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RECONNAÎTRE

L’acide citrique est quelquefois mêlé à un autre acide végétal de moindre valeur (l’acide tartrique). Cette supercherie est facile à reconnaître i® par l’examen des cristaux , qui sont plus alongés , moins blancs ; 2® par l’essai de la solution préparée avec cet acide par Thydrochlorate de potasse. Si l’acide citrique est pur, il ne laisse point précipiter de cristaux lorsqu’on le mêle à cette solution , effet qui a lieu presque instantanément , si la solution contient de l’acide tartrique.

L’acido citrique est employé en pharmacie pour préparer la potion de Rivière , la limonade sèche , les pastilles d’acide citrique, etc., etc.

Cet acide, étendu d’eau, a une saveur agréable. Concentré, il agirait comme poison sur l’économie animale , et déterminerait des accidens très-graves. Les secours à donner dans un cas d’empoisonnement par l’acide citrique sont, les liqueurs alcalines légères, la magnésie, l’eau chargée d’une grande quantité d’albumine (1).

(i) La société de pharmacie de Paris , sur le rapport de la commissioî des prix , composée de MM. Boudet, Chevallier, Fée, Laugier,

Cet acide a été employé anciennement dans lé traitement des maladies vénériennes.

Il est composé en poids de 35,81 de carllone.

,859 oxigène.

6,335 hydrogène.

ou bien de

4i>4o de carbone.

54,96 oxigène. (Berzelius.)

3,64 hydrogène. J

L’acide citrique contient de l’eau de cristallisation qui , suivant les auteurs , est de 1 7 pour 100.

ACIDE GAELIQUE.

Les chimistes connaissaient depuis long-temp§ la propriété qu’avaient divers végétaux de précipiter les sels de fer en noir. Ils attribuaient ces phénomène* à \e\iv propriété astringente» Macquer^ Lewis, Gartheaser ^ Géoanetti , avaient fait des expériences dans le

I ( Gay - Lussac et j Thénard. )

et Virey, a proposé pour 1826 un prix consistant en une médaille d’or de la valeur de 5oo francs pour le meilleur mémoire en réponse aux questions suivantes :

1" Trouver des méthodes analytiques pour séparer les divers acides qui peuvent se trouver réunis dans les végétaux ;

2” Rechercher l’acide citrique dans les fruits de notre sol autres que le citron ;

3” Déterminer si cet acide peut en être ex^ait avec avantage pour les arts ef la pharmacie ;

4° S’assurer si l’on ne pourrait pas produire et fabriquer cet acide en grand par un procédé purement chimique.

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Lut de rechercher quelle était la manière d’agir des substances astringentes sur les dissolutions de fer; mais ces expériences ne les conduisirent h aucun résultat Lien marqué. En 1772, les Académiciens de Dijon adoptèrent l’idée que ces phénomènes étaient dus à un acide; ils reconnurent son acidité , sa solubilité dans l’eau, l’alcool , l’éther ; son action sur le fer et sur quelques oxides métalliques; mais cependant ils ne donnèrent pas de moyen pour obtenir cet acide à l’étai de pureté afin d’en reconnaître les propriétés. C’est Schéele qui le premier découvrit cet acide , et qui publia en 1 780 un procédé pour l’obtenir à l’état cristallisé. Ce procédé consiste à réduire en poudre grossière une partie de noix de galle (1), à verser dessus six parties d’eau trèspure , et à laisser macérer pendant i5 jours à une température de 20®, à filtrer au bout de ce temps, et à mettre la liqueur fd trée dans un grand vase de terre ou* de verre , à l’exposer à l’air pour déterminer une évapb- ' ration lente.' Le liquide, au bout de quelque temps , se recouvre d’une couche de moisissure , qui prend de plus en plus de la consistance ; cette liqueur se trouble , . et laisse déposer une grande quantité d’une matière muqueuse sous forme de flocons; elle devient sensiblement moins astringente au goût, tout en prenant une saveur plus acide. Après deux ou trois mois d’exposition à l’air, les parois du vase se recouvrent, ainsi que la pellicule , d’une croûte mêlée de cristaux grenus , bril-

