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CHLORURE DE CHAUX

Ce chlorure , qu’on connaît depuis long-temps , et qu’on désignait sous le nom de muriate de chaux sec et fondu , ayant une grande affinité pour l’eau , est employé avec succès pour enlever ce liquide aux gaz qui le tiennent en dissolution , et pour sép^irer l’eau des liquides alcooliques. C’est pour l’employer à ces opérations , et quelquefois comme médicament contre les scrofules , que le pharmacien le prépare de la manière suivante.

On met dans une terrine de grès de l’acide hydrochlorique élendu de moitié son poids d’eau. On ajoute peu à peu à cet acide du carbonate de chaux, blanc de Meudon (on peut aussi se servir de marbre blanc), jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’effervescence. On recommande ici d’ajouter peu à peu le carbonale de chaux, pour éviter que le dégagement d’acide carbonique déplacé par l’acide hydrochîorîq^e ne soit trop considérable : sans celle précaution, l’acide, se dégageant avec trop de violence, souleveraitle liquide en entraînant avec lui une partie qui dépasse les bords de la bassine , et se répandrait. On filtre la liqueur, qui est de l’hydrochlora te de chaux; oo évapore jusqu’à sicclté ; on enlève la masse

obtenue , on Tintroduit dans un creuset , et on chaulTo forlement. 11 y a .décomposition de l’oxide de calcium par l’hydrogène de l’acide hydrochloricjue , formalion d’eau, qui se volatilise, et production d’un combiné de chlore et de calcium. On coule ce produit sur unepla^ que de marbre, on le casse en morceaux, et on l’enferme avec soin dans un vase hermétiquement fermé : sans cette précaution , il absorbe l’humidité de l’air , change d’état, et n’est plus convenable à l’emploi pour lequel il est destiné.

On peut encore obtenir le chlorure de chaux en dissolvant dans l’eau le résidu de la distillation du sel ammoniac avec la chaux. On filtre , et on opère de même que nous l’avons dit plus haut.

s O U s - B I C H L 0 R U R E DE CHAUX.

Ce combiné est connu depuis long - temps en Angleterre sous les noms de poudre de blanchiment , poiiche de Tennant. Ce futMacintosk de Glascow qui donna, en 1798,1e procédé de préparation de cette substance.

Les propriétés qu’il possède de décolorer les toiles et de détruire les miasmes putrides ont fait apporter en France ce procédé. Nous avons aujourd’hui plusieurs fabriques où on le prépare en grandes masses d’après le procédé anglais modifié.

La méthode que peut suivre îe pharmacien pour pré^ parer ce bichlorure cccsiste à faire passer un courant de chlore, au moyen d’un mélange d’acide sulfurique , de muriate de soude et d’oxide de manganèse [voyez ehloi’e) h travers un cylindre de plomb rempli préala-

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blement de chaux éteinte , et à continuer celte opération jusqu’à ce que la chaux n’absorbe plus de ce gaz. II faut avoir soin ^e rafraîchir continuellement les parois du cylindre par un courant d’eau : sans cette précaution , il y aurait élévation de température , formation d’un' chlorure de calcium , qui n’a aucune action désinfectante ni décolorante.

On conserve le bichlorure de chaux dans des boîtes bien fermées , et mieux dans des flacons de verre bouchés en liège.

On emploie la solution du sous-bichlorure de chaux préparée de la manière suivante. On prend 8 onces de bichlorure , on les met dans un mortier de verre , et on ajoute deux livres d’eau , ayant soin d’agiter avec le pilon. Cette dissolution fdlrée se conserve dans une bouteille , qu’on ferme bien hermétiquement.

La précaution à prendre pour désinfecterun lieu quelconque (une salle d’amphithéâtre , de dissection , une chambre , etc.) consiste à laver les parois'de ces lieux avec une solution de bichlorure de chaux étendue d’eau. Un kilogramme de bichlorure sufiît pour saturer un sceau d’eau de 12 à i5 litres, et désinfecter une chambre de moyenne grandeur. Ce moyen est plus eflicace que l’emploi du chlore ; en outre , il n’a pas les inconvénïens des vapeurs de celte substance , qui produisent des accidens graves lorsqu’on est exposé à les respirer ^ pendant rassainissement d’une chambre ou de tout autre / lieu.

