‹ Manuel du pharmacienChapitre 93 sur 266 · SULFURE ROUGE DE MERCURE, CINABRE · texte numérisé non relu

SULFURE ROUGE DE MERCURE, CINABRE

Ce sulfure , selon l’opinion de M. Guibourt, est la

seule combioaison du mercure avec le soufre. Il se pré-^ pare en grand, et presque jamais dans les laboratoireSi On pourrait cependant , au besoin , l’obtenir de ia ma-^ nière suivante. On fait fondre à l’aide de la chaleur dans une bassine de fer loo parties de soufre. Lorsqu’il est fondu , on'y fait tomber, sous forme de pluie^ en se servant d’une peau de chamois, 4oo parties de mercure. On agite pour opérer le mélange. On retire la masse du feu > et lorsqu’elle est rqfroidie , on l’enlève , on la casse pour l’introduire dans un creuset de terre, placé dans un fourneau, au milien de charbons ardens. On chauffe , et lorsque la flamme , qui prend plusieurs couleurs , devient d’un beau bleu d’indigo, on recouvre le creuset avec' un autre creusctrenversé ; oncontinuede chauffer avec soin pour avoir un même degré de température. Quand la sublimation est terminée, on arrête l’opération , on laisse refroidir l’appareil , on ôte le creuset qui est à ia partie supérieure et qui contient le cinabre ; on le casse pour obtenir la masse sublimée , et si ce produit n’est pas d’une belle couleur , on le sublime de nouveau pour lui taire acquérir une belle couleur rouge qui se développe j)ar la trituration.

Le procédé suivant, publié par M. Kirchoff, est simple , et nous a très-bien réussi. On mêle et on triture ensemble dans une capsule de porcelaine, avec un pilon en verre, ooo parties de mercure métallique^ 68 parties de soufre humecté avec une petite quantité de solution de potasse; on ajoute ensuite au mélange 160 parties de potasse dissoute dans une pareille quantité d’eau. On expose le vaisseau qui contient ce mélange à une douce

DU PHAKMACIEN. 4^7

chaleur, et on continue la trituration pendant 2 heures, tout eu ajoutant de l’eau pour que le mélange soit toujours recouvert de ce liquide à la hauteur de 2 pouces. La masse passe successivement du gris au noir , au brun , enfin au rouge , couleur qui devient de plus en plus brillante. On arrête alors l’action de la chaleur , qui , plus long-temps continuée , donnerait lieu à une altération de la couleur, qui serait ramenée du beau rouge au brun sale. On jette le précipité sur un filtre , on le lave, et on le fait sécher pour l’enfermer convenablement.

M. le comte de Mussin Pushkîn, d’après l’examen de ce procédé, a proposé, pour prévenir le changement de couleur , de retirer le mélange du feu lorsqu’il a acquis une couleur rouge , de le porter dans une étuve > où , à une douce chaleur, et en le remuant de temps en temps, il acquerrait la belle couleur rouge qu’on lui désire. Le même auteur a remarqué qu’en chauffant fortement ce cinabre, il devenait brun , passait ensuite au violet; mais que , retiré du feu, il prenait une belle couleur rouge de vermillon , qu’il conservait ensuite.

On a quelquefois mêlé au cinabre réduit en poudre (vermillon) des substances minérales fixes d’un prix moins élevé ; mais cette fraujde est facile à reconnaître. Le sulfure de mercure étant volatil , les substances qui ont servi à l’altérer restent dans le vase où l’on opère la sublimation; il est alors très-aisé de déterminer leur nature.

DEüxilîME CLASSE. Sujfüre de chaux.

de magnésie, de potasse.

MANUEL

Page 1