‹ Manuel du pèlerin de Notre-Dame de Bon-Secours, à Montréal [microforme]Chapitre 3 sur 50 · COR ARS LT · texte numérisé non relu

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La Sœur Bourgeois s’occupa en même temps de remplir ses promesses, et d'élever à la gloire de Marie un monument durable. Elle n'eut pas de peine à faire entrer dans ses vues la ville entière, où Marie comptait autant de serviteurs fidèles qu’il s’y trouvait d’habitans.

Le 30 Juin 1673, la première pierre de cette nouvelle chapelle de Votre- Dame de Bon- Secours, était bénite avec solennité par M. Souart, Supérieur du Séminaire, au milieu d’un concours général de tous les habitans de l'ile. La Sœur Bourgeois se mit alors à l’œuvre. Elle recueillait les aumônes et dirigeait le travail. Elle et ses filles, malgré leur pauvreté, voulurent y contribuer pour une somme de 2,400 livres, et se charger de la décoration intérieure. Les habitans concoururent généreusement; ceux-ci lui donnaient de l'argent, ceux-là des matériaux, et d’autres des corvées. Chacun voulait avoir sa part dans cette belle entreprise, et, pour ainsi dire, apporter sa pierre à ce religieux monument. Cependant, les circonstances difficiles de cette époque orageuse, ne permirent pas d’activer le travail autant que l’aurait voulu la piété. (Ce ne fut que le 25 Août 1675, qu’eut lieu la bénédiction solennelle de cette église, la première qui ait été bâtie en pierre dans l’île de Montréal. La

fête de l’Assomption de la Très-Sainte Vierge l avait été choisie pour la fête patronale.

| La dévotion des peuples commença dès lors à les conduire en plus grand nombre au béni sanc- | tuaire, pour y vénérar le sacré dépôt qu’il ren- | | fermait. C’étaient de pieux pèlerinages comll mandés par la reconnaissance envers la Reine des Cieux, ou inspirés par le désir de quelques grâces qu’on sollicitait de sa puissante protection. Mais, pour donner à ces élans de la piété des fidèles une sorte de consécration publique, et faciliter les moyens de l’entretenir par des pratiques sclennelles, la Sœur Bourgeois, qui ne cherchait en tout que la plus grande gloire de Dieuet ! le bien des âmes, céda à la fabrique de la Paroisse M ph

de Montréal la propriété du nouvel édifice dou- 4% n* blement vénérable et par sa destination religieuse pl et par le miraculeux trésor dont il était déposi- ce taire. | pe La fabrique de la paroisse accepta cette offre ! avec reconnaissance, et pour en laisser un monu- À le ment authentique, elle accorda aux filles de la N D | Congrégation, par acte du 17 Janvier 1700, la 4 ré | sépulture gratuite dans l’église paroissiale, et le ! | libre usage de la chapelle de l’Enfant-Jésus pour # de assister aux offices divins. Les MM. du Sémi- # ©!

naire, déjà chargés de l'administration spirituelle

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de la ville, mais n’écoutant que ce zèle qui les distingua toujours pour les intérêts de la Ste. Vierge, acceptèrent avec empressement ce surcroît de travail, si bien en harmonie avec les sentimens de leurs cœurs. Ils commencèrent alors des exercices réguliers dans cette chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours. (Chaque jour un prêtre y allait dire la messe, et quand revenait une des belles fêtes de Marie, la pompe des solennités, l’éclat des décorations amenaient aux pieds de son autel une foule toujours plus compacte, plus confiante et plus heureuse. Il devint le terme des processions publiques, et, dans les temps d’alarmes et de calamités, les fidèles y accouraient plus que jamais, comme à un refuge assuré. Il n’était pas rare, sur le déclin du jour, de voir les plus fervens diriger modestement leurs pas vers ce lieu chéri, et y faire avec dévotion leurs petits, mais fréquens pèlerinages.

Bientôt, et dans les campagnes voisines et dans les contrées plus lointaines, le nom de Votre- Dame de Bon-Secours fut entendu avec bonheur, répété avec amour et invoqué avec confiance.

Dans les dangers des voyages, dans les chances de la fortune, les hazards des entreprises difficiles, ou les douleurs de la maladie, on lui adressait des vœux, on lui faisait des offrandes.

