DU POTASSIUM
La partie de notre ouvrage qui traite des métaux ne faisait pas mention du potassium ; cependant, d’après de nouvelles expériences publiées par M. Thénard , le potassium étant employé dans l’analyse chimique , nous avons cru /que la description du procédé par lequel
(1) L'es liqueurs alcalines doivent être filtrées sur des tissus de fil; les tissus de laine seraient détruits et saponifiés.
(2) Le pharmacien doit , autant que possible , quand il introduit un liquide dans un flacon bouché en verre, prendre la précaution d’es-juyer et l’ouverture du flacon et le boijction.
DU IMIAUMACIEN. , 4?^
on peut Pobtenir ne serait pas sans intérêt. Ce procédé est dû à MM. Gay-Lussac et Thénard.
On prend un canon de fusil , on le nettoie intérieurement, en le frottant avec du grès et de Teau ^ le rinçant ensuite avec de l’eau, et le faisant sécher; puis on le fait rougir successivement en G et en B , pour le recourber^ comme on le voit planche 6 , figure i. On recouvre ce canon ainsi courbé depuis la partie B jusqu’en G d’une couche d’un demi-pouce de lut fait avec 5 parties de sable ^ i partie de terre à potier et une demipartie de crottin de cheval. On lute bien exactement , et on laisse sécher à l’ombre le canon ainsi îuté. Si au bout de quelques jours le lut se fendillait , on remplirait les gerçures avec une nouvelle quantité de la même matière.
Le canon étant lulé et le lut sec, on remplit la capacité du tube depuis B jusqu’en G d’une tournure de fer bien sèche et bien nette. On place ensuite ce tube dans un fourneau à réverbère; on lui donne la position indiquée par le modèle (voyez figure 2). On assujettit le tube au moyen de briques et de lut. Après cela on introduit des fragmens dépotasse à l’alcool depuis B jusqu’à A , et l’on adapte d’une part à rextrémîié supérieure A un tube de verre M , qu’on fait plonger dans du mercure. On dispose pour l’extrémité inférieure un récipient de cuivre formé de 2 parties G H , qui entrent l’une dans l’autre à frottement. Ge récipient , placé sur un support L ^ peut être adapté à volonté à l’extrémité du canon D. A son ouverture H est adapté uu bouchon portant un tube de verre recourbé L Enfin on fait rendre la tuyère
d’un bon soofilet dans le cendrier par la porte E , qu’oo bouche ensLiife avec des morceaux de brique et du lui. On apprête une grille deniEc) lindrique N j pour la placer à volonté sur la partie A B du canon , alin qu’elle puisse l’envelopper inférieurement et latéralement , et qu’elle soit distante du tube d’environ un pouce.
L’appareil ainsi disposé , toutes les fissures bien bouchées , les luts bien secs , on met dans le fourneau une petite quantité de charbon allumé, de manière à le chauffer doucement. On augmente successivement la chaleur, on verse par la cheminée alternativement du charbon froid et du charbon incandescent jusqu’à ce que le fourneau en soit plein ; on met un linge mouillé sur la partie B du lobe , de peur que la potasse ne se fonde. On fait agir le soufflet lentement pendant quelques instans ; on augmente ensuite le courant d’air ; lorsque la flamme dé|MSse le dôme du fourneau* Aussitôt que le canon du fusil est rouge blanc , ce qu’on peut apercevoir par le tube placé à la partie du canon A , on enlève le linge moniilé , et on dispose la grille , qu’il faut garnir de charbons incandescens en assez grande quantité pour entourer le tube. On commence par fondre l’bydrate de potassium qui se trouve à la partie B du canoDf, et on va successivement de B à A. Dès ce moment il faut avoir la précaution de faire entrer par la partie du canon D une tringle de fer garnie de papier joseph , afin de dessécher l’extrémité du tube , et d’enlever quelque peu d’eau qui provient de l’hydrate de potasse, qui estvolatb lise par la chaleur. Cette dessiccation étant faite, onadapte alors le récipient de cuivre GH. On continue de chauffer
fortement le tube et Fhydrate de potassium. Cet hydrate venant à se fondre , coule à la partie la plus basse du tube occupée par la tournure de fer, s’y décompose, et donne lieu à deux produits dilTérens. Le premier, ré-' sultant delà décomposition de l’oxide de potassium par le fer, est du potassium , qui se volatilise , et va se condenser à la partie du canon, d’où il coule dans le récipient G H ; le deuxième est l’hydrogène résultant de la décomposition de l’eau de l’hydrate par le fer.
