ATROPINE
Cette substance, qui fut trouvée par Brândes dans \2i belladone , est peu connue. D’après ce chimiste , elle est blanche, susceptible de prendre une forme cristalline , qui est celle d’aiguilles brillantes et transparentes. Elle est insoluble dans l’eau et dans l’alcool à froid , soluble dans l’alcool bouillant. Cette substance est susf ceptible de former des sels réguliers , qui ont la pro-
(i) Les procédés de préparation de ces substances que nous rappor- I tons ici sont ceux consignés dans les auteurs qui ont écrit sur ces proi doits. Nousne pouvons garantir leurexactitude , n’ayant pulesrépéter, ) comme nous eussions voulu le faire , si noos en eussions eu le temps^
MANUEL
priété de dilater la pupille des animaux lorsqu’on applique de ces solutions sur celte membrane.
Divers procédés ont été indiqués pour obtenir coproduit. Le suivant est préférable. On précipite la décoction ou la solution d’extrait de belladone parla magnésie hydratée (i). On recueille le précipité qui se forme, et qui contient l’atropine ; on le lave à grande eau , puis on le lait sécher. Le précipité sec est traité par l’alcool bouillant, qui dissout l’atropine , qu’il laisse ensuite déposer par refroidissement (2).
M. Runge donne le procédé suivant pour obtenir Vatr opine.
On verse dans une solution de sulfate de magnésie de l’hydrate de potasse, mais en quantité telle, que tout le sulfate de magnésie ne soit pas décomposé. On mêle ce liquide trouble, qui contient de l’hydrate de magnésie , des sulfate de potasse et de magnésie à de l’extrait de belladone délayé dans de l’eau. On fait évaporer le mélange jusqu’à siccité , on le réduit en poudre, et on le traite, lorsqu’il est sec, par de l’alcool déflegmé et bouillant ; ce véhicule dissout la matière active , qu’on obtient sous forme cristalline par l’évaporation spontanée.
(1) M. ïlunge , docteiir en médecine, a reconnu que la propriété ^ de dilater la prunelle de l’oeil, possédée par la matière active de la
belladone , est détruite par l’action des alcalis faibles en excès. ( An-' nales de chimie et de physique , septembre, 1824, po-gc 02.)
(2) M. Vauquelin, dans un mémoire publié dans les Annales de chimie, tome 72 , avait reconnu la propriété qu’avait le principe actif de la belladone de se dissoudre dans l’alcool.
Ainsi obtenue , cette substance bleuit faiblement le papier de tournesol , se dissout dans l’eau , et produit des dilatations lorsqu’on l’applique sur la pupijle ; elle forme des sels qui ont la même action sur cette membrane.
On n’ ’a encore fait aucune expérience sur l’atropine. S’il est bien reconnu que les alcalis, même faibles, détruisent les propriétés actives de la belladone , on doit se servir de ces agens dans les cas d’accîdens qui seraient causés ou par la belladone ou par ses préparations.
La propriété que la belladone présente de contracter la pupille doit être employée pour faire reconnaître et l’atropine et les substances dans lesquelles entre la belladone. i
C ASTORI NE.
On a nommé castorine une substance extraite du castoréum par un chimiste italien , M. Bizio. Cette substance a une odeur semblable à celle du castoréum, une ^saveur particulière , analogue à celle d’une’ dissolution de cuivre. Approchée d’un corps en ignition , elle brûle vivement en laissant un résidu charbonneux assez considérable. Elle n’est ni acide ni alcaline , peu soluble dans l’alcool à froid ; l’alcool chaud en dissout davantage : cependant la quantité dissoute n’est pas d’un centième. L’eau en dissout très-peu, même è chaud. Par le refroidissement, une partie delà castorine cristallise en prismes entrelacés , qui , par le plus léger mouvement donné au liquide, s’élèvent du fond , et nagent dans la U -
queur. La dissolution alcoolique , évaporée spontanément, donne des cristaux diaphanes , aiguillés , de plusieurs lignes de long, ayant la forme de prismes entrelacés en faisceaux.
La solution de castorine dans l’éther sulfurique est incolore lorsqu’on la regarde par réfraction , et d’un beau violet par réflexion.
Soumise à l’action des acides ^ on remarque les phénomènes suivans. Avec l’acide acétique , il y a dissolution de la castorine; au bout d’une vingtaine de jours, il se forme de beaux cristaux légers , réunis au nombre de 5 ou 6 formant des étoiles.
L’acide nitrique à froid dissout diflicilement la castorine ; à chaud il y a dissolution sans dégagement de deutioxide d’azote.
L’acide sulfurique concentré dissout la castorine, même à froid ; la liqueur , vue par réflexion , est d’un beau vert , et jaune- vert par réfraction. Si l’on élève la température, il y a carbonisation de la castorine et dégagement de gaz acide sulfureux. En étendant de 4 parties d’eau la liqueur acide , la castorine se précipite. Le précipité est en flocons noirs.
L’ammoniaque , l a potasse ^ la soude , n’attaquent pas la castorine ; mais ils la séparent de la matière résineuse, || si elle en contient. Le même efîet a lieu par la magnésie.
On obtient la castorine en traitant le castoréum divisé en petits fragmens par six fois son poids d’alcool bouillant , filtrant la liqueur alcoolique aussi bouillante , après quelques inslans d’ébullition , la castorine se dépose peu
à peu SOUS forme de petits globules blancs , qui doivent être purifiés avec de l’alcool froid^.
Quand la caslorine n’est pas parfaitement blanche , on peut faire usage du charbon animal.
Quelques personnes pensent que lacastorine pourrait bien être le principe actif du castoréum ; mais il faudrait tenter des expériences pour confirmer cette idée.
On n’a pas encore employé la castorine comme médicament.
cytisine!
La cytisine a été découverte par MM. Chevallier et Lassaigne dans le cjtisus laburnum et dans Varnlca.
Cette substance est d’une couleur jaune , sa saveur est amère et nauséabonde. Exposée à l’air , elle en attire l’humidité ; elle se dissout difficilement dans l’alcool concentré, très-facilement dans l’alcool affaibli. Insoluble dans l’éther^ très-soluble dans l’eau , elle ne lui commu nique ni la propriété de rougir le tournesol^ ni celle de ramener au bleu le papier de tournesol rougi par les acides. Dissoute dans l’eau, elle n’est pas précipitée par l’acétate de plomb , les nitrates d’argent et celui de mercure, le sulfate de cuivre, celui de fer, enfin par les hydrochlorates de baryte , de chaux, d’étain et de stron tiane, etc. , etc.
Cette substance, introduite dans l’économie animale, agit comme vomitif et purgatif; 5 grains causent les mêmes effets que ceux produits par 3 grains d’émétique. 8 grains ont déterminé chez l’un des auteurs de la découverte de cette substance une espèce d’empoisonne-
^ ment, dont les accidens ont été calmés par des boissons acidulées , et particulièrement par l’emploi de la limo-> nade tartrique en grande quantité.