HYDRIOD'ATE DE POTASSE
lodure de potassium.
Ce sel , quoique connu depuis peu de temps , est employé en médecine avec succès contre les tumeurs
indolentes. Plusieurs moyens ont été successivement donnés pour l’obtenir. On peut directement saturer l’acide hydriodique par le sous - carbonate de soude , faire évaporer la solution saturée , et obtenir ce sel cristallisé , que M. Gay- Lussac egarde alors comme un iodure de potassium. Plusieurs autres modes de préparation ont été indiqués ; de ce nombre sont : 1“ la décomposition des îodures métalliques pdr l’eau et la saturation de l’acide hydriodique par les alcalis ; 2® la décomposition de l’hydriodate de fer par la potasse. Ce procédé, dû à M. Baup de Vevay et à M, Caillot, est un des meilleurs à suivre.
PROCÉDÉ DE MM. Caillot et Baup.
/ On met ensemble dans un matras de verre 10 parties d’iode et 5o parties d’eau distillée. On ajoute ensuite à ces substances , et par petites portions successives , 5 parties de limaille de fer, qu’on a choisie exempte d’oxide de fer et de limaille de cuivre. A chaque addition de la Îîin ille de fer, on remue le matras pour que toutes les substances soient bien en contact. Lorsque toute la limaille a été ajoutée , on place le matras sur une grille de fer supportée par un fourneau , et on chauffe ce vase , tout en ayant soin de le remuer de temps à autre pour répandre dans le liquide les parties solides qui tendent à occuper la partie inférieure. L’iode s’unit au fer, et il se forme un hydriodate de fer ioduré ; mais, par Faction de la chaleur, ce combiné passe à l’état d’hydriodate simple. On reconnaît que la conversion en hydriodate de fer est complète par la décoîo-
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ration de la liqueur, et on peut encore mieux s’assurer de ce fait en trempant dans l’hydriodate une bande de papier blanc. Si la décomposition est complète , la partie du papier trempée dans l’hydriodate ne prend pas de couleur rouge , ce qui arriverait si la décomposition n’était pas opérée. On liltre la liqueur, on lave le filtre avec de l’eau distillée bouillante jusqu’à ce que l’eau qui en sort n’ait plus de saveur. On réunit dans une capsule la liqueur et les eaux de lavage , on place la capsule sur un bain de sable , et on fait chauffer. Lorsque la teuipérature du liquide est parvenue au point voisin de celui de l’ébullilion , on verse dans l’hydriodate de fer une solution de sous - carbonate de potasse jusqu’à saturation. On apporte la plus grande précaution dans celte opération pour ne pas ajouter un excès d’alcali. L’addition de la potasse détermine la précipitation de l’oxide de fer : on le sépare , par la fdtralion , de l’hydriodale de potasse qui vient de se former. Lorsque la liqueur est filtrée , on lave le filtre jusqu’à épuisement complet, et ou réunit toutes les liqueurs. On essaie par le papier de tournesol rougi pour reconnaître s’il y a un excès de base. Dans ce cas , on sature cet excès par del’acidehydriodique ; aussitôt que la saturationestachevée, on fait évaporer le liquide dans une capsule de porcelaine placée sur un bain de sable. Lorsque la liqueur est concentrée au point d’offrir à sa surface une légère pellicule , on cesse le feu , et on laisse la cristallisation s’opérer. Peu à peu les cristaux se déposent sur les parois de la capsule. La cristallisation étant terminée , on enlève les cristaux , qui sont lavés avec un
peu d’eau , et mis à égoutter. On les fait ensuite sécher sur du papier et à l’étuve.
Quelquefois les cristaux obtenus d’une première opération sont purs et blancs ; ils ne demandent point alors d’être redissous de nouveau , comme cela arrive le plus souvent.
Si les cristaux sont colorés , ce qui peut arriver lorsqu’on saturant l’excès de potasse par l’acide hydrlodique , on a mis un excès de cet acide , pour les obtenir blancs et décolorés , il faut les exposer à une chaleur suffisante.
Cependant il vaut mieux , pour obtenir un produit plus pur, réunir les cristaux provenant d’une première opération , les dissoudre dans l’eau ^ et leur faire subir de nouvelles cristallisations.
M. Taddei a publié le procédé suivantpour obtenir le même produit.
PROCÉDÉ DE M. Taddei.
