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SOUS-C ARBON ATE DE PLOMB

Céruse s craie de plomb , blanc de plomb , etc,

Bergman est le premier qui observa la combinaison du plomb avec l’acide carbonique , et qui reconnut sa nature; il détermina, en outre, les proportions dans lesquelles cette combinaison a lieu, et il fixa ces proportions cl 16 parties d’acide sur 84 d’oxide. Depuis, d’autres chimistes , parmi lesquels on compte Chenevix , Klaproth , Proust, et enfin Berzelius , répétèrent cette analyse et en publièrent les résultats. Les proportions données par le dernier de ces cliimîstes se rapprochant le plus des proportions théorétiqueSj nous les avons rapportées ici. >

Acide. . . 16,5 Protoxide 85,5

La céruse , quoique employée en très -grande quantité en France dans les arts , a été fabriquée long-temps

en Belgique , en Hollande et en Angleterre; et c’est de

DU PU AIIMACIEN.

là qu’on la faisait venir. En 1791, M. Chaillot de Paris importa un des procédés de fabrication usités dans l’é- tranger, et bientôt il eut de nombreux imitateurs , qui améliorèrent les procédés connus. L’un de nos plus savans chimistes, M. Thénard, indiqua lui-même un moyen plus ingénieux pour -obtenir facilement ce produit, et MM. Brechoz et Koard formèrent près de la capitale un établissement dans lequel on opère par ce procédé , qui leur a continuellement donné de bons résultats (1).

Le mode de préparation le plus ancien est encore usité dans quelques départemens. Il consiste à exposer à la vapeur du vinaigre des lames de plomb plus ou moins épaisses , à enlever le produit de î’oxidatîon qui se forme à la surface , à le laver, et à le convertir en masses , qu’on vend dans le commerce. Le procédé donné par M. Thénard étant préférable , nous allons le rapporter ici avec plus de détails.

PROCÉDÉ DE M. Thénard.

On prend 100 parties d’acétate de plomb neutre, on les met en contact avec 1 1 6 parties d’oxide de plomb porphyrisé ( litharge ) ; on ajoute de l’eau , et on fait bouillir le tout pour opérer la dissolution complète de l’oxide (2). On fait alors passer dans cette solution

(1) Un Anglais vient de prendre tout récemment dans son pays un 'brevet d* invention pour la fabrication de la céruse par le procédé décrit par M. Thénard il y a i8 ans.

(2) On peut traiter directement la litharge par l’acide acétique pour obtenir le sous-acétate. Les quantités d’acide à employer sont 65 parties d’acide acétique à 4o” de l’acidimètre ( 8° de l’aréomèlre ordinaire ) pour 58 kilogrammes de litharge. (Robiquet. )

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un courant de gaz acide carbonique provenant de îa combuslion du - charbon , activée par le vent d’un soufflet. Ce courant d’acide décompose la quantité d’oxide qui a été dissoute par l’acétate neutre , et la fait passer à l’état de carbonate , qui se précipite en ramenant le sous-acétate à l’état d’acétate , et même quelquefois à l’état ài acétate acide. Lorsque tout le précipité est bien formé, on le laisse déposer;. La liqueur claire qu’on en sépare sert de nouveau à dissoudre de la litharge , qui est ensuite convertie par le même procédé en céruse. On lave d’abord avec peu d’eau le précipité , et on recueille cette eau, qui contient de l’acétate de plomb en solution. On lave ensuite le précipité à grande eau jusqu’à ce que le liquide ne lui enlève plus rjen, ou le laisse égoutter, puis on le moule dans des pots , et on le porte à i’étuve.

Si l’on veut que’ la céruse ait une légère teinte bleuâtre, on a le soin de la moins laver. Quelquefois on y ajoute un peu de noir pour que la couleur soit grisâtre.

La céruse nécessaire pour l’emploi pharmaceutique doit être pure et privée des substances étrangères qu’on y ajoute, et parmi lesquelles on compte la craie ^ le carbonate et le sulfate de baryte. Pour s’assurer de sa pureté, oiî'prend une certaine quantité de céruse, on la met en poudre bien fine , et on la traite par une solution de potasse caustique ; qui dissout entièrement ce seljTil est pur ; le contraire a lieu s’il est altéré. On peut alors reconnaître la quantité de substances étrangères mélangées à ce sel , et leur nature.

On trouve encore dans le commerce une préparation

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de plomb nommée blanc de Krems, qui est aussi du carbonate.

Le carbonate de plomb est blanc , pesant , sans saveur, insoluble dans l’eau , passant au noir par le contact de riiydrogène sulfuré.

