance à des lésions faciles à reconnaître, la sxmir, quelles que soient les modifications que subit son mode d'excrétion, ne donne à l'examen microscopique, aussi bien qu'à l'examen chimique, que des résultats presque toujours négatifs. La bromidrose, Vhyperidrose et Yanidrose ne s'accompagnent que d'altérations épidermiques peu marquées, dues, en grande partie, à la macération de l'épiderme par le flux exagéré de sueur (hyperidrose) ou bien, au contraire, à l'accumulation des débris épidermiques non ramollis et, par conséquent, difficiles à éliminer (ichthyose suite d'anidrosei. Cependant on a prétendu trouver dans la sueur un principe analogue au lait, et l'on a décrit sous le nom de galactidrose une maladie caractérisée par l'épanchement à la surface cutanée d'une matière ressemblant au lait. Il est probable que l'on aura confondu ce produit de sécrétion avec celui des glandes sébacées, souvent liquide, et dans ce cas 'd'apparence laiteuse. Dans ces conditions, l'examen microscopique permettrait d'éviter une semblable confusion. La présence de cristaux de cholestérine dans ces matières sébacées les distingue d'ailleurs du lait qui n'en renferme pas.

Sous le nom d'uridrose, on a décrit une affection que détermine l'élimination de l'urée par les glandes sudoripares; on sait que l'urée existe normalement

ALTÉRATIONS DE LA SUEUH. là"

dans la sueur, bien qu'en proportions assez faibles (environ 0,4 à 0,5 p. 1000) : on comprend donc que l'élimination de ce produit puisse augmenter, et il ne nous paraît pas impossible d'admettre qu'on ait pu rencontrer à la surface cutanée des paillettes blanchâtres, d'un aspect farineux, que le microscope pourrait faire reconnaître pour des cristaux d'oxalate d'urée (Voy. Urine). Toutefois les cas d'uridrose sont excessivement rares. Drasclie prétend avoir reconnu ces paillettes d'urée à la surface du corps des cholériques. Deininger, Kaup et Jùrgensen ont vu cette cristallisation d'urée dans les cas d'anurie survenant dans le cours d'une scarlatine.

Nous comprenons moins les cas à'hématidrose. On pourrait admettre, à la rigueur, qu'après une suractivité prolongée de la sécrétion sudoripare, du sang en nature fût mêlé au produit de la sécrétion. Toutefois, on a dû le plus souvent confondre sous ce nom les hémorrhagies sous-cutanées qui se font dans certaines maladies adynamiques; peut-être aussi a-t-on cru à une hématidrose, alors qu'on n'avait affaire qu'à une hémorrhagie déterminée volontairement par un traumatisme et dans un but intéressé. (Voy. Hébra, p. 9o.)

Enfin, sous le nom de chromidrose, ou chromocrinie cîitanée, plusieurs auteurs ont décrit, après Le Roy de Méricourt', Ordonez et Ch. Robin, une sécrétion sudorifique anormale colorée par une matière brun foncé. Cette sécrétion, qui a son lieu d'élection aux paupières inférieures, donne naissance

1. Mémoire sur la chromidrose, etc. \ vol. in-8 extrait dos Annales (l'ocnltstique, Paris, 1864, .l.-B. Baillière.

à des taches violacées que Ton enlève facilement à l'aide d'un linge imbibé d'huile. Si l'on examine au microscope le produit obtenu après avoir pressé la couche glandulaire au niveau de l'épiderme, on aperçoit des granulations lamelliformes, irrégulières, polygonales, de volume variable, à contour net, comme de minces fragments de gélatine desséchée ou de vernis écaillé, larges de 4 à 40 millièmes de millimètre. Leur coloration est d'un violet ardoisé tirant au bleu indigo, brunâtre dans les parties les plus épaisses. Ces granulations deviennent d'un bleu plus foncé par l'acide sulfurique ; l'acide azotique les rend brunâtres, puis jaunâtres, et enfin les fait disparaître; l'acide acétique fait pâlir, puis disparaître leur coloration bleue, mais ne les dissout pas ; l'ammoniaque ne les dissout pas non plus, mais ne fait pas reparaître la coloration qui avait disparu par l'action des acides.

