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« sulteraient d’un changement de noms que ru- « sage et le temps ont , pour ainsi dire , consacrés^ a ne doit-on pas craindre d’admettre des noms a nouveaux , sous prétexte de plus de régularité « dans l’expression ? Un autre motif qui doit en- « gager à suspendre toute innovation se tire des « erreurs qui peuvent résulter dans la pratique « médicale. » Nous avons conservé les noms anciens, quelque insignifians qu’ils soient, parce que nous croyons qu’il est dans l’intérêt de l’humanité que le langage pharmaceutique soit populaire. Si nous avons employé les mots solutum^ maceratam^ digestunij, c’est que nous avons pensé qu’il n’était pas permis de confondre l’opération et songroduit sous une dénomination commune; que les mots infusum et decoclum sont généralement admis ; enfin que ces noms étant tirés delà langue latine , généralement familière aux élèves, leur seraient' facilement intelligibles.
Nous avons divisé les rnédicamens d’après leur mode principal de préparation. En séparant la solution de l’extraction , nous avons eu moins égard à la différence des procédés qu’à la différence d’as-
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peet qu'offrent les produits. Nous n'avons donné
des formules quepour servir d’exemples; et si noos nous sommes bornés à indiquer les substances qui entrent dans k composition des médicamens sans en fixer les doses , c’est que les élèves sont censés les connaître , ou devoir recourir au Codex, Nous nous sommes particulièrement attachés à bien décrire et bien raisonner les modes de manipulation , à bien faire comprendre les phénomènes qui se passent dans les opérations pharmaceutiques ; à faire connaître la composition des produits qui en résultent, et la théorie de leur formation.
En indiquant plusieurs procédés pour la préparation du même médicament , notre intention a été de faire sentir les avantages et les inconvéniens que chacun d’eux présente, afin d’accoutumer les élèves à ne pas adopter ou rejeter sans réflexion les innovations qu’on voudrait introduire dans la pratique de la pharmacie, et les engager à se défier de leur imagination.
Loin de nous laprésomption de croire que même pour la pharmacie notré manuel suffise aux phar-
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maciens ; l’ouvrage de M. Virey se lira toujours avec plaisir , et ne se consultera jamais sans fruit. Il en sera de même de celui de Carbonell , surtout depuis que M. H. Cloquet l’a enrichi de notes précieuses. Mais nous avons cru qu’il nous était permis d’offrir quelques résultats de nos observations. Comme nous l’avons déjà dit, nous avons travaillé dans l’intérêt des élèves et pour la prospérité de la pharmacie ; si quelques erreurs nous sont échappées , loin de nous plaindre des critiques qu’on voudra bien nous adresser , nous les recevrons avec la modestie et la* reconnaissance qui conviennent à des jeunes gens qui, pour premier savoir, sont convaincus qu’ils ont encore beaucoup à apprendre.
INTRODUCTION
Là pharmacie est im art qui consiste dans rappiica-” îîon des sciences physiques et naturelles à la préparation et à la conservation des médicamens.
On la divise en théorique et en pratique. La première nous indique les préceptes , et nous explique les phénomènes ; la seconde ne s’occupe que de l’application des préceptes. Elles sont inséparables l’une de l’autre , car il est impossible de préparer un médicament si l’on ignore les règles auxquelles sa préparation est soumise , et la connaissance des règles devient inutile si l’on ignore la manière de les appliquer.
On appelle médicament toute substance capable d’opérer une médication, c’est-à-dire un changement im-' médiat dans les propriétés vitales. C’est par les résultats qu’ils donnent, et non par leur nature, que les médicamens peuvent se distinguer des poisons ; car , selon les circonstances dans lesquelles on les administre, les doses auxquelles on les prescrit, la manière dont on les prépare , ils peuvent anéantir la santé ou détruire la vie, comme le ferait la substance la plus vénéneuse ; tandis qu’entre les mains du praticien habile ,4es poisons opèrent souvent les médications les plus heureuses.
