MUQUEUSE RESP1IUT(J1HE
cependant d'examiner tui microscope certains crachais, dont la coloration rougeâlre ou brunâtre pourrait faire penser à rexislcncc de u'iobules sanguins, alors que certains médicarnents l'ralanliia, réglisse, kermès, etc.) ont seuls donné aux produits de TexpecLoration cette coloration rougeâtre.
Les globules sanguins sont plus ou moins déformés suivant qu'ils ont séjourné plus ou moins longtemps en contact avec d'autres produits ; quelquefois, gonflés par la sérosité, ils deviennent spliériques. pâlissent, perdent ainsi leur forme et leur coloration ; souvent, à côté des globules sanguins, on trouve des cristaux d'hématoïdine ou des granulations pigmentaires. (Voy. p. 79.) Ces cristaux et ces granulations existent parfois à l'intérieur de grandes cellules vésiculeuses presque spliériques qui proviennent des bronches [apoplexie jmlmonaire) . Dans la fneumonie, les crachats très-visqueux, très-transparents, de coloration très-variable, sont caractérisés non par la présence du sang, mais par l'existence d'un exsudât fibrineux mélangé à du mucus pulmonaire. Les globules sanguins sont donc intimement mêlés à ce produit d'exsudation pulmonaire caractérisé par son aspect fibrillaire et l'existence des noyaux qui tapissaient les alvéoles pulmonaires. La biie, qui est parfois mélangée à ces crachats pneumoniques, se reconnaît par sa couleur. Enfin dans Vhémoptysie, le sang expectoré en quantités considérables ne présente rien de particulier.
Mélangés aux produits de l'expectoration, les lambeaux pseudo-membraneux, les débris alimentaires, les fausses membranes provenant des kystes hydatiques, doivent être distingués des fausses membranes
CRACHATS
diplitliériliques.(Voy. p. 18b.) Souvent du mucus plus ou moins concret, moulé sur les parois de l'arbre aérien dont il reproduit les divisions, a été pris pour une fausse membrane. L'examen à l'aide de l'acide acétique lèvera tous les doutes. (Voy. p. 199.)
Dans la hronchite pseîido-membraneiùse, les produits expectorés sont composés de filaments cylindriques de fibrine coagulée. Plus importants encore à reconnaître sont les éléments qui proviennent de l'ulcération du parenchyme pulmonaire. La présence de fibres élastiques dans les crachats est presque caractéristique de la phthisie à forme ulcéreuse. Les fibres élastiques n'existent, en efi'et, que dans la phthisie, dans la gangrène pulmonaire et dans les infarctus hémoptoïques du poumon. On les recherchera surtout dans les crachats nummulaires , qu'il faudra traiter par la soude caustique ou par l'ammoniaque. Le mucus deviendra transparent et les fibres élastiques apparaîtront(fig. 81), reconnaissables à leur forme ondulée en spirale, à leur double contour, à leur résistance aux réactifs, enfin à leur coloration sous l'influence du rose d'aniline. (Voy.
Introd.,p.23).
Parfois ces fibres élastiques qui sont toujours plus ou moins altérées, d'apparence fibrillaire, très-semblables aux filaments de leptothrix, au lieu d'être isolées les unes des autres, forment des faisceaux de fibres entre
Fig. 81. — Fibi'cs élasliques et globules de pus ratatinés provenant de l'oxpecloration d'un plithisiquo.
MLIQUKUSE IIESPIRATOIRR.
lesquels on peut apercevoir les éléments qui caractérisent la fonte ulcéreuse du parenchyme pulmonaire. Ce sont des débris de vaisseaux oblitérés et, surtout, une grande abondance de corpuscules granuleux, les uns ayant la forme et les caractères des globules de pus, d'autres plus petits, déformés, quelques-uns infiltrés de granulations noirâtres, d'autres enfin presque globulaires renfermant quelquefois des cristaux d'hémato-cristalline.
L'ulcération des cordes vocales, du larynx, des bronches peut faire apparaître dans les crachats des concrétions d'apparence cartilagineuse'. Le microscope y reconnaîtra, au milieu d'un amas de leucocytes, les débris des cordes vocales ou des cartilages du larynx et des bronches. Monneret déclare avoir retrouvé deux ou trois fois dans les produits expectorés les éléments qui caractériseraient le cancer du poumon. Rappelons ici que les crachats, couleur gelée de groseille, ont été donnés comme presque pathognomoniques de cette affection (Stokes).