On fait dissoudre de l’iode dans de l’esprit de vin marquant 20 à 2 5*" à l’aréomètre de Baumé. Lorsque la dissolution est opérée , on y verse à plusieurs reprises de l’hydrosulfate de potasse : le liquide se trouble , et sa couleur, qui était d’un rouge foncé , passe au rougemarron ; puis au rose couleur de chair ; enfin à la couleur blanc de lait. Lorsque la couleur est parvenue à ce point , c’est une preuve que tout l’iode a été converti en acide hydriodique , qui s’est combiné à la potasse. On laisse éclaircir, et on verse encore quelques gouttes d’hydrosulfates. Si cette dernière addition ne trouble
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plus la liqueur, c’est une preuve que l’opération est terminée. On filtre, et on évapore jusqu’à siccité, pour obtenir par la cristallisation Thydnodate de potasse.
Ce moyen , que nous avons essayé , nous a donné de l’hydriodate de potasse qui était moins blanc que celui qu’on obtient par le premier procédé que nous avons rapporté. Cependant, en le faisant dissoudre dans l’eau et le faisant cristalliser , nous sommes parvenus à nous procurer ce produit à l’état de pureté convenable.
L’hydriodale de potasse est un solide blanc , prenant une forme régulière , le cube. Sa saveur est âcre, légèrement amère. Ce sel est déliquescent: 100 parties d’eau à i 2® en dissolvent il^i parties. Par la dessiccation ou la cristallisation, il se transforme en iodure de potassium et en eau. L’iodure de potassium se fond facilement et se volatilise à la température rouge , sans éprouver d’altération marquée. Cette propriété peut servir à reconnaître s’il a été falsifié par des sels étrangers.
L’bydriodate de potasse est formé
de 100 d’acide hydriodique.
et de 57,426 de potasse.
Le prix élevé de l’iode et celui des sels qui résultent des combinaisons de ce corps combustibleontfait naître des falsifications que nous devons signaler dans l’intérêt du pharmacien. Ces allérations ont été indiquées dans une notice sur la préparation de l’hydriodate de potasse , publiée par M. Robiquet. Ce savant indique le moyen suivant pour reconnaître si un liydriodate a été falsifié par quelques substances étrangères. On prend
un poids déterminé d’hydriodate de potasse bien pur et une même quantité du sel qu’on soupçonne altéré; on dissout ces échantillons dans les mêmes quantités d’eau^ et on introduit ces deux solutions dans de petites cornues tubulées , à la partie inférieure desquelles est adapté un récipient. On verse dans ces dissolutions de l’acide nitrique en excès , de manière à déterminer une décomposition. L’acide nitrique se combine à la potasse, et l’iode est mis à nu. Par l’action de la chaleur, on le fait volatiliser , on élève la température , pour être cer~ tain d’une décomposition complète de l’hydriodate : on recueille l’iode qui s’est volatilisé , on le fait sécher, et on prend les poids, qui, étant comparés entre eux, indiquent ou non la pureté du sel essayé. On examine les deux liqueurs distillées , et on les essaie par le nitrate d’argent. La liqueur qui provient de î’hydriodate punie donne pas de précipité ; tandis que celle qu’on obtient d’un hydriodate mélangé (1) en produit un de chlorure d’argent d’autant plus marqué que l’hydriodate était plus impur. M. Robiquet , en terminant sa notice, émet l’opinion que ce mélange de sel pourrait bien être le résultat de l’opération par laquelle les sels ont été ob - I tenus (2) .
(1) Les hydriodates de potasse et de soude sont ordinairement falsi- 1, fiés par des hydrochlorates de potasse^’et de soude.
(2) II est à notre connaissance que des hydriodates purs ont été L ' mêlés d’hydrochlorates pour être vendus au-dessous du cours. Ce [J mélange était si peu homogène, qu’on a pu en séparer des cristaux ) d’hydrochlorate ne contenant pas un atome d’hydriodate.
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MANUEL
HYDRIODATE DE SOUDE.
On prépare l’hydriodate de soude par les mêmes procédés que ceux que nous venons d’indiquer pour l’hydriodate de potasse. Au lieu d’employer le carbonate et l’hydrosulfate de potasse, on se sert du carbonate et de rhydrosulfate de soude.
L’hydriodate de soude est un solide blanc , cristallisant en prismes rhomboïdaux aplatis. Ces prismes ^ en se réunissant , forment des cristaux plus épais , qui donnent à ce sel quelque ressemblance avec le sulfate de soude. Exposés à l’air, ils en attirent l’humidité, et deviennent déliquescens. Par la dessiccation , ce sel passe à l’état d’iodure. loo parties d’eau distillée à la température de i4° dissolvent lyS parties d’hydriodate de soude. Exposé à un degré de chaleur un peu élevé , l’hydriodate de soude entre en fusion , perd une certaine quantité d’acide hydriodique , et se volatilise.
