ACIDE SULFUREUX
On désigne sous ce nom une combinaison du soufre avec l’oxigène dans les proportions de loo de soufre et de 99,44 d’oxigène.'(Berzeiius.)
La nature de cet acide, qui avait été recherchée par Slahi dès le xvi® siècle, ne fut Lien connue qu’en 1 774* Les travaux de Lavoisier apprirent alors que cet acide était un composé de soufre et d’oxigène, et qu’il ne diflérait
(le l’acide sulfurique qub par une moindre proportion d’oxigène.
MM. Prieslley, Berthollet, Fourcroy , Gay-Lussac, Berzeiius , Vauquelin l’examinèrent successivement , ainsi que ses combinaisons. Aujourd’hui cet acide est un des mieux connus. '
Il s’obtient de la manière suivante.
On prend une grande fiole à médecine ou mieux un matras. On y introduit 2 25 parties de mercure métallique et 575 d’acide sulfurique à 66®. On place ce matras sur une grille ou sur un bain de sable; on y adapte un tube de Welter , qui va plonger dans un flacon à deux tubulures contenant une petite quantité d’eau destinée à laver le gaz. A la seconde tubulure du flacon on adapte un tube de sûreté à double courbure, qui se rend dans le premier flacon rempli d’eau à moitié. Ce flacon peut être suivi de plusieurs autres, selon les quantités d’acidequ’on veut obtenir, et celles du métal et d’acide sulfurique qu’on emploie. L’appareil étant disposé , on ferme toutes les jointures avec du lut fait avec la farine de graine de lin ^ et la colle de pâte. Quand le lut est bien sec, on chauffe doucement d’abord, et on augmente graduellement le feu sous le matras.
L’acide sulfurique se décompose , cède une partie de son oxigène au mercure , passe à l’état d’acide sulfureux , se dégage , arrive dans le premier flacon , où il se lave d’abord , et où il se dissout en partie. (L’eau de ce premier flacon, quoique chargée d’acide sulfureux, sert toujours au lavage) . L’acide, ainsi lavé, va se dissoudre dans les flacons suivons qui composent l’appareil. Quand
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l’eau de ces flacons est saturée de gaz , et qu’elle re fuse d’en dissoudre de nouvelles quantités , on démonte l’appareil. On enlève l’acide, qu’on introduit dans un flacon bouché à l’émeri , et qu’on place dans un endroit dont la température est peu élevée. Si l’on veut se procurer l’acide sulfureux à l’état de gaz , on doit employer un appareil consistant en un matras suivi d’un flacon de lavage auquel est adapté un tube a recueillir les gaz. L’extrémité de ce tube doit plonger dans une cloche pleine d’eau.
fX: acide sulfureux peut aussi s’obtenir en employant , au lieu de mercure , de la sciure de bois , du charbon , des matières organiques , en se servant du meme appareil. Mais l’emploi du mercure est préférable , parce qu’il ne donne pas lieu , comme les substances que nous venons de nommer , à des produits qui altèrent la pu- ' reté de l’acide. En outre le résidu salin provenant de la première opération , le sulfate de mercure est employé par le pharmacien à la préparation des chlorures demer- . cures , du turbilh minéral , etc.
On obtient encore l’acide sulfureux én faisant brûler du soufre , et en dirigeant sur lui un courant d’air pour entretenir la combustion.
C’est ainsi qu’on prépare le gaz acide sulfureux , qu’on emploie au blanchiment des laines , des soies , celui destiné au traitement de la’ gale, et qu’on donne sous les noms de bains on fumigations sulfureuses. Le mode d’administration de ce procédé gazeux est si simple , que tous les pharmaciens pourraient administrer ces fumi-
gaiîoDS. Toute l’opération consiste à faire brûler dans une boîte construit^ exprès une certaine quantité de soufi-e , qui passe à l’état d’acide suîfureaix , èt qui est en partie absorbée par le malade qu’on expose à l’action de cette vapeur acide , en ayant soin de lui tenir la tête hors de la boîte. MM. Darcet et Gales ont porté dans la construction des boîtes destinées à cet usage toute la perfection qu’on peut désirer dans un semblable apparéiî. ( V oyez J ommal de pharmacie j 1818, page' 110.) D’après des résultats certains , on a reconnu que 1,000 grammes de soufre produisaient par leur combustion 690 litres de gaz acide sulfureux , qui peuvent être condensés dans 19 litres d’eau. ■
Cette solution peut servir au traitement de la gale, au blanchîment des chapeaux de paille , etc. , etc.
L’acide sulfureux gazeux est permanent , invisible , d’une pesanteur spécifique de 2,204. (Thénard. ) lia une odeur piquante qui est bien connue ; elle est semblable à celle qu’on ressent lorsqu’on enflamme le soufre qui se trouve placé aux extrémités dés petits fragmens de bois qu’on nomme allumettes. Ce gaz détruit les couleurs bleues végétales, excite l’éternuement, resserre la poitrine, sulToque les animaux qui le respirent. Exposé à une forte chaleur, il ne se décompése pas. Séparé au moyen de cldorure du chaux de l’eau qu’il entraîne avec lui , il se liquéfie par le simple refroidissement, causé par le mélange dé deux parties de glace 'et d’une partie de sel marin. Ainsi obtenu, il est incolore , limpide , jouissant de la propriété d’entrer en
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ébullition h io° au-dessus de zéro. Versé sur la main, il se volatilise complètement en produisant un froid des plus vifs.
M» Bussy J qui fit la découverte de la propriété qu’a cet acide anhydre de se volatiliser, eut l’heureuse idée d’examiner quel était le degré de froid produit par la vaporisation de cet acide; il reconnut que ce degré était tel, qu’il pouvait déterminer presque instantanément la congélation du mercure. L’acide sulfureux dissous dans i’eau lui communique ses propriétés. Cette solution détruit les couleurs bleues végétales , a une saveur qui est celle du gaz sulfureux, une odeur d’allumettes, etc. Cet acide est employé , comme nous l’avons déjà dit , au traitement des maladies cutanées, au mutage des sucs , sirops , vins ; uni aux bases , il forme des sulfites.
Les accidens qui arrivent lorscyu’on respire le gaz acide sulfureux peuvent être en parliefcalmés par l’ammoniaque , qui doit être respiré^, mais avec précaution. On peut aussi, dans le même cas, prendre à l’intérieur 5 à 6 gouttes de cet alcali dans un verre d’eau sucjée. Dans plusieurs cas , nous avons vu ce remède réussir parfaitement, et soulager de suite le malade (i).
(i) Dans les fabriques d’acide sidlj^rique , on se trouve quelquefois exposé à respirer ce gaz de manière à en être fortement indisposé.
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