AUX PÈLERINS
DE
Pieux serviteurs de Marie, c’est à vous que nous adressons ce petit Manuel, pour entretenir et développer encore, s’il est possible, votre dévotion pour la plus tendre des mères.
Vous aimez déjà à vous presser aux pieds de Notre-Dame de Bon- Secours. Des traditions de famille, l’ardeur et la simplicité de votre foi, et surtout l'expérience que vous avez faite si souvent des bontés de Marie, vous attachaient à ce pieux sanctuaire. Les détails mieux connus de son histoire, et les circonstances du rétablissement de ce dévot pèlerinage, serviront de nouvel aliment à votre ferveur.
Ce petit Manuel aura.deux parties: l’une, purement historique, sera consacrée à raconter l'origine et les différentes constructions de cette chapelle. Nous recueillerons les souvenirs, nous interrogerons les annales de notre pays, nous suivrons d'âge en âge les témoignages de la vivacité de la foi de nos pères, et les monumens de leur
tendre piété envers la Mère de Dieu; L'autre vous offrira des pratiques de piété, et des prières tirées d’auteurs bien connus. Vous y trouverez surtout les règles et les priviléges de la Confrérie de Notre-Dame Auxiliatrice ou de Bon- Secours, érigée maintenant dans ce pieux sanctuaire.
Venez donc, dévots Pèlerins, venez aux pieds de l’image de Marie, offrir à votre bonne Mèreun juste tribut d'amour et de confiance. Ames ferventes, cœurs brûlans d'amour pour Dieu, venez chercher près d’elle un nouvel aliment à vos saintes ardeurs. Vous n’approcherez jamais des autels de Marie, vous ne lui rendrez jamais le plus petit hommage sans sentir augmenter en vous ce feu sacré. T'u nec nominaris, quin accendas. (S. Bern.)
Vous qui êtes faibles et languissans dans la vertu, venez répandre votre âme et découvrir vos infirmités devant cette Mère aimable. Elle fera fondre la glace de votre cœur, elle vous aidera non plus à vous trainer dans la voie du service de Dieu, mais à courir avec une sainte ardeur à la conquête du ciel.
Venez surtout, cœurs malades, vous qui avez de grands égaremens à déplorer, vous qui avez marché bien loin peut-être dans les voies de l’iniquité, vous qui portez de lourdes chaînes dont
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vous sentez le poids, sans avoir le‘courage de les rompre; venez donc aux pieds de la Vierge puissante; venez trouver la Mère de grâce, et celle que nous appelons si souvent la santé des infirmes; venez à Notre-Dame de Bon- Secours. Elle vous aidera à briser vos liens, à mettre un appareil sur vos plaies, et à vous plonger dans le bain salutaire où vous retrouverez tout à la fois et votre beauté première, et la robe d’innocence qui en relevait l'éclat.
Qui que vous soyez, quelque soient votre âge, votre position, vos besoins, venez exposer à Notre- Dame de Bon- Secours vos désirs et vos craintes, vos faiblesses et vos misères. Ne craignez pas de trop demander; cette bonne Mère a les mains pleines de grâces, et elle aime à les répandre. Son plus ardent désir, comme sa plus douce jouissance, est de trouver des cœurs prêts à les recevoir. Ouvrez donc votre âme à la confiance; Marie est le secours des chrétiens! Il n’est rien que vous ne puissiez vous flatter d'obtenir par son intercession.
Souvenez-vous, près de son autel, de tout ce qui vous est cher au monde. Parens chrétiens, priez pour vos enfans, épouses pour vos époux, enfans pour vos parens. Vous ne pouvez pas oublier que Marie fut la plus sainte des filles de
Juda, la plus pure des Vierges, la plus heureuse et la plus parfaite des mères, la plus accomplie des épouses, la plus humble et la plus douce des créatures.
Ne sortez pas du sanctuaire de Notre-Dame de Bon-Secours, sans réclamer ses bénédictions pour ceux que la lumière de la foi n’a point encore éclairés de ses rayons bienfaisans; pour nos frères séparés qui trop souvent blasphèment ce qu'ils ignorent; pour les œuvres de charité et de zèle, qui font la gloire et qui feront le salut de ce pays. Vous demanderez pour tous vos concitoyens des jours heureux et sereins, l'éloignement des fléaux du ciel, et cette vivacité de foi qui fut de tout temps leur caractère.
Surtout ne vous oubliez pas vous-même, ni les intérêts de votre âme qui à elle seule vaut plus que tout l’univers. Que votre sollicitude et votre prière se portent vers les biens qui doivent durer au-delà des siècles, de préférence à ceux qui ne sont que d’un jour. Ah! que ce petit pèlerinage vous rappelle quand vous le ferez, cet autre pèlerinage qui s’ouvrit pour vous avec la carrière de la vie! Chaque jour, chaque instant vous y fait faire un pas vers le terme, et vous rapproche de ce sanctuaire éternel, où vous trouverez après les fatigues et les combats de la route, les joies et le repos inaltérable de l'éternité.
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