Cette chapelle devait être vraiment l'asile de Bon- Secours pour les Religieuses de l’'Hôtel-Dieu, à l’époque d’un grand désastre et d’une profonde désolation. En 1734, un incendie dévora de fond en comble leur couvent et l'hôpital. Elles furent réduites à se placer dans une maison près de Bon- Secours, et la chapelle leur servit d'église, de salle des malades et bientôt de tombeau pour plusieurs d’entre elles. Une maladie épidémique s'était introduite dans l'hôpital provisoire, et ces zélées servantes des malades, qui ne reculent jamais devant le danger quand elles voient des douleurs à soulager, tombèrent en grand nombre frappées par le fléau. Onze d’entre elles périrent dans ce pieux exercice de la charité. Elles furent ensevelies dans l’église de Bon- Secours.

Il est permis de croire que la piété des fidèles ne se soutint pas avec assez de constance, et que le refroidissement des cœurs provoqua de la part de Dieu, un de ces fléaux qu’on a toujours raison de regarder comme un terrible châtiment de la part du ciel. Un horrible incendie détruisit, en 1754, une partie de la ville de Montréal. L'église de Bon- Secours ettouteslesmaisons environnantes envahies par l'élément destructeur, devinrent la proie des flammes, et n’offrirent plus bientôt qu’un triste amas de ruines. Les secours n’avaient pas

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été assez prompts pour détourner ce malheur, et lon ne put pénétrer dans l'église pour sauver ce qu’elle avait de précieux. Mais grand fut l’étonnement de tout le monde, et grande la consolation des âmes vertueuses, quand, en fouillant dans les ruines, on retrouva au milieu des décombres et des cendres, l’image vénérée de Notre-Dame de Bon- Secours, dans un état parfait de conservation.

D’autres fléaux, la disette et la guerre, pesaient alors sur le pays, et devaient y laisser, bien des années encore, de tristes traces de leurs ravages, Nous ne doutons pas qu’il ne faille leur attribuer l’état d'abandon dans lequel on laissa ces ruines. Il était difficile de penser à les relever, dans l’état d'inquiétude et de malaise qui suivit la conquête. Le pays avait souffert, et, malgré les garanties de liberté que les vainqueurs avaient données à la religion, on ne jouissait encore que d’une demisécurité; mais à la nouvelle que le Gouverneur du Canada se proposait de s'emparer du terrain de l’église de Bon-Secours, comme d’un terrain désormais inutile et abandonné, on eût dit que les habitans se réveillaient d’un profond sommeil. Ils résolurent de rendre à leur piété un monument si cher à leurs aïeux, et devenu si souvent pour eux-mêmes, aux jours de leur enfance, la source des plus douces et des plus abondantes

consolations. Cette détermination fut prise dans une assemblée de paroisse du 23 Juin 1771, et les choses furent poussées avec tant de vigueur, que le 30 du même mois vit poser solennellement la première pierre du nouvel édifice. La cérémonie se fit avec toute la pompe et la magnificence possible. Le concours fut immense, et une procession solennelle conduisit toute la paroisse au lieu consacré déjà par tant d’hommages à la Reine du ciel, sur lequel allait s'élever encore un nouveau monument à sa gloire.

La première pierre fut placée au milieu du rond-point du sanctuaire par M. Etienne Mongolfier, Supérieur du Séminaire. Elle portait cette inscription:

et Beate Marie Auxiliatrici sub titulo Assumptionis.

C'est-à-dire: Au Dieu très bon et très grand, et à la bienheureuse Marie Auxiliatrice, sous le titre de l’Assomption.

D’autres pierres furent placées aux autres angles par le Curé d'office, par les marguilliers et les personnes les plus distinguées de la ville.

L'édifice commença aussitôt; c'est celui qui existe encore aujourd’hui, La date de 1772,

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celui qui de 1772,

qu’on lit sur la façade, annonce la fin des travaux extérieurs; mais ce ne fut que le 30 Juin 1773, qu’elle fut en état d’être ouverte aux fidèles, et qu’on en fit la bénédiction solennelle,

La fabrique de la paroisse éleva en 1784-85, le grand corps de logis adjacent à l'église, et dont le troisième étage, de niveau avec le chœur, forme la sacristie, Dans le côté de ce bâtiment qui regarde le fleuve, on voit encore un enfoncement pratiqué dans un des trumeaux, où la piété enversla Sainte Viereg avait fait placer un tableau, que les ravages du temps ont détruit. Cette image invitait les nombreux navigateurs qui voyagent sur notre grand fleuve à invoquer avec confiance, au milieu de leurs courses lointaines et de leurs continuels dangers, celle que l’Eglise appelle et qui est à tant de titres l'étoile de la mer.