En même temps que cette matière colorante, on trouve à la surface cutanée ri" des cellules appartenant à la couche épithéliale interne des glandes sébacées. Elles sont irrégulières, renfermant des gouttelettes graisseuses, colorées en jaune ou brun foncé ; 2° des amas d'hématosine amorphe, cristallisant par l'éther. Cette matière colorante diffère par ses propriétés chimiques et son aspect microscopique des diverses poudres minérales ou végétales qui entrent dans la composition du fard et peuvent artificiellement être déposées à la surface de la peau.

Outre ces modifications pathologiques, on rencontre dans la sueur im assez grand nombre^ de métalloïdes ou de métaux éliminés après une médi-

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cation interne. C'est ainsi que Bergeron et Lemattre ont reconnu rélimination par la sueur des arsénites et des arséniates alcalins, du bichlorure de mercure, etc. Des observations semblables pourraient être faites en examinant, à l'aide du microscope, les produits éliminés par la sueur. Ainsi, dans les kystes formés par la dilatation des canalicules sudoripares, kystes si bien décrits par Verneuil, on pourrait retirer à l'aide d'une ponction le liquide excrété et l'examiner au microscope.

Citons, pour terminer, les observations de Kiibne et d'Eberth qui ont constaté la présence des bactéries dans la sueur et indiqué leur abondance dans les cas oîi la sueur est colorée en bleu [Centralblatt 1873).

Maladies déterminées par la présence de parasites

Depuis que l'on étudie, à l'aide du microscope, les maladies cutanées, on a découvert un assez grand nombre de parasites végétaux ou animaux. Leur étude a éclairé d'un jour tout nouveau la pathogénie de ces affections et en a singulièrement modifié le traitement. Toutefois, il faut bien l'avouer, dans certaines circonstances la maladie cutanée existe avec tous ses caractères, et il paraît impossible de retrouver le parasite qui est censé lui donner naissance; d'autres fois le même parasite est retrouvé, alors que l'on étudie les produits qui se rencontrent à la surface du corps dans diverses maladies [microsporon furfur). Enfin il arrive souvent aussi que les débris parasitaires ne peuvent

servir à affirmer l'espèce que l'on aurait k déterminer. Toutefois, ces observations ne peuvent que nous engager à redoubler d'attention quand il s'agira d'étudier les maladies cutanées. Peu k peu le jour se fera, les espèces décrites seront mieux classées, et l'on pourra affirmer qu'à tel parasite correspond toujours une affection cutanée bien déterminée.

Dans cette étude des parasites cutanés, nous .suivrons l'ordre généralement admis en étudiant d'abord les végétaux, puis les animaux parasites. Nous classerons les uns et les autres par régions au lieu de suivre un ordre plus conforme aux théories botaniques, mais moins utile au clinicien.

Les végétaux p.^rasites de la peau humaine ont une organisation des plus simples. Ce sont des champignons', c'est-à-dire des organismes manquant de chlorophylle. Leurs éléments ont été rapportés a

1 8 Les parasites végétaux appartiennent tous aux formes les plus inférieures du règne végétal, cest-à-dire aux algues et «"'^ champignons ; on peut même dire que la plupart des parus.tes sont des ch, mpignons. Ou désigne en effet maintenant, sous c, nom '«^ nlLes inférieurs qui manquent de chloroplnlle • la «arc.ne par exemple, considérée longtemps comme une algue, est ""/hamp.gnon . autrefois, au contraire, on considérait tous les '^l'-"?'?"''";/^'^ dans les liquides comme des algues; l'absence de chlorophylle constitue aujourd'hui le seul caractère distmctit. „u,„,.v^^

„ La reproduction par le concours d'organes sexuels n a été obsené<. nu sur quelques-uns de ces champignons uifénenrs. Us se reprod son presque tous par l'intermédiaire de

s développent sans intervention sexuelle et se détachent de la plan e même- on a donné à ces cellules le nom de sj.ore.. (Voy. Du rôle des parasites végétaux dans le ,/c'.e(oweme,U rfe. revue m-

lique. par le Dr Paul SpiUmann, Arch. O^nér. de méd., 18-2. t. \X. p. 326.)

