Voy. Robin, Traité des humeurs, -i' édit., p
FÈCES PATHOLOGIQUES.
médico-légales à eul reprendre dans les cas d'empoisonnement.
Les parasites observés dans les déjections alvines proviennent de trois sources dilTérentes : 1« les uns ont pris naissance dans les matières putréfiées ou altérées dans l'intérieur du tube digestif. Tantôt, en efTet, ces parasites infusoires se rencontrent dans les matières récemment évacuées et disparaissent par le refroidissement (Davaine) ; d'autres fois, ils naissent peu de temps après l'évacuation des matières intestinales, et leur présence est liée à des phénomènes de putréfaction : — 2'^ d'autres parasites, introduits par la voie de l'alimentation, se sont développés à l'intérieur du tube digestif qui leur a servi à'hahitat, puis ont été expulsés par fragments ou en totalité : — 30 enfin il est un certain nombre de parasites qui se sont accidentellement introduits dans le tube intestinal dont la paroi a été perforée. Ce sont les parasites erratiques.
Dans la première classe, nous rangerons les p-otozoaires appartenant aux familles des vihrioniens , des monadiens et des paramécies. Les vibrioniens dont nous avons déjà indiqué les caractères (p. 69) n'existent pas dans les fèces normales, mais apparaissent très-rapidement dans les liquides diarrhéiques. Davaine affirme que ces parasites disparaissent par le refroidissement des matières évacuées ; ils se développent donc dans les matières encore renfermées dans la cavité intestinale. Toutefois, certains vibrioniens se développent dans le liquide qui a séjourné quelque temps au contact des matières fécales et qui a déjà subi un commencement de putréfaction. Il ne faudrait donc pas attacher une trop
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grande iinporlance à leur présence dans les t^ardel'obcs des diarrhéiques. Il s'y rencontre parfois de vrais flocons composés de iilaraenls mycéliaux analogues à ceux des oïdium, des leplollirix à divers degrés de développement, etc.
Les vibrions s'observent dans toutes les formes que présente la diarrhée : leur nombre paraît d'autant plus considérable que la maladie est plus grave; mais on les rencontre aussi bien dans la diarrhée lienlérique que dans la diarrhée qui accompagne la fièvre typhoïde, les ulcérations intestinales des phthisiques, la diarrhée du choléra, etc. On observe encore dans les évacuations alvines des filaments d'algues (leptothrix); enfin Davaine a signalé dans les selles des cholériques et des typhiques des protozoaires du genre cercomonas, et Malmsten y a reconnu des 'paramécies (paramecium coli).
Les cercomonas se distinguent par un ensemble de caractères assez précis :
Un corps nu, de forme arrondie, discoïde ou ovoïde, un filament flagelliforme antérieur, un prolongement postérieur en forme de queue, plus ou moins long, plus ou moins liliforme et variable, qui s'agglutine quelquefois aux corps environnants et fixe momentanément l'animal. La petitesse, la continuité, la rapidité de leurs mouvements rendent une obser\ation exacte très-difficile, observation qui ne peut être complétée après la mort de l'animalcule, car il devient impossible alors de le distinguer des corpuscules de diverse nature, des cellules épUheliales plus ou moins altérées parmi lesquels il se trouve. (Davaine.)
Le paramecium coli (Malmsten) présente les caractères suivants :
FÈCES PATHOLOGIQUES.
Corps ovoïde, aminci en avant, long do 0""°,1 environ, un peu variable; tégument couvert do cils serrés, disposés en séries obliques; bouche antéro-latéralc munie de cils plus longs ; œsophage légèrement élargi et recourbé ; anus situé ou arrière à la face abdominale, plus ou moins saillant et distinct par sa constitution; un noyau oblong elliptique ; deux vésicules contractiles: l'une plus petite, subcentrale; l'autre située près de l'anus, très-variable; mouvements plus ou moins rapides, quelquefois tournoyants.
Nous avons déjà vu que, dans le choléra, les selles ne renfermaient plus qu'un épilliélium à peu près détruit, troublé, grenu. La grande masse des flocons est composée de mucus hyalin retenant quelques leucocytes, des corpuscules analogues à des amas de globules graisseux, et des cristaux aciculaires d'acides gras. Au milieu de ce liquide trouble, on voit se mouvoir avec la plus grande rapidité des vibrioniens que l'on a comparés au hactermm punctitm, au bacterùim termo et au hacteriim catemda. On y remarque, en outre, une grande quantité de le'ptothrix. Ceuxci, que nous avons déjà signalés comme existant dans les fèces diarrhéiques, peuvent se feutrer, s'anastomoser, former de grandes masses, englobant quelcpies leucocytes ou quelques rares cellules épithéliales. On voit enfin cissez souvent dans les selles des cholériques de grandes quantités de tondes.
