‹ Manuel du pharmacienChapitre 82 sur 266 · ENTRE EUX · texte numérisé non relu

ENTRE EUX

CHLORURE d'an TI MO FNE.

Beurre d’ant imo ine.

Plusieurs procédés ont été successivement employés pour obtenir le chlorure d’antimoine, nommé beurre d^antimoine , à cause de la propriété qu’il a de se liquéfier à une douce chaleur de la même manière que les substances butyrcuscs , puis de se coaguler par refroi-

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disseaient. Le premier de ces procédés consiste à mêler de ranlimoino méiallicjue avec du sublimé corrosif , et à distiller ce mélange, qu^on introduit dans une cornue. Pour cela on mêle 56 parties d’antimoine bien pulvérisé avec 96 parties de sublimé corrosif ( perchlurure de mercure) .On observe qu’il y a production de chaleur. On introduit le mélange, fait bien exactement, dans une cornue de verre^ ayant lë soin de ne pas salir le col de la cornue. On place celle-ci au milieu d’un bain de sable^ et on y adapte un récipient. On chauffe d’abord doucement, ensuite on élève «;raducilement la teranérature. On obtient un liquidc épais , d’apparence graisseuse , qui se fige dans le récipient , et quelquefois dans le col delà cornue. Pour éviter que ce dernier n’en soit obstrué , ce qui pourrait donner lieu à la rupture dé ce vase , on détermine la fusion du produit en échauffant le col de la cornue à l’aide de charbons en ignition , qu’on présente successivement sur les différens côtés. Quand le produit est passé , on arrête l’opération et 011 démonte l’appareil : on a dans le récipient le produit de la distillation, qui est le beurre d’antimoine, quelquefois coloré. Dans ce cas, 011 le distille de nouveau pour robteuir d’une belle couleur blanche. Pour cela ou coule le chlorure dans une cornue lubulée ; on la place, comme précédemment, sur un bain de sable. On procède à la distillation comme dous l’avons dit plus haut. Le résidu qui se trouve dans la cornue est un mélange de mercure et d’antimoine , plus une petite quantité d’arsenic, si ranlimoine métallique en contenait. Lorsque le beurre d’antimoine est passé à la distillation, on change de récipient , et la cor-

Dü PHABMACIEN. SgS

îlue étant chaiiiTée fortement , on obtient ie mercure métallique , qui est également distillé.

Ce moyen de se procurer le beurre d^anlimoine n’est plus guère employé , et celui décrit par un chimiste distingué , M. Robiquet, mérite la préférence. Le voici tel que ce savant Fa consigné dans le Dictionnaire technologique, On introduit dans un ballon de Facide hydrochloro-nitrique préparé avec i partie d’acide nitrique et 5 d’acide hydrochlorique. On place le ballon s6iis la hotte d’une cheminée bien tirante, pour que les vapeurs puissent se dégager et ne pas incommoder le préparateur. On ajoute ensuite peu à peu de Fantimoioe en grenaille , en ayant soin de n’en mettre ni trop ,ni trop peu , afin que Faction soit modérée , et que Facide puisse se saturer de Foxide du métal sans en suroxider une portion. Quand il n j a plus de dégagement de gaz , et que les vapeurs^ nitreuses ont cessé , on laisse déposer. La solution du chlorure se sépare du métal ; en décante ; on évapore le liquide dans un vase qui ne puisse point être attaqué ; et lorsqu’il se prend en masse , on l’introduit dans une cornue au moyen d’un entonnoir à longue tige; on y adapte un récipient , et on la place sur un bain de sable, qu’on chauffe commenousl’avons exposé. Une portion passe à l’état liquide ; on fractionne ce produit, et on obtient ensuite du chlorure d’antimoine blanc et concret.

Le beurre d’antimoine se conserve dans des vases fermés bien hermétiquement. Exposé au contact de Fair, il en attire fortement l’humidité. Son action sur l’économie animale est très- forte. On ne doit l’employer

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qu’à Texlérieur , el appoiier dans son usage de grandes précautions.

Cette substance est employée par les armuriers pour bronzer le fer. Sa coloration n’est pas un inconvénient dans ce cas ; il y a même quelques armuriers qui le préfèrent ainsi.

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