PARASITES

deux systèmes ' : le système reproducteur comprenant les spores et les filaments tubtUeux réceptaciilaires ou réceptacles; et le système végétatif qui ne renferme que du mycélium.

Les spores présentent l'aspect de granulations blanches réfractant fortement la lumière. Leurs dimensions varient entre 1 [i. et 6 [j.. Les acides concentrés coagulent le liquide qu'elles renferment; la teinture d'iode colore en vert leur membrane d'enveloppe.

Les réceptacles sont des cellules allongées sous forme de tubes quelquefois comme articulés. Il y en a des variétés infinies depuis le tube vide jusqu'au tube rempli de spores développées. D'autres fois les spores étant placées bout à bout comme les grains d'un chapelet, il semble n'y avoir pas de tube enveloppant.

Le mycélùm se compose de cellules allongées sous forme de tubes plus ou moins étroits. Ils ont un diamètre de 2 ijl à 3 [x. Leur longueur et leurs bifurcations sont très-variables.

Tous les épiphytes semblent se loger de préférence au niveau des poils. Cependant on en rencontre aussi sous l'épiderme; mais le plus souvent les poils sont leur siège de prédilection, et l'on donne le nom de teigne aux affections que leur présence détermine. (Bazin.)

Avant d'étudier, comme l'a fait Bazin, les diverses espèces de teignes, bornons-nous à signaler quelques parasites encore peu connus ; Hardy croyait

!. Voy. Bazin, leçons Ihéoriqiœs et cliniqxies sxw les affecllons rutanées parasitaires, Paris, 1862, p. 26. 2. Hardy. Leç. sur les maladies de la peau, 2c éilii,, p. 99.

avoir reconnu àaxi&V acné varioli forme [molluscim contagiosim) des tubes ramifiés très-distincts, contenant dans leur intérieur ou à leurs extrémités des points sjDliériques ou ovoïdes, qui paraissaient être des spores. Ces éléments assez fréquents, même à l'état normal, dans les follicules sébacés et la matière

Fig. 39. — AspergiUus ; tubes du mycélium. (L. Bealn.)

qu'ils renferment, paraissent formés par l'accumulation d'aiguilles d'acide gras.

Dans le conduit auditif externe, au milieu des nombreuses lamelles qui souvent, dans les cas d'otite externe aiguë, se mêlent au liquide de l'otorrliée, on rencontre des parasites appartenant au genre aspergillus (fig. 39). Depuis 1844, époque à laquelle Mayer ' les décrivit pour la première fois, plusieurs observateurs, mais surtout Robert Wreden (de Saint-Pétersbourg) S ont appelé l'attention sur ces parasites. On les examine avec un grossissement de 300 à 500 diamètres, après avoir traité, par

•1. ihdler's Arch., 1844, p. 401.

2, Congrès médical iuternalioual do Paris. Août 1867, p. 696.

PARASITES

la potasse, causlique, le liquide purulent qui les contient. Ne pouvant entrer dans de longs détails sur la description de ces aspergillus, nous renverrons les médecins qui voudraient en avoir une idée un peu nette au mémoire du D'' R. Wreden et aux travaux plus récents de Bezoald [Momtschrift fUr Ohrenheilkund I, 1873, n» 7) etLévy [Ann. des maladies de l'oreille, p. 67). Nous ne pouvons nous dispenser cependant, pour montrer Tintérêt de sem- I blables études, de signaler, en citant un exemple, : le profit que Ton peut tirer, dans ce cas, d'un examen microscopique. Les myringites dues à la présence des aspergillus ne sont pas rares, parce que les spores de cette algue, mêlées à d'autres spores de la moisissure [pénicillium] peuvent se trouver suspendues dans l'atmosphère des chambres. Ce fait est démontré par l'observation suivante :