Les spores que l'on a trouvées dans les déjections cholériques et qui ont été bien décrites par Williams, puis par Klob et Hallier, ont été considérées par quelques auteurs comme les germes du choléra, qui ne serait dès lors qu'une maladie parasitaire. Cette opinion? ne saurait être admise.
La présence des sporules de la prétendue mucé-
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dincc; du choléra n'a jamais clé conslalco; dans 1(; sant^', malgré les at'firmalioTis de Beaie, et les expc-
flg, 7-1. - Œufs (ïmto%oalres (Davaine). — 1, Ténia solium armé '(gi-. 3-10) ; 2, ténia proglotlidien renfermant un embryon dont on aperçoit 'les crochets (gross. 330); 3, ténia inerme (gross. 340) ; t, botryocéphale (gross. 340); 5, tricocéphale (gross. 330); 6, ascaride lombricoïde (non fractionné, gross. 230); 7. le même, plus développé, renfermant des cellules embryonaires ; 8, oxyure vcrmiculaire (gross. 400). — (Davaine, Traité des entoxoaircs.)
riences de ciillure tentées par Hallier ont été justement rétutées. Les amas de sporules (zoogleea) msont (lu'un épiphénomène dans révolution de l.i
FtCliS l'ATHOLOGIQUIiS.
maladie el ne peuvent être considérés comme les agents qui la provoquent. On les retrouve dans un grand nombre de maladies distinctes, et nous avons déjà insisté plus haut sur les complications qu'ils peuvent déterminer (p. 246). Bornons-nous donc à répéter que ces faux j'arasites, comme les végétaux déjà signalés dans les vomissements [o'idium albicans, oscillaires, sarcina ventriculi, etc.), ne sont ni le miasme ni le virus, mais les agents de certaines fermentations morbides.
Parmi les parasites qui, introduits par Talimentation, vieiment se développer dans l'intérieur du tube digestif, nous citerons en première ligne les ténias. En présence des accidents que détermine la présence de ce ver, le médecin devra examiner avec soin les matières fécales, surtout après l'administration d'un purgatif; quelquefois, en effet, des portions suffisamment grandes pour préciser le diagnostic seront évacuées. D'autres fois, le malade ne rendra que quelques anneaux libres et vivants, déjà reconnaissables à l'œil nu, mais qu'il faudra étudier au microscope, afin de connaître l'espèce de ver à laquelle il appartient. Souvent, enfin, le diagnostic pourra être établi en recherchant, dans les selles, les œufs de ténias qui sont expulsés en grande quantité.
Fig. 72. — Tùtc cl.' ténia armé ilc l'homme (grossi 12 fois). (Davaino.)
Ces œuls sont arrondis, très-lisses, osoïdes; leur membrane
MUQUEUSIi INTKSTINALK,
(l'onvcloppe, très-cpaisse, à double contour, étant traitée par une solution de potasse caustitiue, laisse voir l'embryon que rcnrcrnie la vésicule (fij;. 71/2). Celui-ci est dépourvu de ventouses et possède six crochets qui diirèrent de ceux du scolex par le nombre et i)ar la forme. La léte ou icolex du ténia se distingue des anneaux par sa forme, ses ventouses, ses crochets lorsqu'ils existent et l'absence d'organes sexuels. (Jn
Fig. 7a. — Tùto de tùnia incrnie de l'iiomme (gro^s. o fois) ; œuf du môme ténia (gross. 340). — (Davaine.)
devra toujours rechercher ce scolex parmi les fragments évacués. Le ténia soUum {ténia armé et ténia fragile, Davaine) et le ténia mediocanellata se distinguent aisément quand on peut examiner le scolex : celui-ci, en eflet, lorsqu'il provient du ténia mediocanellata, ne présente pas de crochets
(fig- ^^)- , , . .
Le iotryocéphale, appelé aussi tema non armé, se distingue du ténia mediocanellata par la disposition de ses organes génitaux : ceux-ci, situés sur les parties latérales dans la tribu des téniadés, sont disposés, au contraire, sur la ligne médiane dans la tribu des botnjocépliales. L'œuf du botryocéphale est ovoïde long de 0'"'",0(38, large de 0""",0U: il est pourvu d'un opercule et renferme un embryon inerme (Davaine;. En traitant l'œuf par de l'acide sulfurique concentré, on peut apercevoir son opercule.
