RÉCIT DE QUELQUES GUÉRISONS ARRIVÉES PENDANT LES ANNÉES DERNIÈRES
Pour satisfaire la piété et fortifier la foi de ceux qui croient, comme pour convaincre ceux qui n’ont pas ce bonheur, nous consacrons ce dernier chapitre au récit de certaines guérisons merveilleuses, qui peuvent être attestées par une foule de témoins :
1.—En 1874, arrivait à Sainte-Anne une petite fille de Lévis, qui, depuis vingt et un mois, souffrait de plaies qui lui couvraieut tout le corps. Elle ne pouvait reposer que sur des draps enduits d’une épaisse couche de saindoux, et telles étaient ses douleurs et sa faiblesse, qu’à peine pouvait-elle soulever hors du lit sa tête et ses mains. Quand la mère parla d'aller en pèlerinage avec son enfant, on lui dit qu’elle perdait la tête, et qu’elle ne ramènerait qu’un cadavre. Mais sa foi demeura inébranlable et sainte Anne l'en a récompensée. Le jour même que la petite malade fut transportée dans l’église, elle éprouv un mieux sensible,
Tous les jours, sa guérison fit des progrès rapides, et maintenant une chair nouvelle re-
couvre les larges plaies dont son corps était criblé,
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2.—Le 98 juillet 1874, une fille de vingthuit ans, nommée Flore Brulotte, de Saint- Joseph de Lévis, se rendait en pèlerinage à Sainte-Anne de Beaupré pour être guérie d'une maladie que les médecins déclaraient incurable, une pulmorie très-avancée, accompagnée d’une extinction de voix à peu près complète.
Pendant la nuit qui suivit son arrivée, elle toussa d'une manière si déchirante et si continue, que les Sœurs de la Charité, chez qui elle logeait, regardaient comme impossible qu’elle fût capable de se rendre à l’église le lendemain matin. Cependant, la foi et le courage lui donnant des forces, elle put se lever et aller entendre la sainte messe. Elle eut aussi le bonheur de s'approcher de la sainte table et de recevoir le Dieu de tout secours. Au moment où le Saint des Saints descendait dans son cœur, elle éprouva, ainsi qu’elle le racontait ensuite, une sensation tout à fait extraordinaire ; il lui sembla, selon ses paroles, que quelque chose se dilatait dans sa poitrine.
Aussitôt elle respira à pleins poumons, et elle recouvra la voix pour chanter les louanges de la Bonne Sainte Anne. Elle a continué jusqu’à aujourd'hui, 1879, à jouir d’une excellente santé .
3.— Vers le milieu de 1873, un jeune homme résidant à Hartford, Etats-Unis, vint en pèlerinage à Sainte-Anne du Nord, et fit au euré le récit suiwant ;
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Vous Voyez devant vous un homme qui arrive d’un grand voyage, puisqu'il a été à la porte de l'éternité. Les fièvres typhoïdes ont fait dans mon être un tel ravage qu’elles m'ont réduit en quelques jours à la dernière extrémité. Mon état devint tel que mon médecin et tous ceux qui me voyaient n’attendaient plus que la mort pour moi. Ma bonne mère, qui m'aime tendrement, ne pouvant supporter l'idée d’une séparation, se mit à demander à Dieu, par l’intercession de sainte Anne, mon rappel à la vie. Elle pria avec tant de ferveur et de confiance, en union avec tous nos autres parents, qu'elle attira les regards de sainte Anne sur moi, et que celle-ci obtint ce que les moyens humains étaient impuissants à produire: une complète guérison. L'assistance du Ciel fut si prompte que je n’eus pas de convalescence et que je passai de l'extrême danger à la santé.
4.— Une jeune femme fut, un jour, prise d’un chancre. En peu de temps la maladie fit de tels progrès, que les médecins ordonnèrent l’amputation. L'opération parut avoir détruit le mal, mais après quelque temps il reparut de nouveau.
La malade, plaçant toute sa confiance &# la Bonne Sainte Anne, promet de faire un pèlerinage au sanctuaire de Beaupré si elle obtient sa guérison. De ce jour, la maladie diminua
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graduellement, et lorsque, le 48 juillet 4876, la malade fit le pèlerinage promis, cile était eomplétement guérie,.
5.—Le 30 septembre 1874, nous avons été nous-même témoin d'une guérison des plus extraordinaires.
Une jeune fille de Sainte-Croix, du nom de Caroïine Lemay, incapable de marcher depuis plusieurs années, était arrivée à Sainte-Anne la veille. Etendue sur un lit et presque incapable de se remuer, décharnée comme un squelette, nous entendîmes plusieurs personnes s’entre-dire: «La Bonne Sainte Anne aura une rude tâche à faire demain, si elle veut que cette malade se serve des habits qu’elle a apportés avec elle.» Certaine, en effet, de sa guérison, tant sa foi était grande, cette courageuse fille avait apporté elle tous les habillements nécessaires - etourner.
