MÉLANGES* GRAS
Cérats, pommades ^ on^uens ^ baumes.
Les cérats , les pommades , les onguens et les baumes sont des médicaroens officinaux qui ont pour base les corps gras, et dont la consistance est assez moîle pour qu’ils puissent se fondre sur la peau.
Ces composés sont nombreux , et dans toutes les pharmacopées leurs caractères sont mal déterminés et leur classllication très-confuse. Nous les diviserons en trois ordres , en donnant h chacun un nom qui indique les principales substances qui le composent : savoir , lesoléô-cérats, les graisses médicamenteuses et les oléorèsineux. c
OLÉO-CÉRATS^ OU CÉRATS.
Les oléo-cérats , comme leur nom nous l’indique , se composent d’huile et de cire, auxquelles on ajoute quelquefois des eaux, des poudres, des oxides métalliques, des sels ou des extraits.
L’huile doit être cellq d’olives ou d’amandes douces, jamais les huiles siccatives , qui , par leur prompte rancidité, communiqueraient de l’âcreté au médicament. La cire peut être blanche ou jaune. La première donne un cérat blam^, la seconde en donne un coloré, mais qui retient quelque chose de l’odeur agréable de la cire brute.
tHI PHARMACIEN. 33 l
Règles à suivre pour ta préparation des oléo~
cérats.
1° La cire et l’huile doivent être très-pures.
2® Opérer leur mélange par solution à l’aide d’une très-douce chaleur.
3® Si l’on veut incorporer de l’eau dans le mélange ^ augmenter la proportion d’huile. C’est ainsi que le Codex prescrit pour le cérat sans eau 4 onces de cire et 12 d’huile, tandis que pour le cérat avec de l’eau, la quantité de cire restant la même, il augmente la dose d’huile de 4 onces.
4“ N’ajouter l’eau que par petites portions et toujours en battant la masse, afin d’y introduire de l’air , qui la rende plus blanche et plus légère.
5® Si l’on veut incorporer dans un cérat des extraits ou des sels , les dissoudre dans un peu d’eau ou un peu d’alcool , selon leur nature , afin que leur division soit plus exacte , et le mélange plus homogène.
^^xempLe.
Cérat blanc, ou cérat de Galien. On prend la cire blanche en tablettes , connue dans le commerce sous le nom impropre de ciVe -y î’erg^e. On laçasse en menus morceaux , qu’on met avec l’huiîe dans une terrine vernissée sur les cendres chaudes , ou au bain-marie dans un poêlon d^étain ou de cuivre étamé. Pendant que la solution s’opère , on chaufTe un mortier de marbre et son pilon avec de l’eau bouillante. Lorsque la cire estfondue^ on
MANUEL
enlève l’eau du mortier , on l’essuie avec soin^ on place sur ses Lords un carrelet garni d’une toile serrée à travers laquelle on verse l’oléo-cérat liquide , afin de le séparer des petites impuretés qui troubleraient sa blancheur. On agite circulalrement et avec précaution le mélange en ayant soin de détacher des parois du mortier et de la tête du pilon les premières portions qui s’y concrètent , et de les faire retomber dans la portion encore liquide, afin que tout se refroidisse également , et offre la même consistance. Sans cette attention , il se forme des grumaux qu’il est impossible de faire disparaître. Lorsque le mélange est lisse et bien uni, on y incorpore l’eau par petites portions , en agitant fortement et dans tous les sens. A chaque addition d’eau, le cérat blanchit. II est bien fait lorsqu’il est d’une blancheur éclatante, parfaitement uni, et que l’eau ne s’en sépare pas. On reconnaît qu’il est assez battu lorsqu’on levant brusquement le pilon il y adhère. C’est l’eau ordinaire qu’on incorpore dans le cérat de Galien , on peut cependant employer celle de roses , cpii lui donne une odeur suave.
' Si le mortier et son pilon ne sent pas très-polis , qu’ils offrent quelques fissures ou seulement un petit trou , le cérat est toujours grumelé , parce qu’une petite quantité de cire s’y incruste , s’y solidifie , et que , détachée par la trituration , elle se divise en petits fragmens qu’il est impossible d’écraser , et qui forment des grumeaux toujours désagréables à l’œil.
Lorsqu’on opère sur de petites quantités , il est préférable de ratisser le mélange solide d’huile et de cire.
A cet effet, lorsque la solution est achevée , on agite circLilairement le mélange avec une spatule d’ivoire , afin d’éviter que par le refroidissement une portion de cire ne se fige h la surface. L’agitation doit se faire circulairement. Par là on imprime à l’oléo-cérat liquide un mouvement de tournoiement qui rassemble en un seul point au fond du vase toutes les impuretés. Lorsque îe mélange est solidifié , on le ratisse légèrement , on le bat dans un mortier , et on y incorpore l’eau à la manière ordinaire.