(i) Quelques auteurs recommandent l’emploi de la galle noire :1a blanche peut être employée avec autant d’avantage. ( A. Ch. )

lans, d'un gris jaunâtre. On décante l’eau, et on verse sur le dépôt, la pellicule et la croûte, de l’alcool à 36®. On fait chauffer, l’alcool dissout l’acide galliqtie et une certaine quantité de matière colorante ; sans loucher à la matière mucilagineuse. On évapore la dissolution alcoolique , qui laisse déposer l’acide galüque sous forme de petits cristaux grenus , hrülans , d’un gris légèrement jaunâtre ; on les sépare du liquide. M. Braconnot a donné un moyen plus simple de purifier cet acide. On prend ces cristaux, on les dissout dans l’eau , on ajoute uii' 10® de charbon animal; on fait bouillir le tout, on jette sur le filtre. On obtient de l’acide gallique , qui se précipite par refroidissement. Cet acide est blanc. On le fait égoutter sur un filtre, ou on le presse entre des papiers.

La liqueur de laquelle l’on a séparé la pellicule ne doit pas être jetée. Elle contient encore une certaine quantité d’acide gallique en dissolution , qu’on peut obtenir par évaporation.

M. Deyeux a indiqué un autre mode de préparation. Il consiste à distiller la noix de galle concassée , et à recueillir de l’acide gallique , qui se sublime sans se décomposer , et se condense sur les parois de la cornue sous torme de cristaux lamelleux , brillans, qu’on peut facilement détacher. Ce procédé, que nous avons eu occasion de répéter , est difficile h suivre. L’acide gallique qu’on obtient est souvent sali par de l’huile , et la quantité obtenue est moindre que par le procédé de Schéele.

D’autres procédés pour obtenir cet acide ont été in-

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diquéspar MM. Fiedler (i) , Rîcliter (2) , Barruel, Bra* connot , Chevreul. Le procédé de M. Barruel donnant Irès-promptement , et une assez grande quantité d’a-' eide , nous avons dû le rapporter ici.

PROCÉDÉ DE M. Barruel.

On prend de la noix de galle , on la réduit en poudre grossière. On verse sur cette poudre de l’eau bouiL lante , on laisse infuser pendant 24 heures , on tire à clair l’infusion. On verse sur le résidu une nouvelle quantité d’eau, qu’on porte à l’ébullition; on réunit les liqueurs, on les met dans une bassine. On ajoute à cette infusion de l’eau contenant de l’albumine dissoute dans l’eau jusqu’à ce que par l’addition de cette solution il n’y ait p^us de précipité. On évapore jusqu’à siccité la liqueur cia rifîée, on traite le produit de l’évaporation par l’alcool , on filtre , on évapore la liqueur jusqu’en consistance sirupeuse , et on l’abandonne au repos et à une évaporation spontanée, il s’y produit des cristaux d’acide gallique. On les redissout dans l’eau , on ajoute 1 /8 de charbon animal , on fait bouillir , on filtre , et on fait crîstallisei' de nouveau. On fait égoutter dans un entonnoir , et de là le met sécher sur du papier joseph.

L’acide gallique est blanc, en aiguilles fines , soyeuses ; il rougit la teinture de tournesol , a une saveur faible-

(1) Annales de chimie , vol. 49 > 'page 67,

(2) Annales de chimie, vol. 45 , page 58,

înent acide et sucrée. Chaiiffé dans une cornue, il se décompose en partie, en donnant les produits de matières végétales ; une autre partie se volatilise , et se sublime à l’état concret sur les parois delà cornue. Soluble dans 3 parties d’eauà loo^ centig., dans 20 parties d’eaufroide; très-soluble dans l’alcool et l’éther.

Sa dissolution , mise en contact avec les sels de fer, les décompose , et donne lieu à un précipité noir qui fait la base de l’encre. Cette manière de se conduire avec les sels le fait employer comme réactif pour les reconnaître. Cet acide , selon Berzelius , est formé de 57,08 de carbone , de 5 7, 89 d’oxigèae et de 5,o3 d’hydrogène.

Cet acide est peu employé en médecine , cependant il doit avoir une assez forte énergie. Il est probable que c’est à l’acide gallique contenu dans la racine du grenadier que cette racine doit sa propriété vermifuge.

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