Pris à l’intérieur, ce produit a de fâcheux elFels , qui se font même ressentir, dans les fabriques de céruse , sur les ouvriers qui le placent dans des pots de terre non vernissés pour le porter à l’étuve, l’obtenir sec et sous la forme de pains semblables h ceux qui veoâient de Hollande. Les secours à donner contre les accidens causés par le plomb carbonaté sont les mêmes que ceux administrés pour les sels et l’oxide de ce métal. Ce traitement , connu sous le nom de traitement de la Charité^ consiste â donner les purgatifs sudorifiques et caïmans.

Il me semble qu’on pourrait diminuer le danger que courent les ouvriers dans les fabriques de céruse en leur faisant prendre h plusieurs reprises , dans le courant de la journée , de l’eau hydrosulfurée , qu’on préparerait à peu de frais en très - grande quantité. Je soumets cette idée aux praticiens philanthropes qui s’occupent de l’étude des moyens à employer pour soustraire la classe/ industrielle à.f une foule de maux résultant ordinairement des travaux auxquels elle se livre.

Ce sel est employé dans la préparation de l’acide hydrocyanique pour séparer l’excès d’acide hydrosulfurique qui s’y trouve mêlé. [F oyez acide hydrocyanique, ) Il entre aussi dans quelques onguens.

On conserve le carbonate de plomb dans des flacons fermés ; sans cette précaution , les émanations diverses

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lui doiiiKint une couleur noire due à la produclioii d’une petite quantité de sulfure qui se forme par la décom** position du carLonate.

sou s- C AR B ON A T E Û E POTASSE.

Potasse , alcali fixe , alcali végétal.

On a désigné sous nom la substance obtenue par le lavage des cendres des végétaux. Le nom de potasse vient de deux mots allemands qui signifient cendre de pots , parce qu’autrefois on préparait la potasse en la calcinant dansées pots.

Tous les végétaux contiennent de la potasse en plus ou moins grande quantité. On l’a trouvée dans les matières minérales végétales et animales; mais c’est particulièrement des végétaux qu’on la retire , parce que ceux-ci en contiennent en plus grande quantité (i). Pour l’extraire, on brûle les végétaux sur un terrain uni , en ayant soin de remuer les surfaces pour que l’incinération ait lieu. On porte les cendres qui sont le résultat de cette combustion dans des tonneaux dont le fond est recouvert par un lit de branches et de paille , et on verse de l’eau sur ces cendres. On laisse le touten contact pendant plusieurs jours , en agitant de temps en temps les matières pour que la solution des sels se fasse. Par un robinet adapté

(i) On a reconnu qu’on obtenait de la potasse avec avantage en t brûlant les vieux arbres , les feuilles d’épinards , la betterave , la fougère mâle , la rhubarbe , les fanes de pommes de terre , la tanaisie , le chenovodium vulvaria^ la paille de colza , les fanes de fève , celles des pois , les tiges et les racines cU; tabac.

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d’avance au bas du tonneau , on retire le liquide lorsqu’il a assez séjourné sur les cendres ; ce liquide filtre à travers la paille , et passe clair dans un baquet placé sous le robinet. On remet sur les cendres une nouvelle quantité d’eau qui sert à épuiser la matière soluble ; mais cette eau , peu chargée , doit être jetée sur des cendres qui n’ont pas encore été lavées , et successivement. On réunit toutes les eaux de lavage , on les fait évaporer à siccité , et on obtient un résidu grisâtre connu sous le nom de salin» Ce salin contient une grande quantité d’eau et des substances végétales qui ont échappé à la carbonisation. Pour le débarrasser de ces matières étrangères , on le calcine dans des fours constr its de manière à ce que la flamme passe sur le salin pour se rendre h la cheminée , qui doit bien aspirer. Après la calcination» on a une masse qui varie par la couleur selon la nature du sol oh a cru la plante qui a servi à l’obtenir. On en trouve de bleue , de grisâtre , de rosée , enfin de rouge. Ces potasses portent différens noms selon le lieu d’où elles viennent ; ainsi nous connaissons la potasse de Russie, cqWq à' Amérique , celle de Toscane, la potasse perlasse , la potasse de Trêves, celle des F os^es , enfin celle de Dantzick, etc. Ces potasses varient de pureté , et le pharmacien qui les emploie doit être en garde contre les substances étrangères qui s’y trouvent naturellement ou qui y ont été introduites par fraude (i).

(i) M. Vauquelin a examiné un grand nombre de potasses. 11 a reconnu dans les six principales espèces des quantités diverses de sullate de potasse, de chlorure de potassium et de substances insolubles mêléesau sous-carbonate [Annai&s dechirnie^ tome^o). J’ai examiné

On ne doit donc acheter de ces alcalis qn’après avoir vérifié leur degré d’aicalinilé en les saturant par facide sulfurique à lo®, et qu’après avoir bien reconnu, par la quantité d’acide employé à leur saturation , quelle est leur valeur réelle.

