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SOUS-BORATE DE SOUDE

Borax, tinckal , ckrysocote , sel de Perse,

Ce sel, qui existe en grande quantité dans la nature , et qu’on a découvert à Ceylan , dans la Tartarie , en Chine , au Pérou , se trouvait dans le com' merce , et nous venait i® de l’Inde et du Thibet, à l’état brut; 2® de la Chine, mais ayant déjà subi un raffinage; 5® de la Hollande, entièrement purifié et propre à être employé.

Le premier de ces borax , qui était à l’état de cristaux plus ou moins gros , est sali par une matière grasse particulière , reconnue par M. Vauquelin pour un savon à base de soude. Il a besoin de subir quelques opérations pou? être amené à l’état de borate de soude raffiné. Divers procédés furent indiqués pour obtenir ce résultat. Le meilleur de ces procédés est celui publié par MM. Robiquet et Marchand. Il consiste à mettre le borax de l’Inde dans une cuve, à

le recouvrir de 8 à lo centimètres d’eau; à le laisser macérer pendant cinq à six heures , tout en le brassant de temps en temps ; à ajouter ensuite sur 4oo parties de sel 1 partie de chaux éteinte à l’eau; à remuer de nouveau , afin de bien mélanger, et à abandonner le tout jusqu’au lendemain. On sépare alors le borax au moyen d’un tamis , en froissant les cristaux entre les mains , et en les mettant à égoutter.

Ces cristaux , repris ensuite , doivent être dissous à chaud , dans deux fois et demie leur poids d’eau , et la dissolution , additionnée d’une partie d’bydrochlorate de chaux sur 5o parties de borax , doit être filtrée à travers une chausse de treillis. La liqueur filtrée , portée de nouveau sur le feu , concentrée à 20° de l’aréomètre , est coulée dans des cristallisoirs de bois doublés de plomb , ayant la forme de pyramides quadrangulaires renversées (1). On ferme ces cristallisoirs , on les entoure de substances qui soient mauvais conducteurs de la chaleur , pour que le refroidissement soit lent. Sans cette précaution , les cristaux de borax qu’on obtiendrait seraient trop petits , et ne pourraient être mis dans le commerce. Quand le refroidissement des liqueurs est opéré , on enlève les eaux - mères des cristaux , et les cristaux eux -mêmes , qui doivent ensuite être ^^ortés à l’étuve , trillés , cassés , et mis dans des boîtes garnies de papier. Les eaux-mères doivent ensuite être évaporées ,

(1) La forme de ces cristallisoirs est convenable. Le dépôt se pré-

cipite à la partie inférieure , et ne gêne point la cristallisation. Etant doublés en plomb, ils ne colorent point les cristaux, comme le feraient les cristallisoirs en bois.

et le produit de l’évaporation calciné pour le dissoudre de nouveau.

On peut encore priver le borax de la matière grasse qu’il contient, en le calcinant , dissolvant ensuite le produit calciné dans l’eau pure, filtrant le liquide, et l’amenant au degré propre à la cristallisation , qui doit être opérée avec les précautions que nous avons indiquées. On conserve ensuite le sel séché , cassé , et trillé’ dans des boîtes garnies de papier.

Ces procédés de purification sont peu employés depuis qu’il a été reconnu que les lacs de la Toscane contenaient une assez grande quantité d’acide borique, et qu’on a trouvé des moyens simples de l’obtenir et de le convertir en sous - borate de soude plus beau que celui qui nous arrivait de Hollande. C’est à MM. Cartier fdset Payen , et à M. Jacob de Marseille, que la France est redevablé de ce nouvel emprunt fait à l’industrie étrangère.

Ces chimistes préparent le borax de la manière suivante. On met dans une grande chaudière , contenant de l’eau bouillanle, du carbonate de soude, dans la pro~ portion de 6 parties d’acide sur 5 parties d’eau. On a soin d’ajouter peu à peu ce carbonate pour que la disscrlution s’en opère plu5 facilement (i). Quand cette

solution est terminée , on couvre le fond de manière à modérer la quantité de caloricjue qu’il dégage , sans cependant que la température de l’eau puisse diminuer

(i) La chaudière doit être d’une grandeur telle, que la solution de «ous-carbonate de soude n’occupe que le tiers de sa capacité.