BICHLORURE d’oxIDE DE SODIUM.

Ce bichlorure , dû à l’un de nos pharmaciens les plus

distingués , M. Labarraque , est employé avec le plus grand succès , soit comme désinfectant , soit pour laver des plaies gangréneuses , etc. , etc.

Le procédé de préparation de cette substance consiste à faire passer du chlore dans du sous-carbonate de soude dissous dans Teau distillée ; mais des détails sur les quantités relatives d^eau , de chlore et de sel de soude étant le sujet d’un mémoire que M. Labarraque se propose de publier, nous avons dû nous taire sur ce que ce savant a bien voulu nous communiquer par excès de complaisance.

PROTOCHLORURE DE MERCURE. C alomcl ^ calomélas, mercure doux^ mercure sublimé doux, panacée mercurielle, aquila alba^ etc.

La préparation de ce chlorure, regardé long-temps comme un muriate de mercure , remonte à une époque éloignée ; elle fut long-temps tenue secrète. En 1 608 , Béguin la décrivit dans son Tjrocinium chimicum sous le nom barbare de dragon mitigé. Ce médicament eut ensuite des succès sous le nom de panclijmagogue de Quercetan et de Duchesne. Neuman enfin l’appela mercure doux. On suit maintenant diverses méthodes pour le préparer. Le procédéen grand consiste à sublimer dans des matras de verre à fond plat un mélange de protosulfate de mercure et de muriate de soude calciné ; mais cette opération nécessite des précautions, et offre quelques difficultés parmi lesquelles bn peut compter la préparation d’un protosulfate de mercure exempt de sulfate de deutoxide , pour éviter qu’il ne se forme tout à la fois du

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protoeldu perchlorure de mercure, quoîqu’ilssevo-

laülisentséprirémeDt, n’offrenlpasune séparation exacte, puisque le mercure doux ainsi obtenu contient du sublimé corrosif dans toutes ses parties. Un autre procédé moins sujet à cet inconvénient, s’exécute ainsi qu’il suit. On prend 4 parties de perchlorure de mercure et 5 parties de mercure à l’état métallique; on triture ensemble ces deux substances dans un mortier, après y avoirajoufé une petite quantité d’eau pour empêcher la volatilisation d’une partie (le la poudre, qui pourraiiindisposer le préparateur; quand la trituration est complète elle mélange bien homogène, ce qu'on reconnaît à ce qu’en étendant sur le dos de la main une partie de ce mélange , on n’y remarque plus aucun point métallique , on distribue cette poudre dans des matras de verre à fond plat , en ayant soin de ne mettre du mélange dans ces malras que jusqu’à la moitié de leur capacité. On place ensuite c vases dans un bain de sable commun de manière qu’il n’y ait pas une trop grande quantité de sable entre le fond des matras et les parois du bain de sable. On commence la sublimation. On ménage d’abord Je feu, qu’on augmente successivement pendant 5 à 6 heures , et jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que toute la masse est sublimée. Pendant l’opération on doit fermer

l’orifice des matras avec de petites fioles renversées.

Quand elle est terminée, on laisse refroidir lentement ces vases dans le bain de sable , de manière qu’ils ne se brisent pas par un refroidissement trop brusque, on les retire ensuite , et on les casse avec soin pour en détacher le pain sans le mettre en morceaux. Le résultat

de cette opération est nne masse blanche , vitreuse , sublimée à la partie supérieure : c’est le mercure doux. On réduit en poudre cette masse , et on la sublime une deuxième fois de la même manière; on l’enlève, et on la conserve alors dans des boîtes de bois garnies de papier. Le chlorure ainsi obtenu ne doit pas être employé sans avoir été porphyrisé et laVé jusqu’à ce que l’eau ne lui enlève plus rien , ce dont on est assuré quand celle qui a servi à le laver ne précipite plus par l’eau de chaux. Le but de ce lavage est d’enlever le perchlorure de mercure qui est mélangé avec le protochlorure [mercure doux).

