‹ Manuel du microsope dans ses applications au diagnostic et à la clinique [electronic resource]Chapitre 94 sur 133 · SANG · texte numérisé non relu

SANG

cristaux de phospliaLe de chaux en quantité abondante pourra faire supposer que Ton a allaire à une cystite. La présence de cylindres urinifères mêlés à une quantité considérable de pus indiquera l'existence d\me inilammation des tubes du rein; souvent on pourra reconnaître, par l'abondance des, épithéliiuns provenant du vagin ou de l'utérus, que le pus retrouvé clans l'urine a été formé dans les voies génitales. Dans les derniers mois de la grossesse, et parfois même plus tôt, l'urine très-fétide, d'une odeur presque gangréneuse, se mélange aux produits qui proviennent des organes génitaux et laisse déposer au fond du vase de larges caillots verdâtres gélatiniformes, presque exclusivement composés de filaments de fibrine retenant du muco-pus, des cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien et d'oxalate de chaux. Dans tous ces cas, par conséquent, l'examen microscopique précise le diagnostic, mais il doit lui-même être contrôlé par l'ensemble des symptômes étudiés au lit du malade '.

Sang. — La présence du sang, lorsqu'il existe en

■I. Lionel Boale donne un moyen pratique Je tlistinguei" les dépOls purulents de ceux qui sont Ibrmés do phospliales et d'uratcs. Cet essai chimique devra Otre tenté en même temps que l'examen microscopique. 11 nous a toujours donné des résultats très-satisfaisants, et c'est poiJpquoi nous l'indiquons comme moyen de contrôle : on verse le liquide clair qui surnage et l'on prend une légère quantité du dépôt pour le mettre dans un tube à réaction. Si on ajoute alors une quantité de solution de potasse égale à la moitié du volume du dépôt, on observera une de ces trois clioses : lo aucun changement ne se produit, et alors le dépôt consiste entièrement en phosphate; 2" le mélange devient transparent et très-filant ou visqueux, de sorte qu'il ne se laisse plus répandre en gouttes. Dans ce cas, nous pouvons certifier que lo dépôt est composé de pus; 3° la solution do potasse peut rendre le mélange transparent, mais non visqueux, ce qui indique que Vurate de SOUde

MUQUEUSE URINAIKE.

quauLiLé Irès-abondanlc, donne à l'urine une coloraLion rouge caraclérislique. Le dépôt esl lui-même rouge vif dans l'urine alcaline; il peut être brunâtre et communiquer cette couleur à l'urine si celle-ci est de réaction acide. Si la couleur de l'urine est d'un brun roussàtre, cela peut indiquer que le sang vient du rein (abuminurie aigué); si elle est rougeâtre, il est plus probable que le sang provient de la vessie, de la prostate et de l'urèlhre, surtout s'il existe des caillots sanguinolents dans l'urine. Cependant si l'urine est alcaline, la coloration brunâtre peut exister môme dans le cas d'hématurie rénale (L. Beale). Les globules sanguins sont, le plus souvent, déchiquetés, déformés, analogues à ceux que nous avons déjà étudiés el décrits (p. 48): ils sont presque toujours plus petits qu'à l'état normal: quelquefois, au contraire, gonflés par l'absorption, ils deviennent presque sphériques : c'est que les globules sanguins se conservent assez bien dans les urines, lorsque celles-ci sont acides; mais ils ne se conservent pas dans les urines ammoniacales.

Certaines spores peuvent ressembler assez exactement aux globules sanguins pour que des observateurs habiles aient pu se méprendre sur leur nature. En laissant quelque temps séjourner ces éléments dans le dépôt, on voit, par la germination qui s'y manifeste, que l'on a affaire à des cryptogames. II sera plus rapide et plus précis d'examiner le liquide à l'aide du microspectroscope (voy. p. 52).

el d'aminoitiaque entrent pour une forte proportion clans la composition du dépôt.

Si la liqueur de potasse rend le mélange pélatiniforme sans le rendre transparent, il est probable qu'il existe du pus et des phosphates.

GHAISSE.

Nous avons déjà vu que les cristaux crurales pouvaient aussi parfois être confondus avec des globules sanguins (voy. p. 315).