I Madame B était atteinte d'une myringite, et

1 R. "Wreden avait constaté la présence de l'aspergillus dans la fausse membrane qui se développait au fond du conduit auditif externe. Voyant la maladie récidiver à plusieurs reprises, il eut l'idée d'infections nouvelles; « après avoir examiné la moisissure desséchée, d'un vert brun, qui se trouvait sur les plafonds et les renfoncements des fenêtres blanchies à la chaux, il constata qu'elle différait du moisi blanc qui recouvrait les murs peints à l'huile. La première se trouvait être le penicilliim glaucum, et I le dernier était parfaitement identique à celui qui ; se développait dans l'oreille de la malade, Vaspergillus nigricans. » Des essais de culture prouvèrent, de plus, que « le champignon retiré de l'oreille de [ madame B... et celui du mur, soumis à une culture

sur deux iranclies de citron, étaient parfaitement identiques et ne pouvaient être distingués l'un de l'autre ' . »

Gubler, observant une main blessée soumise à l'irrigation continue, y a découvert un parasite différent des champignons et auquel il a donné le nom de leptomitus cpidermidis .

Quant aux champignons mieux connus qui caractérisent les teignes :

Ils occupent, dit Bazin, la couche profonde de l'épiderme entre les cellules pavimenteuses et les cellules à noyaux. Bientôt la couche cornée de l'épiderme cède à la pression du cryptogame qui se montre à nu et sous des formes variables suivant l'espèce de teigne. Ce sont des croûtes jaunes et minces ffavus épidermique) des lamelles d'un beau blanc de neige (teigne tonsurante), et un duvet gaisâtre (velade). Le champignon qui -erme sous l'ongle se comporte absolument de la même manière; il occupe le même siège anatomique. Ici la lame cornée offrira une grande résistance; il faudra donc au parasite un temps plus long pour la perforer et paraître au dehors. » Quant aux poils, les parasites se comportent, a leur égard de la même manière absolument. « Les spores, se dirigeant vers la profondeur du follicule, traversent les cellules pavimenteuses qui constituent ce canal et sont arrêtées parles conduits sécréteurs des glandes pileuses. Elles viennent se fi^er dans le canal épidermique, immédiatement au-dessus df 1 orifice de ces conduits. De là elles s'étendent, s'accroissent, convertissent tout en leur propre substance. Tout est attaque, detrui , transformé en matière champignonneuse. de sorte que le poil, examiné au mircoscope, offre des altérations remarquables. Les fibres longitudinales paraissent écartées et leurs intervalles remplis par des spores qui pénètrent souvent jusque dans la partie médullaire; en différents points on peut trouNcr

1. Voy. «ne observation analogue do dxammmns <lam \e conduit lacrymal {Muvv. médical, n» du 15 août p. 380.)

PAIUSITES.

des rennements circulaires, ovoïdes, tubériformos... quelquelois visibles à l'œil nu. (Bazin.)

Si l'on a é^ardau siège du parasite elàsonmode de développement, on concevra combien il sera dilficile de le reconnaître dès le début d'une teigne D'un autre côté les éruptions diverses, qui précèdent ou accompagnent le développement de l'epiphyte, peuvent en masquer les caractères. Il est donc urgent de pouvoir, dès le début d'une semblable affection, examiner au microscope les parties malades et rechercher les spores, dont la présence affirme seule le diagnostic. Nous allons indiquer brièvement comment cet examen doit être fait pour chacune des formes de teigne que nous avons admise. Rappelons, une fois pour toutes, ce que nous avons dit (p. 24) en • parlant des réactifs. La glycérine devra être employée dans ces recherches pour éclaircir les poils et faire apparaître les parasites végétaux.

• Teigne faveuse. - Tout à fait au début, alors que le cuir chevelu se trouve recouvert d'une quantité assez abondante de débris squameux ou d'une éruption pustuleuse, on reconnaît déjà une altération des poils, qui parait caractéristique. Les poils sont ternes, leur résistance est moindre, leur couleur devient grisâtre ou rougeâtre. Si un les arrache pour les examiner au microscope, on constate que le bulbe du poil et son prolongement radiculaire renferment déjà quelques spores ou filaments tubuleux reconnaissables aux caractères que nous indiquerons dans un instant. Plus tard, l'altération devenant plus grave, on constate ce qui suit : « La tige seule peut paraître afTeclée, et, sur plusieurs points de sa longueur, on trouve des fragments de matière analogue à celle qui produit les croûtes: c'est également du favus; de plus, le poil est