Voici les dimensions de la chapelle. La nef a 70 pieds de long sur 46 de large, et le chœur 32 sur 30. Le fond du chœur n’est pas circulaire, mais polygonal. Le maïtre-autel, un peu détaché du mur, est surmonté du riche baldaquin qui ornait le grand autel de l’ancienne église paroissiale, et qu’on y transporta en 1830. On admire avec raison dans cette chapelle un fort beau bénitier en pierre du pays. Sa forme gracieuse, et

son travail remarquable sont dus à l’habile ciseau d’un des ouvriers de cette ville.

L’extér'eur de ce petit sanctuaire est très modeste. Perdue, pour ainsi dire, au milieu des riches constructions modernes qui s’élèvent sans cesse dans notre cité, cette vénérable relique du passé nous reporte à l’époque encore assez voisine de nous, où Montréal était loin de ce degré de développementet de splendeur, que nousadmirons aujourd’hui. Ce contraste est une lecon pour la piété: il lui apprend que le vain éclat des beautés extérieures n’est qu’un accessoire dans les œuvres de Dieu. Un Maria en relief, avec l'inscription Maria, auxilium christianorum ; Marie, secours des chrétiens, forme tout l’ornement de cette façade à pignon. Elle est surmontée par un petit clocher à deux lanternes recouvert en fer-blanc comme l’église. L'état de son reflet métallique se projette au loin sur le fleuve, et en fixant les yeux des passagers, il semble leur indiquer comme un lumineux fanal, le rivage de la céleste patrie, le port du salut et du repos.

Une position pittoresque vient ajouter aux charmes de ce monument, si riche en souvenirs et si plein d'intérêt. Assis sur une côte élevée que le St. Laurent baigne de ses eaux, il voit ce

le ciseau

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aste fleuve se dérouler majestueusement à ses

pieds.

Dans l'hiver de 1831, la chapelle de Notre- Dame de Bon- Secours fut dépouillée de son plus précieux trésor. Une main sacrilége osa dérober à la piété, la statue qu’elle vénérait là depuis plus de 160 ans. Elle disparut; et jusqu'ici, tous les efforts tentés pour se mettre sur la voie d’une si

Loupable spoliation, sont demeurés sans résultat. Le Seigneur a-t-il voulu venger l’honneur de

1Marie que tant de chrétiens insultent par leurs

fblasphèmes, et déshonorent par leur conduite? Ou

bien aurait-il voulu punir l'indifférence et la tiédeur de tant d’âmes indolentes qui ne savaient pas profiter des richesses que le ciel avait mises entre leurs mains? Quelqu’aient été les secrets

1 desseins de la Providence, tous les dévots servi-

teurs de Marie ont vivement senti leur malheur, et gémissent encore de cette perte irréparable. Une circonstance qui fera époque dans l’his-

Atoire, et qui laissera dans notre pays de tristes 4 mais aussi de glorieux souvenirs, semble avoir dété ménagée, par la bonté du Seigneur, pour Aréveiller la piété des peuples envers Notre. Dame à de Bon- Secours, et remettre en honneur son pèle-

rinage négligé.

L’émigration irlandaise à laquelle nous étions B

accoutumés depuis bien des années, prit tout-àcoup, en 1847, des proportions gigantesques. Ce n'était plus seulement 20 ou 24,000 personnes qui venaient demander à notre patrie asile et protection, mais près de 100 mille infortunés que la famine et la peste chassaient de leurs foyers, et jetaient sans ressources sur un sol qui n’était pas préparé à les recevoir. Un grand nombre d’entre eux ne purent soutenir les fatigues d’un si long trajet que de honteuses spéculations rendaient plus pénible encore. Ils succombèrent, avant d’avoir pu toucher au port hospitalier.