100 parties d’acide hydriodique demandent pour leur saturation 24,728 de soude.
Les médicamens qui se préparent avec les hydriodates étant peu connus , nous avons cru devoir ici consigner leurs formules.
HYDRIODATE DE POTASSE lODURÉ (l).
Hydriodate de potasse 20 parties.
Iode pur 6.
(1) Nous avons eu recours aux diverses formules publiées par MM. Henry, Magendie , Bailly, etc.
On mêle ces deux substances dans un mortier de verre , et l’on triture long- temps , afin que le mélange soit homogène et qu’il ait acquis une couleur rouge foncé.
SIROP d’hydriodate de potasse.
Sirop de sucre blanc bien cuit 620 parties.
Hydriodate de potasse 1
Faites dissoudre., le sel dans la plus petite quantité d’eau possible, et ajoutez cette solution au sirop, qu’il faut bien agiter jusqu’à ce que le mélange du sirop et du sel soit bien fait.
SIROP d’hydriodate de potasse ioduré.
Sirop de sucre bien cuit. ... 520 parties.
Hydriodate de potasse ioduré ' 1 Faites dissoudre l’hydriodate dans la plus petite quantité d’eau possible , et ajoutez le solutum au sirop. II faut avoir soin de bien mêler, pour que le médicament soit bien égal dans toutes ses parties.
SOLU'TION d’hYD RIODA T E DE POTASSE.
Hydriodate de potasse 1/2 gros. '
Eau distillée i once.
On introduit l’hydriodale de potasse dans une fiole , on y ajoute l’eau. Lorsque la dissolution est faite , on filtre , et on conserve la liqueur dans un flacon bouché en verre (1).
(i) Le médecin désigne dans sa formule quelles sont les quantités de cette solution qui doivent être prises par le malade»
MANUEL
POMMADE d’hYDRIODATE DE POTASSE.
Cette pommade peut être préparée en réduisant l’hydriodate en poudre , et en l’incorpoVant à un corps gras quelconque : c’est au médecin à prescrire les proportions dans lesquelles ces mélanges doivent être préparés. Les formules suivantes sont celles qui ont été employées jusqu’ici.
POMMADE d’hYDRIODATE DE POTASSE.
Axonge pure 2 onces.
Hydriodate de potasse 1 gros.
On fait le mélange de ces substances dans un mortier de verre , sur une glace ou un porphyre. Il faut que celle préparation soit bien homogène dans toutes ses parties. - . /
Autre formule ( M. Magendie ).
Axonge pure 3 onces. >
Hydriodate de potasse 1 gros.
On opère de la même manière que nous venons de le dire plus haut.
POMMADE d’hYDRIODATE IODURÉ (l).
Axonge pure 2 onces.
Hydriodate de potasse ioduré 1 gros,
(i) Cette formule est celle rapportée par M. Henry., chef de la pharmacie centrale, dans le n" 5 du Journal de 'pharmacie ^ mars, 1822. La pommade préparée d’après cette formule est usitée dans les hôpitaux civils de Paris.
DU PHARMACIEN. ' '68 ï
Mêlez exactement l’hydriodate ioduré à l’axonge» Pour arriver à ce point , on met d’abord ce sel dans un mortier de verre, on le divise; puis on ajoute une petite quantité d’axonge. On mêle exactement, on réunit, au moyen d’une carte, le mélange; on ajoute une nouvelle quantité de cette axonge , et on continue d’agir ainsi jusqu’à ce que le mélange soit bien homogène.
Le mélange faîte sur un petit plan de glace, et ramassé avec un couteau d’ivoire , est plus lot fait , et il est plus intime.
M. Gallard , élève en pharmacie chez l’un des pharmaciens les plus distingués de la capitale , ayant remarqué que la couleur des pommades qu’il préparait avec l’hydriodale de potasse n’était pas toujours la même, et variait quelquefois du blanc au jaune, se livra à des recherches pour reconnaître quelle était la cause de ces variations de couleur. Les résultats qu’il obtint de son travail lui firent connaître que les graissés qui ne sont pas récentes ont la propriété , lorsqu’elles sont en contact avec les hydriodates, de décomposer ces sels et de. donner lieu à de l’eau résultant de la combinaison de l’oxigène des graisses avec l’hydrogène des hydriodates , et à de l’iode , qui , étant libre , colore les préparations ( pommades ). Cette remarque fait sentir toute l’importance qu’il y a pour le praticien d’employer à la préparation des pommades d’hydriodates des graisses récentes
et parfaitement pures. Ces pommades doivent même
être préparées en, petite quantité et au moment de les mettre en usage, à moins qu’on ne veuille obtenir des pommades iodurées.