lerne, les deux substances corticale et médullaire sont moins distinctes que dans l'état normal, les fibres longitudinales paraissent plus grosses. 11 n'est pas rare de trouver sur les membranes non plus seulement des spores, des tubes de mycélium, mais aussi de la matière faveuse en masse, déposée entre le prolongement radiculaire du poil et la tunique capsulaire interne. En môme temps la tige oITre la même altération, mais plus prononcée encore que celle dont nous venons de parler tout à l'heure. La capsule peut manquer on bien on n'en trouve que des lambeaux. Le bulbe du poil et son prolongement radiculaire sont parsemés de spores et de filaments tubuleux. Enfin, quand l'altération est portée à son comble, le poil est atrophié, décoloré, les fibres longitudinales sont écartées; dans leurs intervalles se voient des spores bien distinctes, et, sur les bords, des filaments tubuleux qui semblent sortir de l'épaisseur du cheveu. (Bazin.)

Le diagnostic se trouvera établi le plus souvent par l'examen des croûtes faveuses que Ton délaye dans un peu d'eau ou d'acide acétique, et que l'on examine à un grossissement de 300 diamètres. Dans ces cas, « on ne voit que des sporules, des tubes vides (mycélium) et des tubes chargés de sporules (sporidies). Les sporules ont un volume et une forme variables : les unes, plus petites, se distinguent à peine des granulations noires; les autres ont jusqu'à 0'"™,007 à 0™™,008 de diamètre et paraissent avoir deux enveloppes (gross., 800 diam.). Leur forme est ovoïde, quelquefois triangulaire, et comme étranglée vers le milieu : il n'est pas rare de les voir réunies bout à bout en chapelet. Les tubes sont flexueux, simples ou ramifiés, vides ou chargés de spores et de granules : accolés les uns aux autres, ils forment des tiges plus ou moins larges et quelquefois comme articulées. » fig. 40). L'alcool, Télher el le ohloro-

PARASITES

forme ne dissolvent pas ces croûtes faveuses ; Tammoniaque ne fait que les blanchir un peu.

Outre Vachorion Schcsnleinii, dont nous venons d'indiquer les caractères, la teigne faveuse a quel-

Fig. 40. — Parcelles de favus. (Bazin, pl. 111). — a, Spoi-ules isolées; 6, sporules réunies; c, chaîne do sporules ; d, tubes vides; f, filaments tubuleux réunis ; g, granules.

quefois un autre épiphyte : la puccinia favi, découverte et décrite par M. Ardsten, qui Ta retrouvée dans le pityriasis. Il se compose de deux cellules conoïdes réunies par leur base.

Teigne ionsurante. — Le parasite qui donne naissance à la teigne tonsurante est cai'actérisé « par des sporules rondes ou ovales, transparentes incolores, à surface lisse, à intérieur homogène, variant entre 0'"i",002 et 0""",008; les spores naissent dans l'intérieur de la racine des cheveux sous forme d'un groupe de sporules rondes. Celles-ci donnent naissance à des filaments articulés qui, en se développant, rampent dans l'intérieur du cheveu en suivant son axe. Il a reçu le nom de iriwphyton tonsurans. » (Lebert.) Cet épiphyte est donc presque exclusive-

ment composé de spores. Cependant, d'après Bazin, les tubes de mycélium existeraient dès le début de la maladie aussi bien qu'à une période avancée ; ils

l'ig. il. — Poussière blanche qui revêt les cheveux brisés de l'herpé: lonsuraiit. (Bazin, pl. II.) - a, Sporulos isolées; — b, sporulc: réunies ; — t, luhos vides ; — ((, lubos sporulaires.

% disparaîtraient au moment où le cryptogame est dans toute la force de son développement.