Le mercure doux préparé par la méthode anglaise , rapportée et modifiée par M. Henry fils, est exempt de sublimé corrosif. Ce chlorure , se trouvant à î’état gazeux en contact avec l’eau en vapeur, se dissout, et le sublimé blanc pulvérulent, qu’on obtient lorsqu’il a été lavé avec de l’eau bouillante, est à l’état de pureté. Le procédé rapporté par M. Henry fils, et au moyen duquel on obtient le protochlorure de mer- <:ure en poudre impalpable , est le suivant. On lute avec soin une cornue de grès essayée préalablement par l’eau pour reconnaître si elle est exempte de fissure. Lorsque le lut est bien sec , on introduit dan^ la cornue un mélange bien homogène de 6 parties de sulfate de , mercure et de 4 parties de sel; on la place dans un fourneau , de manière à ce que son col soit presque entièrement contenu dans le fourneau , afin que les vapeurs de protochlorure condensées n’obstruent pas le col et ne déterminent pas la rupture de l’appareil.

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On adapte au col de la cornue un ballon de verre à tripie ouverture (voyez la planche 2 ) , dont deux sont latérales , et la troisième , placée à la partie inférieure , plonge dans un flacon à deux tubulures rempli jusquà moitié d’eau distillée. Une des tubulures sert de récipient, et la deuxième es* surmontée d’un tube en S destiné à laisser dégage^' l’air et la vapeur d’eau , qui ne se serait pas condensée en traversant l’eau du flacon. A la deuxième tubulure latérale du ballon est adaptée une seconde cornue rempile jusqu’aux deux tiers d’eau distillée , qu’on place sur un triangle de gros fd de fer. On îute les jointures de la cornue et du ballon avec du blanc d’œuf et de la chaux réduite en poudre. On étend sur des bandelettes de linge le blanc d’œuf^ puis on saupoudre de chaux. Quand ce bit est sec, on introduit du feu dans les deux fourneaux destinés à chauffer la cornue. On a soin de chauffer un peu plus vite la cornue contenant de l’eau , afin qu’une portion de ce liquide réduite en vapeur occupe la capacité du ballon lors de l’arrivée des vapeurs de chlorure. On continue de chauffer. Le protochlorure de mercure mêlé de sublimé corrosif en vapeurs vient se mélanger avec la vapeur d’eau , qui se renouvelle constamment dans le ballon . Ces deux vapeurs se condensent en même temps, et tombent sous la forme d’un liquide chargé d’une poudre blanche par la tubulure inférieure dans le flacon qui sert de récipient. Il faut avoir soin de tenir toujours très-chaud le col de la cornue d’oii se vaporise le protochlorure, afin que la condensation des vapeurs n’ait pas lieu dans cet endroit, ce qui ferait cesser l’opé-

ration. On continue de chauffer Tune et l’autre cornue jusqu^à ce qu’on s’aperçoive que celle qui contient le mélange ne donne plus de vapeurs. Quand l’opération est arrivée à ce point , on cesse le feu ; on laisse refroidir lentement , et on démonte l’appareil. On recueille le protochlorure de mercure sur un fdtre, et on le lave avec de l’eau bouillante jusqu’à ce que celle-ci ayant passé sur le précipité ne se trouble plus par l’eau de chaux. On laisse égoutter le fdtre , on l’enlève de dessus l’entonnoir , et on le met sécher sur du papier gris ; puis, quand il est bien sec , on le réduit en poudre fine , qu’on a soin dépasser au tamis de soie. On le conserve pour l’usage dans des flacons de verre bouchés en liège et abrités des rayonsdumineux.

Ce mercure doux , de la plus grande ténuité , est employé avec plus de succès que lehnercure douxporphyrisé.

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