Le lendemain, ellesef asporter à l’église, entendit la première messe qui fut dite par le Révérend M. Bochet. M. le curé Blouin la fit communier, lui fit vénérer la relique, et immédiatement elle éprouva un mieux considérable, Je commençai ensuite la seconde messe, et après l'élévation elle sortit de son lit. Lorsque la messe fut terminée, elle fit plusieurs fois le tour de l'église, mangea et but comme une personne qui vient de prendre un excellent
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exercice. Quelques jours plus tard, elle était assez forte pour parcourir à pied le long quai auquel accoste le bateau.
Nous pourrions prolonger, presque à l'infini, le récit des guérisons merveilleuses obtenues par l’intercession de sainte Anne ; mais nous croyons que ces faits suflisent amplement pour démontrer sa puissance et sou amour. Que notre confiance en elle soit donc sans bornes comme sa puissance ! Que notre vénération égale son amour pour nous! Favorisons, autant que nous en sommes capables, le culte de celle que l’on appelle avec tant de croit, la consolatrice des affligés, le trésor de toutes les graces, la santé des malades et le refuge des pécheurs. Recourons, chaque fois que nous sommes dans quelque circonstance difficile, à l’intercession de sainte Anne, patronne de notre province. Les hommages que nous lui rendrons ne peuvent manquer d’être agréables à Jésus et à Marie.
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Nous avons cru devoir donner une liste de tous les prêtres qui, comme missionnaires, curés, desservants, on vicaires, ont, jusqu’à aujourd’hui, exercé le saint ministère dans la paroisse de Sainte-Anne de Beaupré. La vie de plusieurs d’entre eux est si intimement liée au pèlerinage, leurs noms ont si souvent occasion d’être rappelés, que nous avons cru intéresser en donnant, avec quelques détails biographiques, une liste complète de ces hommes qui ont travaillé à faire connaître et aimer la Bonne Sainte Anne,
Deux autres listes, l’une faisant connaître les reliques du maître-autel de l’église de Sainte- Anne, et l’autre le sujet des tableaux donnés à différentes époques, suivies du règlement des évêques pour régulariser les pèlerinages, termineront ces notes historiques.
N. B.—La plupart des détails biographiques que nous donnons ont été puisés dans le Réperloire du Clergé, par l'abbé Tanguay.
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Liste des Missionnaires, Curés, Desservants et Vicaires de Saiate-Anne de Beaupré, depuis le commencement de la paroisse jusqu'à nos jours.
1657.—Le R. P. Axpré RicHauo, S. J.
Arrivé à Québec en 1635, il se rendit l’année suivante à Sainte-Anne du Cap-Breton. En 1643, il fit la mission de l'ile de Miscou, et faillit trouver la mort dans ce voyage. fl repassa en France en 1662, revint au Canada en 1669, et se rendit à la résidence des Trois-Rivières, dont il devint supérieur en 1674, Il décéda le 15 décembre 1696.
1661.—Le R. P. FRANÇOIS LEMERCIER, S. J.
Il fat occupé aux missions huronnes depuis 1635, date de son arrivée au Canada, jusqu’à 1653. De 1656 à 1670, il fut supérieur des missions. Il laissa Québec en 1685 pour les Antilles, où il est mort.
De 1660 à 1684.—M. François Morez, prêtre du Séminaire de Québec.
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Ce fut lui qui commença la construction de la deuxième église, à l'endroit même où est aujourd'hui la chapelle des processions. Ilest mort le 23 novembre 1687, à l’âge de cinquante et un ans, et a été inhumé danse la basilique de Québec, dont il était un des chanoines.
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sn ÉD De 1669 à 1670.—M. NICOLAS GOBLET.
Arrivé au Canada en août 1668, il repassa eu France le 6 octobre 1680.
De 1670 à 4679.—M. Ficcow, prêtre du Séminaire de Québec, et natif du diocèse d’Autun, en Bourgogne.
Ce digne prêtre termina, en 1676, la construction de la deuxième église, commencée par M. Morel. Il se noya le 6 juillet 1679, à l’âge de cinquante ans, en revenant en canot de la Baie Saint-Paul. L'embarcation qu'il montait avec plusieurs personnes ayant chaviré, il se mit à opérer le sauvetage de ses compagnens de voyage. Comme il cunduisait le dernier passager à terre, une lame le jeta avec violence sur les roches et lui donna la mort. Son corps fut retrouvé par une fille de la Petite-Rivière, du nom de Bouchard. Elle le garda enseveli dans un cercüeil d’écorce de bouleau, planta une croix auprès, et, quelques jours plus tard, le transporta des Caps à Sainte-Anne, en le laissant flotter à la remorque de son canot. Le 13 juillet au soir, elle arriva à Sainte-Anne, et le corps de M. Fillon fut inhumé le jour même avec une superbe croix d’or, dit la tradition. La fille Bouchard entra plus tard chez lies Sœurs de la Congrégation, à Montréal, et porta en religion le nom de Sœur Saint-Paul).
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