MANUEL
HYDROCHLORATES.
Les hydrochlorates ( muriates ) sont les sels résultant de la combinaison de Facide hydrochlorique avee les bases salifiables. Les caractères principaux de ces sels sont les suivons : i° ils se dissolvent dans Feau distillée; leurs solutions, traitées par le nitrate d’argent ^ fournissent un précipité blanc caillebotté , insoluble dans Feau , dans Facide nitrique concentré : ce précipité est soluble dans Faîcali volatil, lorsqu’iln’a pas été deà#^*hé ; 2“ traités par Facide sulfurique concentré , ces sels sont décomposés; il résulte de cette décomposition des sulfates, qui sont fixes, et de Facide hy Irochlorique , qui se dégage et qui est reconnaissable à son odeur particulière : cet acide peut être recueilli. [ Voyez acide liydrochlorique. ) 5“ Traités par Facide phosphorique , à Faide de la chaleur, ces sels sont décomposés; il y a formation de phosphates et dégagement a acide hy drochlorique. 4" Soumis à Faction de la chaleur, quelquesuns de ces sels, ceux de la première section (1), se décomposent, laissent dégager du gaz acide hydrochlorique , et sont onvcrtis en oxides ; d’autres sont réduits en chlorure , avec formation d’eau ; enfin quelques-uns sont décomposés entièrement, il y a dégagement d’eau et de chlore , et réduction du métal.
(1) Hydrochlorates d’alumîne, de glucine , de magnésie, de thorine, d’yttria et de glucine. Ces sels ne sont point employés dans l’usage médical.
HYDROCHLORATE d’aMMONIAQUE.
Sel ammoniac , muriate cC ammoniaque»
Ce sel a été long-temps tiré de TÉgypte : on l’y préparait en faisant dessécher la fiente des chameaux , qu’on brûlait ensuite dans des cheminées construites de manière à obtenir beaucoup de suie. On recueillait ce produit, on i’introduisait dans de grands ballons de verre ayant plus d’un pied de diamètre. On avait le soin de ne . iplir ces ballons qu’aux deux tiers de leur capacité ; on exposait ensuite ces vases , placés sur des galères , à l’action d’un feu très - doux d’abord , mais qu’on augmentait successivement. Au bout de trois jours d’un feu continu , l’opération étant terminée , on cassait le ballon , et on obtenait le sel ammoniac sous forme de pains convexses d’un côté, et concaves de l’autre | ces pains étaient noirs à la surface.
La prépairuiion du sel ammoniac se fait maintenant en Europe , et la quantité que la France peut en fournir au commerce est considérable. Baumé est le premier qui ait tenté d’élever une fabrique de ce sel. Il distillait des matières animales , recueilla:#i le produit de la distillation , et le décomposait par le muriate de magnésie contenu dans les eaux-mères des salines ; il séparait le précipité magnésien formé par le carbonate d’ammoniaque , faisait évaporer la liqueur, et soumettait h la sublimation le résidu , qui lui donnait du sel ammoniac.
MM. Leblanc et Dizé s’occupèrent aussi de la préparation de ce sel, en faisant rencontrer ensemble dans
une chambre de plomb du gaz acide bydrochlorique et des vapeurs d’ammoniaque. Ces deux procédés ne donnant pas de produits avantageux, on fut forcé de préparer ce produit d’une autre manière. C’est à MM. Payen et Pluvinet qu’est dû le premier procédé qui ait q)arfaitement réussi. Le fils et le frère de ces habiles manufacturiers le suivent encore dans des fabriques situées aux environs de Paris , et qui sont dans l’état le plus prospère. Ce procédé consiste:
1® A charbonner dans des cylindres en fonte , réunis dans de grands fourneaux , des substances de nature animale, des os , des chiffons de laine, des cornes, etc. ; à recueillir et à condenser les produits qui se dégagent pendant la décomposition , et qui sont de l’eau , de l’huile animale , du carbonate d’ammoniaque , et à les réunir dans des réservoirs.
2® A séparer des produits condensés l’huile qui surnage , et à faire passer trois ou quatre fois le liquide contenant le carbonate d’ammoniaque à travers des couches de sulfate de chaux broyé , qu’on a disposées sur des toiles tendues , faisant l’office de filtres. En traversant le sulfate de chaux , le carbonate d’ammoniaque se décompose ; il y a formation de carbonate de chaux et de sulfate d’ammoniaque ; le premier de ces sels reste sur les toiles , le second passe à l’état liquide.