L'affection ' débute par l'altération des poils. Ils changent de couleur, deviennent ternes, secs, très-cassants. Si l'on peut arriver à les extraire, avec leurs bulbes, on constate que, tout autour du poil et dans son épaisseur, existent des spores quelquefois allongées et se rapprochant des tubes de mycélium. Quelquefois aussi les poils présentent, de distance en distance, des renflements olivaires ou tubéreux. Plus tard, alors que les tonsures se forment, le parasite se montre sur les poils brisés et sur l'épiderme. U prend la forme d'une game amiantacée, blanc mat, recouvrant presque complètement les poils. Sur l'épiderme, il forme une substance lloconneuse, blanche, qui ressemble assez bien à l'hypersécrétion epidermique qui l'accompagne. On le distingue par sa coloration plus blanche et par l'examen microscopique. A cette période, les

i. Vov. Bilzin, loc cil., p. l'O et suiv.

lUHASlTES.

poils ne peuvent plus être arrachés ; ils paraissent donc épiés à leurs deux extrémités. Les deux substances (corticale et médullaire) sont confondues, les fibres longitudinales sont écartées et leurs intervalles sont remplis de sporules. Le poil forme le centre d'une espèce de manchon composé exclusivement de spores.

A la troisième période de la maladie, le champignon détermine l'inflammation du follicule pileux : le pus, qui se sécrète dès lors en grande abondance, tue le champignon parasite. Les gaines et les lamelles argentées disparaissent ; une éruption pustuleuse survient. Le tricophyton, dès lors, est difficile à apercevoir : les spores, quand on les trouve, sont inégales, petites et mêlées à un plus grand nombre de tubes de mycélium. D'après M. Bazin, à qui nous avons emprunté cette description, le microsporon menéagrophytes de Gruby, ne serait autre que ce tricophyton arrivé à sa troisième période. Le Sj/cosis parasitaire ne serait donc autre chose qu'une période plus avancée de la teigne tonsurante. Pour M. Robin, le microsporon n'existerait pas et l'erreur de Gruby proviendrait de ce qu'il a confondu avec des tubes de mycélium des lambeaux d'épiderme roulé sur lui-même. A cette troisième période, le follicule pileux enflammé peut s'oblitérer, ou bien, la sécrétion pileuse continuant, il donnera naissance à un poil rouge jaunâtre, très -grêle, dont l'examen microscopique nous montrera tous les éléments confondus.

Le CLiii' chevelu est le .siège de prédilection du tricofhjton tonsimms. Cependant nous avons déjà vu qu'on rencontrait ce parasite sur la face et le cou (deuxième période ou période pityriasique du sycosis). On le trouve encore, avec des caractères analogues, aux parties sexuelles, à Faisselle, plus rarement sur le tronc et les membres.

Teigne pelade. — Elle est due à la présence du microsporon. Andonini. C'est un épiphyte dont les spore-, sont plus pctite.s. moins nombreuses que

170 l'ATHOLOC.lF. DK LA I'KAL;.

dans le tricophylon; les Irichomala sont plus nombreux.

La disposition du champignon, par rapport à la tige et a la racine du poil, est fort remarquable et bien diflérente de celle du tricophyton. Ainsi sur la tige, les spores forment quelquefois de petits groupes isolés ou affectent une disposition racémiforme. La tige elle-même présente de distance en distance des rennements ou nodosités sphériques ou ovoïdes, constitués par les fibres longitudinales dilatées et incurvées, au travers desquelles on aperçoit des amas de sporules. Dans les intervalles des renflements, le poil ne parait pas malade. On ne constate de brisure sur les clieveux malades qu'au niveau des nodosités, qui se rompent à la manière d'un jonc. Quand l'altération cryptogamique est parvenue à son minimum d'intensité, les fibres du cheveu sont écartées dans toute leur étendue par les spores disposées en séries hnéaires ; mais le cheveu est mince, transparent, aplati, et non en fascicules et en toufle comme la teigne tonsurante. Sur la racine, les desordres ne sont pas moins remarquables. Ainsi, le plus grand nombre des cheveux extraits des tonsures de la pelade ont un bouton sans capsule, tandis que, dans la teigne tonsurante ou l'herpès en desquamation, ils n'en ont pas puisqu ils sont rompus aux deux extrémités. Dans la pelade, la racine du cheveu est recourbée en crosse ou droite et en massue; \e cheveu extrait de la circonférence des tonsures dans 1 herpès offre souvent un renflement énorme qu'on peut comparer pour la forme soit à l'oignon, soit au navet, et si l'altération de a racine est portée aussi loin que possible, eelle-ci présente 1-aspect d'une fourche ou d'un trident. Le microsporon epidermique et le microsporon unguéal (si tant est qu .1 existe) sont faciles à constater en examinant au microscope le duvet grisâtre qui recouvre les plaques dénudées de la pelade et la îubstaice qui forme les points jaunes de l'ongle dans la même maladie: mais on trouve toujours, avec les éléments crjpto- "amiques un grand nombre de cellules épithéliales, tandis que fe S hyton^se trouve à l'état de pureté dans les ^ames blanches qui entourent les poils bnses de l herpès en de^qua . mation. s (Bazin.)

