PRÉPARATION
On verse dans une certaine quantité d’acide acétique OU dans du vinaigre distillé une solution de sous-carbonate de potasse obtenue de la combustion du tartre (1) , de manière à saturer immédiatement l’acide. Ce mode d’agir a été indiqué par notre collègue M. Fremy,et il a eu pour but de ne pas permettre h l’alcali de réagir sur le vinaigre , réaction qui colore le liquide et l’acétate sec qu’on en obtient. Quand la saturation est
(1) Quelques auteurs prescrivent la potasse perlasse du commerce ; mais cette espèce de potasse est le plus souvent à un tel degré d’impureté, qu’il faut , autant que possible , n’employer que le sous-carbonate qu’on a préparé soi-même , ou soumettre l’alcali qu’on achète à l’analyse chimique.
complète 3 et qu’il ne se dégage plus d’acide carbonique , on fait évaporer la liqueur jusqu’au trois quarts, en ayant soin, pendant l’évaporation, d’entretenir toujours le sel liquide à l’état acide. On laisse alors refroidir la liqueur , et quand elle est claire, on décante, on fait chauffer le produit décanté, qu’on jette ensuite sur un filtre de charbon , où il achève de se décolorer.
On fait évaporer jusqu’à pellicule le liquide fdtré, * qui doit toujours être à l’état acide. On retire alors du feu, on divise la liqueur par petites portions, qu’on amène à slccité dans des bassines d’argent à fond plat . exposées sur un feu très-doux , en ayant soin de ne pas remuer. Quand l’évaporation est terminée , on retire promptement la bassine du feu, on la couvre d’un papier, on laisse refroidir. On enferme ensuite le produit dans un col droit bien sec, qu’on ferme exactement avec un bouchon de liège.
M. F iguîer de Montpellier a, dans les Annales de chimie, avril, 1825, indiqué l’emploi du charbon animal pour décolorer les sels , et particulièrement l’acétate de potasse provenant de la saturation des vinaigres colorés, et même du résidu de vinaigre contenant encore de l’acide acétique. Ce pharmacien , après avoir I saturé , fait évaporer aux trois quarts , laisse refroidir î tire à clair , et met en contact avec du charbon animal ) dégagé de carbonate et de phosphate de chaux par ! l’acide hydrochlorique (1). Lorsque la solution est fil-
(1) M. Figuier mêle, dans une liqueur contenant l’acétate de po- ' tasse provenant de la saturation, une livre de sous-carbonate de ï potasse , 60 grammes de charbon, lavé à l’acide hydrochlorique.
trée , on la fait évaporer avec les précautions que nous avons citées plus haut (c’est-à-dire avec excès d’acide) dans une bassine à fond plat, et sur un feu doux. Ce procédé, que nous avons répété, donne de très*-bons résultats.
Ce sel peut aussi être préparé par la double décomposition de l’acétate de plomb , parle sulfate de potasse , ou encore par celle de Tacétate de chaux^ par le sulfate de potasse ; mais le premier de ces procédés demande une attention scrupuleuse pour que ce produit ne retienne pas de sel de plomb. Le deuxième donne un acétate qui contient presque toujours un peu de sulfate de potasse.
L’acétate de potasse est blanc , feuilleté ^ léger. Sa saveur est particulière , piquante; il doit êlre inodore. Exposé à l’air, il en attire très-promptement l’humidité ,* il se réduit en un liquide pesant, visqueux. Exposé à l’action du feu , il éprouve la fusion ; si l’on continue de chauiïèr, on obtient les produits des végétaux, plus de l’ammoniaque, de l’acide acétique, et, selon quelques auteurs , de l’acidè hydrocyanique. Le résidu est de la potasse quelquefois mêlée à du cyanure de potassium (i).
L’acétate de potasse est souvent prescrit comme stimulant à des doses plus ou moins considérables. ^
Ce s(d peut être reconnu, par l’acide sulfurique , qui le décompose en en dégageant l’acide acétique et en formant du sulfate de potasse ; e® par le muriate de
(i) Fait observé plusieurs fois.
platjne , qui donne, avec ce sel, un précipité jaune; 3® par le feu , qui le décompose et le convertit en oxide de potassium. La composition théorétique de ce sel est la suivante :
Acide acétique 5i,5‘2.
Base
ACÉTATE DE SOÜDE.
Terre foliée minérale, acétate de sodium»
Ce sel , qui fut examiné d’abord par Baron ^ était anciennement connu sous le nom de terre foliée cristallisée. Berzelius a constaté qu’il était formé ' de 6 1 ,689 d’acide acétique
et de 38,3 1 1 d’oxide de sodium.
Ce sel se prépare de deux manières : i® par la décomposition de l’acétate de chaux par le sulfate de soude [voyez acide acétique, page 53o) ; *2® en saturant l’acide acétique pur par du sous-carbonate de soude à l’état de pureté ; en filtrant la solution , et en la fai- I sant évaporer jusqu’à ce qu’elle marque 32® à l’aréomètre ; en tirant à clair la solution chaude , et en la portant à l’étuve, pour que la cristallisation s’opère lentement. Il' faut, pour que la solution puisse cristalliser^ qu’il y ait un excès de soude dans la liqueur. Lorsque les cristaux se sont formés , on décante les eaux-mères , qu’on i fait évaporer pour obtenir de nouveaux cristaux. Si les ! cristaux fournis parles eaux-mères étaient colorés, il . faudrait les faire redissoudre et faire cristalliser la soîu-
y 20 MANUEL
lion , OU mieux encore la traiter par un peu de charbon animal lavé à l’acide hydrochlorique , fdtrer, faire évaporer , et eristalliser.
L’acétate de soude est un solide eh prismes striés , qui diffèrent peu par la forme de ceux de sulfate de soude. Sa saveur est acerbe, puis légèrement sucrée; il est soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau bouillante. Cette solution cristallise par refroidissement. Exposé à l’air à l’état de cristaux ^ ce sel n’éprouve pas d’altération. Les cristaux , soumis à l’action du feu , se fondent d’abord , perdent leur eau de cristallisation. Si l’on continue de chauffer, ce sel est décomposé^ en laissant dégager les produits de la décomposition des végétaux et en résidu du carbonate de soude.
L’acétate de soude est employé en médecine dans les mêmes cas que l’acétate de potasse , et à peu près aux mêmes doses.
L’acétate de soude , traité par l’acide sulfurique , est décomposé avec dégagémcnt d’acide acétique et for- ^ mation de sulfate de soude. Ce sel ne précipite pas par le muriate de platine , il laisse en résidu du carbonate à de soude lorsqu’on le calcine dans un creuset.
M ALATES.
Les malates sont le résultat de la combinaison de l’acide malique avec les bases salifiables : un seul de ces malates est employé en médecine. Ces sels sont décomposables par la chaleur, comme les sels végétaux , et donnent par cette décomposition des produits analogues à ceux obtenus des autres sels végétaux.
DU PIIARMA-GIEN.