I. — DU MUCUS CONSIDÉRÉ EN GÉNÉRAL Muouii phyRiologlquo
Toulos los HUfiacC'K rccoiivorlcs d'6pith(;liiirn rlonnerit, naissîincfj à un produit plus ou moins liqiiide, doiif; des mômes propriétés générales dans toutes les ré^'ions et que l'on nomme mucus. Le mucDs est aux surlaces muqueuses ce que la desquamation furi'uracée de l'épidorme est à la surlace cutanée. Bien plus, quand la couche cornée de répiderme n'existe pas, la peau, identique alors à une muqueuse, donne naissance à un véritable mucus ; c'est ainsi que la peau des poissons l'ournit rapidement, sans glandes spéciales, une quantité considérable de mucus sur toute sa surface ; c'est ainsi que la peau humaine se comporte elle-même lorsque, l'épiderrne ayant été détruit ou notablement altéré, elle donne naissance à ce liquide muqueuxqui suinte si abondamment dans les afieclions cutanées.
Au niveau des muqueuses proprement dites, ce liquide est beaucoup plus abondant, parce que la surface qui le produit est beaucoup plus étendue qu'on ne le croirait au premier abord : elle forme, en effet, des dépres.sions, des glandes qui multiplient énormément sa superficie ; ces glandes étant revêtues d'un épithéliurn identique à celui de la surlace libre de la muqueuse, leur produit ne diffère point du déchet épithélial qui recouvre les muqueuses. C'est là ce qui caractérise les glandes
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mufjîieust's. A prupremeiil parler, elles ne sont pas (les glandes, parce qu'elles ne sécrèlenl pas d<produit spécial : cette distinction est bien niarquéf pour la bouclic (glandes muqueuses distinctes il'salivaires), pour restomac (glandes muco-gaslriq distinctes des 2}e2^^o-ffaslriques), pour l'intestin, etc.
Nous n'avons pas à préciser le mode suivant lequel se produit le mucus ; qu'il résulte d'une désassimilation par laquelle les cellules épitliéliales rejettent en excès des principes qu'elles ont formés par un emprunt assimilateur fait au sang (Gli. Robin), ou qu'il représente simplement le contenu même et les débris des cellules superficielles enlevées par une chute incessante, toujours est-il que le mucus se compose d'un liquide plus ou moins épais ou filant tenant en suspension des éléments ligurés.
Le liquide du mucus contient une substance organique coagulable qui, par suite, peut être examinée au microscope et qu'il importe de distinguer de la fibrine, avec laquelle elle pourrait être confondue au premier abord : c'est la mucosine : il est facile d'étudier cette substance en prenant du blanc d'œuf ; le blanc d'œuf, en effet, et par son origine et par sa constitution, peut être pris comme un mucus type, surtout au point de vue de la mucosine. On voit alors que cette matière, plus ou moins filante, plus ou moins tenace et glutineuse, présente parfois, avant l'action de tout réactif, un aspect strié. Les stries sont parallèles, ou bien onduleuses et même entre-croisées s'il y a des couches différentes de cette substance interposées accidentellement. Si l'on ajoute des traces d'acide acétique,
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cet élat âliié devient encore plus visible. D'après ces caractères, on pourrait confondre de la mucosine très-épaisse avec do la fibrine, quoique cependant l'acide acétique n'exagère pas l'aspect strié de la fibrine; mais si l'on poursuit l'action de cet acide, les différences deviennent évidentes; tandis que la
■fibrine, de même que les fibres connectives, se gonfle et prend un aspect liomogène, la mucosine, au contraire, tend à se rétracter, et son aspect strié devient bien plus évident. Souvent le mucus est très-concret, de sorte que l'on trouve à la surface des muqueuses une couche épaisse comme une fausse membrane : la réaction précédente est donc très-importante pour permettre dans ces cas de reconnaître qu'on a afi'aire à de la mucosine, et ne pas confondre ces fausses membranes avec les exsudais fibrineux. Elle est également importante en médecine légale, où Ton a souvent à examiner des mucosités que l'on pourrait prendre pour des liquides spermatiques. Parmi les caractères particuliers du sperme, que nous étudierons plus loin, nous devrons donc signaler que la liqueur spermatique ne contient que peu de substance qui
■ devienne striée sous l'influence de l'acide acétique. « La spermatine se gonfle dans l'eau comme les mucosités, mais elle n'est pas rendue striée par l'acide acétique. » (Ch. Robin.)
