‹ Manuel du pharmacienChapitre 117 sur 266 · OXIDE DE POTASSIUM · texte numérisé non relu

OXIDE DE POTASSIUM

Potasse, pierre à cautère ^ potasse à C alcool, hydrate de proîoxide de potassium.

On appelie potasse un sel qu’on trouve dans le commerce , et qui provient de la lixiviation des cendres de bois , plantes , etc. Mais ce produit , nommé improprement est une combinaison de cet oxide en ex-

cès avec de l’acide carbonique , par conséquent un souscarbonate de potasse mêlé de différens sels. [F oyez souscarbonate de potasse.)

C’est M. Berthollet qui le premier a donné un procédé pour obtenir la potasse à l’état de pureté. On opère de la manière suivante.

On prend parties égales de potasse du commerce (i) et de chaux vive délitée. On met ces deux substances dans une bassine de, fer , et on y ajoute 8 ou lofois autant d’eau que le poids tolal. On fait bouillir pendant 2 ou 5 heures i on laisse déposer, et on examine si la potasse est entièrement décarbonatée. Si elle est à l’état d’oxide seuîemenl; , elle ne précipite pas l’eau de chaux , effet qui a lieu si la liqueur contient encore de l’acide carbonique. Si elle en contient^ il faut faire bouillir de nouveau le liquide avec une petite quantité de chaux , qu’on y àjouie en plus. Quand la liqueur ne précipite plus l’pau de chaux ^ on filtre le plus vite possible, on lave le résidu à l’eau bouillante jusqu’à ce que l’eau qui

(i) Il vaut mieux traiter te sous-carbonate de potasse , qu’on obtient en décomposant le tartrate acide de potasse parle nitrate de la mêmç base.

en sort soit insipide. On réunit toutes les liqueurs , et on évapore le plus vivement possible jusqu’à ce que la liqueur soit à peu près réduite au poids de la potasse employée. On laisse refroidir jusqu’au lendemain, en ayant soin de Lien couvrir la capsule. On trouve sur les parois du vase des cristaux (i) , on décante les parties liquides, et on fait évaporer à siccilé; on fond ensuite la matière dan»* un creuset; on chauffe fortement. Dès qu’elle est bien en fusion , on la coule sur une plaque de marbre qu’on a soin d’huiler légèrement , et qui a ensuite été essuyée avec du papier joseph. Lorsque la potasse est assez refroidie pour qu’on puisse la toucher sans se brûler , on la casse en morceaux, on l’introduit dans un flacon de verre bien sec , et qu’on bouche avec soin.

Ce produit ainsi obtenu est la pierre à cautère (2). Quelquefois , pour s’en servir plus commodément , on réduit cette pierre en petits bâtons ou cylindres. A cet effet, au lieu de couler la potasse fondue sur une table de marbre , on la coule dans un moule de métal nommé lingotière , où elle prend la forme cylindrique. On a soin d’avance de faire chauffer la lingotière , et d’an huiler légèrement les parois intérieures.

La potasse ainsi obtenue est assez pure pour être employée à divers usages pharmaceutiques; mais elle ne le serait pas assez pour des opérations analytiques, puis-

(1) Ces cristaux sont des sels, qui sont mêlés à la potasse, et qui varient selon la potasse qu^on a employée.

(2) 11 est souvent inutile de se servir de creuset pour obtenir la potasse caustique. On peut l’amener dans le vase évaporatoire au point de fusion nécessaire pour la couler.

qu’elle conlient encore des sels dépotasse , sulfates, hydrochlorates , etc. 11 faut alors lui faire subir une nouvelle purification.

On prend la potasse caustique en plaques , pierre à cautère, ou mieux encore la potasse qui n’a pas été fondue dans un creuset pour l’avoir solide , et qui a une consistance sirupeuse. On verse dessus de l’alcool à 56*^ quatre fois autant qu’il y a de potasse; on agite avec une spatule d’argent , pour opérer la division de la masse. Lorsque le mélange est bien intime, on cOuIe le tout dans un vase de verre de forme cylindrique , on remue plusieurs fois pendant le jour, pour faciliter la dissolution de la potasse. Quand on croit que la dissolution est opérée, on laisse en repos. Si l’on examine la liqueur, on voit qu’elle se partage en trois couches bien distinctes. La première , rouge et la plus légère , est l’alcool tenant la potasse dissoute ; la seconde , liquide , aqueuse , contient de la potasse et des sels en solution ; enfin une troisième couche , formée de corps solides , est composée de sels insolubles dans l’alcool , qui , ne trouvant pas assez d’eau pour se dissoudre , se sont précipités au fond du vase. On décante avec précaution au moyen d’un siphon la couche liquide alcoolique , et l’on cesse de faire agir le siphon lorsqu’on est près d’atteindre la couche aqueuse. On ajoute une nouvelle quantité d’alcool à la place de celui qu’on a enlevé, on agite de nouveau pendant la journée, enfin on décante. Le lendemain, on réunit les deux liqueurs , on les introduit dans une cornue de verre munie d’une alonge et d’un ballon. On place la cornue sur un triangle , et on procède a la dis-

tination , en ayant soin de bien rafraîchir le ballon. Quand on a recueilli les deux tiers de l’alcool employé , on verse le reste du liquidé de la cornue dans une bassine d’argent , et on fait évaporer. Le liquide se recouvre d’une pellicule ayant une apparence huileuse: on l’enlève \au moyen d’une cuiller d’argent. Lorsque la matière est chauffée presqu’au rouge , on la coule en plaques minces sur un marbre ou daos une bassine d’argent très-sèche. Lorsqu’elle est soîiditiée , on la concasse, et on l’enferme dans des flacons bien bouchés,

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