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PILULES

Les pilules sont des médicamens de forme ronde , de consistance presque solide , obéissant pourtant à la

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pression des doigts , et donnés aux malades sous un pe* fit volume. Elles se composent de poudres mêlées avec soin et liées entre elles à l’aide d’un extrait, d’un sirop, d’un mucilage , du miel ou d’une conserve. Du mélange de ces différentes substances résulte une masse qu’on peut manier facilement sans qu’elle adhère aux doigts, et qu’on divise en globules du poids d’un grain jusqu’à six. Les bols ne diffèrent des pilules qu’en ce qu’ils sont plus volumineux et plus mous , ce qui fait que , pour les prendre plus aisément , on les enveloppe souvent dans des hosties.

L’avantage qu’offrent les pilules est de faciliter l’emploi de quelques substances d’une saveur âcre et amère qu’il serait impossible d’administrer sous une autre forme. C’est ainsi qu’il serait bien difficile de faire prendre à un malade de l’aloès en poudre, tandis qu’il le prend très-facilement sous forme pilulaire.

Les pilules peuvent être magistrales ou officinales. Les premières sont celles qui se trouvent préparées d’avance dans .les pharmacies,* on peut les conserver dans un parchemin imbibé d’une huile pure , comme le recommande le Codex, ou mieux encore dans de petites boîtes d’étain fermées à vis. Leur composition est indiquée par les formulaires. Les secondes , c’est-à-dire les magistrales, se préparent au moment même où le malade doit en faire usage : leur composition est très-variée , c’est l’ordonnance du médecin qui fixe la nidure et les doses des substances. La préparation des unes et des autres est soumise aux règles suivantes.

1® Toutes les poudres doivent être très-fines et parfai-

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tement mêlées. Si elles étaient trop grossières , elles fatigueraient l’estomac , et si le mélange n’était point exact , le malade serait exposé à des dangers , surtout si dans les pilules il entrait une résine , comme celle de jalap , ou un sel , comme le sublimé corrosif.

2® On doit éviter d’incorporer dans les pilules des sels déliquescens qui , en attirant l’humidité de l’air , les ramolliraient, et détermineraient leur décomposition.

5® Ne jamais faire entrer dans leur composition des mucilages, qui, leur donnant une trop grand dureté, les rendraient sans action. Il vaut beaucoup mieux que les pilules soient trop molles que trop dures.

4° Toutes les substances doivent être bien incorporées , et pour cela il faut jb^tre la masse jusqu’à ce qu’elle se détache aisément du pilon et du fond du mortier. On reconnaît que le mélange est intime lorsqu’en coupant la masse les surfaces mises à nu n’olFrent aucun point de nuance différente. Plus les pilules ont été battues , plus elles sont faciles à rouler.

5° Toutes les pilules doivent avoir le même poids et le même volume, afin que , si la prescription reste la même, le malade ne prenne pas une dose de médicament plus forte un jour qu’un autre.

G® Après leur division, il faut les rouler dans le lycopode ou la réglisse ; on peut les envelopper de feuilles d'or ou d’argent lorsqu’elles ne ^contiennent ni sels mercuriels , ni préparations de soufre. En entourant les pilules de poudres ou de feuilles métalliques, on se propose un double but : le premier , d’empêcher qu’el-

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les ne se réunissent en masse ; le second , d’éviter qu^eiï

passant dans le gosier du malade elles n’y laissent une

saveur désagréaÎ3le. <

7” On doit avoir grand soin de n’employer pour la préparation des pilules que des mortiers qu’elles ne puissent point attaquer.

Exemples..

* Pilules mercurielles du Codex. Ces pilules se composent de mercure, d’agaric, d’aloès , de cannelle, de macis et de miel. On triture daiis#un mortier de fer le mercure avec le miel. Lorsque l’extinction du métal est achevée , et qu’à la loupe on n’en aperçoit aucun globule , on réunit toutes les poudres , et on les incorpore dans le mélansie de mercure et de miel. On continue de battre la masse jusqu’à ce qu’elle soit bien homo-, gène et bien liée. Si l’on veut que chaque pilule soit de 4 grains, comme les piluliers offrent 56 cannelures ,

Qu

on divise toute la masse en portions de 2 gros ; on les roule en petites baguettes d’une grosseur égale dans toute leur longueur , et on les coupe en 36 pilules.

Pilules balsam iques de Morton. Ces autres en ce que les poudres ne sont pas liées par du sirop , du miel ou un extrait, mais par une huile essentielle

sulfurée. Cette huile est celle d’anis , généralement dé-

signée sous le nom de baume de.*soufre anisé. Pour préparer ces pilules, on pulvérise séparément les cloportes , le safran , la gomme résine amiboniaque et le baume sec du Pérou; on les réunit en une seule poudre, dans laquelle on triture l’acide benzoïque. On verse

par petites portions le baume de soufre , et l’on bat la masse jusqu’à ce qu’elle ait acquis une consistance con* venable. Pour que ces pilules soient bien liées , il faut les battre long-temps : la chaleur produite par la percussion ramollit la gomme ammoniaque , et facilite son union avec le baume de soufre , car les huiles ont la propriété de dissoudre un peu les gommes-résines. Par la même raison , au lieu de se servir d’acide benzoïque très-blanc, il est préférable de prendre celui qui provient des dernières sublimations , et oui est coloré et plus odorant. Lorsque la masse se pétrit facilement, qu’elle est bien unie , on l’enferme dans des pots couverts, afin de lui conserver son odeur, qui réside particulièrement dans l’acide benzoïque.

Pilules hydra^ôgues de Bontius. On dissout à l’aide du feu dans du fort vinaigre l’aloès , la gommç-gutte et la gomme-résine ammoniaque ; on passe à travers un linge serré , on remet du nouveau vinaigre sur le résidu , on chaulTe et l’on passe comme la première fois. On réunit les àçiux solutum , qu’on évapore en consistance pilulaire.

En peu de jours la masse se durcit, au point de devenir friable. Lorsqu’on veut la diviser en pilules pour Je service journalier de la pharmacie, il faut la réduire par trituration en poudre très -fine , y ajouter quelques gouttes d’alcool , et battre très-fortement. On obtient une masse qui ne se ramollit qu’aulant qu’on î’échaufle. On peut cependant la diviser en pilules. Plus celles-ci seront dures , mieux elles conserveront leur forme. Si on les veut très-rondes , il faut les diviser sans

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les rouler, les porter à l’étuve sur des plaques de fer- Llauc , et lorsqu’elles sont sèches et cassantes , les arrondir les unes après les autres par la seule chaleur des doi gts. Le sirop ne peut pas servir à lier ces pilules, car les substances qui les composent sont résineuses et par conséquent solubles dans l’alcool,

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