EXTRACTION DE LA CYTÏSINE
On prépare avec les graines de cytise un extrait alcooîiq ue. Lorsque cet extrait est préparé^ on le dissout dans l’eau ; on filtre la dissolution , et on la traite ensuite par l’acétate de plomb. Ce sel s’empare de la matière colorante , et la précipite. On recueille sur un filtre le précipité. On fait passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré ; on sépare le sulfure formé en filtrant le liquide , et on fait évaporer la liqueur à une douce température. Par ce moyen on obtient pour résidu un extrait qui est la cytisine , et qui jouit des propriétés que nous avons rapportées plus haut.
DIGITALINE.
C’est à M. Royer de Genève que l’on doit ce que l’on connaît sur la digitaline. Ce praticien, en traitant la digitale, obtint des résultats qui ont été consignés dans la Bibliothèque universelle des sciences , juin 1824*
Pour obtenir le principe actif de la digitale digitaline, on réduit la digitale en poudre , on l’introduit dans un vase, et on la recouvre d’éther. On laisse agir à froid ce véhicule sur la poudre. Lorsqu’il s’est chargé d’une grande quantité de ce principe ^ on enlève l’éther , on le remplace par d’autre, ejt on aide l’action à l’aide de la chaleur. On laisse refroidir, et on sépare ce liquide.
L^éther qui a servi à ces opérations est coloré , et a pris une saveur amère. Filtré et soumis à la distillation , il laisse un résidu d’apparence résineuse, d’une amertume insupportable. Ce résidu doit être traité par l’eau , qui le sépare en deux parties ; la première , soluble , contient la digitaline mêlée à d’autres substances ; la deuxième, insoluble^ est de la chlorophylle. On sépare celle-ci de la première par la fdtration ; puis on traite par de l’hydrate de protoxide de plomb pour séparer l’acide, d’après M. Royer : l’acide contenu dans la digitale formant un sel soluble avec l’oxide de plomb , ce sel reste mêlé à la digitaline. Pour obtenir cette substance séparée de ce sel , on réduit à siccité la liqueur , et on la traite de nouveau par l’éther rectifié. On obtient pour résultat une solution éthérée; qui contient la matière active de la digitale , dégagée de la plus grande partie des substances qui l’accompagnaient. On fait évaporer , et on obtient une substance brune poisseuse , qui ramène au bleu le papier de tournesol rougi , et qui est d’une amertume extrême. Cette substance ayant été soumise h des expériences physiologiques , on a reconnu qu’elle possédait les propriétés delà digitale. La. digitaline n’est pas encore employée en médecine,