‹ Manuel du pharmacienChapitre 92 sur 266 · ÉTHIOPS MINÉRAL , SULFURE NOIR · texte numérisé non relu

ÉTHIOPS MINÉRAL , SULFURE NOIR

Le plus ancien et le plus simple des procédés usités pour sa préparation se trouve indiqué dans le nouveau Codex. Il consiste à triturer ensemble dans un mortier de marbre ou dans une chaudière de fonte 8o parties de mercure pur et 160 parties de soufre, jusqu’à ce que le mélange ait acquis une couleur noire due à la formation d’un sulfure métallique. M. Guibourt, dans son travail sur le mercure , a démontré d’une manière positive que le produit connu sous le nom A' éthiops minéral^ proto^ sulfure de mercure est un mélange de métal et de deu-

MANCEI

tosulfure de mercure, et qu’il n’existe qu’un seul sulfure de merciare , qui est |e cinabre.

Quelques précautiolis qu’on prenne , quelque temps qu’on mette à préparer ce produit , 011 n’obtient qu’une combinaison imparfaite , qui , examinée au microscope, laisse apercevoir des globules métalliques. On peut obtenir l’éthiops en faisant pâfsser dans l^ne solution d’un protosel acide de mercure de l’acide hydrosulfurîque, préparé de cette manière , on peut aussi par'^pression séparer une partie du métal. Quelquefois on modifie le premier de ces procédés en se servant de la chaleur pour obtenir cette pl^éparation. Alors on fait tomber dans une chaudière de fer du soufre fondu, et. du mercure qu’on a divisé en le faisant passer à travers les pores d’une peau de chamois préparée ; on agite au moyen d’une spatule en fer, pour faciliter la combinaison du soufre et du métal. Lorsque la masse est bien homogène dans toutes ses parties , on la retire du feu , et on la coule sur un marbre. Gette masse , qui est d’un gris noirâtre , est ensuite réduite en poudre , et conservée dans un flacon bouché. Sa couleur grise, noirâtre d’abord, passe au noir au bout de quelque temps. L’éthiops préparé par le pre-

mier procédé (la trituration seulement, sans l’aide de la chaleur) est administré préférablement à ce dernier.

Deux autres procédés ont été indiqués pour la préparation de ce médicament. L’un, publié par M. Destouches, pharmacien, dans le premiernuméro du Bulletin de pharmacie y a l’avantage de donner constamment et promptement un éthiops d’un beau noir. Ce procédé consiste à mêler ensemble 5o parties de mercure et 5o

parties de fleurs de soufre dans un lïsprtier de marbre avec un pilon de bois^ à humecter ce mélange avec une solution préparée avec lo parties de sulfure de potasse dissous dans pareille quantité d’eau , à le triturer avec cette solution jusqu’à ce qu’il ait passé de la couleur grise au noir foncé; enfin à laver ce précipité avec de l’eau pour enlever les matières solubles , et à dessécher la poudre à une douce température , à la diviser pour la rendre homogène dans toutes ses parties.

Le second procédé , plus compliqué que celui de M. Destouches , est dû à M. .Taddei. Cet auteur propose de réduire le mercure en sulfate , de laver ce sel par l’eau froide , de le mêler avec parties égales de soufre sublimé , et de triturer ensuite ce mélange avec une solution de sulfure de potasse jusqu’à ce que le tout ait acquis une belle couleur noire ; alors de le jeter sur un filtre, de laver à grande eau, de faire égoutter , de dessécher lentement, de réduire en poudre, et d’enfermer dans un flacon de verre bien bouché.

On falsifie quelquefois l’éthiops minéral; mais il est facile de reconnaître cette fraude en le chauffant sur un vase rougi au feu ou sur des charbons ardens. Ce médicament ne doit pas laisser de résidu , s’il est pur ; s’il est mêlé avec des substances étrangères , elles restent dans 1 le vase sublima toire. On peut apprécier leur poids et : leur nature par l’examen chimique qu’on leur fait \ subir.

Page 1