Des différentes espèces de néphrites. Paris, 1S
CYLINDRES URINIFF.RES.
el les réactions de ces cylindres hyalins ont une grande importance clinique, il importe de ne point les confondre avec les cylindres pâles, granuleux, à bords diffus, que Ton rencontre souvent dans les urines normales et qui paraissent formés par des conglomérats de mucus. Ces amas de mucus que nous avons déjà étudiés (p. 312). ont été décrits par Cornil sous le nom de cylindres mvqueux. Les ci/lindres fibrineux, signalés par plusieurs micrograplies, n'en diffèrent que fort peu (p. 207).
Dans un cas (H. Eichîiorst, 1874) on a observé une quantité de cylindres fibrineux de longueur inusitée : ils avaient jusqu'à deux lignes de long; à l'oeil nu ils apparaissaient sous forme d'innombrables flocons pareils à ceux qu'on obtiendrait en raclant la surface d'une étoffe de laine.
Les débris épithéliaux, le mucus ou les cylindres urinifères s'observent dans l'urine sous forme de dépôts nuageux, nageant au milieu du liquide; quelquefois ils sont assez abondants pour s'accumuler au fond du vase et y former un résidu blanchâtre, opalescent, analogue à ceux qui sont ordinairement composés de pus, ou de sédiments minéraux. L'albumine coagulée, qui constitue parfois, surtout après addition d'acide azotique, la plus grande partie des ces sédiments, se reconnaît à son apparence lamelleuse, chagrinée ; elle n'est pas modi' fiée par l'acide acétique.
Outre les résidus épithéliaux que nous venons de signaler, l'urine renferme parfois des débris provenant de la vessie ou des voies urinaires atteintes de dégénérescence cancéreuse. C'est ainsi que L. Beale a pu reconnaître au milieu d'une masse gélatini-
MUQUEUSE UHINAIHE.
forme expulsée avec l'urine des anses capillaires entourées de cellules dites cancéreuses. Il i'aul signaler cependant l'analogie de formes qui existe entre les cellules épithéliales de la muqueuse vésicale et les cellules cancéreuses proprement dites. Isolés, ces éléments n'ont donc aucune valeur au point de vue du diagnostic. La présence d'une substance fondamentale unissante, d'anses capillaires, les traces manifestes de la prolifération de ces éléments cellulaires, leur volume, etc., devront être pris en sérieuse considération.
Pus, sang, graisse, parasites, etc.
Pus. — Le pus que l'on rencontre assez fréquemment dans les dépôts urinaires se reconnaît, à l'examen microscopique, en traitant la préparation par quelques gouttes d'acide acétique. Dans l'urine, d'ailleurs, les globules de pus sont généralement gonflés de liquide et laissent apparaître un ou plusieurs noyaux; mais dans les urines ammoniacales les globules purulents se transforment plus ou moins rapidement en une masse mucoso-gélalineuse. Il serait important de pouvoir toujours déclarer quelle est la région de l'appareil uro-génital qui a donné naissance aux globules purulents que l'on rencontre dans l'urine. Mallieureusement, il est rare que l'examen microscopique puisse éclairer complètement le diagnostic et permette de distinguer le pus d'une blennorrhagie de celui d'un abcès de l'urèthi-e, par exemple. La présence de cellules épilhéliales provenant de la vessie, remplies de noyaux et renfermant parfois des globules de pus, l'existence de