‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 53 sur 133 · FAUSSES MEMBRANES · texte numérisé non relu

FAUSSES MEMBRANES

nées dans les exsudais. Pour constater sûrement la présence de ces organismes, il faut prendre des fragments de fausses membranes, les plonger dans de Veau additionnée de deux parties d'alcool pour une partie d'eau, puis, après avoir pratiqué de fines coupes, y faire tomber goutte à goutte de la teinture d'iode. Quand la préparation en est saturée, on dépose sur les bords autant de gouttes d'acide sulfurique qu'il en faut pour que cet acide ne détermine plus de contractions onduleuses au sein de la préparation. Il ne reste plus qu'à placer la pièce sous le microscope; une coloration d'un bleu violet révèle la présence des microspores et des micrococcus; les petit corpuscules sont bleus ou bruns et les globules de plasma offrent diverses nuances ; elles sont le plus souvent jaunes. D'après un certain nombre d'autres observateurs, l'aspect filamenteux que l'on observe parfois en examinant les fausses membranes diphthéritiques est tout accidentel et ne saurait impliquer la présence d'un parasite. Ce que Hueler et Tomassi avaient pris pour des monades n'est autre chose qu'un amas de noyaux de cellules. [Centralhlatt fur Wisseusch., n» 33, 1870.)

Nous avons indiqué plus haut (p. 134) les résultats obtenus en examinant le produit des phlyctènes que produit la gangrène. A la surface des ulcères qui en sont la conséquence, on observe les produits de nécrobiose des divers éléments constitutifs des tissus. Ce sont : des granulations graisseuses et des cristaux de margarine, d'acide stéarique, de cholestérine qui en dérivent et qui sont mêlés à des cristaux de leucine et de tyrosine: des fibres musculaires striées et infiltrées de granulations pigmen-

l'HODUITS SOIIS-EPIDEKMIQUF.S.

taires brunâlrus; des fibres de lissu conjonclif et des fibres élastiques. Des cellules épilhéliales ratatinées, déformées, infiltrées de matières colorantes rouges ou brunâtres ; des cristaux d'hémaloïdine provenant de la décomposition des globules rouges du sang ; des globules blancs, les uns normaux, les autres plus ou moins granuleux, irréguliers, anguleux, d'autres ayant subi la mélamorpliose caséeuse, se rencontrent en proportions variables à la surface de ces ulcères. Souvent on y trouve les corpuscules dits gangreneux, c'est-à-dire de petits points noirs, ronds, carrés ou triangulaires, sans forme cristalline bien déterminée, insolubles dans l'alcool et l'éther, inattaquables par la plupart des acides et des bases, et résultant d'une infiltration des éléments anatomiques plus ou moins déformés par une matière colorante spéciale; des granulations pigmentaires noirâtres, douées de mouvement brownien et composées de sulfure de fer ; enfin des cristaux de divers sels (sulfate et carbonate de chaux, phosphate ammoniaco-magnésien, urates et butyrates d'ammoniaque, etc.), et une myriade d'infusoires (vibrions et bactéries.) (Voy. M. Raynaud, article Gangrène, du Nouveau, Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques.)

L'étude des produits obtenus en raclant certaines tumeurs ulcérées à la surface de la peau peut mettre sur la voie du diagnostic et engager le médecin à s'éclairer davantage encore en examinant des fragments durcis à l'aide de divers réactifs et étudiés au moyen de coupes. Le trocart explorateur de Kuss, ou celui de Duchenne(de Boulogne), pourront servir dans ces cas à extraire des parcelles de la

Page 1