' 5® A décomposer le sulfate d’ammoniaque par le muriate de soude, et à l’aide de l’ébullition. Dans cette opération , il y a double décomposition ; l’acide sulfurique s’unit à la soude , et forme du sulfate de soude , et l’acide hydrochlorique se combine à l’ammoniaque. On
sépare ces deux seîs par l’évaporation et la cristallisa^ lion. I ' '
4® On sublime dans des vases de terre le sel ammoniaque après l’avoir d’abord desséché ; on a soin ensuite de percer le pain qqi se forme par sublimation avec un instrument semblable à un vilebrequin , en prenant la précaution de tremper la mèche de cet dans l’huile. De la sorte on prévient la rupture des vases^, qui pourrait avoir lieu par l’expansion que peuvent prendre ou l’air ou les vapeurs de sel ammoniac.
Le sel ammoniac se trouve dans le commerce sous
forme de pain. H y en a de deux sortes : l’im , pur, est blanc ; on le nomme sel blanc , il est destiné aux usages pharmaceutiques. L’autre ^ gris^ est employé dans les arts pour l’élamage des métaux ^*etç.
Le sel ammoniac est soluble dans moins de 5 parties d’eau à i5®; il est plus soluble dans l’eau bouillante, et cristallise par refroidissement. Ces cristaux sont ou des pyramides à 4 faces , ou des pyramides allongées; dans ce dernier cas , il présente la configuration de barbes de plume. Exposé à l’action de l’air, ce sel en attire légèrement l’humidité. Si on le chauffe, il se sublime sans décomposition , sous forme de fumées blanches. Ces fumées se condensent sur les corps froids qu’on leur présente. , f
Le sel ammoniac est formé i -
de 68,02 d’acide hydrochlorique ' et de 5 1,48 d’ammoniaque. ?
Le muriate d’ammoniaque , tel qu’on le trouve dans le commerce , a besoin de subir une purification pour pou-
MANU EL
voir êîre employé comme médicament. Ce travail consiste à faire dissoudre le sel dans l’eau , à filtrer la disso-* lution , qu’on fait ensuite évaporer jusqu’à pellicule ^ à recueillir les cristaux qui se déposent, et à les conserver dans des vases de verre après les avoir fait sécher.
Ce sel est employé comme tonique stimulant : on le fait quelquefois prendre comme fébrifuge. On reconnaît le sel ammoniac par les réactifs suivans : 1® le nitrate d’argent détermine dans sa solution un précipité insoluble dans l’acide nitrique concentré , soluble dans l’alcali volatil ; 2° le muriate de platine donne un précipité sous forme de poudre jaune ; ce précipité, lavé et séché , exposé à l’action de la chaleur, est réduit en partie en vapeurs blanches qui se dégagent , en laissant pour résidu du platine métallique très-divisé ; 5® traité par la chaux , la potasse , la soude à l’état solide ou liquide, ces substances en dégagent l’ammoniaque ; 4® chaulTé , le sel se volatilise sans décomposition.
HYDRÔ CHLORATE b’ AMMONIAQUE ET DE FER.
■ ‘ Muriate (T ammoniaque et de fer.
Pour obtenir ce combiné , qu’on connaît aussi sous le nom de fleurs ammoniacales , martiales , on dissout dans l’eau distillée 56 parties d’hydrochlorate d’ammoniaque bien pur , et 12 parties d’hydrochlorate de fer; on iiltre la solution, on la met dans une capsule , et on la fait évaporer à siccité. On pourrait: con-
server le sel ainsi préparé pour l’usage phârinaceulîque ; mais les formulaires prescrivent , en outre , de le sublimer de la manière suivante. On place le sel provenant de l’évaporation dans une capsule de porcelaine , on la recouvre d’une autre capsule renversée et percée d’un très-petit trou ; on lu te les bords des deux capsules , on place le tout sur un bain de sable , et l’on chauffe celui - ci. Le muriate s’élève en vapeurs qui se eondensent à la partie supérieure de l’appareil. Quand la sublimation est terminée , on arrête révaporatioH ; on laisse refroidir, on démonte l’appareil, et on conserve le sel sublimé dans un bocal fermé hermétiquement.
Cette opération peut être faite dans une cornue; le manipulateur a l’avantage de pouvoir reconnaître à quel point en est la sublimation. Nous avons aussi essayé de faire cette sublimation dans des capsules de verre ; mais les parois de ces capsules étant inégales , on risque souvent de casser les vases.
Le sel à base d’ammoniaque et de fer , traité par la potasse ou la soude ^ est décomposé ; il y a dégagement d’ammoniaque et précipitation de l’oxide de fer. Si l’on opère dans la dissolution de ce sel , ce dernier phénomêne est plus visible. ^