de beaucoup. On ajoute alors successivement, et par portions , 5 parties d’acide borique cristallisé provenant des lacs de Toscane. H se produit à chaque addition successive une effervescence causée par le dégagement de l’acide carbonique du sel de soude, qui est mis à nu parl’acide borique, lequel se combine à sa base pour former le borate de soude. La saturation étant terminée , on couvre le feu ^ on ferme la chaudière avec un

couvercle de bois et avec des couvertures , et on abandonne le tout pendant vingt-quatre à trente-six heures.- Au bout de ce temps , on tire à clair la liqueur, qui est encore à une température très - élevée , et on la porte dans des cristallisoirs de plomb ayant une grande surface. Celle liqueur laisse déposer, sur les parois de ces vases, de petits cristaux qu’on sépare des eaux -mères , qu’on fait écouler, et qu’on met de côté (i). Ces cristaux , lavés d’abord avec peu d’eau , sont ensuite dissous dans de l’eau bouillante , à laquelle on ajoute du carbonate de soude dans la proportion de lo pour loo de sel cristallisé. On fait bouillir le tout jusqu’à ce que la solution porte 20° à l’aréomètre de Baumé , et on coule la liqueur dans des cristallisoirs semblables à ceux employés par MM. Robiquet et Marchand pour faire cristalliser le borax raffiné (2). On laisse refroidir avec

(1) Ces eaux-mères servent, au lieu d’eau, pour dissoudre le carbonate de soude et opérer d’autres saturations.

(2) La solution de ces cristaux doit être au moins de 1,000 kilogrammes de borax pour chaque cristallisoir , afin d’obtenir des cristaux assez gros pour être mis dans le comn^erce.

MANUEL

les mêmes précautions que celles que nous avons déjà décrites ; et au bout de vingt à vingt-deux jours la liqueur est convenablement refroidie. Elle ne porte plus que So®. On soutire l’eau -mère , on referme le cristallisoir jusqu’au lendemain, pour que l’abaissement subit de température ne détermine pas la rupture des cristaux. Après ce temps , on enlève les masses cristallines qui adhèrent aux parois des cristallisoirs , en se servant d’un ciseau aciéré, sur lequel on frappe avec précaution, en ayant soin de ne pas' appuyer sur le métal du vase , qui serait déchiré.

Les cristaux enlevés sont portés dans un lieu où on les sépare des matières étrangères qui pourraient y adhérer. On les divise à la main ou au moyen d’une petite hachette , en les conservant cependant le plus gros possible , et on les fait sécher pour les mettre ensuite dans des caisses (i).

Le borax est blanc , semi-transparent. Sa forme cristalline est celle d’un prisme hexaèdre terminé par une pyramide tétraèdre. Exposé à l’air, il se dessèche un peu , et se recouvre d’une légère poussière blanche. Sa saveur est fade , légèrement alcaline ; son odeur est nulle. Soluble dans deux fois son poids d’eau bouillante , l’eau froide n’en dissout que les six centièmes : soumis à l’action de la chaleur , il se fond dans son eau de cris-

(i) Pour vaincre le préjugé qui se serait élevé contre le borax raffiné en France , MM. Cartier et Payen avaient donné au borax qu’ils fabriquaient la tournure du borax de Hollande en le roulant , pour user les angles des cristaux, comme cela arrive dans le transport, et en se servant de caisses semblables à celles qu’expédient les Hollandais.

tallisatîon , qui forme le cinquantième de son poids. Il éprouve la fusion aqueuse, il se boursouflle et se dessèche ensuite. Chauffé h une température plus élevée ^ il se fond en un verre blanc transparent , qu’on coule sur une table de marbre, et qu’on appelle alors borax vitrifié, A cet état, il est encore légèrement efflorescent. Ce sel est employé, è l’aide de la chaleur, pour fondre les oxides métalliques, qui le colorent , coloration qui indique quels sont ces oxides.

Le borax cristallisé est employé par le chimiste pour absorber les gaz acide hydrochlorique et sulfureux. C’est de lui qu’on extrait l’acide borique. Il a été employé comme médicament fondant etemménagogue. On l’emploie encore aujourd’hui en collutoires pour exciter localement la membrane de la bouche dans les ulcérations et aphthes de cette cavité. Le borate de soude est composé de 70 d’acide borique , et de 5o d’oxide de sodium.

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