‹ Manuel du pharmacienChapitre 118 sur 266 · THÉORIE DE CES OPÉRATIONS · texte numérisé non relu

THÉORIE DE CES OPÉRATIONS

La potasse du commerce étant, comme nous l’avons di t, un sous-carbonate de potasse mêlé de différens sels, on la traite par la chaux pour lui enlever l’acide carbonique , avec lequel cette dernière se combine , et forme un carbonate de chaux insoluble. On obtient l’oxide de potassium débarrassé de l’acide carbonique ; mais comme la potasse du commerce est toujours mêlée de sels, tels que le murîate , le sulfate de potasse , ^c. , ces sels restent dissous, et se trouvent réunis à l’oxide de potassium dans pierre à cautère : c’est pour les séparer de celle-ci qu’on la traite par l’alcool. L’oxide de potassium étant soluble dans l’alcool , tandis que les sels ne le sont pas , elle se trouve séparée de ceux-ci , qui restent soit dans le liquide aqueux, soit non dissous dans ce liquide.

La potasse préparée à l’alcool retient , malgré la chaleur qu’on lui a fait subir , une certaine quantité d’eau. C’est un hydrate d’oxide de potassium. D’après M. Berzelius , le protoxide de potassium contient 20,409 d’oxigène sur 100 de métal. MM. Gay-Lussac et Thénard ont

MANUEL

trouvé qu’il était formé de 100 de métai et de 19,926 d’oxigène.

Les caractères de cet oxide sont d’être d’une couleur LIanchâtre, d’une saveur âcre, caustique, urineuse. Exposé à l’air , il en attire l’humidité , et se réduit en un liquide, qui a un toucher onctueux et détruit l’épiderme.

La dissolution de cet oxide à l’état de pureté précipite par le muriate de platine en jaune ; elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi , verdit le sirop de violettes, brunit le papier de curcuma. Cet oxide est un poison , contre lequel on peut donner avec succès les boissons acidulées.

Page 1