Presque tous les autres portaient dans leur sein, en abordant à nos rivages, le germe de la confagion, ou si le principe de la vie restait encore intact en quelques-uns, ce n’était plus qu’une existence usée par tous les genres de privations et de misères. Les hôpitaux temporaires élevés à la hâte pour recueillir les malades, furent bientôt tellement encombrés que l'épidémie prit un caractère effrayant en multipliant les victimes. Nous parlons surtout des scènes lamentables qui se passaient à la porte de notre ville, et jusque | sur nos quais. NE ri

RS ÉÉELELELELELE

A la nouvelle du triste état de tant de malheu- | Sé reux, des prêtres dont lezèle égalait la sainteaudace |

accoururent sur la brèche, et là, postés en face de

it tout-à- } | la mort, luttant contre elle et prêts à recevoir ses ques. Ce | | coups, ils sauvaient du moins ses victimes pour Jersonnes une existence meilleure, en attendant qu’ils sucasile et combassent eux-mêmes, au sein de leur triomphe. unés que Cette gloire était réservée à plusieurs (*). Ils foyers, et recueillaient en succombant la double palme qui ’était pas fit toujours palpiter les cœurs apostoliques, celle re d’entre du martyre et de la charité.

n si long Mgr. Bourget, évêque de Montréal, marcha rendaient lui-même à la tête de ses prêtres, sur ce théâtre vant d’a- d’abnégation sacerdotale et de catholique dévoue-

ment.

ans leur La religion avait encore à remporter sur ce rme de la | champ d’honneur, un autre triomphe bien glorieux ait encore | pour elle. Elle allait, en mettant sous leurs yeux

8 qu’une ce qu’elle inspire d’héroïsme et de charité au sexe privations | le plus délicat et aux âmes en apparence les plus es élevés faibles, se venger de tant de calomnies et d’inent bien- jures prodiguées de tout temps à la vie religieuse, e prit un par les esprits aveugles ou les cœurs pervers. victimes. er mean rere sac See SR RE ables qui (*) 8 prêtres moururent à Montréal, victimes de leur t jusque | zèle: M. H. Hudon, Vicaire-général; MM. John Richard, | Pierre Richard, René Caroff, Patrick Morgan, prêtres du | Séminaire; M. Rey, prêtre de l’Evêché; M. Thomas Col- | gan, curé de St. André. M. Etienne Gottofrey, prêtre du | Séminaire, périt à la même époque par une chute déplon face de rable, en volant aux secours des malades.

> malheuteaudace

Les religieuses des 3 communautés consacrées dans notre ville au soulagement des infirmités 1 humaines, s’offrirent spontanément pour braver la 4 maladie et la mort, en leur disputant leurs vic- | times. La contagion ne tarda pas à entrer dans 4

les rangs de ce bataillon sacré: mais loin de re- 4 |

culer, il semblait grandir en courage, quand il voyait se multiplier ses pertes. Une sainte ému- 4 lation de vertu fesait briguer l'honneur de venir # remplacer les victimes, et les rangs étaient tou- 1 jours remplis, sans laisser paraître leurs vides. | Montréal n’oubliera jamais le touchant spectacle ! offert par ces âmes généreuses, qu’on voyait | chaque jour traverser nos rues, pour voler au | martyre, avec plus de véritable joie que le monde # n’en vit jamais dans ses partisans, pour aller à ses { fêtes ou courir à ses spectacles.

Les victimes furent nombreuses: 71 religieuses 1 furent frappées par la contagion, et 13 succombèrent. À

La maladie, concentrée d’abord au milieu des À; émigrants, franchit bientôt les limites où l’on ! s’efforçait de la captiver, et la ville se vit mena- | cée elle-même d’être envahie. On comptait déjà 4. quelques victimes. La consternation gagna peu | à peu de proche en proche, et l'alarme devint générale.

utés consacrées

s LA Ë < e Q des infirmités { de sages conseils en face de besoins si pressants.

& pour braver la f En pasteur plein de sollicitude pour tout ce qui

tant leurs vic- 1

s à entrer dans { vêque de Montréal, que la maladie tenait alors

mais loin de re- # enchaîné aussi sur un lit de douleur, adressa à

urage, quand il Jne sainte ému-

chant spectacle

pour voler au

ie que le monde

pour aller à ses

et 13 succom-

au milieu des

’alarme devint

13 Août 1847.

nneur de venir #

gs étaient tou- |

re leurs vides. {tombés de ia main paternelle du Seigneur, Sa

1 Grandeur indiquait un moyen efficace pour les , qu'on voyait

ville et de tout le diocèse le fléau menaçant.

