VOIE HUMIDE
Ce chlorure se prépare de la manière suivante. On dissout dans l’acide nitrique à l’aide de la chaleur autant de mercure que cet acide peut en dissoudre , et quand cette liqueur est préparée , on la verse avec précaution dans une solution de sel marin aiguisée d’acide muriatique , et qu’on a soin d’étendre d’une certaine quantité d’eau pour éviter la réaction des acides nltri- ^ que et hydrochlorlque , et la formation de chlore , qui, se combinant avec une portion de protochlorure, donnerait du deutochlorure soluble dans l’eau. On ajoute
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de nouvelles solutions de sel marin acidulé jusqu’à ce que ces solutions cessent de produire un précipité. On décante la liqueur, qu’on met à part , parce qu’elle contient du mercure en solution , et on lave à l’eau bouil lante jusqu’à ce que l’eau qui en sort soit insipide , et ne donne aucune trace de précipité par les alcalis. On le fait sécher à une douce chaleur , et , quand il est bien sec , on le réduit en poudre , qu’on passe au tamis de soie ; on le conserve ensuite comme nous l’avons dit précédemment.
Ce procédé est clù à Schéele ; mais il a été modifié par Chenevîx , qui a démontré que , pour obtenir le protochloFure de mercure , exempt de sous-nitrate , il fallait ajouter à la dissolution de muriate de soude une petite quantité d’acide hydrochlorique , ainsi que nous l’avons indiqué.
Ce précipité , que quelques auteurs regardent comme un produit différent du protochlorure sublimé, est évidemment le même. Il jouit des mêmes propriétés , et la solubilité dans l’eau qu’on lui a attribuée ne lui appartient que quand il n’a pas été complètement lavé.
Cette préparation est quelquefois réduite en trochîsques , qu’on conserve , lorsqu’ils sont secs , dans des boîtes qu’on doit placer à l’abri de la lumière et des vapeurs sulfureuses , etc. , etc.
PERCHLORURE DE MERCURE , SUBLIMÉ CORROSIF , OXIMÜ-
RIATE DE MERCURE.
L’époque de la découverte de ce sel , qui remonte à des temps éloignés, est inconnue. Khases et Avicène, qui
vivaient dans le onzième et douzième siècles, font mention dans leurs ouvrages du sublimé corrosif. On compte un grand nombre de procédés pour sa préparation. Parmi les auteurs qui s’en sont occupés , Kunckel est le premier qui ait prescrit de chauffer ensemble un mélange de sulfate de mercure et de miiriate de soude. D’autres chimistes, après lui, recommandèrent les oxides de mercure précipités parla potasse. Tromsdorff et Berthollet le préparèrent parla dissolution du deutoxide de mercure dans l’acide hydrochlorique. M. Boollay i’ôb-\ tenait en faisant réagir du chlore sur l’oxide de mercure. Enfin les Hollandais, qui le fournissaient aux àrts, le fabriquaient en éteignant du mercure par le sél marin, et en calcinant dans des matras ce mélangé avec du persulfate de fer.
Le sublimé corrosif nous était fourni par l’étranger , et ce n’est qu’en 1785 qu’on én établit en France une fabrique. Depuis cette époque , sa préparation en grand s’est maintenue , et nous sommes exempts du tribut que nous payions à nos voisins.
Le mode de préparation usité pour fabriquer le sublimé corrosif est le suivant. On mêle ensemble parties égales de deutosulfate acide de mercure , de sel marin et d’oxide noir de manganèse (peroxide de). Quand le mélange est fait , et qu’il est bien homogène , on le laisse réagir dans une chaudière de fer ou dans une terrine de grès pendant 24 heures. Au bout de ce temps , on dessèche le tout à l’aide d’une température peu élevée. Quand ce mélange est desséché on l’introduit dans des matras de verre à fond plat. On a soin cependant de ne
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mettre de ce mélange que jusqu’à moitié de la capacité du vase,* on dispose ensuite ces matras dans un bain de sable commun ou particulier^ selon que l’opération se fait en grand ou en petit. Si c’est un bain de sable commun , on espace convenablement les matras , et on garnit les interstices avec du sable qui recouvre les matras jusqu’au col. On chaufie ensuite le bain de sable doucement d’abord , laissant le col du matras ouvert, pour qu’une petite quantité d’humidité contenue encore dansle mélange puisse se dégager. Quand cette -faumidité est dégagée , on recouvre ensuite la partie supérieure du matéas avec de petites fioles renversées sur le col , ou avec de^petits pots de faïence. On chauffe progressivement et de plus en plus fortement. Si les vapeurs blanches se montrent au col du matras , c’est une preuve que le feu est trop vif; alors il faut le ralentir. On continue le feu ordinairement pendant lo heures. Au bout de ce temps , si la sublimation est complète , ce que l’expérience apprend, on augmente l’action du feu pendant quelques minutes, pour que les pains de sublimé acquièrent une apparence vitreuse , due à un commencement de fusion ; ils prennent alors une densité plus grande. Sans cette précaution , les pains de sublimé ont trop peu de consistance , et se cassent par morceaux lorsqu’on veut les détacher du verre. L’opération étant terminée , on laisse refroidir les matras dans le bain de sable , et cela très-lentement, pour éviter qu’un refroidissement trop brusque ne les fasse éçlater en plusieurs morceaux. Ensuite on brise les matras vers la partie inférieure; on détache avec précaution les divers morceaux de verre
jusqu’à ce que le sublimé en soit tout-à-fait enlevé. On conserve les pains obtenus dans des caisses de bois garnies de papier et couvertes , afin d’abriter le sublimé du contact des rayons lumineux , qui pourraient le noircir. Les fragmensqui se détachent des pains sont réunis, soit pour être mis en poudre, soitpour être sublimés do nouveau.
Si le sulfate de mercure employé dans l’opération est tout à la fois un mélange de proto et de deutosulfate , on a par la sublimation du deutochlorure mêlé avec du proto. Mais comme ce dernier est moins volatil , il se condense à la partie inférieure du pain , et sa couleur, qui est dilFérente de celle du sublimé , permet de le distinguer et de le séparer. Si l’on a soin d’opérer avec du deutosulfate, ou si l’on ajoute de l’oxide de manganèse, on n’obtient que du protochloru-re de mercure.
Il est facile d’expliquer la théorie de la formation du deutochlorure de mercure dans le mélange. Soumis à la sublimation , le métal du chlorure de sodium s’oxide aux dépens de l’oxigène de l’oxide^ pour s’unir à l’acide sulfurique du sel mercuriel. Le mercure et le chlore mis à nu se combinent et se volatilisent. Si l’on a pris un protosulfate de mercure au lieu d’un sel deutoxide , il se forme du protochlorure. Le protosulfate contenant moitié moins d’oxigène que celui contenu dans le deuto , il
oxide moitié moins de sodium , et ihet en liberté moitié
moins de chlore, d’où il résulte seulement un protochlorure.
Le pharmacien étant souvent consulté sur des empoisonnemens par le sublimé corrosif, il est nécessaire