On a long-temps cherché à classer les médicamens d’après leurs propriétés médicinales. M. Cap de Lyonü prouvé que le manque de faits et le défaut d’observa-
ÏNTRODUCÏÏON.
doDs posUives s’opposent, pour le moment du moins, à une classification semblable. Ainsi l’on ' se borne à les diviser d’après le nombre de substances qui les ferment et le temps pendant lequel on peut les conserver.
Les médicamens sont simples ou composés. Les simples sont ceux qui ne sont dus qu’à une seule substance; les composés , ceux qui résultent de plusieurs substances mélangées , comme les électuaires ; ou combinées , comme les emplâtres et les sels. Tandis que les premiers n’ont besoin que d’une manipulation facile , telle que la macération , l’infusion , la pulvérisation , etc. , qui ne changent en rien leurs propriétés médicinales ; les secondes exigent en général , une manipulation longue et compliquée, qui quelquefois modifie leurs propriétés , et souvent même leur en donne de tout-à-fait étrangères à celles de leurs composans. .
Les uns et les autres se subdivisent en magistraux et en officinaux.
hes magistraux, aclironizoïq lies (CnÉREàu) se préparent instantanément. Ils varient selon l’âge, le tempérament du malade , la nature de la maladie j enfin selon la volonté dmmédecin qui peut changer les substances ou en modifier les doses, ils ne se conservent pas longtemps enlson état ,,^ussi sonl-iis destinés à être employés de suite. C^st dans; oétte classe que sont rangés lesioochs, les tisanes , les juleps , etc.
Les officinaux ou chronizoïques (de durer
long-temps) se trouvent toujours prêts dans les pharmacies , soit parce qu’on ne peut se procurer qu’une fois
INTRODUCTION
Fan les suLsiances qui les composent (Ex. : le sirop de violettes) , soit parce que leur préparation exige trop de temps pour se faire au moment de les employer (Ex. ; Femplâlre simple) . Leur composition ne varie pas , elle est fixée par les formulaires. Lorsqu’ils sont bien faits , cl l’aide de quelques précautions ils se conservent fort long-temps sans se détériorer; plusieurs même acquièrent par là des propriétés nouvelles , telle est la thériaque, qui en vieillissant offre une vertu calmante plus prononcée.
Les substances médicamenteuses sont celles qui possèdent des propriétés assez marquées pour être susceptibles de servir à former des médicamens. Mais pour cela il faut qu’elles aient été disposées convenablement par une opération pharmaceutique.
Les opérations ou procédés pkarmaceiitiqiiessoïïïlQs moyens à employer pour développer dans une substance les propriétés médicinales €|u’elle renferme déjà, ou pour lui en communiquer de nouvelles par son mélange ou sa combinaison avec d’autres corps. Pour y parvenir , il est évident qu’il faut consulter la constitution chimique et les propriétés physiques des corps sur lesquels on opère , et tenir compte de toutes les circonslances qui peuvent influer sur le succès de ropéraliüiî,,ou sur la nature du produit. Parmi ces circonstances , les plus importantes à considérer sont fa présence de l’air , la conduite du feu , la forme des înstrumens dont on se sert et la matière dont ils sont formés , la quahtité de substances qu’on emploie, et les réactions qu’elles peuvent exercer les unes sur les autres.
INTRODUCTION
On connaît cinq procédés généraux pour la préparation des médicamens. Le premier consiste à détruire l’agrégation des molécules intégrantes des corps ; le second , à séparer les principes actifs de ceux qui ne le sont pas, ou qui ne le sont qu’à un moindre degré; le troisième , à diviser dans un liquide approprié à leur nature tout çe qu’ils renferment de soluble ; le quatrième , à les mélanger à d’autres corps ; le cinquième, à les combiner avec eux. Ces cinq procédés , dont tous les autres ne sont que des modifications, prennent les noms dec^tviston , extraction y solution^ mélange^ combinaison.
MANUEL
DU