Plusieurs procédés ont été indiqués pour obtenir le sous-carbonate de potasse k l’état de pureté. Nous allons les décrire successivement.

, sous- CARBONATE DE POTASSE »

Préparé par la déflagration d^un mélange de crème de tartre et de nitrate de potasse sous-deuto-carbonate d'oxide de potassium.

Ce sel, qu’on a nommé nitre fixé par le tartre y s’obtient de la manière suivante. On fait un mélange k parties égales de nitrate de potasse et de crème de tartre purs et réduits en poudre. Quand le mélange est homogène , on le place dans un mortier de fer, et on l’enflamme en y laissant tomber un charbon allumé." Une déflagration vive a lieu , le nitrate et le tarlrate de potasse sont décomposés : l’oxigène de facide nitrique du nitrate , et une portion de celui du tartrale, se portent sur le carbone du tartre mis k nu , et le convertissent en acide carbonique , qui s’unit k la potasse pour former du carbonate de potasse avec excès de base.

La déflagration étant ter: inée , on verse sur la masse de l’eau distillée qu’on a fait chauffer. On agite ce mé-

de mon côté des potasses de Toscane falsifiées qui contenaient plus de 4 O pour loo de sulfate de potasse qui y avait été mêlé. ( A. Ch. )

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lange pour faciliter la solution. Quand elle est terminée, on filtre la liqueur , on la met dans une bassine d’argent, et on fait évaporer jusqu’à siccité. On remue sur la tin de l’opération , pour que le sous-carbonate de potasse ne s’attache pas à la bassine , et en môme temps pour l’obtenir sous forme pulvérulente. On l’introduit ensuite, lorsqu’il est sec et froid , dans un flacon à col droit, qu’on ferme avec un bouchon de liège.

Ce procédé est celui donné dans le nouveau Codex ; mais la quantité dunitre étant tropgrandepour celle du tartre employé, et le sous-carbonate qu^on obtient étant mêlé de nitrate , on emploie le procédé décrit dans l’ouvrage de M. Thénard, et qui consiste à mêler ensemble 200 parties de tartre et loo parties de nitre purs, à projeter ce mélange dans une bassine de fonte à peine rouge , et à lessiver la masse aussitôt après que la dé- ' flagralion est terminée, puis à faire évaporer la liqueur fdtrée pour la convertir en sous - carbonate sec^ qu’on dessèche , et qu’on conserve comme nous venons de le dire précédemment.

M. Guibourt a reconnu que, tout en employant le nitrate et le tartrate de potasse à l’état de pureté , on peut obtenir des résultats différens , suivant la manière dont la déflagration a été opérée. En suivant le dernier mode dont nous venons de parler , on obtient du sous-carbonate de potasse pur, tandis que , si l’on opère la déflagration à une haute chaleur , et que le carbonate de potasse soit amené à l’état de fusion pâteuse , il est mêlé de cyanure de potassium. M. Guibourt pense que le carbonate de posasse àF^tât de fusion empêche le dé-

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gagement du gaz azole ou oxide d’azote. Ce gaz se trouvant alors en contact avec le charbon réagit sur lui , et donne lieu a du cyanogène , qui , lorsqu’il est formé , se convertit en cyanure.

Cette remarque est du plus grand intérêt , et doit attirer l’attention du manipulateur , puisque de la manière d’opérer résultent des produits si différons.

SOUS-CARBONATE DE POTASSE Obtenu de la déflagration du niive par le charbon.

On obtient ce produit en faisant chauffer dans une chaudière de fonte du nitrate de potasse exempt de tous corps étrangers , et en projetant dans celte bassine lorsque le nitre est à une chaleur assez élevée pour déterminer l’inflammation, du charbon pulvérisé. Cette projection de charbon donne lieu h une flamme vive , due à la combustion de ce corps h l’aide du nitre. On ajoute de nouveau de la poudre de charbon (i) jusqu’à ce que celui-ci ne produise plus aucun signe d’inflammation , ce qui annonce que tout le nitre est décomposé. Dans ce cas le charbon brûle aux dépens de Foxigène de l’acide nitrique du nitrate, et se convertit en acide carbonique , qui s’unit à la potasse et forme le sous-carbonate , de potasse. On dissout la masse dans de l’eau distillée , qu’on a fait chauffer. On fdtre le liquide , qu’on fait évaporer, comme nous l’avons déjà dit, et on le conserve de la même manière.

(i) Il faut que ce charbon soit aussi pur que possible ; le poussier ne serait pas convenable pour cette préparation , à cause des corps étrangers qu’il contient.

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