Des matières grasses, en quantité plus ou moins abondante, des concrétions calcaires ou des cristaux peuvent se rencontrer dans les produits de l'expectoration. Dans les crachats de pneumonie on rencontre parfois des cristaux cubiques de chlorm-e de sodium. Les cristaux de cholestérine sont rares : le plus souvent on observe des aiguilles de margarine très-fines, formant des réseaux très-élégants solubles dans l'éther. Ces cristaux sont très-fréquents dans les crachats fétides, ce qui a fait penser que la fétidité des crachats devait être
•I. Voy. Leroy, Des concrétions bronchiques. Th. de Paris, 1S68.
CRACHATS
attribuée à la décomposition des matières grasses contenues à l'intérieur des cavernes pulmonaires ou des dilatations bronchiques. D'autres cristaux de leucine, de tyrosine (solubles dans l'éther et l'alcool, insolubles dans l'acide acétique et la soude), de phosphate et de carbonate de chaux, peuvent se rencontrer dans l'expectoration des phthisiques ou dans les cas de gangrène pulmonaire. Dans Vasthme bronchique, Leyden a signalé des cristaux incolores, brillants, formant une pyramide double, peu réfringents, se brisant facilement, insolubles dans l'eau froide, solubles dans l'eau bouillante, résistant à l'éther, à l'alcool, solubles dans l'acide acétique, l'acide tarlrique, l'acide phosphorique. Ces cristaux ont déjà été signalés dans la bronchite par Charcot et Vulpian fG^as. hebd., 1860). Enfin, les granulations de noir de fumée que l'on observe dans l'expectoration des mineurs, des charbonniers, etc. (anthracosis), se distingueront des corpuscules mélaniques. Dans lamélanose, en effet, les granulations sont arrondies, peu foncées en couleur, toujours emprisonnées dans les cellules épithéliales, tandis que les grains de charbon sont très-foncés en couleur, anguleux, irréguliers.
Nous ne parlerons pas des matières venues du canal alimentaire (fibres musculaires, granulations graisseuses, cellules végétales, grains de fécules, etc.), accidentellement mêlées à l'expectoration, non plus que des concrétions formées par le tartre dentaire. (Voy. p. 230.)
Il nous reste à signaler les parasites retrouvés dans l'expectoration. Les uns ont déjà été étudiés.
MUQUI':iJSE HESPIRATOIHI-:.
Ce sont les vibrions (voy. p. 09) et les algues du genre leptolhrix (v. p. 224), que Ton trouve presque toujours dans toutes les espèces de crachats. Il n'en est pas de môme de Voïdium albicans (p. 228), qui s'observe dans les cas de muguet, de Voïdium pulmonaire (Benett), qui aurait été retrouvé dans plusieurs cavernespulmonaires, enfin des parasites qui, d'après Letzerich', seraient l'agent infectieux de la coqueluche. Si l'on receuille un crachat de coqueluche entre deux lames de verre et si on l'examine au microscope, on peut s'assurer que les flocons blancs expectorés dans ce cas sont presque entièrement composés de microcomes réunis en colonie. Ces microcomes pourraient, suivant Letzerich, se multiplier, augmenter de volume et constituer enfin de vrais globules contenant de petites spores. Ces globules en éclatant répandraient au dehors de nouvelles bactéries. Ce champignon serait différent de celui qui caractérise la diphthérie. Letzerich déclare avoir pu, par l'inoculation de ces microcomes, provoquer, chez les lapins, des accidents tout à fait analogues à ceux de la coqueluche. Certains entozoaires que l'on a rencontrés dans les voies respiratoires pourraient aussi parfois se rencontrer dans l'expectoration. Ces entozoaires seraient, d'après Davaine -, un ver observé par Diesing et nommé strongi/his longevaginatus. Ce slrongyle a les caractères suivants : « Tête tronquée, conique, non ailée, limbe de la bouche pourvu de quatre à six papilles; corps égal, droit, d'un blanc