‹ Manuel du pèlerin de Notre-Dame de Bon-Secours, à Montréal [microforme]Chapitre 13 sur 50 · SECOND JOUR · texte numérisé non relu

SECOND JOUR

La N'ativité de la très- Sainte Vierge.

CONSIDÉRATION

La naissance de Marie fut un sujet d’allégresse pour l'univers, où cette sainte enfant apparaissait

comme la brillante aurore du Soleil de justice, qui allait se lever sur la terre. Douée d’une raison parfaite dès le premier instant de son existence, cette Vierge fidèle se hâte de correspondre aux desseins du Seigneur, et de faire valoir les dons précieux dont le Ciel l’a déjà comblée. Dieu l'appelle sans cesse à une union plus intime, et Marie ’a d'autre désir que de s’unir toujours plus étroitement à son Dieu. C’est là toute son étude; jamais on ne vit une profusion plus magnifique de grâces et de faveurs accordées à une créature; jamais aussi une créature n’apporta tant de fidélité à suivre l’impulsion de la grâce. Quel trésor de mérites avait donc amassé cette Vierge auguste, à cet âge où les enfans ordinaires comprennent à peine l'obligation d'en acquérir.

Quand j’ai commencé à connaître Dieu, ai-je comme Marie commencé à lui être fidèle? Que de grâces j'ai reçues du Ciel dans mon enfance, dans ma jeunesse et tous les jours de ma vie, jusqu’à cet instant! Quel usage en ai-je fait? Comment ai-je reconnu les bienfaits du Seigneur? Combien de fois ce Dieu de bonté ne m’a-t-il pas appelé, touché, pressé, poursuivi...! et combien de temps ne l'ai-je pas repoussé, méprisé, insulté.…! Etait-ce donc ainsi que je devais répondre aux invitations et aux poursuites d’un Dieu qui s’a-

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baissait jusqu'à rechercher mes hommages, et à me demander mon amour? Mais que ferai-je désormais? Dans ce moment encore des voix opposées se font entendre; celle de Dieu, qui ne veut me gagner à lui que pour m'’enrichir de ses dons, et me faire participer à son bonheur; celle du monde, qui ne se fait entendre qw@ pour me séduire; celle de la passion, qui ne peut que me rendre coupable et m’avilir; celle du démon, qui a juré ma perte. Ecouterai-je ces voix perfides, et oserai-je mépriser encore la voix d’un Dieu d'amour qui aurait pu:se venger de mes infidélités, et qui m'offre le pardon?

Résolution. Je me tiendrai en la présence de Dieu.

Bouquet spirituel. Cœur de Marie, vraie image du cœur de Jésus, faites que je vous imite,

PRIÈRE

O Marie! je veux imiter votre correspondance à la grâce. Dès cet instant je veux me montrer docile à la voix de mon Dieu; je veux fermer l'oreille aux suggestions du monde et du démon, pour écouter ce que votre Fils me dira au fond du cœur; ses volontés et ses ordres seront désormais ma règle et ma loi. Parlez, Seigneur; votre serviteur écoute. Demandez-vous, ô mon

Dieu! le sacrifice de cette passion, de ce plaisir, de cet amusement, de cette vie oisive et inutile, de cette fréquentation dangereuse, de cette liaison qui me perd, de cet attachement qui me rend coupable et malheureux? Eh bien! Seigneur, je l'immole à vos pieds. Oui, j’offre volontiers cet holocauste au pied des autels de Marie. Cette tendre Mère remplacera dans mon cœur ce que je vous sacrifie. Recevez de ses mains mon offrande et mon hommage, et ne refusez à votre Mère aucune des grâces qu’elle vous demandera pour moi, comme prix de mon sacrifice. Ainsi soit-il.

HISTOIRE

Secours obtenus par la dévotion du Scapulaire.—Lorsque Louis XIII faisait le siége de Montpellier, un des soldats de son armée dut son salut à son scapulaire. Il était sur la brêche et montait à l’assaut avec intrépidité; mais un coup de mousquet parti du rempart l’atteignit à la poitrine. La balle après avoir percé ses habits s’applatit sur son scapulaire, et s'arrêta sans lui faire aucun mal. L'armée entière connut bientôt le fait de cette protection si signalée, et Louis XIII, témoin lui-même du prodige, s'empressa de se revêtir de cet instrument de salut.

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Un jeune homme livré à tous les excès des plus horribles désordres, se sentit un jour poussé par un mouvement intérieur et entra en passant dans une église consacrée à la Ste. Vierge. Il fut alors tourmenté par les plus violens remords de conscience. Malgré son affreux désespoir, il avait un désir vague de se confesser. Un prêtre qui se trouvait là, et qui crut découvrir les combats qui se livraïient dans cette âme infortunée, alla à lui, et lui demanda s’il voulait se confesser, ‘# Volontiers, dit le jeune homme; mais puis-je jamais devenir l’objet des miséricordes de Diet après une vie aussi criminelle? Je ne comprends même pas comment je suis ici, et comment j'ai consenti à vous découvrir mon cœur.”—# Vous aurez fait peut-être quelque prière; vous aurez offert quelque sacrifice à la Ste. Vierge et imploré l’assistance de cette Mère de bonté? ”—" Oh! mon Père, répliqua-t-il, il y a longtemps que j'ai abandonné tout cela Je me croyais déjà en enfer. De ma religion, voici tout ce qui me reste,” et portant la main sur sa poitrine, il montra son scapulaire. “ Vous m’expliquez tout, mon fils, lui dit le prêtre; ne voyez-vous pas que la Ste. Vierge vous a obtenu votre conversion.” A ces mots le jeune homme fond en larmes et pousse des sanglots. Il revint à Dieu avec sin- El

cérité, et il ne cessa de publier partout la gran: deur des miséricordes de Dieu, et le miracle de grâce qu’il devait à la protection de Marie.

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