Les signes auxquels on reconnaît que l’opération va bien , sont : i® le dégagement de gaz , qui doit être ra~ pide , sans qu’il y ait dégagement de vapeurs épaisses par le tube de verre L
Si au milieu de l’opération le dégagement de gaz venait à cesser en I , ou à se faire en M , ces accidens peuvent être dus ,dans le premier cas , à la fusion dutube , si le feu avait été trop fort et le canon mal luié; dans le second , à ce que le feu aurait été trop faible. Le protoxide de potassium passe alors sur la tournure de fer sans se décomposer, et obstrue le canon. Il faut augmenter la chaleur, chauffer la partie du tube D, pour la dégager du protoxide de potassium qui l’obstrue. Si l’on ne parvenait pas à désobstruer cette partie du tube , il faudrait arrêter l’opération.
Quand l’opération est finie, on laisse refroidir l’appareil , après avoir bouché avec du lut les tubes Met L On ouvre le récipient G H , oùl’on trouve le potassium , qu’on retire, et qu’on enferme dans un vaSe contenant de l’huile de pétrole distillée. On doit ensuite recher-
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cher avec une tringle s’il n’y a pas de potassium con^ densé à îa partie D du canon.
100 parties d’hydrate d’oxide de potassium ne donnent pas 2 5 de métal. La quantité varie et dépend toujours de la manière dont l’opération a été conduite , et des précautions qu’on a prises pour la réussite.
On prépare le sodium par le même procédé ; cependant il est plus difficile de l’obtenir. Le de^ré de chaleur doit être plus élevé. M. Thénard recommande d’ajouter à la soude (à l’alcool) destinée à être convertie en sodium un ou deux centièmes de potasse : ce mélange facilite singulièrement la réduction, il est vrai qu’on obtient un alliage de potassium et de sodium; mais il est facile de séparer le potassium, qui n’y existe qu’en petite quantité. Pour cela on réduit l’alliage obtenu (sodium et potassium) en plaques minces , qu’on met dans l’huile de naphle. On renouvelle l’air du vase, le potassium seul se brûle dans l’espace de quelques jours ^ et le sodium reste à l’état de pureté.
Le potassium et le sodium diffèrent des autres métaux par leur pesanteur et leur ductilité. Iis sont mous , et se coupent comme de îa cire. Jetés dans l’eau, ils brûlent avec flamme , et donnent lieu à des oxides de potassium et de sodium.
DES MOYENS A EMPLOYER POUR RECONNAÎTRE ET DISTINGUER LE SODIUM DU POTASSIUM.
On prend séparément une petite quantité de chacun de cesdeuxjiiétaux, on les meten contact dans des verres à
expérience avec une très-petite quantité d’eau distillée. Ces métaux se décomposent avec flamme ,et laissent une dissolution d’oxide de potassium et de sodium, qu’il est facile de reconnaître. La première précipite en jaune par le muriate de platine , forme avec l’acide acétique un sel déliquescent; la deuxième ne précipite pas, et donne un sel qui n’attire pas sensiblement riiumldité de l’air.
OXIDE DE STRONTIUM. STRONTIANE.*
L’oxide de strontium s’obtient de la même manière que l’oxide de barium. [F ojez ce mot,)
On distiiiorue l’oxide de barium de l’oxide de stron-
iD
tium en réduisant ces deux oxides en nitrates , el mettant une petite quantité de ces sels en poudre flans de l’alcool, faisant brûler ce véhicule. L’alcool qui iientlè nitrate de baryte brûle avec une flamme jaune; celui qui tient le nitrate de strontiane brûle avec une flamme pourpre.