HUITIÈME JOUR
La sainte Mort de Marie.
CONSIDÉRATION
Marie touche au terme de son exil; l’amour va briser les liens qui la retenaient sur la terre, et
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la porter dans le sein de son Bien-Aimé. Le privilége de ne point mourir eût dû, ce semble, être le partage de la Mère d’un Dieu; mais depuis que Jésus, l’auteur de la vie, s’est volontairement soumis à la mort, il n’y a plus d’opprobre, il n’y a que dela gloire à mourir. Je me la représente au moment de son bienheureux trépas; elle meurt libre de craintes, exempte de regrets, et consumée d'amour. En effet, qu’aurait-elle qui pût la troubler? Sa longue carrière? Mais tous les instans en ont été consacrés au Seigneur. Les grâces qu'elle a reçues du Ciel? Mais en tombant dans une âme «i bien préparée, elles ont toutes rapporté le centuple. Saconscience? Mais jamais elle ne fut souillée de la faute la plus légère. Les pensées de son esprit et les affections de son cœur? Mais elles n’ont jamais eu d’autre objet que ses devoirs, sa perfection et son Dieu. Les approches du jugement qu'elle va subir au sortir de la vie? Mais elle l'appelle de tous ses vœux; ce jugement va la couvrir de gloire, et son Juge n’aura pour elle que des caresses et des récompenses. Des regrets? Marie n’en peut avoir. Ne possédant rien sur la terre, elle n’a rien à quitter. Jésus seul avait obtenu toutes les affections de son cœur, aucun lien ne la retenait en ce monde. Elle se sépare des Apôtres et des Disciples de son