Parmi les vers nématoïdes, h> plu> fréquent est Vascaridc
FÈCES PATHOLOGIQUES.
lombricoïde. Le plus souvent expulsé à l'état adulte, ce ver blanc ou rougcàtre, fusifonne, à téte munie do trois valves distinctes pres(|ue semblables, convexes ou semi-globuleuses, finement dentelées, se reconnaît aisément. L'œuf de l'ascaride, qui est expulsé avant son développement et peut se retrouver dans les selles, est ovoïde, entouré d'une coque assez épaisse, à double contour, frangée à sa surface (fig. 71, 6 et 7).
Le tricocéphale (Tricocephalus dispar) est plus rare : on l'observe assez fréquemment toutefois dans la fièvre typhoïde. Les œufs, • oblongs, revêtus d'une coque résistante prolongée en un goulet court, arrondi, translucide aux deux extrémités > (Dujardin) sont évacués avec les fèces (fig. 71, 5).
Le ver est blanc-jaunâtre, filiforme, long de 37 à 50 millimètres : son tégument est strié transversalement à l'exception d'une bande longitudinale hérissée de petites papilles. Le corps du mâle est plus petit que celui de la femelle. Le mâle possède un spicule tubuleux, contenu dans une gaine renflée ou vésiculeuse, de forme variable et sortant à l'extrémité postérieure. La femelle est à ovaire simple, replié dans la partie postérieure, terminé en avant par un oviducto charnu qui s'ouvre au point de jonction des deux parties du corps.
L'oxyure vermiculaire , qui occupe le rectum et le pourtour de l'anus, et se reconnaît aisément à l'examen des fèces, est blanc, filiforme, très-étroit. Le mâle entouré en spirale est long de 2 à 3 millimètres ; la femelle est longue de 9 à 10 millimètres-, son extrémité caudale est droite et très-fine: les œufs sont lisses, oblongs non symétriques, longs de 53 (J. larges de 28 [X. On ne les trouve que très-rarement dans les selles (fig. 71, 8).
Enfin Yanchj/lostnme duodénal très-rare en Europe n'a que b à 9 millimètres de long: le corps est cylindrique, la tète
Fig. U. céphale (Davaine)
Tùte ilu bolryodc riiomiiie
ilH MUQUEUSE INTESTINALE. •
un p(!U iiiniiicio, an'oiidio au sommet ; le limbe de la bouche muni (le papilles inégales coniques ; le corps droit, transparent en avant. C'est à la présence de ce \ers et aux hémorrhagies t|u'il détermine que l'on a attribué la maladie connue sous li; nom de chlorose d'Égypte. Outre ces i)arasites, les selles renferment parfois des larves d'insectes introduites avec les aliments, ou bien évacuées sans que l'on ijuissc aisément reconnaître comment elles ont pu jiénétrer dans le tube digestif (voir, Soc. de biologie, 1875).
Les 'parasites erratiques, accidéntelleinent introduits dans la cavité abdominale et éliminés avec les fèces sont, le plus souvent, des vers vésiculaires appartenant à la tribu des téniadés et connus sous le nom di'hydatides.
Celles-ci, qui existent sous forme de vésicules dans le parenchyme des organes, renferment un liquide limpide et contiennent des échinocoques dans leur cavité. De volume tresvariable, à parois plus ou moins épaisses, ces hydatides peuvent s'ouvrir dans l'intestin. On trouvera dès lors, dans les matières fécales, les fragments du kyste qui contenait les échinocoques, et les débris de ceux-ci. Les lambeaux membraneux de la poéhe hydatique présentent un aspect caractéristique. La membrane est plus ou moiiis mince, élastique, blanchâtre, semblable a du blanc d'œuf coagulé, sans fibres ni cellules, disposée en lames stratifiées, semblables aux feudlets d'un livre. Cet aspect permettra de les distinguer de lambeaux membraneux provenant d'aliments mal digérés'.
Quelquefois les hydatides, de volume peu considérable, sont ' rendues en totalité sous forme de corps ronds ou ovales : d autres fois, les vésicules s'étant rompues, on trouvera, si le kyste est ancien, des lambeaux pseudo-membraneux venant de la paroi, des crochets isolés, restes de l'échinocoque et des concrétions do phosphate et de carbona'e de chaux, sous forme