{vénérable Prélat, dans le pieux élan de son gé- : 71 religieuses !

Ï1 fallait des consolations à tant de douleurs, et

peut affliger ou menacer son troupeau, Mgr. l’E-

| ses diocésains la lettre pastorale si touchante du Après avoir mis sous leurs

| yeux, les puissants motifs que la foi nous présente { pour supporter les châtimens et les épreuves,

sanctifier et même les conjurer entièrement. Elle:

recommandait aux fidèles de se mettre sous la

| protection de la Ste. Vierge, afin d’éloigner de la Le.

inéreux dévouement pour ses ouailles, et de sa

{tendre confiance en la Mère de Dieu, fit alors le 1vœu public et solennel qu’il est juste de mettre dici de nouveau sous les yeux des fidèles, pour en imites où l’on | e se vit mena- | comptait déjà f ment à vos pieds, pour vous protester, dans la ion gagna peu |

perpétuer le souvenir:

O Divine Marie, je me prosterne humble-

‘ sincérité de mon âme, que je suis le dernier de

{‘ vos serviteurs, et que je ne mérite pas même

‘ de porter ce glorieux nom, vous ayant été jus- Bl

‘“ qu'ici si peu fidèle, et n’ayant jamais rien fait ‘ qui fût digne de vous.

“ Toutefois reconnaissant que vous êtes une ‘“ Mère pleine de bonté, et que vous aimez à “ faire du bien à ceux qui sont les plus pauvres ‘et les plus misérables, je vous conjure, avec ‘ toute la confiance que m’inspire la pensée de ‘6 votre cœur de Mère, de faire cesser la calamité ‘“ qui règne dans le clergé et les communautés de ‘“ ce diocèse; et de préserver de cette funeste ‘ contagion tout le peuple confié à mes soins.

‘ Je confesse humblement que nous méritons “ tous d’être traités avec la dernière rigueur, à ‘ cause de nos péchés et de notre impénitence. ‘ Mais souvenez-vous que le plus sûr moyen de ‘6 faire éclater votre grande miséricorde, est de ‘“ nous obtenir le pardon de nos innombrables ini- ‘“ quités. Je compte tellement sur la grâce que ‘ je réclame en ce moment de votre bonté, que je ‘“ m'engage, pour vous en témoigner toute ma ‘ reconnaissance, à travailler, de toutes mes ‘ forces et tout le reste de ma vie, à vous faire ‘ connaître, aimer et servir dans tout ce diocèse, ‘ qui est à vous d’une manière si spéciale, et ‘ pour lequel vous avez déjà tant fait, comme ‘ preuve de la protection si visible que vous “ voulez hien lui accorder.

à Le

ais rien fait

us êtes une us aimez à lus pauvres onjure, avec la pensée de r la calamité munautés de cette funeste nus Soins.

Jus inéritons re rigueur, à impénitence.

ûr moyen de orde, est de mbrables inila grâce que bonté, que Je er toute ma toutes mes à vous faire t ce diocèse, spéciale, et fait, comme

e que vous

‘ Je m'engage particulièrement et par vœu, à ‘ faire tous mes efforts pour rétablir le pieux ‘ pèlerinage de Notre-Dame de Bon-Secours, qui, ‘ par le malheur des temps, n’est plus ce qu’il fut ‘ autrefois. Je sais que de tout temps vous avez ‘ aimé à être appelée dans cette ville le Secours ‘ des Chrétiens: Auxilium Christianorum. C'est “ce qu’attestent les prodiges que vous avez ‘ daigné opérer dans cette vénérable chapelle ‘ que vous bâtirent nos pères.

“ Ils y allaient, ces religieux ancêtres, avec ‘ une piété tendre qui leur méritait votre protec- “tion. Hélas! nous avons beaucoup dégénéré “ de cette dévotion qui les attachait à votre ser- ‘“ vice, et l’église, qu’ils fréquentaient avec tant “ de ferveur, est devenue comme déserte par notre ‘ coupable indifférence. C’est pour cela, sans ‘ doute, que nous avons mérité de perdre cette “ célèbre image qui faisait le plus bel ornement ‘“ de votre sanctuaire.

