PHOSPHATE DE CHAUX
Ce sel , qui fut reconnu par Schéele et par Gahn pour être la base des os, fut aussi découvert en masses con^ sidérablcs dans la nature, et formant des montagnes
MANUEL
dans la province d’Estramadure. Pour l’employer, on peut se dispenser de le préparer directement , mais bien le retirer des os. Pour cela, on prend les os, on les soumet à l’action du feu jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement calcinés , et qu’ils aient pris une couleur blanche à l’intérieur comme h l’exlérieur ; on le§ réduit alors en poudre fine , et on lave celle poudre à grande eau ; on la dissout dans l’acide hydrochlorique , et on précipite la dissolution par l’ammoniaque ; on lave le précipité dans le vase où il a été formé , en étendant d’eau la liqueur d’où il a été séj)aré , en laissant déposer le précipité , en lavant de nouveau , et en le recueillant sur un filtre, lorsqu’il a été ainsi lavé à plusieurs reprises. Ce précipité , desséché , est le phosphate de chaux pur ; il est insipide, inodore, sous forme de Hocons demî-transparens. Chauffé à une très-forte chaleur, il se convertit en un émail blanc. Ce sel, d’après M. Berzelius , est formé de loo » de chaux
et de 84,53 d’acide.
PHOSPHATE d’ammoniaque.
Combinaison de l’acide phosphorique avec l’ammoniaque, dans les proportions de 100 d’acide sur 47î22 de base. C’est Rouelle qui le premier reconnut la nature de ce sel , qui fut depuis étudié par Lavoisier et par M. Vauquelin.
On le prépare de la manière suivante. On prend des os d’animaux calcinés à blanc ; on les réduit en poudre fine , on en fait une pâte avec un peu d’eau ; on verse sur îiette pâte de l’acide sulfurique concentré
^ans la proportion de 4 parties d’acide à 66° sür 5 parties d’os pulvérisés ; on remue le mélange avec une spatule de bois, afin que le tout soit bien homogène, et on laisse réagir pendant quatre à cinq jours en remuant de temps en temps.
Durant cet espace de temps, l’acide sulfurique^ en contact avec les os calcinés (composés de carbonate et de phosphate de chaux) , décompose le carbonate et une partie du phosphate , forme du sulfate de chaux , et met à nu l’acide carbonique , qui se dégage , ainsi qu’une partie de l’acide phosphorique , qui, étant fixe„ reste en dissolution dans la liqueur. Cet acide se combine à une quanlilé du phosphate, et forme un phosphate' acide de chaux.
Quand' la réaction est opérée, on étend d’un peu d’eau le mélange, on le brasse fortement, on le jette sur un filtre de toile, et la liqueur qui passe, d’abord trouble , finit par s’éclaircir. On change le vase qu’on avait placé comme récipient , et on reverse sur le filtre les premières liqueurs passées troubles. On lave le résidu, jusqu’à ce que l’eau qui en sort soit insipide ; on réunit toutes les liqueurs , on les évapore en partie , et on salure ensuite la liqueur restante par l’alcali volatil , qu’on ajoute par petite portion, et jusqu’à ce qu’il y en ait un léger excès , ce qu’on peut re^connaître en se servant d’un papier de tournesol rougi par un acide. L’addition de l’alcali volatil détermine la précipitation du phosphate de chaux tenu en solution. On fait jeter on bouillon à la liqueur , on la filtre , on la fait évaporer convenablement; on y ajoute ensuite un peu d’alcali , et on
MAN LEL
porte ce sel à cristalliser. Lorsque les cristaux sont séparés de la liqueur , on rapproche les eaux-mères-, qui donnent de nouvelles quantités de cristaux. Quand elles cessent d’en donner , on les étend d’eau , on les traite avec un dixième de charbon animal débarrassé du carbonate et du phosphate de chaux ; on les hltre , et la liqueur , évaporée dans une cornue , peut donner de
l’acide phosphorique , si l’on chaufTe fortement le phosphate d’ammoniaque qu’on obtient pour résidu.
Si le phosphate d’ammorriaque qu’on a retiré d’une , première cristallisation n’était pas blanc , il faudrait le dissoudre dans l’eau distillée , filtrer la solution , la faire évaporer , séparer les cristaux des eaux-mères , les faire dessécher, et les conserver convenablenent.
Ce sel donne des cristaux octaédriques ; sa saveur est salée, un peu amère; il est soluble dans deux fois son poids d’eau à lo® de Réaumur. Exposé à l’action de la chaleur dans une cornue , il éprouve la fusion aqueuse ; si on le chauffe plus long -temps , il se dessèche, se boursoufile , se décompose , perd l’ammoniaque , et ^ reste à l’étut d’acide phosphorique.
Chauffé fortement avec du charbon dans une cornue de grès bien lutée , on observe d’abord un dégagement d’ammoniaque. L’acide phosphorique , mis à nu , est ensuite décomposé, et donne lieu à du phosphore. Ce moyen , appliqué à l'extraction du phosphore en grand, serait plus avantageux que celui suivi ordinairement, l’acide phosphorique étant mis à nu ; il nécessiterait un moindre degré de chaleur que celui exigé pour la décomposition du phosphate acide de chaux. La rupture
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des vases serait moins fréquente , et par conséquent les dangers moins grands , et l’économie considérable.