La rrtMcosiwe présente certaines particularités selon les circonstances et les lieux où elle se produit : lorsque le mucus est très-aqueux, la mucosine traverse facilement uji filtre; lorsqu'il est très-épais, elle reste presque en totalité sur le filtre : de là la division, proposée par quelques auteurs, de muco-
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sine fiUrablo et non lillrable (Frey). La inucosine du mucus coujonclival, par le simple contact de l'eau,devient demi-solide et Ijlanclie, comme de l'albumine coagulée ; aussi, lorsqu'on vient à faire passer un courant d'eau sur la conjonctive, pendant une conjonctivite, cette eau coagule la mucosine liypersécrétée et détermine la production d'une membrane opaque : la réaction de l'acide acétique sur celle fausse membrane, étudiée au microscope, permettra de ne pas la confondre avec une fausse membrane diplithérilique, confusion qu'on a faite souvent, et sur laquelle Ch. Robin a attiré rallention des pathologistes. La mucosine du mucus des fosses nasales est très-épaisse, et se présente souvent sous l'aspect de plaques desséchées : l'acide acétique rend ces plaques plus transparentes, mais aussi les rend plissées et striées d'une manière remarquable. La mucosine produite par la surface muqueuse de l'arbre aérien est plus homogène et ne prend, par l'acide acétique, qu'un aspect strié peu prononcé. Sous ce rapport, la mucosine produite par des muqueuses très-voisines peut cependant présenter de grandes différences : ainsi, pour l'utérus, le mucus du col est épais, gélatiniforme, tenace, Irèslent à se gonfler dans l'eau; celui du corps, au contraire, est demi-liquide, peu visqueux, trèsmiscible à l'eau. La mucosine de la muqueuse du gros intestin est visqueuse, et en flocons finement striés; ici encore elle prend souvent l'aspect tout à fait concret, et l'on trouve dans les selles de longs filaments d'une matière muqueuse, blanchâtre (surtout chez les personnes âgées\ ressemblant un peu à des pseudo-membranes diphlhéritiques iCh. Robin.)
MUCUS PHYSIOLOGIQUK. "^01 Parfois on a pris ces tilameuls pour des débris ■ de la muqueuse inlestinale inorliriée : on conçoit combien Tusai^e du microscope sera uUle pour redresser ces interprétations erronées et éclairer sur la véritable nature du produit expulsé : « J'en ai vu. dit Ch. Robin, qu'on me donnait pour des lambeaux de l'intestin mortifié qui aurait été rejeté en entier. » On a aussi confondu parfois ces masses avec des parasites intestinaux, etc.
La partie liquide du mucus renferme encore en dissolution des sels d'origine minérale, et des principes cristallisables d'origine organique, principes qui peuvent se précipiter et former dans le mucus des grumeaux amorphes ou des cristaux; mais cette précipitation se fait toujours en entraînant quelques éléments du mucus, de sorte qu'après avoir dissous les calculs par les réactifs chimiques appropriés, on trouve un résidu organique qui rappelle et l'aspect et les propriétés du mucus concret. Nous citerons seulement les rhinoUthes, qui se reproduisent assez souvent dans le mucus des fosses nasales, et plus encore dans celui des sinus annexes à ces cavités; les dacryolithes, on calculs des larmes, que forme le mucus des voies lacrymales. Les calculs blancs, de nature calcaire, qui se produisent dans la vésicule biliaire, et qu'il ne faut pas considérer comme produits par la bile, proviennent du mucus cholécystique. Ces calculs, sont parfois représentés par line matière blanche, pulvérulente et pâteuse (Ch. Robin). On ne les trouve, d'ordinaire, que dans les vésicules qui sont pleines de mucus et ne renferment plus de bile, parce que depuis longtemps elles ont cessé d'être en communication avec le
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canul hcpaliquc. Il esL iinporUinl d'èlro fixe sur Toriginc précise de tous ces produits plus ou moins anormaux que Ton retrouve dans les matières i'écales.
Les éléments figurés que renferment les mucus sont des cellules épithéliales et des débris de cellutes épithéliales, des gouttes de graisse et des leucocytes.
Les cellules et les débi'is de cellules épithéliales sont caractéristiques de chaque mucus; elles permettent, en cfïet, de reconnaître la nature de la muqueuse qui a fourni ce produit ; nous ne les décrirons pas ici ; en se reportant à la courte description et aux hgures que nous donnons de la structure des divers épithéliums, on trouvera tous les éléments nécessaires, surtout en avant écard à l'aspect des cellules superficielles des épithéliums stratifiés, pour reconnaître presque à coup sûr la provenance des débris épithéliaux d'un mucus, et par suite la provenance de ce mucus lui-même.
Les granulations et gouttelettes graisseuses se trouvent dans le mucus soit en amas, soit disposées eh séries; il faut reconnaître que le plus souvent ces granulations graisseuses sont un produit étranger au mucus; ainsi dans le mucus conjouclival, où elles ne sont pas rares, elles viennent, très-probablement du produit sébacé des glandes de Meibomius; dans les lamelles de mucus du gros intestin, ces granulations sont encore plus abondantes, et représentent un résidu des matières grasses ingérées, car leur quantité varie selon la nature de Talimentation ; elles résultent peut-être aussi d'une dégénérescence graisseuse des cellules de Tépithélium