PAHASITIÎS.

Le cliampignon de la pelade, découvert en 1843 par Gruby, eUiommé par lui Microsporum Audotdni, n'avait été depuis retrouvé que difficilement et avec des caractères incertains. Mais il a été étudié récemoient par M. Malassez, qui s'est appliqué à préciser les moyens propres à en faciliter la recherche et la constation : à cet effet, il recueille nonseulement les cheveux de la périphérie des plaques, mais aussi les pellicules que l'on obtient en raclant léci-èrement le cuir chevelu au niveau de ces plaques : c'est surtout dans ces dernières parties que le parasite peut être constaté; à cet effet ces pellicules sont dissociées et agitées soit dans l'éther, soit dans de l'alcool absolu. Lorsqu'on les suppose bien dégraissées, on les lave de nouveau dans l'alcool absolu n'ayant pas encore servi à cet usage ; puis on les monte dans une solution d'acide phénique au centième. Si elles ne sont pas bien dissociées, les préparations ne sont pas assez transparentes. Si elles ne sont pas bien dégraissées, si l'alcool mis en dernier lieu contient encore de la graisse dissoute, les préparations sont obscurcies par des granulations ou des gouttelettes graisseuses, ce qui peut induire en erreur. (L. Malassez. Note sur le champignon de la pelade^ Arcliiv. de Physiol. 1874). D'après M. Malassez, le champignon de la pelade occupe les parties les plus

Fig. 42. — Cheveu dans un cas de pelade dôcalvante à marilie rapide. (Malassez.)

superficielles de la couche cornée de Tépiderme : il ne se rencontre qu'accidentellement sur les cheveux, et encore siége-l-il sur des cellules épithéliales qui proviennent de l'épiderme (fig. 42). Il est uniquement composé par des spores sphériques, les unes de 4 à 5 [j., les autres de 2 [j. de diamètre. Il n'existe pas de tubes, mais seulement de petits chapelets de 5 à 6 spores au plus.

Le micros-poron Audouini se retrouve, avec le tricophyton ulcerum (?) à la surface de certains ulcères cutanés.

Nous avons vu, plus haut, en étudiant les crasses que Ton rencontre à la surface cutanée, que certains dépôts paraissaient formés par les débris ou les déjections d'épiphytes ou d'épizoaires. Le seul parasite végétal décrit sous le nom CLépidermoplujlon par Bazin est le microsjwron furfur. L'affection cutanée à laquelle il donne le plus souvent naissance porte le nom de pityriasis versicolor, mais on le rencontre également dans les chloasma, les éphélides, etc. Il est situé plus superficiellement que les végétaux que nous venons de décrire. Quand il existe sur les poils, il végète à leur surface, sans jamais pénétrer à leur intérieur. Mélangé à de nombreux débris épidermiques, le microsporon furfur passerait souvent inaperçu, si l'on n'avait la précaution de traiter la préparation par de l'ammoniaque ; on se débarrasse ainsi de l'épiderme et l'on peut observer le parasite pityriasique (Robin). On constate dès lors que le microsporon furfur est formé « par un réseau très-riche composé de tubes ou de filaments droits ou contournés, simples ou ramifiés, avec des spores terminales. Ces filaments sont plus étroits que

PAHASITI

ceux de VoUiim albicans; ils ne sont pas cloisonnés. Les spores sont sphériques, plus grosses que celles du microsporon Audotcini. Elles réfractent fortement la lumière et paraissent, vues sur le champ du microscope, avec un contour bilinéaire ; elles ne renferment pas de cranules à leur intérieur. » (Bazin.)