‘ Voulant réparer cette négligence qui a dû ‘ afliger votre bon cœur, je prends l’engagement ‘ de m’employer de mon mieux à établir, dans le ‘Jeu que vous voudrez bien vous-même choisir, “ce que j'ai vû avec tant d’édification dans 66 l’ancien monde, c’est-à-dire, le concours conti= “ nuel de pieux fidèles visitant un lieu consacré

‘ à votre honneur. Là vous recevrez les hom- ‘“ mages des pieux pèlerins, et vous présiderez à ‘ toutes les affaires temporelles qui se feront sous “ vos yeux. Vous les bénirez afin qu’il ne se ‘“ commette aucune injustice, et que le riche ‘ partage avec le pauvre les biens de ce monde. ‘ À la place de cette Image Sainte que nos “ pères vénérèrent avec tant de respect, et qui, “ en punition de notre indévotion, a disparu de ‘ votre temple, daignez recevoir la Statue de ‘ bronze doré, que j'ai fait faire à Paris, et qui ‘ a été solennellement bénite à l’autel de l’Archi- “ confrérie, dans l’église qui vous ‘est dédiée « sous le titre de Votre- Dame des Victoires.

‘ Sous une inspiration, qui évidemment venait de vous, j'ai fait graver sur le piédestal “ cette dévote invocation que vous adresse “ l'Eglise : ORA PRO POPULO, INTER- « VENI PRO CLERO ; et qui est, en ce triste ‘ moment, le cri de notre douleur et l’élan de ‘“ notre cœur pour obtenir votre secours dans ‘ notre pressant besoin.

‘ Cette Image attestera à la postérité la plus ‘ reculée, que vous étiez vraiment notre Mère. ‘ Pour que cette insigne faveur ne s’efface jamais # du souvenir des habitans de cette ville et de ce “ diocèse, je vous promets d’exposer, dans ce

rez les homprésiderez à > feront sous qu'il ne se ue le riche e ce monde.

ite que nos pect, et qui, , disparu de Statue de Paris, et qui | de l’'Archi- ‘est dédiée ictoires.

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ité la plus otre Mère.

ace jamais Ile et de ce , dans ce

‘ Sanctuaire où vous avez établi votre demeure, ‘ en ex voto, un tableau représentant le Typhus ‘“ cherchant à entrer en cette ville, mais arrêté à “ Ja porte par votre puissante protection.

‘ C’est à la face de tout ce pays, et en pré- ‘ sence de nos frères séparés qui, hélas! ne con- ‘“ naissent pas combien vous êtes bonne et puis- ‘t sante, que je prends cet engagement. Il y va ‘“ donc de votre honneur et de votre gloire à ‘ exaucer ce vœu si solennel. C’est vraiment une ‘ occasion bien favorable de prouver qu'on ne ‘6 vous invoque jamais en vain.

O Sainte Marie, secourez vos enfans mal- ‘“ heureux : aidez ceux qui sont faibles : ré- ‘ chauffez ceux qui sont tièdes dans le service de ‘“ Dieu: priez pour le peuple, employez-vous ‘ pour le clergé: intercédez pour les commu- ‘ nautés consacrées à votre divin Fils. Que tous ‘“ ceux qui vous honorent par leur confiance éprou- ‘ vent les heureux effets de votre secours. Que “ s'il faut encore au Dieu qui nous frappe, de “ nouvelles victimes, conjurez-le d'accepter l’of- “ frande que je lui fais de tout moi-même. Mais “ de grâce qu’il épargne son peuple. Parce, ‘ Domine, populo tuo.

‘ Fait et passé à Ville-Marie, le treize Août, mil huit cent quarante-sept.”

Cet acte héroïque d’immolation pour son troupeau, et ce sentiment de confiance filiale dans la Mère de Dieu ont été compris. Des vœux ardents adressés au ciel, surtout dans l’église de Bon- Secours, ont conservé encore à son diocèse le Prélat bien-aimé. Des dons généreux, réunis à | l’obole du pauvre, ont donné les moyens de restaurer tout l’intérieur de la chapelle pour recevoir dignement la nouvelle Statue! A cette occasion la fête patronale a été transférée au 24 de Mai, jour où l’Eglise célèbre la fête de Notre- Dame Auxiliatrice désormais fête titulaire de l'Eglise, et la Confrérie de Notre-Dame Auxi-

liatrice a été érigée canoniquement au même lieu, par un Mandement de Mgr. l’'Evêque d2 Montréal du 1° Mai 1848.

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