V SOUFRE
Ce corps se trouve souvent dans la nature mêlé avec des substances étrangères. On le rencontre aussi quelquefois à l’état de pureté , et cristallisé régulièrement. Connu depuis un temps très-éloigné , on a longuement discuté sur sa nature et sur sa composition présumée.
Le soufre est d’une belle couleur jaune, qui se rapproche beaucoup de celle du zeste de citron. Ses caractères sont distinctifs , et permelleut de le reconnaître facilement. Il est lusible à la température de 90®. Si on le met en contact javec un corps en ignition, il brûle avec une flamme bleue , et donne naissance par celte
combustion à un- acide particulier nommé acide sulfureux.
Le soufre est employé par le pharmacien sous deux états ; le premier , coulé en cylindres , se nomme soufre en canon ^ le deuxième, à rétat^pulvéruîent , est appelé fleur de soufre. Auirefois , pour oblenir ce dernier produit, on sublimait le soufre dans un appareil formé de vases nommés plaças les uns sur les autres. A la partie in-
férieure était placé le soufre ,qui, chauffé , se réduisait en vapeurs, et se condensait dans les pots supérieurs. La méthode qu’on emploie aujourd’hui n’est plus la même ; elle est plus économique. Employée en 1806 par M. Boffe de Marseille , elle consiste à sublimer le soufre dans une chambre voûtée faite exprès ; la vapeur de ce corps , qui s’élève d’une chaudière dans la chambre , se condense par le refroidissement , et se dépose sur les parois , d’où l’oiiipeut l’enlever. Si l’on continue la sublimation pendant un long espace de temps , le soufre sublimé se liquéfie, et coule à la partie inférieure de la chambre , où | se trouve une canelle qui sert h le retirer liquide. Alors on le reçoit dans des moules en bois, où il prend , forme cylindrique. Le soufre pendant sa sublimation rencontre dans la chambre ou dans les vases dans lesquels on le sublime de l’air avec lequel il se combine, et donne naissance à de très - petites quantités d’acide, mais qui peut varier selon les circonstances. L’acide formé pendant cette opération a été désigné par tous les chimistes sous le nom diacide sulfurique. Pour l’enlever aux fleurs de soufre , on opère comme il suit. On met dans une terrine de grès une certaine quantité de
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cette substance, on y ajoute très-pou d’eau, on malaxe , et quand tout le soufre est Lien mouillé ,'on ajoute une nouvelle quantité de liquide; on jette le tout sur une toile tendue au-dessus d’un carré, on laisse égoutter. On termine le lavage en versant de l’eau sur le filtre jusqu’à ce qu’elle cesse de rougir la teinture de tournesol. Quand le filtre est égoutté, on le déploie sur une claie garnie de papier, et on étei^le soufre de manière à lui faire présenter plus de surface. On le porte alors à l’étuvc , ou il se dessèche. Lorsqu’il est bien sec , on le triture dans un mortier , et on le met dans un bocal de verre qu’on ferme avec un Louchon de liège.
L’analyse du soufre brut étant souvent demandée aux pharmaciens par les fabricans d’acide sulfurique , qui, dans leur fabrication, doivent avoir égard à la pureté de cette substance , voici comme qii l’opère. On pulvérise un échantillon commun pris dans plusieurs parties de la masse de soufre dont on veut apprécier la valeur ; on en pèse exactement une quantité quelconque, 100 grammes, par exemple; on le dessèche à l’étuve sur un bain de sable ou sur la table d’un poêle. On reconnaît la perte qu’il a éprouvée par l’évaporation de l’eau qu’il contenait. Supposons qu’elle soit égale à 4
centièmes , on opérera la combustion complàte des 96
de soufre dans une capsule de terre cuite ou de platine, placée sur des charbons ardens et à l’air libre, sans élever la température jusqu’au rouge-brun. Après le refroidissement , on pèsera le résidu de la combustion , et l’on ajoutera le poids trouvé à celui qui a été perdu par la dessiccation. Si le poids de ce résidu est égal à 5,
et qu’on les additionne avec les 4 perdus par la dessiccatien , on aura uae perte égale à 9 grammes. On pourra conclure de celte expérience que le soufre essayé contenait au plus 100-9 9^ centièmes de soufre pur.
Si l’on veut obtenir des résultats plus exacts , on prend un poids donné de soufre, on l’introduit dans une pe» tite cornue de verre; on adapte à la partie inférieure de la cornue un ballon surmonté d’un tube de sûreté, dont on fait plonger l’extrémité dans l’eau. On lute les jointures. On chaulTe la cornue pour volatiliser le soufre. Quand toutes les parties volatiles sont passées, on arrête le feu , on laisse refroidir l’appareil, ensuite on le délute, et on pèse séparément et le soufre et le résultat de la distillation. On voit par les rapports obtenus
quel e^'t le degré de pureté de ce corps.
Soufre hydraté, magistère de soufre. On obtient ce soufre en décomposant l’hydrosulfate de potasse ou de soude par le vinaigre. Four cela on dissout dans l’eau une certaine quantité de sulfure de potasse ou de soude , on filtre la dissolution, et lorsqu’elle est filtrée on la place dans une terrine sous le manteau d’une cheminée, on verse peu à peu de l’acide acétique dans la liqueur , jusqu’à ce qu’il n’y ait plus dégagement de gaz. L’acide acétique se combine à la potasse, en dégage l’acide !ijdr O sulfurique y et le soufre se précipite; on recueille ce précipité sur un filtre , et on le lave avec de l’eau bouillante jusqu’à ce que celle-ci on sorte claire, limpide, inodore. On laisse égoutter, on presse le filtre , et on le porte à l’étuve.
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