Fi^ « Slicrospomn turlur. (Moquin-Tandon.) - I, Mycclii.m pI " spoi-ules ; 2, spores ; 3, spores en voie île dûveloppemenl.

Récemment, M. Malassez a décrit des spores que Ton rencontrerait constamment dans le pityriasis simple (du cuir chevelu ou de la barbe) et qu'il considère comme le champignon du pityriasis capitis. On peut, dit-il. observer ces spores sur les pellicules pityriasiques que Ton recueille en faisant peigner au peigne fin et brosser la tête du malade sur une feuille de papier. Ces pellicules sont ensuite dégraissées avec le plus grand soin par une macération d'un jour ou deux dans Télher, en ayant soin d'agiter de temps en temps et de renouveler plusieurs fois le liquide. On reconnaît que l'opération est terminée lorsque l'éther, déposé dans un peu d'eau sur une lame porte-objet, ne laisse plus déposer de granulations graisseuses. On dissocie ensuite avec des

PATHOLOGIU: l)K LA l'KAIJ.

aiguilles dans de l'alcool et on couvre la préparation d'une lamelle. (Il est bon de la border de paraffine, pour éviter la dessication.) Les spores que Ton observe alors présentent de très-petites dimensions (2 [j..]; comme pour la pelade, le champignon est uniquement composé de spores ; mais ici les spores sont ovoïdes et presque toutes pourvues d'un bourgeon, tandis que celles de la pelade sont sphériques, plus volumineuses.

Nous avons déjà signalé, à propos du sang (p. 73) les différenls microphytes que l'on peut, aussi rencontrer dans diverses maladies. Disons seulement que sur la peau des varioleux, des scarlatineux, des rubéoliques, des malades atteints de syphilis, de pellagre, etc., etc., on a découvert des sporules dont la description ne saurait être donnée, leur nature étant encore impossible à déterminer avec précision.

Parasites animaux. — Nous dirons peu de chose des épizoaires proprement dits. Vivant à la surface cutanée, visibles à l'œil nu, les différentes espèces de poîix et la jmce {puleco irritans) sont décrites dans tous les traités d'histoire naturelle. Les phénomènes qui accompagnent les lésions qu'elles produisent intéressent peu le micrographe.

La chique [pidex penetrans) est rare dans nos pays : elle pénètre sous la première couche de la peau, y apparaît comme un grain de poudre, se creuse une loge, puis, absorbant les liquides des tissus, se gonfle énormément. Bientôt surviennent des démangeaisons, des douleurs intolérables. Il faut extraire l'animal, sinon les œufs auxquels il donne naissance

PARASITES

distendent encore son abdomen; il en résulte une inflammation de la peau et un kyste se forme. C'est ce kyste dès lors qu'il faut énucléer et extraire en totalité pour éviter la production d'ulcères d'assez mauvaise apparence'.

Il est également rare que l'on ait affaire aux tiques, ■ ou rouget, acarien qui, des tiges des graminées qui lui servent habituellement de demeure, s'attache à la peau, surtout des jambes, des cuisses et du basventre, aux larves de rmscides et d'œstrides, qui se rencontrent dans les fosses nasales ou même sous la peau. Nous renvoyons pour la description de ces épizoaires aux différents traités d'histoire naturelle médicale.

Deux épizoaires, qui vivent dans l'épaisseur de l'épiderme, doivent plus longuement nous arrêter. Ce sont Vacanis folliculorum et Vacarus scabiei '\

Connu sous les noms de demodex folUcularis (Owen), Simonea folliculorum (P. Gervais), entozoon folliculare (E. Wilson), Vacarus folliculorum (Henle, puis Simon) peut exister, même à l'état physiologique, dans les glandes sébacées. Il suffit, pour le trouver, de recueillir les produits obtenus en extrayant le sébum des glandes du nez. On racle, à l'aide d'un couteau, les fragments de sébum qui apparaissent par une pression exercée sur les ailes du nez; on les ramollit à l'aide d'une goutte de glycérine et on les étale sur le porte-objet. A l'aide d'un grossissement de 300 à 400 diamètres, on peut, lorsqu'il existe, reconnaître le parasite.

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