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PHOSPHORE

Le phosphore est un corps combustible d’une nature particulière. Sa couleur est d’un blanc jaunâtre^ sa consistance est celle de la cire. 11 brûle de 20 à 2 0° avec une fumée blanche et une odeur d’ail. 11 fut découvert en 1669 par Brandt, puis par Runkel. Avant que Kraft, qui avait acheté le secret du premier , eût publié le procédé de son extraction, cette substance se retirait des urines et des autres excrémens. Schéele et Ganh ayant reconnu que la charpente osseuse de l’homme et des animaux était composée de chaux et d’acide phosphorique , on la retira depuis des os avec plus de facilité et plus abondamment. On emploie pour l’obtenir le mode de préparation que nous allons décrire. On calcine jusqu’au blanc des os de bœuf, de mouton , etc. Lorsqu’ils sont calcinés , on les réduit en poudre fine ; on les met dans une cuve évasée , et on verse dessus de l’acide sulfurique étendu de 4 parties d’eau dans les proportions d’une parti"' d’acide à 6(3° pour une de phosphate de chaux calciné. Une portion des os est décomposée. L’acide sulfurique s’empare de la chaux , et forme un sulfate très-pau soluble , qui se précipite. Les acides carbonique et phosphorique sont mis à nu. Le premier, qui est volatil , se dégage ; le second reste dans la liqueur , tenant en solution une partie de sulfate et de phosphate de chaux. On laisse réagir le mé-

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lange pendant deux ou trois jours , en ayant soin de remuer de temps en temps. On tire îa liqueur à clair au moyen d’un siphon ou à l’aide d’une canelle placée sur les côtés de la cuve et au-dessus du dépôt; on lave le marc à plusieurs reprises jusqu’à ce que l’eau soit limpide ; on réunit toiïlcs ces eaux, on les évapore dans des chaudières de plomb , la lîqueurse trouble, et laisse déposer un précipité qui est du sulfate acide de chaux. Le dépôt formé , on enlève la liqueur claire , on la fait évaporer jusqu’à siccité ^ on dessèche forlement le résidu , on le mêle avec le quart de son poids de charbon ; on calcine légèrement , puis on introduit de ce mélange dans une cornue de grès futée bien également avec un lut formé d’argile , de sable , de bouse de vache ,

et d’un 10® de borax. On en met jusqu’aux deux tiers de sa capacité ; on la place dans un fourneau à réverbère , et on chauffe fortement. On adapte au col de la cornue un récipient aux trois quarts rempli d’eau , dans laquelle le bec de rappareil doit ploogèr. On chauffe d’abord modérément pendant quelques heures, on augmente ensuite le feu de manière que, 5 à 6 heures après, la température y soit élevée au plus haut degré possible.

Pendant l’opération , il y a dégagement d’une grande quantité de gaz oxide de carbone et d’acide carbonique , enfin des gaz hydrogène carboné et phosphore^ qui s’enflamment et brûlent. Lorsqu’on opère sur lo à î2 ife de matières, et qu’on soutient le feu pendant 5o à 56 heures , l’on obtient de 5 à 6oo grammes de phos-. phore. Les premières portions de ce corps qui se dégar gent sont assez pures ; aiais les dernières sont toujours

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salies par du charbon qu’elles entraînent. Cette opérationse fait dans un fourneau construit de manière à contenir plusieurs cornues à la fois , dans l’intention d’obtenir une plus grande quantité de phosphore par une seule opération, et à moins de frais.

Le phosphore ainsi obtenu n’est pas à l’état do pureté; pour l’y amener, on pourrait le distiller après l’avoir introduit dans ui>e cornue , en ayant soin que pendant la distillation le bec de la cornue fût plongé dans l’oau , et nue le phosphore en fusion ne pût avoir le contact de l’air. Mais ce moyen , qui peut causer des accidens, n’est pas employé. Le procédé le plus simple consiste h faire passer le phosphore à travers une peau de chamois. Pour cela on le lOf^t dans celte peau^ on en fait un nouet sous l’eau of= élève la temnérature

jüsqii’ès 45®, on presse ensuite doücement, en ayant soin de ne pas laisser sortir le nouet hors de l’eau. Le phosphore passe à travers la p€;au, privé de la plus grande partie du charbon et d’une combinaison de phosphore et d’oxigène. Cependant tout le charbon n’est pas enlevé , et le phosphore ^ quoique transparent , en contient encore quelques traces (1). Les matières étrangères qui salissaient le phosphore restent au fond de la peau de chamois. Lorsqu’on a purifié le phosphore , on le réduit en petits cylindres. Pour cela , on lient le phosphore fondu sous l’eau , par aspiration on le fait monter dans un tube ; on a soin de le placer dans ce tube entre deux couches d’eau , l’une qui recouvre la

(1) Quelques chimistes pensent que ce carbone est en combinaison avec le phosphore, et que ce n’est pas un simple mélange.

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partie supérieure , et l’autre la partie ioréricure. On porte ensuite le tube dans de l’eau froide. Le phosphore se solidifie , et on le fait glisser et sortir du tube au moyen d’un bâton de verre qui entre fécilement dans ie tube cylindrique qui sert h moulér le phosphore.

Le phosphore ainsi obtenu doit être conservé â l’a-

bri de la lumière , recouvert d’eau , qu’il faut avoir soin d’employer à Létal de pureté.

L’emploi de cette substance est peu considérable pour l’usage médical. On en fait une plus grande consomma lion pour la préparation des briquets fjues, qui se préparent de diverses manières. La plus sim ale consiste à introduire une pètiie quanlilé de phosphore dans un tube de plomb; de la comprimer, pcuren détacher au besoin quelques paroclles au moyen dhiiie allumettb. Quelquefois on introduit du phosphore dans un flacon de plomba et on îe fait passer à la couleur rouge, en l’agilaut avec un fer chaud jusqu’à ce qu’il ait acquis cette couleur ; ou bien encore c’est un mélanüre de phosphore et de magnésie Ou de chaux, qu’on opère de la manière suivante. On introduit dans un petit vasè*d§ verre un cyliiKlre de phosphore; on y ajoute ensuite une petite quantité de magnésie équivalant au tiers. On fait chauffer un fil de fer ; et quand il est bien rouge , on a soin de remuer le mélange fondu , afin que la magrîésie ou la chaux puisse être exactement mêlée avec le phosphore. Quand ce mélange est opéré, on laisse refroidi rie briquet, quin’a besoin , pourenflammvcr le soufre, que d’êlre mis en contact avec une aüumetïe ordinaire.

Tous ces briquets s’altèrent par le contact de l’air ; attirent rbumiclilé, et ne donnent plus de bons résultats au bout de quelque temps. Les briquets oxigénés , Rappelés mal à propos phospkorlques , sont préférables , et ne donnent pas lieu à autant d’accidens que ceux dont on vient d’indiquer la composition.

Les médicamens qu’on prépare avec le phosphore sont l’éther et l’alcool phosphorés. 1^’élher phosphoré est préparé avec l’éther rectifié , et contient de 5 à 6 grains de phosphore Dar once de ce véhicule. Ces remèdes ne sont pas sans danger; c’est pourquoi on oe doit les administrer qu’avec les plus grandes précautions. L’alcool qui a séjourné sur le phosphore est quelquefois employé. Il serait nécessaire que la thérapeuliqne s’exerçât sur ces médicamens, pour qu’on put en bien connaître ies effets à diverses doses et dans différentes circonstances.

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