Dans certains cas d'hématurie, surtout à la suite d'une cystite cantharidienne, on trouve dans l'urine des lambeaux pseudo-membraneux qu'il serait aisé, de confondre avec des fragments de muqueuse, et qui ne sont autre chose que des conglomérats de fibrine. L'élude de ces fausses membranes et la réaction caractéristique à l'aide de l'acide acétique éviteront les méprises. D'autres fois, l'urine émise avec des caractères à peu près normaux, se prend bientôt en une masse gélatineuse, trembloUante, dont on peut séparer la fibrine. Celle-ci, qui englobe toujours un certain nombre d'hématies, est blanche, l'iastique, striée ; quelquefois, outre les globules sanguins, elle enserre des corpuscules grisâtres ou jaunâtres, arrondis ou ovoïdes, finement grenus, isolés ou rangés en séries larges de 10 à 100 [j. et dont la nature reste douteuse (Robin). Les cylindres dits cylindres fibriimix (p. 207) sont composés de mucus.

Graisse. — La graisse peut exister dans l'urine, en proportions souvent assez considérables pour communiquer au liquide une teinte opalescente, parfois analogue à celle du lait. Rayer, Gubler, Bail et Chalvel, L. Beale ' ont étudié les urines chyîeuses et indiqué les apparences que présentent, dans l'urine, les molécules adipeuses et la valeur sémeiologique de la chylurie. Le plus souvent, dans les

I. ne l'urine et des dc'piUs urinaircs. p. 'W'}. Voy. iiiissl Robin, Traité des humeurs, 2' éjit.. p. 841.

MUQUEUSE UHINAIKI-:

urines chyleuses, la graisse existe sous iorine de granulations infiniment petites, animées du mouvement brownien et caractérisées par leur solubilité dans l'éther. L'urine de couleur laiteuse, ou rendue opaque par \m dépôt de graisse, redevient k peu près complètement transparente quand on vient à la traiter par l'éther ou le chloroibrme. Qnel que soit l'état pulvérulent sous lequel se présente la graisse dans les urines, on transforme facilement cette matière pulvérulente en gros globules huileux, soit en laissant les urines se décomposer, soit en les traitant par l'acide acétique. Souvent, dans ces circonstances, le dépôt urinaire contient une quantité assez notable de globules sanguins, plus ou moins altérés : parfois aussi le liquide urinaire prend une teinte rosée due à la dissolution de la matière colorante du sang. Tous ces caractères font aisément distinguer les urines chyleuses des urines purulentes. D'autres fois, des globules de graisse, caractérisés par leur forme, letir couleur, leur voliune variable, leur pouvoir réfringent, seront aisément reconnus dans l'urine. Si l'on ne trouve, en même temps que ces globules libres, quelques cellules ou des tubes urinaires infiltrés de molécules adipeuses, il faudra avoir soin de rechercher si la graisse n'a pas été artificiellement mélangée à l'urine. Les sondes enduites de corps gras servent souvent à porter, jusque dans la vessie, et, par conséquent, dans l'urine, des globules huileux dont il sera toujours indispensable de bien connaître la provenance. Parfois aussi il arrive que, accidentellement mêlés à l'urine , du lait , de l'huile, etc., pourraient faire croire à une altération des voies urinaires.

PARASITES

L'hématurie chyleuse ou graisseuse des pays chauds constitue une maladie que Ton a étudiée avec soin dans ces derniers temps (voy. .T. Crevaux, Journal (le l'Anal, cl de la PhysioL, 1875, p. 172). Dans cette afifection la couleur blanche et laiteuse des urines n'est due, comme dans les cas précédents, qu'à la présence de graisse dans un état pulvérulent : on y trouve également des globules rouges et blancs du sang; mais un point que nous devons signaler aux observateurs, c'est la présence d'un helminthe dans les urines chyleuses. On avait d'abord voulu expliquer l'état chyleux des urines par un état semblable du sang; mais toutes les observations s'accordent sur ce fait, que chez les chyluriques on ne trouve jamais le sang laiteux. On est donc porté à voir aujourd'hui dans ce symptôme le résultat d'une lésion rénale produite par la présence de parasites dont la nature n'est pas encore parfaitement connue (voyez plus loin Bilarzhia hœriialohium) .

Outre les globules graisseux, la cholestérine, cristallisant en aiguilles ou bien en plaques rhomboïdales, s'observe quelquefois dans certains dépôts urinaires.

Enfin la graisse, sous forme de granulations ou de globules graisseux, mélangée à des principes cristallins et à des vibrions, sert à former la pellicule désignée sous le nom de kyestéine. (Voy. p. 324.)

Parasites. — Les champignons et les infusoires que l'on rencontre dans l'urine peuvent y être introduits assez longtemps après la miction ou bien y être rencontrés au moment même où l'imne est émise (Ordonez). Les vibrions et les bactéries forment parfois, à la surface de l'uiine, mélangés à des cris-

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